Introduction
Le monde du tir sportif est encadré par des règles strictes visant à garantir la sécurité et l'éthique de cette pratique. Cet article explore l'histoire du stand de tir de La Rippe, en mettant en lumière certains incidents de sécurité qui s'y sont produits et les débats actuels au sein des clubs de tir. De plus, il aborde les discussions autour de l'obligation de fixation des coffres-forts pour les armes à feu, un sujet récurrent dans le milieu du tir sportif, ainsi que la question du tir sur cibles à forme humaine.
Le Stand de Tir de La Rippe : Une Histoire Marquée par des Incidents
Le stand de tir de Gingins-Chéserex-Grens-Signy a connu des moments difficiles, notamment des incidents de vol qui ont soulevé des questions sur la sécurité des armes et des munitions. Philippe Bonny, le président de la Société de Tir, a exprimé son inquiétude face à ces événements. En 2008, le stand de tir de La Rippe a été le théâtre d'un vol de douze fusils Fass 90. Cet incident, ainsi que d'autres vols similaires dans des stands de tir voisins, soulève des questions sur la sécurité des armes et des munitions stockées dans ces installations. En 2012, deux armes sportives, également des fusils, avaient été dérobées dans une armoire blindée au stand de tir de Commugny. Ces trois stands sont situés à proximité de la frontière avec la France. Plus récemment, des voleurs ont pénétré dans les lieux à coups de pied-de-biche, endommageant plusieurs portes. Au premier étage, ils ont trouvé un coffre de 700 kilos rempli de milliers de cartouches pour fusils d’assaut. Le coffre n’était pas scellé. Ils l’ont roulé sur quelques mètres, puis jeté par une porte-fenêtre, et emporté dans un véhicule. Avant de quitter les lieux, ils ont pris soin d’effacer leurs traces en vidant un extincteur à poudre. Heureusement, il n’y avait pas d’arme stockée sur place. « Ce qui m’inquiète, ce sont toutes ces cartouches qui se baladent dans la nature », déclare Philippe Bonny, Président de la Société de Tir de Gingins-Chéserex-Grens-Signy.
Débats sur la Sécurité des Armes et les Coffres-Forts
Suite à ces incidents, des discussions ont émergé concernant l'obligation de fixer les coffres-forts et les mesures de sécurité à prendre.
Fonction du coffre-fort
Dans l'esprit du législateur, le coffre sert à empêcher l'usage par un tiers, en aucun cas le vol.
Fixation du coffre-fort
Il n'est pas obligatoire pour les particuliers de fixer le coffre-fort. Pourtant, si vous voulez ou avez l'obligation de respecter la norme EN 14450 Classe 1, il faut fixer le coffre au sol. Le but étant d'éviter que les voleurs emmènent le coffre puisqu'ils seront tranquilles et auront tout le temps pour l'ouvrir.
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Sécurité
Percer 4 gros trous dans un mur porteur en béton armé pour fixer un petit coffre de 10 kilos, ca vaut la peine ( si tu veux te débarrasser d'une perceuse ).
Assurances
Les assurances peuvent poser problème si le coffre n'était pas fixé et trop facilement volable. Il semble que la fixation des coffres soit obligatoire pour les armuriers et les clubs, mais pas nécessairement pour les particuliers détenant des armes.
Arguments Pour et Contre la Fixation
- Pour: La fixation du coffre rend plus difficile son déplacement par des voleurs, augmentant ainsi la sécurité des armes.
- Contre: L'objectif principal du coffre est d'empêcher l'accès aux armes par des personnes non autorisées, et non nécessairement de résister à un vol. Certains participants aux discussions en ligne soulignent que même un coffre lourd peut être déplacé par des cambrioleurs déterminés, surtout si le coffre n'est pas fixé.
