Le Toulois, terre de vignobles à l'histoire riche, a vu se développer une tradition de tir qui s'est transformée au fil des décennies, passant d'origines militaires à des activités sportives et de loisirs modernes. Cet article explore l'histoire des stands de tir dans le Toulois, en mettant en lumière les sociétés de tir locales, leur évolution et leur adaptation aux changements sociétaux.
Des origines militaires aux activités sportives : l'évolution des sociétés de tir
Les plus anciennes sociétés de tir qui apparaissent dans le département de la Meurthe en 1867-1868 sont des sociétés de francs-tireurs. Nancy, Toul et Lunéville ont leur société de francs-tireurs, ainsi que Frouard, localité industrielle au nord de Nancy. Ces sociétés, initialement axées sur la préparation militaire, ont progressivement intégré des aspects sportifs et de loisirs, attirant un public plus large.
Les Débuts : Francs-Tireurs et Engagement Local
Le 27 Juin 1867, une lettre est adressée au préfet de la Meurthe concernant la création de la Société des Francs-Tireurs de Lunéville. Parmi les adhésions à la société, on relève celles des principaux fonctionnaires et des personnes les plus honorables de la ville. Il est important de noter que cette réunion n´a aucun caractère politique. Le 3 Aout 1867, un arrêté du Préfet de la Meurthe autorise "La Société des Francs-Tireurs" de l´arrondissement de Lunéville.
Période d'Interruption et Reprise des Activités
En 1871, Lunéville est devenue une importante garnison allemande composée de troupes appartenant à la Landwerhe bavaroise. Durant l´occupation du pays, la Société ne pouvait pas maintenir ses activités.
Reprise et Développement des Activités de Tir
Tous les ans, elle donne des concours de tir auxquels prennent part les Sociétés de tir françaises, d´Alsace-Lorraine et les officiers de l'armée active de la réserve et de l´armée territoriale. En 1882, le maire de Lunéville FERRY, et le docteur Louis JOB demandent l´autorisation de créer dans cette commune une société pour la propagation de l´éducation gymnastique et militaire dans l´arrondissement de Lunéville. Ils projettent de créer dans cette ville un bataillon de 16 à 21 ans dont les membres seront initiés gratuitement au stand et dans les salles des sociétés existantes. Ils veulent instaurer à Lunéville des revues, des concours et des fêtes où seront convié les cercles et les bataillons. La société comprend des sections rurales à Saint Clément, Laronxe, Chenevières et Chanteheux. Ses instructeurs sont ceux du bataillon scolaire de Lunéville.
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Le XXe Siècle : Reconstruction et Adaptation
En 1920, il ne reste que quelques vétérans du 41e R.I.T et la section tir initiale est devenue incapable de fonctionner. En 1921, la nouvelle socété de tir qui a pour titre "Société de tir de Lunéville" reçue son agrément du Ministre de la guerre sous le numéro 10307, et est inscrite au J.O du 19 novembre 1921. En 1936, M. GARDES en raison de son âge et de sa santé décide de se demettre de ses fonctions de président. En 1940, le président ROSIO et quelques membres disponibles décident de se rendre au café Cotar à Moncel. Des soldats allemands consomment dans la salle de café du rez de chaussée. En 1945, M. ROSIO décide de redonner son activité à la société. L'année suivante, en 1946, la socété agrée en 1921, fête son 25e anniversaire sous le titre de "Société de Tir de Lunéville" en deux journées: le samedi se déroulent les épreuves très caractéristiques d´un Cross-Vitesse de tir dont la formule est nouvelle et attrayante. Le dimanche a lieu en l´Eglise St Maur, la cérémonie en souvenir des morts de la société avec sermon de circonstance faisant valoir les qualités des tireurs au combat. En 1949, le président ROSIO décide de se démettre de ses fonctions. En 1950, les tirs se font de nouveau au champ de tir de Mondon. En 1957, M. KELLER, lors de l´assemblée générale tenue en janvier, décide de se démettre de ses fonctions de président. En 1959, la présidence est confiée à M. En 1960, la saison est interrompue faute de munitions pour s´entrainer à cause des conflits. Dans les années 1980, la présidence est confiée à M. En 1986, la présidence est confiée à M.
Le XXIe Siècle : Modernisation et Homologation
En 1995, l´armée cède une partie du terrain du Rianois à la mairie de Lunéville pour la construction d'un stand de tir destiné à la Société de Tir de Lunéville. En 2003, M. CHARTON en raison de son âge passe le flambeau à M. Jonathan HAUVILLER. En 2008, la présidence est confiée à M. Gérard GUILLEMINAULT. Les statuts sont remis au goût du jour. De janvier à mars 2009, M. Arnaud FAVIER est président. De janvier à octobre 2012, la présidence est assurée par M. Patrick DUEZ. L´assemblée générale d´octobre élira M. Victorien CLAVEL pour la présidence. En 2013, la ville de Lunéville et le Tir Sportif Lunéville investissent ensemble dans le stand municipal du Rianois pour agrandir celui-ci. Le tir sportif Lunéville est le seul club de Meurthe et Moselle homologué. En 2017, en compagnie de tireurs de Schwetzingen, le club fête ses 150 ans. On note également les subventions de plusieurs Communes du Canton.
