Le Stand de Tir de Gignac : Entre Développement et Controverses

La commune de Gignac, située dans la Vallée de l'Hérault, est au cœur d'un double projet concernant les infrastructures de tir. D'une part, un stand de tir de nouvelle génération est en développement, promettant d'accueillir les forces de l'ordre pour leur entraînement. D'autre part, le club de tir existant à Gignac-la-Nerthe fait l'objet d'une enquête judiciaire suite à des signalements inquiétants. Cet article explore ces deux aspects, mettant en lumière les ambitions de développement territorial et les préoccupations liées à la gestion des activités de tir.

Un Nouveau Stand de Tir à Gignac : Un Projet Ambitieux pour la Vallée de l'Hérault

Le 25 juillet, le préfet a approuvé la création d'un nouveau stand de tir de plein air à Gignac, un projet porté par la société “Tir Occitan”. Ce projet s'inscrit dans une démarche globale visant à renforcer l'accueil et la formation des forces de secours et des forces de l'ordre sur le territoire.

Caractéristiques et Objectifs du Nouveau Stand de Tir

Ce stand de tir de dernière génération sera doté de sept pas de tir distincts, conçus pour permettre aux policiers, gendarmes et troupes d'élite de s'entraîner au tir à l'arme de poing et d'épaule. Les distances de tir varieront de 25 à 500 mètres, offrant ainsi une grande variété de situations d'entraînement. De plus, les installations du futur Centre interdépartemental de formation du Sdis de l’Hérault seront mises à disposition pour compléter leur entraînement, créant une synergie entre les différents services de sécurité.

Un Emplacement Stratégique pour un Développement Territorial

L'implantation de ce nouveau stand de tir à Gignac est considérée comme "particulièrement pertinente" en raison de sa situation géographique. Gignac est située au carrefour des autoroutes A75 et A750, à proximité de la métropole de Montpellier, et connaît une croissance démographique significative. Cette position stratégique facilite l'accès au stand de tir pour les forces de l'ordre de toute la région.

Le choix de Gignac s'inscrit dans une réflexion globale menée depuis 2014 pour développer et structurer le territoire du Gignacois et de la Vallée de l'Hérault. En 2024, Gignac accueillera ce centre de tir dernière génération au sud de la ville, sur 9 hectares mis à disposition par la société Solag dans une ancienne carrière en bord d’Hérault.

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Redéploiement des Forces de Gendarmerie

En parallèle de la création du stand de tir, la Vallée de l'Hérault accueillera de nouvelles unités de gendarmerie d'ici 2025-2026. Ces unités, comprenant le Psig (Peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie), une brigade motorisée et une brigade de recherche, seront logées dans un nouvel établissement à Gignac. Ce transfert intervient dans le cadre d’un redéploiement des forces sur un vaste arrondissement rural. Départs, arrivées… Le commandement de la Compagnie de Lodève et trois unités vont migrer progressivement vers leurs nouveaux locaux à Gignac.

Le Club de Tir de Gignac-la-Nerthe : Enquête Judiciaire et Accusations

Le club de tir de Gignac-la-Nerthe, également connu sous le nom de CRETES Sud-Est (Club régional de tir éducatif et sportif), est au centre d'une enquête judiciaire suite à plusieurs signalements inquiétants. Le parquet d’Aix-en-Provence mène une enquête « assez large sur le fonctionnement de ce club ».

Nature de l'Enquête et des Accusations

L'enquête porte sur plusieurs aspects, notamment :

  • Détention et port d’armes illégaux
  • Commerce de munitions et d’armes
  • Abus de confiance

Selon des informations relayées par le média Marsactu, le club de tir de Gignac-la-Nerthe délivrerait de faux diplômes de « moniteur de tir ». De plus, plusieurs dysfonctionnements ont été révélés, notamment la possibilité pour n’importe qui de louer une « trentaine d’armes différentes » un nombre de fois illimité. L’arsenal n’est pas déclaré comme propriété du club, mais comme propriété directe du président de l’association, ce qui est illégal.

Implication des Autorités et Visites

Selon les informations de Marsactu, André Ribes, procureur-adjoint de Marseille, s'est rendu au moins deux fois au centre de tir de Gignac, visé par une enquête judiciaire pour des manquements à la législation sur les armes. Le CRETES Sud-Est est fréquenté par de nombreuses autorités locales, voire, par “quelques procureurs de Marseille”.

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Accusations Environnementales et Réponse Municipale

Christian Amiraty accuse le Cretes d'avoir ouvert "sans aucune autorisation d'urbanisme". Le maire confirme avoir simplement délivré, en avril 2018, une déclaration préalable pour la réalisation de merlons (buttes) en terre végétale de hauteur limitée, et de clôtures sur un terrain communal et deux parcelles privées. "Mais le merlon s'est immédiatement transformé en montagne de terre d'origine inconnue et fort probablement polluée, sans compter divers enfouissements qu'il faudra inventorier", dénonce l'édile.

Le maire relate également que l'entrée au club de tir a été refusée à l'un de ses agents de l'urbanisme "dûment assermenté", l'empêchant donc de dresser un PV d'infraction au code de l'urbanisme. D'autres accusations incluent des enfouissements de déchets, un espace de restauration non déclaré, une alimentation électrique "via un câble de 350 mètres qui court sur les buttes jusqu'à une société voisine" et évoque "un branchement abusif", l'absence de borne à incendie, la présence de nombreux pneus et tapis de caoutchouc et les "400 000 cartouches par an tirées sur le site qui laissent plus de 3 200 kg de plombs dans la nature."

Réponse du Gérant, Jean-Michel Ségui

Jean-Michel Ségui réfute en bloc toutes les accusations. Il explique avoir ouvert son club de tir à Gignac après avoir été contraint de déménager son ancien club de Marignane. Il martèle qu'il n'était aucunement tenu de demander une autorisation pour installer ses bungalows et baraquements de bois "dans la mesure où tout est modulable et démontable." Il promet également de remettre à niveau les merlons de terre sur la zone verte d'Ensuès.

Il assure avoir invité le maire à plusieurs reprises à venir le rencontrer au club ou bien lui-même à se déplacer en mairie "mais ce dernier m'oppose une fin de non-recevoir." Il dément s'être raccordé de façon abusive au réseau électrique de l'entreprise voisine à laquelle il affirme acquitter un loyer.

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