L'histoire des stands de tir à Saintes est riche et complexe, marquée par une diversité d'événements allant des compétitions sportives aux sombres réalités de la collaboration et de la répression post-libération, en passant par des faits divers tragiques. Cet article explore les différentes facettes de cette histoire, en s'appuyant sur des témoignages et des documents d'époque.
Le Tir National et l'Union Nationale des Sociétés de Tir de France
À la fin du XIXe siècle, le tir sportif connaît un essor important en France, encouragé par des organisations telles que l'Union Nationale des Sociétés de Tir de France. Le journal "Le Tir National", organe officiel de cette union, témoigne de l'activité intense des sociétés de tir à travers le pays, y compris dans la région de Saintes.
L'Union Nationale des Sociétés de Tir de France, soucieuse de promouvoir le tir sportif et d'en encourager la pratique, met en place des championnats et des concours. Elle s'efforce également d'améliorer l'organisation de ces événements et de réduire les charges financières qu'ils représentent pour l'Union.
Dans le cadre de ses efforts pour développer le tir sportif, l'Union s'intéresse également à la formation des jeunes tireurs. Elle encourage les sociétés de tir à établir des liens avec les écoles supérieures, les lycées et les collèges, afin de recruter de nouveaux talents.
Le développement du tir sportif dans la région de Saintes
L'Association de Tir Centre-Bretagne (ATCB), basée à Loudéac, illustre le dynamisme du tir sportif dans la région. Son président, Romain Bernard, est un passionné de tir depuis l'âge de 11 ans. Le club, qui compte 111 licenciés, a connu une saison exceptionnelle avec de nombreux podiums au niveau départemental et régional.
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Le club de tir de Loudéac se modernise et innove chaque année pour attirer de nouveaux adhérents. Romain Bernard, en tant qu'entraîneur fédéral, arbitre et responsable de l'école de tir, joue un rôle essentiel dans le développement de la discipline auprès des jeunes.
L'ATCB met l'accent sur les valeurs éducatives du tir sportif, telles que la maîtrise de soi, la concentration et le respect des règles. Elle offre aux jeunes un cadre structuré pour s'initier à cette discipline exigeante.
Par ailleurs, un centre de tir est en développement à Échay, visant à offrir aux tireurs un espace d'entraînement de qualité, loin des zones urbaines.
Les stands de tir et la Seconde Guerre mondiale : Collaboration et répression
La Seconde Guerre mondiale a profondément marqué l'histoire des stands de tir à Saintes. Pendant l'Occupation, certains Français ont collaboré avec les Allemands, tandis que d'autres ont rejoint la Résistance. À la Libération, une vague de répression s'est abattue sur les collaborateurs présumés, souvent jugés sommairement et exécutés.
Les femmes accusées d'avoir eu des relations avec des soldats allemands ont été particulièrement visées par la vindicte populaire. Elles étaient souvent tondues en public et humiliées. Des témoignages poignants relatent ces scènes de violence et de dégradation.
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Des collaborateurs ont été emprisonnés à Recouvrance, la prison de Saintes étant pleine. Des femmes gardiennes ont été réquisitionnées pour aider à la surveillance des détenues. Certaines prisonnières fabriquaient des objets en laine pour des œuvres charitables.
Après la Libération, des exécutions sommaires ont eu lieu à la "Combe à cocu", près de Saintes. Des collaborateurs ont été fusillés par des pelotons d'exécution, souvent composés de membres des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI) ou des Francs-Tireurs et Partisans (FTP).
Des témoignages décrivent des scènes macabres, avec des corps étendus sur le sol et des exécutions publiques. La violence de cette période a laissé des traces profondes dans la mémoire collective.
Un avocat de Saintes, a défendu Bourciez, accusé à tort d'avoir appartenu à la Milice de Royan. Malgré ses efforts, Bourciez a été condamné à mort et exécuté. L'avocat a obtenu sa réhabilitation après la découverte d'archives prouvant son innocence.
Un fait divers tragique : Le suicide au lycée du Petit Chadignac
Plus récemment, un fait divers tragique a endeuillé le lycée horticole Le Petit Chadignac à Saintes. En mars 2018, une jeune fille de 17 ans, Polina, s'est donné la mort au stand de tir à l'arc de l'établissement.
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Un jeune homme de 21 ans, également scolarisé au lycée, a été jugé pour homicide involontaire. Il lui était reproché d'avoir installé la corde et de l'avoir laissée à disposition, malgré les signaux de détresse de Polina.
Le tribunal a condamné le jeune homme à six mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans. Cette affaire a suscité une vive émotion et a mis en lumière les problèmes de santé mentale chez les jeunes.
Essor du tir sportif en Corse
En Corse, le tir sportif connaît un essor important, séduisant plus que d'autres sports populaires. Le club Bastia Teghime Tir Club a vu une augmentation significative des inscriptions après les attentats de 2015, avec un nombre étonnant de femmes parmi les nouveaux inscrits.
La pratique du tir sportif est souvent perçue comme un moyen de gérer le stress et de se concentrer sur autre chose. Les tireurs sportifs viennent d'horizons divers, allant des architectes aux avocats en passant par les professionnels de santé.
Le tir sportif ne nécessite pas de prédispositions particulières, bien qu'il soit préférable de ne pas trembler. Tout le monde peut y arriver avec de l'entraînement et de la persévérance.
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