Le Club de Tir du Thiaucourtois : un exemple de développement local
Le Club de Tir du Thiaucourtois illustre parfaitement l'évolution des stands de tir dans le Toulois. Fondé en juillet 1982 par des passionnés, le club a connu une croissance constante, passant d'un simple stand à un complexe moderne offrant diverses disciplines de tir.
De la cave à l'Eglise aux installations modernes
En juillet 1982, quelques passionnés de ce sport, créeront le Club de Tir du Thiaucourtois et installeront un stand sur la commune de Jaulny, au croisement des chemins communaux de Jaulny / Viéville. Les hivers étant rigoureux, on installera un stand 10 m pour les armes à air comprimé dans une cave place de l’Eglise (sous le bâtiment Radio RDM). Début septembre 1985, le club s’installe dans de nouveaux locaux en dur qui ont été construits par ses adhérents. C’est à l’emplacement de l’actuel Stand, situé près du Viaduc de la Ligne LGV. Le stand 10 m de la Place de l’Eglise n’y suffisant plus, il faut trouver d’autres locaux. C’est la que se situe maintenant le stand 10 m à air comprimé du Club. Nous disposons de 6 pas de tir avec des rameneurs électriques et 5 autres avec des rameneurs manuels.
Expansion et diversification des activités
En automne 2008, on cherche un terrain afin d’y aménager un Stand 200m pour tirer au fusil. Au printemps, après accord de la Municipalité, les plans sont faits et les travaux de terrassements sont lancés le mercredi 24 février 2010. Le 30 mai 2010 on tire les premières cartouches d’essais dans la boue sur ce nouveau Stand. Il nous faut quand même remercier également la Commune de Thiaucourt pour son aide financière importante qui nous a permis de réaliser et de financer une partie des travaux. En 2017, de la terre végétale est achetée afin de réhausser la bute du Stand 50m et améliorer la sécurité des installations. Nos effectifs fluctuent entre une centaine et 120 adhérents (en 2022: 101 personnes entre 21 et 87 ans).
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Le cynétir : une approche moderne du tir
Outre les stands de tir traditionnels, le Toulois a vu émerger des installations plus modernes, comme le cynétir. Cette approche novatrice du tir permet aux tireurs de s'entraîner sur des animaux virtuels projetés sur un écran, offrant une expérience immersive et réaliste.
Le cynétir de Bruley : une expérience unique
Une terre rurale où la chasse reste une pratique importante, comme à Bruley, où l’un des seuls cynétirs français permet aux tireurs de s’entraîner sur des animaux qui passent sur un écran. Jean-Michel Vigneron fait un dernier signe à travers la vitre. Les quatre tireurs sont prêts. Le co-gérant du Domaine des Templiers de Bruley , vaste complexe qui regroupe en pleine campagne le restaurant « La Limousine », une salle de séminaires-évenements, une boucherie-traiteur, une armurerie et le cynétir « les templiers », lance un film depuis sa « salle de contrôle ». Dans la pièce principale, Fabien, arme en mains, casque de protection sur les oreilles, est aux aguets. « Bam ! ». Il vient de toucher l’un des sangliers qui courraient en groupe sur l’écran cinématographique fixé à une dizaine de mètres. La balle traverse l’écran, puis est envoyée par un flux d’air dans un réceptacle en béton en fond de salle. L’analyse de sa trajectoire, par des rayons infrarouges, donnera ensuite au tireur des informations sur le geste qu’il vient de réaliser. Puis quand il aura dégainé toutes ses balles, ses trois amis le remplaceront, chacun leurs tours face à l’écran. « Nous faisons partis d’un groupe de chasse en Moselle », explique Fabien. « Nous venons ici pour passer un bon moment entre amis mais aussi pour nous entraîner avant la réouverture officielle » , fixée à ce dimanche 15 septembre.
Pour chasseurs aguerris, mais aussi tout type de public
Après les sangliers, des cerfs défilent, à vitesse plus rapide, sur les écrans. Chasseurs aguerris, les quatre amis tirent pendant une heure à balles réelles, avec les mêmes armes qu’ils utiliseront le week-end en forêt. « Mais il est possible de tirer au laser ou à blanc et de venir sans arme », précise Alain Parfait, propriétaire du Domaine des Templiers. « Nous mettons tout ce qu’il faut à disposition des tireurs », grâce à l’Armurerie du Grand Est, située sur le même site. Et alors que la saison de chasse ne dure que quelques mois, le cynétir est, lui, ouvert presque toute l’année. « Les pratiquants sont des chasseurs bien sûr, mais aussi des professionnels de la sécurité, des amis, des familles », reprend le patron. Depuis son ouverture en 2017, « le cynétir est une façon de démocratiser la pratique ». D’ailleurs, en complément et avec toujours cette volonté de « s’adresser à tout type de public », Alain Parfait et son associé viennent de créer, le « club de tir des templiers du Grand-Est », sur le même site de Bruley.
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