Le Stand de Tir Le Locle : Histoire, Compétitions et Événements Sportifs

Cet article explore l'histoire riche et diversifiée du stand de tir Le Locle en Suisse, en mettant en lumière son évolution, les compétitions de tir qui s'y sont déroulées et les événements sportifs marquants qui y sont liés.

Les Origines des Concours de Tir en Suisse

L'histoire du tir sportif en Suisse est intimement liée à la fondation, en 1824, du club de tir suisse SSV. Cette association avait pour objectif principal de promouvoir et de perfectionner l'art du tir à la cible. Le SSV a joué un rôle déterminant dans le développement des compétitions de tir à travers le pays.

Le premier site précurseur du stand de tir actuel a vu le jour à la montagne de Douanne en 1872. Une étape importante fut franchie en 1882 lorsque le Comité central du SSV désigna le "Swiss Protect journal" comme l'organe officiel de l'association, succédant ainsi à diverses publications officielles parues depuis le milieu du 19e siècle.

En 1885, le Musée suisse du fusil a été fondé à Berne, avec l'inauguration d'un bâtiment dédié en 1939. Parallèlement, des équipes spéciales ont été créées en 1890 pour répondre à la pratique du tir hors-service à proximité de la Grütli-Protect Federacion (devenue en 1917 la Fédération suisse des travailleurs Schützenbund DGSDE).

Développement des Associations de Tir

L'année 1892 marque une évolution dans la structure du SSV, qui se composait désormais d'associations cantonales et de membres individuels, sans liens directs avec la fédération. Un groupe de tireurs d'élite suisses a participé à une compétition internationale de tir à 300 mètres à Lyon en 1897, témoignant de la reconnaissance internationale du tir suisse. La création de la Flobertschützenverbandes fédérale a eu lieu en 1898 (devenue en 1933 l'Association suisse des tireurs à la carabine de petit calibre EKSV, puis en 1978 l'Association suisse des tireurs SSSV). Le premier festival fédéral de tir à la carabine de petit calibre s'est déroulé à Bienne en 1899. La distance de tir de 50 mètres a été standardisée, après avoir été initialement pratiquée à des distances variables de 20, 30, 50 et 60 mètres.

Lire aussi: TMNH : Histoire et impact

D'autres associations ont suivi, notamment la Fondation de la Suisse. Revolver et pistolet tireurs association SRPV en 1921 et la Fondation de la Suisse. Match Rifle Association SMV en 1922, qui est devenu le candidat du Comité international olympique en 1923.

Concours de Tir et Événements Marquants

Plusieurs concours de tir ont marqué l'histoire du stand de tir Le Locle et du tir sportif en Suisse. Parmi ceux-ci, on peut citer :

  • Les concours de tir d'Aarau en 1872
  • Les concours de tir d'Aarau en 1890

En 1939, en raison d'une pénurie de munitions de 300 mètres, le premier concours de tir de petit calibre a eu lieu à la place. La Suisse a été championne inattendue de tir à la carabine en 1966. Après la première fois des cours juniors sont offerts.

Lors des Jeux Olympiques de Munich en 1972, dernier coup à plusieurs reprises avec un 300-m-canons. Les Championnats du monde à Thun ont eu lieu en 1974.

Le Concours Fédéral & International de Gymnastique et de Tir de 1920 à Belfort

Un événement particulièrement intéressant, bien que n'ayant pas eu lieu directement au Locle, est le Concours Fédéral & International de Gymnastique et de Tir de 1920 à Belfort, car il illustre l'importance du tir sportif à cette époque et les défis logistiques liés à l'organisation de tels événements.

Lire aussi: Tout savoir sur la réglementation

En 1914, pour organiser ce 1er Concours Fédéral & International, les deux Sociétés de gymnastique de la Cité du Lion, L'Alsacienne et La Belfortaine s'étaient associées. Ce Concours des 2 au 4 juillet, était prévu initialement les 14, 15 et 16 août 1914, mais l'avènement de la Première Guerre Mondiale mit fin à son organisation. Cette décision fut entérinée lors de la première réunion du Comité de La Belfortaine, le 2 juin 1919.

