Le tir sportif, discipline rigoureuse qui allie adresse et concentration, séduit un nombre croissant d'adeptes en France. Fort de plus de 250 000 passionnés affiliés à la Fédération Française de Tir (FFTir), ce sport propose une diversité de disciplines adaptées à tous les âges et niveaux, allant du simple divertissement à la compétition de haut niveau. Cet article explore l'univers des stands de tir, avec un focus sur le contexte historique lié à Belloy et une analyse des performances de tir avec une carabine Remington 40x US.
Essai d'une Remington 40x US au Stand de Tir
L'opportunité de tester une Remington 40x US s'est présentée lors des derniers jours d'ouverture d'un stand Small Bore. L'objectif était de confronter cette carabine aux exigences du tir à 60 balles couché. Les conditions de tir étaient les suivantes : veste de tir, munitions RWS Rifle Match S, cible Match 50m et bretelle ISSF.
Préparation et Ergonomie
L'expérience acquise avec une précédente Remington 40XB a facilité la prise en main, le réglage du cale-main et de la longueur de la bretelle. Cette préparation est cruciale pour obtenir une position de tir stable et répétable, éléments essentiels pour garantir la précision des tirs.
Contrairement aux carabines Match modernes offrant de multiples réglages morphologiques, les carabines match vintage, comme cette Rem 40x, n'ont quasiment aucun réglage, si ce n'est celui de la position du cale-main. Cependant, les crosses en bois des carabines vintage, telles que cette Rem 40x, offrent malgré tout une très bonne ergonomie, fruit de plusieurs décennies d'études, d'améliorations et d'optimisations par les tireurs et les fabricants de l'époque.
Aussi classique qu'elle puisse paraître, cette crosse permet un bon appui naturel de la joue et donc un bon alignement de l'œil avec la ligne de visée constituée par le dioptre et le guidon. Comparativement, les crosses ergonomiques actuelles sont certes beaucoup plus ajustables, mais plus il y a de réglages, plus il est compliqué de les ajuster pour que cela fonctionne. Ainsi, il n'est pas rare de croiser au club de tir des nouveaux acquéreurs de ces carabines match modernes qui galèrent avec leur arme et font de moins bons scores qu'avec leur ancienne arme classique à crosse bois. Sans l'aide d'un tireur expérimenté dans l'usage des crosses ergonomiques, cela peut vite tourner au casse-tête chinois !!
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Résultats et Ajustements
Deux séries de 60 balles couché ont été réalisées sur plusieurs jours afin de travailler la prise de position. Cinq tirs par carton ont été effectués, avec un lever pour le changement de chaque carton. Ainsi, tous les cinq tirs, une concentration était nécessaire pour retrouver la bonne prise de position, ce qui aide à bien mémoriser les sensations de celle-ci.
Les résultats obtenus ont été les suivants:
- 31 juillet: 562/600 points avec 28 x"10", 26 x"9" et 6 x"8".
- 1er août: En retour d'expérience de la série de la veille, l'orientation du cale-main a été modifiée pour rendre plus confortable la prise en main du fût et éviter les douleurs perçues en fin de série (60 balles c'est long !!). Résultat : 569/600 points avec 35 x"10", 21 x"9", 3 x"8" et 1 x"6" venu de nulle part !!
- 2 août: Lors de la précédente série, il a été constaté que la marge de blanc entre le contour du porte-guidon et la vue perçue à travers l'œilleton du dioptre était trop faible, ce qui compliquait la prise de visée et donc entraînait une fatigue de l'œil. L'embase de la 40X offre 4 positions pour avancer ou reculer le dioptre. Pour cette nouvelle série, la fixation du dioptre a été reculée sur son embase d'un trou taraudé. Résultat : 577/600 points avec 38 x"10", 21 x"9 et 1 x"8".
- 3 août: Cette fois, l'ajustement a concerné le poids du départ. L'ajustement a été réalisé progressivement par huitième de tour et des tirs à sec. Pour mémoire, la Rem 40X fait partie de ces armes à percussion annulaire dont le mécanisme a été prévu pour réaliser des tirs à sec sans aucune dégradation. Pour cette quatrième et dernière série de 60 BC avant les congés d'été, le résultat a été le suivant: 580/600 points avec 42 x"10", 16 x"9" et encore 2 maudits "8".
