Stand de Tir de Morges : Histoire et Évolution des Traditions de Tir en Suisse

L'histoire des stands de tir en Suisse, et plus particulièrement dans la région de Morges, est intimement liée à l'évolution des traditions militaires, des sociétés de tir et des pratiques sportives. Cet article explore cette histoire, en mettant en lumière des aspects tels que l'organisation des troupes, l'évolution des casernements, les pratiques de tir et l'importance des sonneries militaires.

Les Abbayes et Sociétés de Tir : Une Tradition Suisse

En Suisse romande, les sociétés de tir sont souvent appelées "abbayes". Ces sociétés, dont l'origine remonte parfois à plusieurs siècles, organisent des concours de tir qui sont de véritables fêtes de village. Ces événements annuels ou bisannuels sont des moments importants de la vie communautaire, où les meilleurs tireurs sont couronnés rois et vice-rois. Les abbayes, telles que l'Abbaye des grenadiers des Bioux ou celle des carabiniers de Montreux, ont une longue histoire et jouent un rôle social important. Elles permettent le développement d'un réseau de connaissances et sont parfois perçues comme un lieu où "il faut être" pour être reconnu dans la région.

Les abbayes durent souvent jusqu’à trois jours, et peuvent comporter une journée spéciale pour les jeunes ; on y danse et l’on s’y restaure sous la cantine. Les abbayes vaudoises et lausannoises sont particulièrement réputées.

Évolution des Traditions Militaires et des Casernements

L'histoire des stands de tir est également liée à l'évolution des pratiques militaires. Autrefois, lorsque le roi convoquait « l’ost », les troupes étaient logées chez l’habitant là où les forces se réunissaient avant de s’engager. Les sonneries militaires jouaient un rôle crucial dans l'organisation de la vie militaire. Des sonneries spécifiques, telles que La Générale, l’Assemblée et Au drapeau, étaient utilisées pour réveiller les troupes, les appeler au service et les regrouper autour de leurs drapeaux.

Les premiers casernements réels ont vu le jour vers 1675, mais uniquement pour les « Gardes françaises », unité au service permanent du Roi. A la Révolution, la saisie des édifices religieux va permettre d’ «encaserner » des troupes de plus en plus nombreuses. Sous le 1er Empire, les troupes seront en déplacement quasi permanent et vivront le plus souvent dans des camps. La « diane »ou « le réveil au bivouac » les réveillera, la générale et l’assemblée les regrouperont.

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Ce n’est que sous Louis XVIII que de nouvelles casernes apparaissent un peu partout en France pour loger la Gendarmerie. Ces immeubles sont spécifiques car il est prévu d’y loger les sous-officiers et les familles. Ce n’est qu’après 1870 que de véritables casernes seront construites. Pour la plupart se sont celles que nous voyons encore dans nos villes.

Pratiques de Tir et Évolution des Stands

Autrefois cette sonnerie imposait l’extinction réelle des feux de chauffage et d’éclairage par crainte des incendies si ces feux n’étaient pas gardés dans la nuit. Cette sonnerie servait en temps de paix pour les séances au champ de tir (on ne connaissait pas encore le stand de tir couvert). Avant la séance de tir, le clairon de la compagnie montait sur la butte et sonnait le garde à vous dans les quatre directions principales puis il sonnait « Commencez le feu ». Si la compagnie devait traverser la ville pour se rendre ou pour revenir du champ de tir, le règlement imposait que ce soit fait l’arme sur l’épaule, les clairons et tambours sonnant !

Le stand de Lully (près d'Estavayer, pas de Morges) est une installation plus importante que celle du Nozon. Il est réputé pour ses belles installations et son ambiance conviviale.

L'Importance des Ordres Militaires

En manœuvre ou en campagne, autrefois, il y avait des ordres nombreux et variés pour faire se déplacer les unités, passer de la colonne à la ligne, marcher au pas puis au pas de charge, se mettre en position de tireur debout, à genoux ou couché etc. Aujourd’hui le combat a changé totalement d’aspect avec les combats « insurrectionnels »; l’insécurité des arrières oblige tous les militaires à connaitre les règles du combat à pied.

La cohésion du groupe attaqué et le geste réflexe du combattant sont tragiquement dépendant de la compréhension rapide des ordres oraux. Ceux-ci doivent donc être codifiés et connus de tous. Toutes les sonneries « d’honneur », comme autrefois, saluent l’arrivée des autorités. « Au drapeau » reste le symbole du regroupement de tous au service de la nation.

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Le Débat sur les Armes Militaires à Domicile

La question de la conservation des armes militaires à domicile a suscité de nombreux débats en Suisse. Certains estiment que cette tradition est un symbole de la confiance accordée aux citoyens et un élément important de la défense du pays. D'autres, en revanche, soulignent les risques liés à la présence d'armes à feu à domicile, notamment en termes de suicides et de vols.

Des initiatives populaires ont été lancées pour interdire les armes militaires à domicile, mais elles ont souvent été rejetées par le peuple. Les opposants à ces initiatives mettent en avant le rôle du tir sportif et la nécessité de maintenir une armée de milice efficace. Ils soulignent également que la plupart des tireurs sportifs utilisent leurs armes de service pour la pratique du tir.

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