Le Centre National de Tir Sportif (CNTS) de Déols-Châteauroux est un complexe dédié au tir sportif qui accueille des compétitions d'envergure internationale, dont les épreuves de tir sportif dans le cadre des Jeux. Ce site, qui a failli ne jamais accueillir ces épreuves, est devenu un lieu central pour les tireurs sportifs français et internationaux.
Un Centre Né d'une Volonté Fédérale
Peu de gens connaissent l’histoire de ce site. Le Centre National de Tir Sportif est né de la volonté de la Fédération Française de Tir Sportif de réunir les infrastructures permettant de pratiquer l’ensemble de ses douze disciplines dans un même lieu. Elle a acheté dans ce but, en 2012, les 80 hectares de l’ancien camp militaire de la Martinerie à Déols-Châteauroux. Un projet financé par l’ensemble des licenciés de la fédération (80%) avec des soutiens nationaux et régionaux. Pour lui donner corps, le chantier est lancé en mars 2016 et le site est inauguré en mai 2018.
Des Jeux Olympiques à Châteauroux : Un Moment Historique
Le centre du monde se trouvera dans quelques jours à Châteauroux-Déols ! En effet, c’est au Centre National de Tir Sportif que se tiendra le match pour la médaille de bronze à 10h30. La finale se disputera juste après, au concours de tir à la carabine à 10m par équipes mixtes. À la mi-journée, place au premier podium des Jeux ! Un moment historique.
Le stand finales abritera les épreuves olympiques. Mais le CNTS a failli ne jamais voir les épreuves qui se dérouleront à partir de samedi. En effet, au départ, c’est le complexe semi provisoire de La Courneuve qui a été privilégié mais en juillet 2022, l’équipement de l’Indre a été finalement officiellement retenu.
L'Expérience d'un Tireur Sportif au CNTS
Chaque mois, le tireur sportif Eric Delaunay, originaire de Saint-Lô (Manche), qualifié pour les épreuves de skeet aux Jeux olympiques de Tokyo 2020, passe une semaine en stage avec l’équipe de France de tir, au Centre national de tir sportif, à Déols (Indre), près de Châteauroux. Le Manchois Eric Delaunay s’y sent « comme à la maison ». « C’est un équipement à la pointe, exceptionnel, l’un des plus grands stands d’Europe, explique-t-il sourire aux lèvres. Et encore, je ne connais qu’une partie des 89 hectares du site. En discipline de plateau (skeet, fosse), c’est le stand qu’il nous manquait en France pour atteindre une qualité de haut niveau. Et on peut s’arranger facilement pour venir quand ça nous arrange, c’est le pied.
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Routine d'Entraînement
Chaque matinée de stage débute vers 9 h. Certains stages peuvent n’être dédiés qu’à du travail technique et de la précision. Mais en ces temps de crise sanitaire précipitant les annulations d’épreuves internationales, on comble le vide comme on peut. « Le nombre de munitions que je peux tirer par jour varie beaucoup, commente Delaunay. De 125 à 600. Sur une année, je dois tirer en moyenne 50 000 cartouches. C’est par la répétition qu’on progresse, il n’y a que l’entraînement qui permette de gagner. Tous ceux qui restent à un haut niveau mondial sont ceux qui tirent beaucoup. Le plomb pleut sur le stand de skeet pendant deux bonnes heures.
À midi, pause déjeuner dans la salle de pause. Plateau-repas composé de salade de riz, petit pain, lasagnes, jambon, fromage et tartelette, pour des athlètes échangeant volontiers sur tout, sauf le tir sportif ! « On n’est pas comme les Italiens, qui parlent tout le temps tir et technique, que ce soit au réveil, au petit-déjeuner, à midi et le soir, sourit le Saint-Lois. Il faut savoir déconnecter ! On parle des enfants, des compagnes et compagnons, on se vanne… Ça fait du bien au mental. Des discussions, oui, et surtout un jeu de cartes. « C’est une petite tradition, tu ne peux pas entrer en équipe de France si tu ne sais pas jouer, plaisante Delaunay. J’ai appris les règles en sélection, quand j’étais chez les juniors. Ça crée une cohésion de groupe, d’équipe, et on rigole bien.