En bilan, les résultats obtenus rapidement avec cette arme sont positifs, à seulement 1 point du record personnel en catégorie carabine match vintage obtenu avec une Remington 37.
Contexte Historique : Belloy et les Combats de 1940
Le contexte historique de Belloy est marqué par les violents combats de 1940. Le 5 juin, peu après minuit, tous les postes de radio de la 19° DI sont alertés, signe d'une attaque imminente.
À 3 heures du matin, la nuit est troublée par un violent bombardement de plusieurs points d'appui, suivi de la riposte des batteries françaises, alertées par des fusées vertes montant des lignes allemandes. L'artillerie allemande ouvre un tir nourri et précis.
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Des escadrilles d'avions allemands survolent les positions françaises, les inspectant et les bombardant. L'attaque, selon les prisonniers, est menée sur la seule division française par plusieurs grandes unités allemandes. L'examen des tombes ennemies révèle que trente régiments d'infanterie ou groupes de reconnaissance sont engagés. De plus, deux divisions cuirassées sont engagées, avec une troisième en réserve dans la boucle de la Somme.
L'axe d'attaque ennemi part d'Assevillers, passe entre Belloy et Estrées pour atteindre la grande route qui, par Chaulnes et Roye, descend vers Compiègne et Paris. La disposition des forces françaises est la suivante :
- À gauche, face au nord, en liaison avec la 7° D.I. : A Fay, la 10° Compagnie et une section (la 1°) de la C. A. A Soyécour, le 3° Bataillon (commandant Jan), les 9° et 11° Compagnies, et 3 sections de la C. A. A Herleville, les 5°, 6° Compagnies, la C. A. 2 du 2° Bataillon, sous les ordres du capitaine Thouron; 2 pièces de 75 du 10° R. A Estrées, 2 Compagnies du 1° Bataillon , avec 2 sections de la C. A. 1 et 1 canon de 75, plus la 1° section de la C. D. A.
- A Belloy-en-Santerre, le 3° Bataillon, commandant Lucas, dont le P. C.
- A Pressoir-Ablaincourt, le lieutenant-colonel Cordonnier avec les Compagnies régimentaires, une section (la 2°) de la C. D. A.
- A Misery, le 3° Bataillon, aux ordres du capitaine de Franclieu; un Bataillon du 112° R.I.
- A Lihons, le G. R. D. 21 et la C. H . R. du 41° R.1. avec un groupe du 304° R. A. L.
- A Chaulnes, l'Etat-Major de l'Infanterie divisionnaire (colonel, Paillas); à sa disposition, il a seulement deux cents hommes mal armés du Centre d'Instruction divisionnaire, une Compagnie de pionniers, sans armes automatiques (arrivés dans la nuit du 4 au 5) et quelques sections du Génie; le colonel Javouray et l'Etat-Major du 210° R. A. L. D.
- A Méharicourt, la C. H. R. du 117° et les services du 304° R. A. L.
Le 5 juin, peu de chars sont engagés, mais leur nombre augmente considérablement le 6 juin. Le 117° R.I. supporte le poids principal de l'attaque. Ces engins occupent Chilly et Hallu, au sud de Chaulnes, dès la soirée du 5 juin.
L'ennemi attaque avec des moyens très puissants. Dans l'après-midi du 5 juin, des observateurs voient passer une colonne de 250 véhicules automobiles en marche sur Pressoir-Ablaincourt. Vers 5 heures du matin, les avions bombardent Pressoir-Ablaincourt, les points d'appui et les batteries.
Vers 8 heures, des chars ennemis passent entre Vermandovillers et Ablaincourt. Les canons de 47 français tirent quelques coups inutiles, car la distance est supérieure à 1500 mètres. Un char est détruit à cet endroit.
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Pendant la matinée, le duel d'artillerie continue. Les fils téléphoniques sont coupés, mais la radio fonctionne. Les points d'appui sont violemment bombardés.
Un motocycliste ennemi se trompe de chemin et est fait prisonnier à Soyécourt. Il transportait un important courrier à une unité allemande. Jean Fuzel, motocycliste du 3° Bataillon, utilise la moto anglaise capturée pour se rendre à Soyécourt, mais saute sur une mine et est mortellement blessé.
