Le département de la Meuse, riche en histoire et marqué par des événements militaires significatifs, possède une tradition de tir sportif profondément enracinée. Cet article explore l'histoire des stands de tir dans la Meuse, en mettant en lumière leur évolution depuis la fin du 19e siècle jusqu'à nos jours. Nous examinerons le rôle crucial de l'Union Nationale des Sociétés de Tir de France, l'implication des sociétés locales comme celle de Bar-le-Duc, ainsi que l'évolution du stand de tir de Verdun.
L'Union Nationale des Sociétés de Tir de France : Un Cadre National pour le Tir Sportif
À la fin du 19e siècle, l'Union Nationale des Sociétés de Tir de France jouait un rôle central dans la promotion et l'organisation du tir sportif. Son organe officiel, "Le Tir National", servait de plateforme pour coordonner les activités et les compétitions à travers le pays. En 1893, l'Union comptait 288 sociétés affiliées et trois fédérations régionales : celles du Nord, du Centre et de la région de Paris. Parmi ces sociétés, on trouvait celle de Bar-le-Duc, présidée par M. le Dr. Bryon.
L'Union organisait des championnats nationaux et encourageait la participation des tireurs en égalisant les chances de succès et en réduisant les coûts de participation. Ces championnats étaient considérés comme une manifestation commune à toutes les sociétés du territoire et un moyen de susciter l'intérêt des pouvoirs publics pour l'institution du tir. L'Union Nationale des Sociétés de Tir de France, dont l'organe officiel était "Le Tir National", jouait un rôle central dans la promotion et l'organisation du tir sportif en France.
Les Défis Financiers et l'Appel à la Participation
La dernière assemblée générale du 10 juin s'est vivement préoccupée des lourdes charges que les Championnats font peser sur l'Union. Il était crucial que les sociétés fassent un effort pour y amener un nombre suffisant de tireurs afin de couvrir les frais. Le Comité demandait instamment à tous de prêter leur appui dévoué à cette œuvre patriotique.
Le Rôle Essentiel des Sociétés de Tir Locales : L'Exemple de Bar-le-Duc
Les sociétés de tir locales, comme celle de Bar-le-Duc, étaient les piliers de l'Union. Elles permettaient aux tireurs de se rencontrer, de s'entraîner et de participer à des compétitions. Ces sociétés offraient un espace de convivialité et de développement des compétences pour les passionnés de tir.
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Voici une liste non exhaustive de quelques sociétés de tir affiliées à l'Union en 1893, témoignant de l'étendue de son réseau :
- Abbeville (Somme)
- Agen (Lot-et-Garonne)
- Aignay-le-Duc (Côte-d'Or)
- Aix-les-Bains (Savoie)
- Alger (Algérie)
- Amiens (Somme)
- Angers (Maine-et-Loire)
- Bar-le-Duc (Meuse)
- Bordeaux (Gironde)
Le Stand de Tir de Verdun : Une Histoire Liée à l'Armée et à la Ville
L'histoire du stand de tir de Verdun est intimement liée à l'histoire militaire de la ville. Après le traité de Versailles, l’occupant prussien quitte Verdun en septembre 1873. La ville, se trouvant proche de la frontière, devient une place forte connue mondialement. En 1877, le régiment d’infanterie territoriale de la ville crée « La société de tir et de préparation militaire de Verdun », destinée à former la jeunesse au tir. Le stand militaire de la gare, construit à cette époque, est toujours en service aujourd'hui.
Évolution du Stand Après les Guerres Mondiales
Après la Seconde Guerre mondiale, l’activité reprend dans un vieux manège à chevaux et la STPM devient civile. Au début des années 1970, un nouveau stand est construit par des bénévoles sous la conduite d’un capitaine de gendarmerie, après l’achat du terrain par l’association. Il est situé au bout de la zone industrielle de Tavannes.
La Société de Tir de Verdun : Une Association Sportive Centenaire
Lors de la suppression du service militaire sous Jacques Chirac, le nom de l’association change pour devenir « Société de tir de Verdun ». Il s’agit de la plus vieille association loi 1901 sportive de la ville.