Point de vue légal
La Loi est clair mais il y a souvent un problème de formation (ou information) ou de mauvaises habitudes. La législation sur les armes est complexe et subit fréquemment des modifications. Aucune visite du domicile du demandeur n'est prévue par la Loi pour vérifier la présence du coffre et n'a à vous être imposée : Directives du Ministre de l'Intérieur par Instruction NOR INTD9900106C du 04/05/1999 chapitre II - c/ ( … n'a pas à être scellé dans les murs ou au sol. - e/ … il n'y a pas lieu de demander aux service de police ou de gendarmerie, ni aux ….. … d'établir des attestations ou de procéder à des vérifications … ). La circulaire NOR INTD0600025C du 21/02/2006 mentionne aussi que la justification du Coffre se fait par document. Aucune visite domiciliaire n'y est prévue. Ces textes ne sont pas disponible sur legifrance (Instruction en diffusion restreinte aux Préfectures et Sous-Préfectures) mais je les ai eus sous les yeux. Le scellement du coffre concerne les professionnels : art 49 du décret 95-589, pas les particuliers : art. 48-1 du même décret (disponible sur legifrance). Pour les associations sportives, c'est encore différent. Effectivement, il faut avoir un coffre mais rien ne dit qu'il doit être fixé. Même si cela semble logique, mais pas toujours réalisable.
Le Tir sur Cibles à Forme Humaine : Un Débat Éthique et Réglementaire
Une autre question qui suscite des débats est celle du tir sur des cibles à forme humaine dans les clubs de tir. Certains règlements de clubs interdisent cette pratique, tandis que d'autres l'autorisent. Cette interdiction est souvent liée à des considérations éthiques et à la volonté de ne pas associer le tir sportif à la violence.
Dans mon Club c'est pareil on nous interdit de tirer sur des cibles G1 que je récupère, puisque nous avons une convention avec nos amis de la Police Nationale de notre ville, pour qu'ils viennent s'entrainer à notre Stand de Tir en semaine pour tirer sur des cibles G1 ce qui est normal bien sûr …
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Arguments et Perspectives
- Aspect réglementaire: Il est essentiel de vérifier les statuts et le règlement intérieur de chaque club de tir pour connaître les règles spécifiques concernant les types de cibles autorisées.
- Considérations éthiques: Le débat sur le tir sur cibles à forme humaine soulève des questions éthiques importantes. Certains estiment que cette pratique peut banaliser la violence et qu'il est préférable de s'en tenir à des cibles neutres.
- Alternatives et compromis: Certains clubs peuvent autoriser le tir sur des cibles à forme humaine dans des contextes spécifiques, comme l'entraînement des forces de l'ordre, tout en interdisant cette pratique pour les tireurs sportifs.
L'Évolution des Cibles dans le Tir Sportif
Il y avait dans les temps pas très éloignés, une cible UIT que l'on appelait "la silhouette" ! Eh bien cette forme a disparu … remplacer par l'imbuvable cible ronde sur laquelle on tire la "vitesse" (ex VO) au pistolet .22, le 3x7 du pistolet gros calibre, ainsi que la vitesse de l'épreuve 850 des TAR . Pourquoi a-t-elle disparue cette fameuse silhouette ? Parce que son profil ressemblait beaucoup trop à celui d'un homme ! Il faut dire que le pistolet sport est issu du tir de duel dans lequel les protagonistes devaient se déplacer de sept pas en se tournant le dos, puis au commandement du témoin principal, se retourner et alors que le témoin principal tapait dans ces mains en comptant jusqu'à 3, les protagonistes avaient ce temps là pour se tirer dessus et se trucider voire se manquer ! Vous pouvez donc vous rendre compte du pourquoi les cibles silhouettes sont devenues très impopulaires dans les stands civils où le tir doit se faire dans une position académique … même dans les épreuves de TSV, dont on a changé l'appellation pour ne pas effrayer le législateur, les cibles carton ont même changé de forme !
Le Point de Vue des Instances Dirigeantes
En page 4 du "manuel de découverte du tir sportif", il est fait mention de : l'éthique (!) de la FFTir repose sur des valeurs originelles qui ont construit ses fondements en organisant une pratique du tir sportif.
Exemples de Pratiques Alternatives
Tu n'as jamais connu les tireurs de chez ESSO (pub non payée) mais ça marche avec Total ? Les courses de bidons de 2 l d'huile mis par terre et qu'il convenait de faire avancer en calibrant au 38 sans prendre les appareils de visée. Le tout avec l'apéro en final ! tout pour se faire mettre à la porte d'un stand policé ! En plus à l'époque l'apéro ne se faisait pas au beaujolais américain à savoir le coca.