Clubs de Tir Sportif en Île-de-France
Le tir sportif est un loisir accessible à tous, et de nombreux clubs existent en Île-de-France. Ces clubs offrent un large éventail de disciplines, allant du tir à l'air comprimé aux armes anciennes, en passant par les armes modernes et le tir aux armes réglementaires (TAR).
Exemples de Clubs en Île-de-France
- Dans les Hauts-de-Seine:
- Amicale Asniéroise Culture Loisirs Tir Sportif (Asnières-sur-Seine)
- ASNIERES TIR SPORTIF (Asnières-sur-Seine)
- Association Sportive de la Police des Hauts-de-Seine (ASPHS) (Villeneuve-la-Garenne)
- Club "Avec le Sourire" (Clichy)
- Club de Tir Sportif de La Garenne-Colombes (La Garenne-Colombes)
- Dans le Val-d'Oise:
- ASCB Tir (Belloy-en-France, section tir d'Eaubonne)
- Cercle des Tireurs Pistoliers Le 357 (Montmorency)
- À Paris:
- Association Sportive Handi Jeunes de Paris
- A.S. du Cercle du Bois de Boulogne
- Les Isards de Bigorre
- CSINI St Jean de Dieu
- En Seine-Saint-Denis:
- Le Club de Tir des Anciens U.T.A (La Courneuve)
Spécificités de l'ASBR
L'ASBR (Asnières Sport et Récréation), basé à Asnières-sur-Seine, se distingue par ses installations intérieures, offrant un confort appréciable, surtout pendant les mois d'hiver. Bien que l'ASBR ne propose pas de stands de tir de longue distance, sa force réside dans la qualité de ses installations pour le tir à 10 et 25 mètres. Le club ne propose pas de tir instinctif police, car il nécessite des stands particuliers et une volonté d'instaurer cette discipline.
Disciplines Pratiquées
Le tir sportif englobe une multitude de disciplines, allant bien au-delà de ce qui est présenté lors des Jeux Olympiques.
- Les disciplines à air comprimé: Tir au pistolet et à la carabine à 10 mètres.
- Les armes modernes: Diverses épreuves utilisant des armes à feu contemporaines.
- Les armes anciennes: Compétitions avec des armes historiques, nécessitant une connaissance approfondie de leur maniement.
- Le Tir aux Armes Réglementaires (TAR): Pratique du tir avec des armes utilisées par les forces armées ou de police.
- Les disciplines de plateau ("trap"): Tir sur des plateaux d'argile lancés en l'air.
Au sein des clubs, les disciplines les plus couramment pratiquées sont le tir à 10 mètres et à 25 mètres. Les disciplines de longue distance, comme le trap, nécessitent des installations extérieures et ne peuvent donc être proposées dans les clubs disposant uniquement de locaux en intérieur.
Compétitions
Les clubs de tir sportif offrent à leurs adhérents la possibilité de participer à des compétitions à différents niveaux. Les compétiteurs s'entraînent aux mêmes créneaux que les autres membres, sans plages horaires spécifiques. Les compétitions se déroulent généralement en hiver pour les armes à air comprimé et s'étendent de mars à juillet pour les armes anciennes et modernes.
En plus des compétitions officielles, de nombreux clubs organisent des compétitions amicales, offrant aux participants la possibilité de gagner des lots et de se mesurer dans une ambiance conviviale. L'essentiel est de prendre du plaisir et de s'évaluer soi-même.
Informations Pratiques et Adhésion à l'ASBR
L'ASBR section tir a été créée en 1986 par Michel Redon. L'association loi 1901 compte environ 500 membres, avec une tranche d'âge allant de 10 à 93 ans. Une école de tir à l'air comprimé, nommée Michel Redon, accueille les jeunes élèves tous les mercredis après-midi pour leur apprendre les techniques de tir et les préparer à la compétition. Le club prête le matériel nécessaire (casques, lunettes) et loue les armes et les munitions.
Les nouvelles inscriptions se font principalement par le bouche-à-oreille, afin de conserver une certaine confidentialité. En termes d'équipements, l'ASBR propose des pas de tir avec ou sans rameneurs de cibles. Les installations respectent les normes en vigueur en matière d'amortisseurs de balles, d'acoustique et de renouvellement de l'air.
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