Les dates du 14 & 15 août 1920 furent adoptées lors de la réunion du Comité du 9 septembre et entérinées le 17 novembre. Le Concours était toujours placé sous l'égide de la Fédération de gymnastique et de tir. Problème de dates ! L'information vint au Comité que les alsaciens avaient prévu d'organiser leur propre concours les 14 & 15 août 1920 percutant ainsi les dates retenues par La Belfortaine.

Malgré une intervention du maire de Belfort auprès de celui de Mulhouse, leur décision resta inchangée. La mairie demanda au Comité de la Belfortaine de modifier les dates prévues; lors de la réunion du 5 décembre 1919, il fut décidé de les déplacer au 3 & 4 juillet 1920.

Préparatifs et Organisation du Concours de 1920

Un courrier fut adressé au président de la Fédération, Charles Siffert pour obtenir la liste des membres du Comité de la Fédération. De même, une démarche fut entreprise vers le général commandant la 7e Région militaire, pour obtenir la participation des chefs de corps sous ses ordres pour former des sections pour participer au Concours des Délégations militaires. En 1914, cinq unités étaient inscrites au Concours, 171e Régiment d'infanterie, 172e RI, 23e RI, 47e Régiment d'artillerie et le 9e Bataillon d'Artillerie.

Il fut organisé à Belfort le 4 janvier 1920, une réunion de la Commission Technique de la Fédération en présence des présidents de Vesoul, Lons-le-Saunier, de membres du Comité belfortain. Le président Charles Siffert proposa de reconduire le programme de 1914, qui avait été élaboré et adopté, avec quelques ajustements. Un concours de pupilles sera organisé. Il fut décidé que la tenue serait standardisée pour les gymnastes. Pour que l'ensemble des Sociétés participantes soient sur le même pied d'égalité, il fut prévu qu'un cours de démonstration serait mis en place à une date à déterminer. Lors de cette journée seraient nommés les membres du Jury.

Lire aussi: Sport et tradition à Romans

La publicité du Concours sera effectuée via le Journal de Franche-Comté et des Monts du Jura qui publie de nombreux articles sur la gymnastique, il peut aussi éditer un bulletin propre à ce Concours à un tarif intéressant. Dès le lancement des invitations, les premiers retours présageaient une adhésion au projet belfortain. Au 9 février, 17 Sociétés étaient inscrites au Concours. Le nombre passa à 29, au 23 février. De nombreuses Sociétés suisses, dont plusieurs alémaniques, avaient demandé le règlement car fortement intéressées à y participer.

Une soixante de moniteurs de gymnastique représentant les Sociétés de Genève, du Tessin, de la Chaux-de-fond, de Soleure, de plusieurs sociétés jurassiennes, démontrant ainsi la volonté suisse de pouvoir renouer les bonnes et cordiales relations bilatérales mises à mal par le conflit mondial ! Une démonstration se déroula à Besançon, le dimanche suivant, 18 avril pour les Sociétés de la Fédération. Lors de cette journée, se déroula l'élection des membres du jury par les moniteurs de la Fédération. Une troisième était prévue le 2 mai, à Mulhouse, pour les Sociétés alsaciennes.

Le président, Émile Marlin, rendit compte de la réunion préparatoire avec la Commission des fêtes de la ville du 17 avril. L'adjoint au maire, Paul Marx a informé le Comité de la Belfortaine, que la municipalité ne pouvait voter aucune subvention pour ce projet ! À ce stade, il était escompté la participation de 80 Sociétés de gymnastique représentant environ 1500 à 2000 athlètes.

Il eut réponse le 29 avril, apportant l'information qu'une mise à disposition du couchage dans les casernes de la Place, entre celles de la ville, de Réthenans et Offemont, libérée des militaires de la Classe 1918, était potentiellement possible. Une directive du ministre de la Guerre, du 21 avril 1920, avait été transmise au général du 7e Corps d'armée de mettre à disposition, autant faire se peut, l'hébergement des Sociétés agréées et scolaires amenées à se déplacer pour participer à des Concours, éducation physique, sportive, tir… A charge aux organisateurs de rembourser les dépenses suivant la table des tarifications.