Le 151e Régiment d'Infanterie et son Lien avec le Tir
Le 151e régiment d’infanterie fut créé par l’empereur Napoléon 1er le 2 janvier 1813. En 1916, il occupe le Mort-Homme et y gagne sa quatrième inscription « VERDUN 1916 » et sa devise : Verdun, on ne passe pas. En particulier, la 11e compagnie d’instruction, avec ses jeunes recrues en formation, se couvre de gloire en montant à l’assaut des positions allemandes en chantant la Marseillaise. La compagnie y gagnera une Croix de Guerre avec palmes à cette occasion.
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Après cette bataille, le régiment est envoyé sur les fronts de la SOMME 1916, de l’AISNE 1917 et du SOISSONNAIS 1918 où il se couvre de gloire. Il combat à nouveau dans les rangs de la 42e division d’infanterie de 1939 à 1940. En 1942, le régiment est dissous suite aux combats en Champagne-Ardenne et reconstitué en 1945. Le centre de formation initiale des militaires du rang s’est vu confier la garde du drapeau du 151e régiment d’infanterie.
Le Centre de Formation Initiale des Militaires du Rang (CFIM)
Le centre de formation initiale des militaires du rang -151e RI de Verdun se trouve en réalité à Thierville-sur-Meuse. La gare la plus proche se situe à Verdun. La gare de Meuse TGV se situe à 20 minutes de route et permet de se rendre à Paris en une heure. L’encadrement permanent (actuellement une trentaine de personnes), affecté au CFIM - 151e RI, est chargé du commandement, de l’organisation, du fonctionnement et de l’instruction spécialisée (ex : moniteur de sport, instructeur et moniteur de tir, spécialistes de la pédagogie).
Louis Jules Debeuré : Un Exemple d'Engagement dans le Tir Sportif au 19e Siècle
Louis Jules Debeuré, né le 7 janvier 1831 à Triconville (Meuse), illustre l'engagement des citoyens dans le tir sportif à la fin du 19e siècle. Après avoir été cordonnier et doreur sur métaux à Paris, il devient propriétaire d’une maison de campagne à Joinville-le-Pont. Il s’investit dans la société d’escrime et de tir Les Volontaires de Joinville et Champigny, fondée en 1884. Dans le contexte de la défaite de 1870, de nombreuses sociétés de ce type voient le jour avec un objectif patriotique.
Bien que la vie associative se soit avérée compliquée, avec des conflits internes et des démissions, Debeuré resta engagé. Il fut même candidat aux élections municipales de 1888. Son implication témoigne de l'importance du tir sportif et de l'engagement civique à cette époque.
Tir 2000 : Un Exemple Contemporain de Passion pour les Armes
Pour illustrer la pérennité de la passion pour le tir, prenons l'exemple de l'armurerie Tir 2000, fondée en 1979 par Geneviève et Georges Giusti à Montbéliard. Après plus de quarante ans d'activité, ils ont pris leur retraite, laissant derrière eux un héritage de service et de passion pour les armes. Georges Giusti, un passionné d'armes depuis son enfance, a transformé sa passion en métier en ouvrant son armurerie. Son expertise en réparation, montage et réglage de lunettes était particulièrement appréciée.
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Les Archives et la Recherche Historique : Sources d'Information
Les archives jouent un rôle crucial dans la préservation de l'histoire des stands de tir et des sociétés associées. Retrouver un ancêtre ou l'histoire de sa maison, retracer la vie d'un personnage célèbre ou le déroulement d'un événements, étudier le passé…, les possibilités de recherches sont très nombreuses dans les archives. Pour valoriser les 4 000 km linéaires d'archives conservées en France, les archivistes réalisent des publications, des expositions et beaucoup d'autres activités culturelles et éducatives, tandis que les historiens exploitent les documents pour leurs travaux. Les services d'archives publiques sont répartis sur l’ensemble du territoire : Archives nationales, départementales, régionales, communales et intercommunales, Archives du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, du ministère des Armées et de nombreux autres organismes publics.
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