La Résistance Soissonnaise et le Stand de Tir de Balard : Un Contexte Historique Sombre
Il est important de rappeler que les stands de tir peuvent aussi être associés à des événements tragiques de l'histoire. Ainsi, durant la Seconde Guerre mondiale, le stand de tir de Balard à Paris fut le lieu d'exécution de résistants français, dont Daniel Douay, Emile Louys et Jean Vogel, membres du réseau "Vérité française". Ces hommes furent fusillés le 27 octobre 1942 pour leur engagement dans la lutte contre l'occupant nazi.
L'Engagement de la Résistance dans le Soissonnais
Dans les semaines qui suivent, aux nombreuses armes qui parsèment le champ de bataille se mêlent les tombes des combattants morts. L’un des premiers groupes de résistants de Soissons est sans doute celui créé en septembre 1940 par Daniel Douay (1891-1942), transporteur à Soissons, qui sera reconnu comme faisant partie du réseau « La Vérité Française » à partir de juillet 1941. Ce réseau, qui était au départ un journal fondé en septembre 1940 par Julien Lafaye et Jehan de Launoy à Versailles, avait en effet amalgamé d’autres petits réseaux assez rapidement, permettant la diffusion du journal clandestin, dont celui de Daniel Douay. Dès la création du groupe de Soissons, Daniel Douay s’entoure d’hommes sûrs, comme le capitaine de gendarmerie Henri-Clotaire Descamps (1906-1942). Celui-ci, après avoir combattu en mai-juin 1940 au sein de l’armée française, avait été affecté au poste de commandant de la section de gendarmerie de Soissons et avait convaincu d’autres gendarmes de suivre la même voie, à l’image du maréchal des logis chef Gaston Baudry, commandant la brigade de gendarmerie de Braine, qui récupère de nombreuses armes de toutes natures (fusils, fusils-mitrailleurs, mitrailleuses et mortiers) sur l’ancien champ de bataille des combats de juin 1940 afin de constituer des dépôts clandestins en vue de la Libération. En outre, grâce à la complicité de l’imprimeur Henri Marche de Braine, le réseau « Vérité française » fabrique de fausses fiches de démobilisation remises aux prisonniers français démunis de pièces d’identité et évadés. Malheureusement, en août 1941, le réseau « Vérité française », qui est en lien avec le réseau du Musée de l’Homme, est infiltré par un agent belge de la Geheime Feldpolizei, Jacques Desoubrie (1922-1949). Le 25 novembre 1941 principalement, puis dans les mois qui suivront, tous les membres du réseau seront arrêtés par la Feldgendarmerie pour « aide à l’ennemi et espionnage », dont Henri-Clotaire Descamps, qui est blessé par balles alors qu’il tentait de s’échapper. Son épouse Marguerite Descamps est elle aussi arrêtée, de même que l’épouse de Daniel Douay, Emma Douay (qui sera libérée en mai 1942). Condamnés à mort le 30 mai 1942 par le tribunal militaire du Gross Paris, Daniel Douay, Emile Louys et Jean Vogel sont fusillés au stand de tir de Balard à Paris le 27 octobre 1942 aux côtés de trois autres membres parisiens du réseau. Aimé Dufour, Ludovic Pluche, Eugène Delhaye, Gilbert Jordana, Louis Leseigneur et André Meurghe décéderont en déportation. Quant à Henri-Clotaire Descamps, premier gendarme condamné sous l’occupation, il voit sa peine commuée en 20 ans d’emprisonnement en forteresse en Allemagne suite à l’intervention de Pierre-Charles Serignan, chef d’escadron responsable de la Section gendarmerie française dans les territoires occupés, et de l’avocat alsacien Joseph Haening auprès du général Carl-Heinrich von Stülpnagel, commandant en chef des troupes d’occupation en France.
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L'Importance de la Mémoire
Cette période sombre de l'histoire rappelle l'importance de la vigilance et de la défense des valeurs républicaines face à toutes les formes d'oppression. Elle souligne également la nécessité de ne pas oublier les sacrifices consentis par les résistants pour la liberté.
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