À 13 h 30, retour sur le pas de tir. Jusqu’à 16 h ou 17 h, les plateaux volent, pourchassés par les munitions de calibre 12. Ensuite, les athlètes font de la préparation physique ou passent… à un autre sport. « Du tennis de table ou du badminton, cite par exemple le Normand. Ça nous défoule, car le tir pompe énormément d’énergie mentale, mais il faut une bonne dose de dépense pour trouver un équilibre entre fatigue psychique et fatigue physique. Les fins de journée offrent, habituellement, une séance de musculation, un passage à l’hôtel et un repas au restaurant. Avant que tout ne recommence, le lendemain matin. « On a la chance d’être professionnels, notre boulot c’est d’aller au stand de tir, rappelle Delaunay. Aujourd’hui, je vis de ma passion, j’en suis heureux chaque matin et je viens ici en courant. Même quand je suis seul chez moi à Bréville, j’ai la motivation pour m’entraîner chaque jour.
Évolution Historique des Stands de Tir : L'Exemple de Villeurbanne
En ce 19e siècle finissant, les eaux du Rhône s’écoulent le long de la Feyssine. Sur le chemin de la Digue, des promeneurs profitent du petit matin. Quand une détonation déchire l’air. Puis une autre, et encore, et encore, à s’en éclater les tympans. Les adhérents d’une association de tir viennent d’entamer les exercices de leur sport favori. Il y a longtemps déjà que des coups de feu retentissent dans cette partie de Villeurbanne.
Dès 1791, les troupes lyonnaises prirent l’habitude de s’entraîner sur les prés situés aux abords du Rhône. Puis, en 1838, l’armée acheta à la commune l’espace actuel du campus de La Doua pour y aménager un terrain de manoeuvres pourvu de buttes de tir, et désormais baptisé « le Grand-Camp ». Mais c’est après 1870 que tout s’est accéléré. En réaction à cette lourde défaite, des associations de tir virent le jour un peu partout en France, mues par un intérêt sportif, mais aussi et surtout par la nécessité de former les futurs soldats au maniement des armes à feu : « Le but patriotique est évident », déclarèrent les premiers concernés, « et nous ne sommes pas assez éloignés de nos derniers désastres pour avoir oublié nos soldats improvisés, appelés à se servir d’armes qu’ils ignoraient complètement, et dont ils avaient plus peur que de celles de leurs ennemis ».
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La première association créée dans l’agglomération lyonnaise est la Société de Tir de Lyon (STL). Autorisée par arrêté préfectoral le 18 octobre 1872, elle fut fondée par une vingtaine de Lyonnais ayant à leur tête Henri Bouvier puis un riche négociant, Maurice Chabrières-Arlès (1829-1897), par ailleurs trésorier-payeur général du département du Rhône et régent de la Banque de France. Le succès fut immédiat, au point que la STL put très vite louer à la ville de Lyon, propriétaire des terrains, 12 puis 24 hectares situés à l’emplacement du parc actuel de La Feyssine, afin d’y installer un stand de tir.
Les travaux de construction démarrèrent dès février 1873 et, au prix d’un investissement de plus de 285 000 francs - une fortune -, furent terminés en une vingtaine d’années. Le stand s’avéra dès lors un des mieux équipés de France, et l’un des plus grands. Songez plutôt : vous étiez accueilli sur les bords du Rhône par un long portique aux immenses fenêtres, abritant tout le nécessaire pour choyer les adhérents de la Société, et d’où l’on accédait aux postes de tir.
Alors, en position debout, ou à genoux, ou bien encore couché - la posture favorite des tireurs, vous pouviez viser l’une des cibles disposées dans les hangars du stand, à 100 mètres, 200, 300, 400 et jusqu’à 500 mètres de distance ! Juste en face, se trouvait un autre édifice : le Tir aux pigeons. Reconnaissable à son chalet encadré par deux tours, il était loué par la STL à une entreprise permettant aux visiteurs du dimanche de tirer à faible distance, un peu comme dans une fête foraine.
Sitôt installée dans ses murs, la Société de Tir de Lyon fit des émules, et fut suivie en 1876 par la fondation de la Société des Tireurs du Rhône, puis en 1877 par la Société de Tir de l’Armée territoriale. Deux nouvelles associations qui implantèrent leurs stands… dans le quartier de La Doua et au Grand-Camp. Pourquoi une telle passion pour notre ville ?
Villeurbanne offrait l’avantage de vastes espaces situés hors de Lyon et en même temps très proches de notre grande voisine, où habitaient la plupart des tireurs. Vous pouviez ainsi, si l’envie vous prenait, venir au stand tous les jours, de 7 h à 19 h, à condition toutefois de ne pas être « pris de boisson ». Des écoles de tir prodiguaient aussi des leçons, y compris aux élèves des lycées, avec un franc succès : en 1894, la seule Société de Tir de Lyon accueillit 936 élèves !
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Et puis, périodiquement, les trois associations organisaient de grands concours de tir. Comme celui, national, de 1891, qui réunit près de 4000 tireurs. Et surtout comme celui, international, qui se déroula lors de la grande exposition universelle de Lyon, en 1894. Pour accueillir les inscrits venus de toute la France, de Hollande, de Belgique, de Suisse, des USA et même d’Argentine, l’on aménagea au Grand-Camp un stand de 150 mètres de large, précédé d’un superbe dôme semblable à celui de l’Hôtel-Dieu. Le tir villeurbannais atteignit alors son âge d’or.
Si monumentaux qu’ils furent, les stands de tir villeurbannais ne résistèrent pas au temps. Le dôme Art nouveau et le stand du Grand-Camp servirent encore au 8e concours national de tir organisé en 1904, puis disparurent à la fin des années 1950, lors de l’aménagement du campus universitaire de La Doua. Implanté avenue Albert-Einstein, le stand des Tireurs du Rhône, long de 300 mètres, subit pour sa part la pression immobilière et céda la place à des maisons entre 1935 et 1947.
Quant au stand de la Société de Tir de Lyon, devenu obsolète, il fut abandonné et détruit dans le même laps de temps. Il ne reste plus de lui que le canal qui le contournait, mué aujourd’hui en diapason du parc de la Feyssine. Demeure aussi de cet épisode de l’histoire du sport, l’une des buttes de l’ancien champ de tir du Grand-Camp.
Adhésion et Modernisation d'une Société de Tir
Aujourd'hui notre Société de Tir compte environ 130 membres. L'ensemble du bâtiment est désormais isolé et les installations ont été modernisées. Le 25m, par exemple, peut accueillir les compétitions de T.A.R. (Tir aux Armes Réglementaires). En juin, un tir populaire aux armes anciennes est organisé dans la grande sablière de Saint-Louis. De nombreuses adhésions sont enregistrées ce jour-là, la réussite est totale pour ce coup d'essai.
A la première assemblée générale ordinaire, la société possède un excédent financier de 13.000 francs. Un accord est conclu avec la Société amie de Rixheim afin de permettre aux tireurs carabine de "L'ARQUEBUSE" de s'entraîner dans des conditions non encore offertes à l'époque. Dès sa nomination, le nouveau président se met à la recherche d'un terrain susceptible de recevoir une installation de tir moderne à Saint-Louis.
Pour permettre le tir à l'arme de poing, une installation sommaire est installée dans un coin de la grande sablière avec l'accord de la direction. A l'assemblée générale, l'espoir renaît car un terrain pourrait convenir à Blotzheim. Les démarches sont lancées, mais le dossier traîne. Un plan de financement est étudié. L'affaire passe à l'audience du Tribunal Administratif de Strasbourg en février 1988. C'est l'année des élections municipales.
Il faut trouver une solution rapidement, sinon c'est l'abandon. L'année reste sombre car toutes les recherches n'apportent aucune solution. Une petite lueur d'espoir apparaît devant une foule attentive, lorsque le président de l'O.M.S. Alain GIRNY fait part d'un chemin boueux qu'il a emprunté pour aller voir un terrain. Malgré cela, les membres ne comprennent pas pourquoi tous ces retards. A l'assemblée générale de fin octobre, ils accordent leur confiance au président.
En fin d'année le président trouve un terrain au fond d'une carrière abandonnée. Des contacts ont lieu rapidement avec la Société de Tir et des mesures de bruit sont prévues le samedi 26 janvier 1991 en présence de des élus Messieurs GIRNY, PENIN et WURTZ. Des tirs à l'arme de poing en calibre 22LR, 38Spl et 9mm Para sont effectués par un tireur puis par deux tireurs. A partir du passage sous la voie ferrée, en direction du Parc des Maréchaux, toutes les mesures sont négatives.
Tout se débloque enfin et par courrier du 20 juin 1991, l'implantation d'un stand de tir provisoire est accordée sur ce terrain. Une convention définissant les conditions d'occupation est en cours de préparation pour le mois de septembre. L'information est gardée secrète jusqu'à la réunion de début septembre. Dès lors, Bruno MAMGOLD le trésorier et le président se retrouvent sur le terrain pour tirer les grandes lignes de ce futur stand de tir.
Un rectangle est délimité avec des ficelles à partir d'une vieille borne trouvée sur place. A l'assemblée générale du mois d'octobre, les membres sont informés de l'accord au sujet du terrain et la convention signée avec la ville. Les réserves financières du club fondent très vite sans sombrer dans le rouge et le prêt obtenu auprès de la CMDP facilite la réalisation du projet.
Le jour prévu, en présence de M. le Député-Maire Jean UEBERSCHLAG, du président de l'O.M.S. La fête reste un agréable souvenir pour beaucoup de membres. Le stand de tir est tout neuf, maintenant, il faut gérer tout en gardant le cap sur le développement de cet équipement. A l'assemblée générale suivante, les membres acceptent le développement proposé du pas de tir 25 mètres à 15 postes. Les travaux ont lieu au printemps suivant ainsi que la réserve.
Le bureau et les sanitaires sont installés en cours d'année. Le premier concours 20 mètres à la carabine à genou se déroule en juin. C'est la découverte de notre stand par les tireurs de l'UNION. Au cours de l'été, le pas de tir carabine est prolongé pour accueillir 16 postes de tir et le club house est doublé de surface. L'assemblée générale décide de l'installation d'un bar et d'un coin cuisine.
Au mois d'octobre, la société organise la coupe de l'UNION où 80 tireurs se rencontrent. Les travaux effectués durant l'été sont la preuve de l'activité de la société. De nombreux membres participent aux différents championnats et autres concours de ti…
Le Stand de Tir de l’Étang Saint-Nicolas à Angers : Un Exemple Historique
Le stand de tir de l’étang Saint-Nicolas, un lieu idoine pour la municipalité de l’époque. Au XIXe siècle, Angers devient ville de garnison. En 1872, elle hébergeait à la fois un bataillon du génie, un escadron d’artillerie, une intendance militaire et un dépôt de remonte. Le champ d’exercice pour le tir se trouvait le long de la promenade de la Baumette, ce qui n’était pas très sûr pour les propriétaires voisins et promeneurs… Et le champ de tir se trouvait en zone inondable. De tout cela se plaint la commission militaire de casernement en septembre 1875 : il n’est pas question d’admettre une organisation aussi restreinte par d’uniques motifs d’économie. C’est déjà trop que le tir de la Baumette oblige à de nombreuses mesures de prudence et interdise absolument les feux de tirailleurs et d’ensemble.
Après examen de différents terrains, la commission se prononce pour le transfert du champ de tir sur la rive droite de l’étang Saint-Nicolas. Il n’y a ici à craindre ni inondation, ni mort d’hommes et les portiques devenant inutiles, tous les tirs collectifs ou individuels pourront s’y exécuter. Un champ de tir à portée de 400 mètres est adopté. La Ville vote au budget de 1876 un crédit de 20 600 francs pour son établissement. Elle n’y voyait que des avantages : un lieu adapté aux exigences militaires, plus d’entretien à sa charge, ni de responsabilité pour les accidents qui pouvaient survenir, une promenade de la Baumette rendue libre.
Le champ de tir est complètement revu en 1903, avec la construction d’un stand aux murs maçonnés. Ce sont les actuels vestiges que l’on peut voir au bord de l’étang Saint-Nicolas. La Société de tir d’Angers l’utilisait pour la préparation militaire. Dans les années cinquante, l’armée aménage pour ses exercices un nouveau terrain, route de La Meignanne, ce qui permet à la Ville d’envisager l’aménagement urbanistique des abords de l’étang.
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