Introduction
Le stand de tir de la Madeleine, situé à Villeneuve-lès-Maguelone dans l'Hérault, est un lieu chargé d'histoire et de mémoire. Durant la Seconde Guerre mondiale, et plus précisément en 1944, il fut le théâtre d'exécutions sommaires de résistants par les forces d'occupation allemandes et la Milice française. Cet article se propose de retracer l'histoire de ce lieu, d'évoquer le contexte de ces exécutions et de rendre hommage aux hommes qui y ont perdu la vie.
Contexte Historique : La Répression de la Résistance
La période de l'Occupation en France fut marquée par une répression croissante des mouvements de résistance. En 1944, cette répression s'intensifia, avec la mise en place de cours martiales et l'application de lois d'exception. L'objectif était d'éradiquer toute forme de contestation et de maintenir l'ordre imposé par le régime de Vichy et l'occupant allemand.
Dans la région de Montpellier, l'intendant de police Pierre Marty joua un rôle central dans cette répression. Zélé collaborateur, il mit en place la Cour martiale de la Milice de Montpellier, une juridiction expéditive qui condamna à mort de nombreux résistants. Les exécutions avaient lieu au stand de tir de la Madeleine, transformant ce lieu en symbole de la brutalité de l'Occupation.
Le Stand de Tir de la Madeleine : Un Lieu d'Exécution
Le stand de tir de la Madeleine était situé le long de la route départementale reliant Montpellier à Sète, sur les flancs du massif calcaire de la Gardiole. La butte de tir servait de lieu d'exécution. Entre le 14 mars et le 11 juillet 1944, seize résistants y furent fusillés.
Neuf d'entre eux furent exécutés par un peloton du Groupe mobile de réserve (GMR) après avoir été jugés par la Cour martiale de la Milice de Montpellier. Les sept autres furent fusillés par des Allemands, jugés par le tribunal militaire de Nîmes. Les jugements étaient expéditifs, sans instruction ni défense.
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Francis Gaussen : Une Victime Parmi Tant D'Autres
Parmi les seize résistants fusillés à la Madeleine, figure Francis Gaussen. Fils de Paul, Edmond Gaussen, mécanicien en chaussures, et d'Alice, Ida, Adolphine Cabanis, Francis Gaussen était célibataire et domicilié chez ses parents à Nîmes. Il fut fait prisonnier le 8 avril 1944 à Saint-Étienne-Vallée-Française, lors de combats sur le maquis de la Picharlerie.
Il a été fusillé au stand de tir de la Madeleine le 31 mai 1944, en même temps qu'Aimé Sauvebois, membre du même maquis, et quatre autres résistants. Son décès fut enregistré à l’état civil de Montpellier sous le nom de « Paul Gaussens ». Inhumé anonymement, il fut exhumé et identifié le 19 septembre 1944. Francis Gaussen a reçu la mention « Mort pour la France » en juin 1945. Son nom figure sur le monument aux morts de Nîmes et sur les monuments de Villeneuve-lès-Maguelone érigés en mémoire des résistants fusillés.
L'histoire de Francis Gaussen illustre le sort tragique de nombreux jeunes hommes et femmes engagés dans la Résistance. Son sacrifice, comme celui de ses compagnons d'infortune, doit être honoré et rappelé aux générations futures.
Les Victimes : Des Portraits de Résistants
Les fusillés de la Madeleine étaient pour la plupart très jeunes. Parmi eux, on trouve :
- Raymond Migliario et Jean-Marie Pitangue, âgés de 17 ans.
- Francis Gaussen et Louis Plantadi, âgés de 20 ans.
- Louis Bonfils et Antoine Miralles, âgés de 21 ans.
- Georges Pierru, Aimé Sauvebois et Pierre Stoll, âgés de 22 ans.
- Henri Garcia et Joseph Sauri, âgés de 24 ans.
- Gabriel Hispa, âgé de 30 ans.
- Louis Rachinel, âgé de 31 ans.
- Roger Menuisier, âgé de 32 ans.
- René Sénégas, dont l'âge est inconnu.
Ces hommes venaient d'horizons divers et étaient engagés dans différents mouvements de résistance. Certains étaient membres des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF), d'autres des mouvements unis de la Résistance (MUR), des Forces Françaises de Libération (FFL) ou de l'Armée Secrète (AS). Ils avaient en commun leur engagement pour la libération de la France et leur refus de l'oppression nazie.
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Répartition des résistants selon leur appartenance :
- AS/CFL: Raymond Migliario, Jean-Marie Pitangue, Georges Pierru, Louis Bonfils
- FTPF: Henri Garcia, Gabriel Hispa, Roger Menusier, Joseph Sauri, Pierre Stoll
- Indéterminé : René Sénégas
Origine et parcours de quelques fusillés :
- Louis Rachinel : Militant communiste, membre de l'OS puis des FTPF, réfugié dans l'Hérault après avoir abattu un commissaire de police.
- Henri Garcia : Militant communiste de l'Aveyron, membre de l'Organisation spéciale et des FTPF, participant au sabotage de locomotives.
La Justice Expéditive de la Cour Martiale
La Cour martiale de la Milice de Montpellier était une juridiction d'exception mise en place par l'intendant Pierre Marty pour réprimer la Résistance. Elle jugeait les résistants de manière expéditive, sans instruction ni défense. Les accusés étaient souvent torturés et condamnés à mort sur la base de preuves fragiles.
Les procès-verbaux de cette cour sont rares, car les dossiers furent en grande partie détruits à la fin de l'occupation allemande. Cette destruction témoigne de la volonté d'effacer les traces de cette justice inique et de dissimuler les crimes commis par la Milice.
Les Bourreaux : Collaboration et Zèle Répressif
Les exécutions de la Madeleine furent le résultat d'une collaboration active entre les autorités allemandes et les collaborateurs français. L'intendant Pierre Marty et son successeur Charles Hornus, hauts fonctionnaires de Vichy et miliciens zélés, furent les principaux responsables de la répression dans la région de Montpellier.
Marty appliqua avec zèle les lois répressives du régime de Vichy et mit en place la Cour martiale de la Milice de Montpellier. Hornus continua son œuvre après sa nomination à Toulouse. Ces hommes furent convaincus du bien-fondé de la politique de répression menée contre les "terroristes" de toutes obédiences.
Les pelotons d'exécution étaient composés de membres du GMR, parfois volontaires. Certains de ces hommes étaient d'anciens collègues des victimes, comme ce fut le cas pour Roger Menusier, gardien de la paix à Perpignan, qui reconnut d'anciens collègues du GMR "Bitterois" parmi les membres du peloton chargé de l'exécuter.
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Mémoire et Hommage
Aujourd'hui, le stand de tir de la Madeleine est un lieu de mémoire. Deux monuments commémorent le sacrifice des seize résistants fusillés :
- Une stèle sur le lieu même des exécutions, sur la butte du champ de tir. Elle porte les noms des fusillés, les dates des exécutions et leur âge.
- Un mémorial à 300 mètres en contrebas, à proximité de la route départementale 612 de Montpellier à Sète. Il est composé d'une stèle principale ornée d'un bonnet phrygien et d'une croix de Lorraine, et de seize monolithes symbolisant chacun des fusillés.
Chaque année, une cérémonie est organisée par la Ville de Villeneuve-lès-Maguelone et la Métropole Montpellier Méditerranée pour honorer la mémoire des résistants fusillés. Ces commémorations sont l'occasion de rappeler leur courage et leur engagement, et de transmettre aux générations futures les valeurs de liberté et de résistance.
Le Football et l'Association Sportive de La Madeleine
L'Association Sportive de La Madeleine (A.S. La Madeleine) était une association sportive locale qui organisait diverses activités, dont le football. Des événements sportifs étaient régulièrement organisés au stade Marcheville-Daguin.
L'association organisait également des compétitions et des challenges, tels que le challenge Marcheville-Daguin, qui mettait en compétition plusieurs clubs de la région. Les équipes de l'A.S. La Madeleine participaient à des matchs amicaux et de championnat, dans différentes catégories d'âge.
Il y avait aussi une section de football de l’Association Sportive de La Madeleine ayant terminé les matches de championnat a conclu pour la fin de la saison 1938-1939, de nombreux matches amicaux et de challenge.
La Société Civile de Tir de Saint-Phlin
La Société Civile de Tir de Saint-Phlin organisait régulièrement des séances de tirs de printemps au stand de La Madeleine. Ces séances étaient ouvertes aux membres de la société et permettaient de s'entraîner au tir à l'arme. Un concours d'honneur était organisé chaque année, avec la participation de nombreux tireurs.
La journée sportive était organisée, avec la quatrième séance des tirs de printemps de la société civile de tir de Saint-Phlin. Il y avait un tirage au sort du challenge MARCHEVILLE DAGUIN mis en compétition pour la septième fois par l’association Sportive de La Madeleine, en présence des délégués des clubs du F.C. Jarville, du C.A. Foug et de l’A.S.M.
Autres Activités à La Madeleine
Outre le football et le tir, d'autres activités étaient organisées à La Madeleine. L'harmonie locale donnait des concerts au kiosque, proposant un programme varié de musique et de défilés. Des événements sportifs étaient également organisés, tels que des rencontres de basket-ball.
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