Suite à la suggestion du Capitaine Berger, les autorités militaires ont décidé de construire un stade sur le Champ de Mars, destiné à la garnison de la Place. Les différents travaux dont les tribunes, la clôture et l'aménagement du terrain de courses, seront effectués par des ouvriers militaires. Elle proposa une mise à disposition de ce futur stade pour le déroulement du Concours; une visite des lieux était prévue le 22 avril. Cette solution proposée fut retenue. Pour obtenir des volontaires sous l'intitulé de "Commissaire" pour prendre en charge les Sections de gymnastique, le Comité décida de passer une insertion dans la presse locale.

Les restaurateurs ne répondant pas réellement aux demandes du Comité, furent à nouveau sollicités pour la nourriture des athlètes. Cette intervention fut nécessaire car le vice-consul de la Chaux-de-Fond avait biffé sur le passeport collectif les noms des personnes qui n'étaient ni gymnastes ou ni cadres techniques de la Société. Les membres honoraires et supporters n'étaient pas autorisés à entrer sur le sol français !

Un train spécial fut affrété à partir de Delémont pour rejoindre Delle où un train prendrait les voyageurs pour les emmener à Belfort. Tout début mai, Émile Marlin, le président du Comité d'organisation du Concours International et Fédéral de gymnastique fit un point d'avancement du projet pour que la presse relaie vers leurs lecteurs, la situation à deux mois de ces Fêtes, soulignant aussi les points encore critiques.

Une nouvelle relance fut effectuée pour obtenir leur implication. La préparation des aménagements du Champ de Mars où devaient se dérouler les épreuves, était bien avancée. Une réunion était prévue le 22 mai à l'Hôtel de Ville, avec les commissaires chargés d'accompagner les Sociétés; ils en manquaient encore pour garantir la bonne organisation.

Le Comité sollicitait encore la générosité de la population pour incrémenter les fonds pour couvrir les frais liés au projet et le don de prix en vue de pouvoir distribuer un maximum de souvenirs aux gymnastes. Dans l'édition du 29 mai de La Frontière, était donnée la liste des 90 Sociétés participantes au Concours et elle rappela que quand en 1914, fut annulé le Concours des 14, 15 et 16 août, suite à la déclaration de la Guerre, il n'y avait que 57 Sociétés d'inscrites.

Deux nouvelles inscriptions arrivèrent juste avant la clôture fixée le 28 mai, portant le nombre à 92 Sociétés participantes avec une Luxembourgeoise, 43 Suisses et 48 Françaises, dont plusieurs alsaciennes et lorraines, totalisant environ 2500 gymnastes.

Un point d'avancement fut effectué le 30 mai lors de réunion organisée par le Comité de la Fédération des Sociétés de Gymnastique de Franche-Comté et du Territoire de Belfort. Il revint à Émile Parrot de présenter son projet concernant le déroulement des épreuves mises au point pour le Concours.

Malgré les difficultés pour accueillir 2500 gymnastes attendus représentant les 92 Sections inscrites, les membres du Comité d'organisation des Fêtes annoncèrent que les restaurateurs belfortains s'étaient engagés, verbalement, mais engagés tout de même, à les nourrir. Pour le couchage, grâce aux autoritaires militaires, ils seront logés dans les casernes de la Place.

Lors de ce Comité de la Fédération, fut désigné Lons-le-Saunier pour organiser la 2e Fête Fédérale en 1922. Le congrès de la Fédération était prévu à l'Hôtel de ville de Belfort, le 4 juillet.

Encore tout début juin, le Comité de la Belfortaine, par voie de presse, rappelait le besoin en dons sous forme nature ou argent pour distribuer 1500 prix, objectif que les organisateurs s'étaient fixés, pour la bonne renommée de Belfort !

Cette épreuve pratiquée seulement par quelques Sociétés sportives, réunira quelques concurrents pour un concours spécial. Ce lancer étant un exercice individuel, il n'était pas une pratique agréée par les Sociétés de gymnastique, préférant développer l'activité pluri sportive !

Après les cinq années de la Première Guerre Mondiale, la Société de gymnastique La Belfortaine voulait rebondir après cette terrible épreuve qui avait vu plusieurs de ses gymnastes donner leur vie à la Patrie… ce projet de Concours Fédéral et International de Gymnastique et de Tir en 1920 redonnait, l'énergie pour relancer la dynamique d'avant-guerre.

tags: #stand #de #tir #le #locle #histoire

Articles populaires: