Le stand de tir de Wissous, situé dans l'Essonne, a connu une période difficile marquée par des inquiétudes concernant la sécurité et la gestion des activités de tir. Cet article examine l'histoire récente du stand, les événements marquants et les défis actuels liés à sa possible réouverture.
Chronologie des Événements et Enquêtes
Incident Mortel et Garde à Vue des Moniteurs
Un événement tragique s'est produit jeudi soir au Cercle de Tir de Wissous (CTW), lorsqu'un licencié a perdu la vie, atteint par une arme à feu au sein de l'établissement. D'après les premiers éléments de l'enquête, l'homme décédé aurait pointé une arme à feu chargée sur le moniteur encadrant la séance de tir.
Deux moniteurs, âgés de 39 et 45 ans, ont tenté de désarmer l'individu, le faisant chuter au sol. C'est durant cette intervention qu'un coup de feu est parti, atteignant la victime au thorax, selon une source policière. Malgré l'intervention rapide des secours, l'homme a succombé sur les lieux.
Le parquet d'Évry a immédiatement ouvert une enquête pour « violences avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner », confiant les investigations à la direction de la criminalité territoriale de l'Essonne. Les deux moniteurs ont été placés en garde à vue dans la foulée.
Mardi suivant, à l'issue de leur garde à vue, les deux hommes ont été relâchés sans poursuite, étant mis hors de cause. Le procureur d'Évry, Grégoire Dulin, a précisé à l'AFP que les deux hommes n'avaient été « ni mis en examen, ni (placés sous le statut de) témoins assistés ».
Lire aussi: TMNH : Histoire et impact
Fermeture Administrative et Motifs Invoqués
Depuis un an, les détonations ne résonnent plus sur le stand de tir de Wissous. La fermeture du site a été actée par un arrêté préfectoral passé inaperçu, et sa réouverture se joue désormais devant la justice.
La préfecture justifie cette fermeture par des raisons particulièrement inquiétantes, pointant du doigt un manque de sécurité au sein de la structure, qui comprend l'Arquebuse, une armurerie nommée SLD, et une société d'initiation au tir baptisée BTI.
Un mois avant l'arrêté, le 23 mars, un homme avait tenté de se suicider lors d'une initiation. De plus, lors d'un contrôle inopiné, les policiers ont constaté que Frédéric Botbol encadrait seul dix novices, leur laissant des armes et des munitions à disposition.
L'association sportive Arquebuse, qui s'entraînait sur le site, aurait entamé une procédure devant le tribunal de commerce contre la nouvelle entreprise, lui reprochant de ne pas lui octroyer de créneaux. Un recours a également été déposé auprès du tribunal administratif contre l'arrêté préfectoral.
Frédéric Botbol et les Questions de Sécurité
Frédéric Botbol, figure controversée, avait été interdit d'exercer à Paris après avoir encadré trois séances de tir pour Samy Amimour, l'un des terroristes du Bataclan. Il s'était ensuite tourné vers Wissous pour poursuivre ses stages. En 2022, un autre incident avait marqué le club, lorsqu'un licencié au comportement inquiétant s'était tiré une balle dans la tête sur le pas de tir. Ces événements, conjugués aux manquements aux règles de sécurité et au stage effectué par le terroriste du Bataclan, ont placé le club dans le viseur des autorités.
Lire aussi: Tout savoir sur la réglementation
Droit de Réponse de Frédéric Botbol
En réponse à un article de Florian Loisy daté du 23 avril 2019, Frédéric Botbol a tenu à apporter les précisions suivantes :
Il réfute avoir fait l'objet d'une interdiction d'exercer à Paris et conteste avoir encadré trois séances de tir pour Samy Amimour. Il affirme que lorsqu'il a débuté son activité à Wissous, il n'était pas interdit d'exercice à Paris, et qu'une telle mesure l'aurait empêché d'exercer sur l'ensemble du territoire.
Concernant Samy Amimour, il souligne qu'il n'avait aucune raison objective de lui refuser l'accès à l'activité en 2012, lors de sa seule initiation au tir. Il précise qu'Amimour ne portait aucun signe religieux ostentatoire, ne tenait aucun propos véhément et n'avait adopté aucune attitude déplacée. Il insiste sur le fait qu'il n'a jamais encadré les séances de tir d'un terroriste, car à l'époque, Amimour n'avait commis aucun acte terroriste et il était impossible de soupçonner sa participation future à la tuerie du Bataclan.
Il souligne que tous les centres de tir sont confrontés aux mêmes difficultés en France, n'ayant accès ni au casier judiciaire ni aux fichiers S.
Il réfute les propos selon lesquels il aurait manqué de « sérieux avec une clientèle composée de jeunes issus de quartiers sensibles présentant des signes extérieurs d'une religion islamique rigoriste ». Il affirme que les séances d'initiation étaient ouvertes à tous, sans discrimination, et que les personnes qui s'adressaient à TIR INITIATION provenaient de tous milieux sociaux et culturels. Il précise qu'il refusait toutefois l'initiation au tir à toute personne présentant un signe religieux ostentatoire (port du voile, par exemple), ce qui lui a valu d'être entendu par des officiers de police suite à des plaintes pour discrimination raciale.
Lire aussi: Sport et tradition à Romans
Il nie avoir pratiqué des initiations avec des armes lourdes, précisant que ce terme désigne dans le langage militaire les armes qui ne peuvent être manipulées par moins de deux personnes.
Il met en avant son Brevet d'entraîneur cible 1er degré obtenu en 2011 auprès de la Fédération Française de Tir, sur présentation d'un mémoire décrivant scrupuleusement les séances d'initiations qu'il entendait mettre en œuvre.
Impact de la Fermeture et Perspectives de Réouverture
Depuis le 1er octobre, l'entreprise SLD a été placée en liquidation judiciaire, faute de rentrées financières. Selon Richard Trinquier, le maire (DLF) de Wissous, l'entreprise a été rachetée par une autre entité. Bien que l'activité pourrait potentiellement reprendre, la nouvelle entreprise n'a pas encore entrepris les démarches nécessaires pour permettre aux autorités de vérifier la sécurité des installations.
Le maire déplore la précipitation avec laquelle la préfète a ordonné la fermeture de l'activité, soulignant l'impact sur les 400 membres du club de tir. Bien qu'il soit lui-même adhérent, il s'était opposé à la mise en place de stages d'initiation, estimant que le lieu devait être dédié au tir sportif. Il souhaite que l'association de l'Arquebuse puisse reprendre ses activités.
La ville de Wissous est le bailleur du centre de tir, loué 4 000 € par mois à l'entreprise en charge de l'exploitation du site.
Alternatives et Activités Similaires : L'Exemple de Corbeil-Essonnes et Aubervilliers
En attendant une éventuelle réouverture du stand de tir de Wissous, les amateurs de tir sportif peuvent se tourner vers d'autres structures dans la région.
Stand de Tir à Corbeil-Essonnes
Le stand de tir à Corbeil-Essonnes offre une multitude d'activités pour les passionnés de tir sportif. Situé dans un cadre agréable, ce lieu est idéal pour apprendre, pratiquer et améliorer ses compétences.
- Tir aux armes de poing : Cette discipline populaire se pratique avec des pistolets ou revolvers et peut inclure plusieurs formats tels que le tir rapide, le tir de précision, ou encore les défis chronométrés.
- Ball trap : Pour ceux qui préfèrent le tir en extérieur, le ball trap est une option fascinante. Cette discipline simule la chasse avec des plateaux d'argile projetés dans les airs comme des cibles mobiles.
- Tir à la carabine : Également très apprécié, le tir à la carabine s'effectue principalement sur des distances variables, allant de quelques mètres à plusieurs dizaines de mètres.
Le stand de tir à Corbeil-Essonnes dispose d'infrastructures modernes et bien entretenues pour assurer le confort et la sécurité de tous les participants. La sécurité est une priorité absolue, avec de nombreux protocoles en place pour garantir une pratique sans risque.
Rejoindre l'association de tir à Corbeil-Essonnes permet de rencontrer d'autres passionnés et de progresser grâce aux conseils de tireurs expérimentés. Des ateliers et des sessions de formation sont régulièrement organisées pour permettre à chacun d'améliorer ses compétences et sa connaissance des armes.
Le stand de tir à Corbeil-Essonnes organise des compétitions locales et régionales pour ceux qui souhaitent se mesurer à d'autres tireurs.
En outre, le site propose souvent des activités complémentaires comme un parc aventure et des séances d'initiation au tir encadrées par des instructeurs qualifiés.
Devenir membre du stand de tir à Corbeil-Essonnes présente de nombreux avantages, tels que des tarifs réduits, un accès prioritaire aux installations et la possibilité de profiter d'équipements de haute qualité.
Stand de Tir à Aubervilliers
Situé au cœur du quartier dynamique d'Aubervilliers, ce stand de tir attire une grande variété de visiteurs. Facile d'accès grâce aux transports en commun, il offre une opportunité unique pour pratiquer le tir en toute sécurité.
Doté d'équipements modernes, le stand de tir d'Aubervilliers accueille tous les profils de tireurs, des débutants aux confirmés. Il abrite également plusieurs clubs de tir sportif.
Le tir à l'arc est une activité idéale pour les enfants souhaitant découvrir le monde du tir dans un environnement sûr et contrôlé.
L'Avenir de l'Arquebuse de Wissous
L'Arquebuse de Wissous existe toujours, mais ses membres sont privés de leur stand de tir depuis plusieurs saisons. Malgré les efforts passés, il semble difficile de récupérer les installations.
Nombre d'entre eux pratiquent désormais le tir dans d'autres clubs.
Procédure Judiciaire et Recours Administratif
L'association sportive Arquebuse, qui s'entraînait sur le site, aurait entamé une procédure devant le tribunal de commerce contre la nouvelle entreprise, car celle-ci ne voudrait pas lui octroyer des créneaux. Un recours a également été déposé auprès du tribunal administratif contre l'arrêté préfectoral.
Situation Actuelle de l'Arquebuse de Wissous
L’Arquebuse de Wissous continue d’assurer la partie administrative : licences, avis préalables et démarches fédérales.
Accident Mortel en Avril 2025
Le 17 avril dernier, un événement tragique est survenu au sein du Cercle de Tir de Wissous (CTW), dans l’Essonne. Lors d’une séance d’initiation, un participant a perdu la vie, touché mortellement par un coup de feu. Selon Le Parisien et des sources judiciaires, la victime, un homme de 31 ans, aurait braqué un moniteur avec une arme chargée. En tentant de le désarmer, deux encadrants ont entraîné sa chute, provoquant accidentellement le tir fatal. Les deux moniteurs, initialement placés en garde à vue, ont été relâchés sans poursuite ni mise en examen. Ce n’est pas la première fois que le CTW traverse une crise. En 2022, un licencié s’était suicidé sur le pas de tir.
Réouverture et Nouvelles Ambitions
Finis le « business » et ses dérives, place à l'ambiance « familiale du club de tir ». Ce pourrait être le mantra de l'association du Cercle de tir de Wissous, qui a rouvert le club de tir de la ville ce vendredi, plus d'un an et demi après sa fermeture à marche forcée sur arrêté préfectoral, en raison des pratiques douteuses de l' ancien gérant. Cette semaine, elle a reçu son certificat d'homologation sportive d'installation de tir sportif, délivré par la Fédération française de tir (FFTir).
La municipalité loue l'exploitation du site à la société Soprotir. Les pratiquants peuvent s'inscrire à une nouvelle association, le Cercle de tir de Wissous. Mais le maire de Wissous, Richard Trinquier (DLF), avoue sa surprise lorsque nous lui annonçons la réouverture du club ce samedi. Il assure que le Cercle de tir de Wissous n'a pas l'autorisation de faire tirer des adhérents.
« Une clause du bail interdit toute sous-location sauf à l'association l'Arquebuse, précise l'élu. À la moindre détonation, nous irons donc voir cette nouvelle association, car cela peut valoir résiliation du bail. » Contactée, l'entreprise Soprotir s'estime en conformité vis-à-vis du bail. « Il ne s'agit pas d'une sous-location, nous louons seulement des prestations à des associations », indique-t-elle. N'importe qui peut venir s'il est membre de la FFTir. « Avant, il n'y en avait pas, il y avait juste une volonté de faire de l'argent, explique Adrien, à la réception du club de tir ce samedi. Nous voulons retrouver l'esprit sportif du club. » Soprotir souhaite ouvrir une armurerie au club. Elle compte rentrer dans ses frais en vendant des armes en parallèle des sessions de tir.
Les équipements des salles ont été mis à neuf, avec notamment des blocs de plastique pour minimiser la pollution au plomb et les ricochets. Unique club de tir du nord de l'Essonne, l'endroit voyait défiler près de 900 adhérents réguliers avant sa fermeture. Les pratiquants doivent tout de même montrer patte blanche : être licencié à la FFTir et ne pas apparaître au fichier de recensement des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes, et avoir un casier judiciaire vierge, comme l'indique le site de l'association.
tags: #stand #de #tir #wissous #fermeture
