Le tir sportif, souvent méconnu, offre une expérience à la fois cathartique et spirituelle, ancrée dans une discipline rigoureuse. À Paris, près de la porte de la Chapelle, se trouve un centre de tir qui témoigne de cette réalité. Mais l'histoire du tir et des armes à feu en France est riche et complexe, influençant tant l'armée que la société civile. Cet article explore l'histoire des stands de tir, en particulier celui de la porte de la Chapelle, en la replaçant dans un contexte plus large de l'évolution des armes à feu et de leur rôle dans la société française.
Les Clubs de Tir Près de Paris : Une Initiation au Tir Sportif
Pour ceux qui souhaitent s'initier au tir au pistolet, plusieurs centres spécialisés existent près de Paris. L'Association Nationale de Tir de la Police (ANTP), avec ses stands à Versailles, près de la porte de La Chapelle et à l'Aquaboulevard, est l'un des clubs les plus fréquentés. On peut y tirer avec des armes célèbres comme des Glock 17 ou des Smith & Wesson 629 Competitor, ainsi qu'avec des carabines d'intervention ou des pistolets mitrailleurs. À Versailles, le Tir National, en place depuis 1875, propose une école de tir avec des cibles placées entre dix et 50 mètres, offrant un choix d'armes modernes, anciennes ou militaires. Les Pistoliers d'Auteuil, à Issy-les-Moulineaux, offrent un cadre atypique dans une ancienne galerie d'extraction de craie réquisitionnée par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, avec des stands de tir allant de dix à 70 mètres.
Stand de Tir Porte de la Chapelle : Un Microcosme Fascinant
Le centre de tir de la porte de la Chapelle est un espace coupé du monde, avec ses propres codes et principes. Les règles de sécurité y sont strictes, interdisant le tir sur des cibles à représentation humaine et le toucher aux réglages des armes du club. Les membres, majoritairement des hommes, viennent tamponner leur carte en échange de l'arme de leur choix, puis s'enfoncent dans un couloir vitré pour tirer.
Lola Quivoron, une jeune photographe et réalisatrice française, a réalisé un film sur ce centre de tir, intitulé "STAND", capturant l'essence de ce lieu unique.
Une Expérience Cathartique et Spirituelle
Pour beaucoup, le tir constitue une expérience cathartique, une discipline sportive vécue comme une pratique spirituelle d'accomplissement de soi, liée à la force destructrice des armes. Le rituel suit une mécanique bien huilée, où certains tireurs s'entraînent pour la compétition, tandis que d'autres se font plaisir en vidant leur chargeur. Des enfants encouragent parfois leur père, créant un tableau intergénérationnel.
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Une Clientèle Diversifiée
Il n'y a pas vraiment de clientèle type dans ce centre. On y croise des professionnels désireux de peaufiner leur technique, des amateurs en quête d'adrénaline, des membres des forces de l'ordre et des passionnés d'armes à feu.
L'Influence de la Culture Américaine
La culture américaine est très présente dans ce centre. Les références aux films d'action hollywoodiens, au pistolet de James Bond, au revolver d'Inspecteur Harry et à la carabine du Soldat Ryan sont fréquentes, témoignant d'un fantasme de puissance liée à la représentation des héros dans les films.
Un Univers Masculin et une Figure Féminine Forte
La seule femme qui travaille dans le centre de tir, portant un médaillon à l'effigie du soldat Vasquez d'Aliens II, se fond parfaitement dans cet univers masculin. Elle est perçue comme une héroïne de film d'anticipation américain, une sorte de Lieutenant Ripley qui conseille, surveille et encadre les séances.
Le Travail Ingrat de l'Équipe d'Entretien
Au crépuscule, une équipe d'entretien se glisse dans une combinaison blanche, une cagoule et un masque de protection pour balayer les milliers de douilles, récurer le béton armé et ramasser le plomb. Ce travail ingrat, effectué dans un air irrespirable, est essentiel pour préparer le lieu à sa réouverture.
L'Évolution des Armes à Feu : Un Aperçu Historique
L'histoire des armes à feu est intimement liée à l'histoire militaire et sociale de la France. Des premières utilisations de la poudre noire aux armes modernes, l'évolution technologique a été constante.
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Des Origines à la Poudre Noire
Au VIIe siècle, le feu grégeois était utilisé dans les attaques navales. Au VIIIe siècle, les Chinois inventèrent la poudre noire, un mélange de salpêtre, de soufre et de charbon de bois. Vers 1150-1200, les Arabes utilisèrent la poudre noire sous la forme de canons rudimentaires à main, les "Madfaa", qui propulsaient des flèches trapues. Vers 1280, la poudre fut redécouverte en Europe, menant à la création de pots de fer à "traire garrot", des canons primitifs propulsant de grosses flèches.
Les Premières Armes à Feu Portatives
En août 1324, une bombarde fut utilisée pour attaquer la ville de la Réole en France. Vers 1370, l'hacquebute primitive, littéralement "canon à croc", était destinée à tirer en crochetant un mur pour encaisser le recul. Vers 1380, elle deviendra une arme plus efficace lorsqu’on lui adjoindra une culasse mobile (boite à feu) permettant un chargement plus rapide, et la charge à la place du boulet d’une centaine de balles de plomb, la « plommée , en guise de projectiles. Les grenades feront leur apparition en Europe vers 1467. Vers 1460 jusqu’à 1660, l’arquebuse, mot découlant d’hacquebute : C’est une arme à feu, à fût de bois, véritable ancêtre des carabines, mousquets et fusils, que l’on tient sous l’aisselle ou que l’on commence à épauler. A partir de cette époque les balles rondes en plomb pour armes portatives à canon lisse seront enveloppées dans un petit carré de tissu graissé appelé « Canepin » destiné à les caler. On verra également rapidement vers 1450 apparaitre les « gargousses , ancêtres de la cartouche, doses de poudre préparées à l’avance dans un tissu ou du parchemin et les « apôtres » dont le rôle est identique mais en bois vers 1480.
L'Évolution de la Platine
Vers 1510-15, la platine à « rouet » permet un allumage sans mèche. En 1520, l’arquebuse à canon rayé (rainuré) hélicoïdalement : Il semble que le germanique Auguste Kotter, remarquant que les « viretons d’arbalète » (traits aux ailerons inclinés qui partaient en tournant sur eux-mêmes) avaient une plus grande précision que les « traits classiques » comme le « carreau . Il inventa le « rayage (rainurage) hélicoïdal » de l’intérieur des canons d’arquebuses. Cela apporta une précision nettement plus efficace de l’arme par stabilisation gyroscopique de la balle dans l’espace, et une augmentation de puissance en supprimant les fuites de gaz propulseurs des armes à canon lisse dont la balle était plus petite que l’âme du canon. L’ancêtre de la carabine était né.
La Platine à Silex et la Platine à Percussion
Initié par Louvois, ministre d’état, et sur le conseil du maréchal de Vauban, Louis XIV, généralisera par ordonnance la platine à silex à la française sur les mousquets en allégeant leur poids en 1703. Les travaux sur les agents chimiques explosant suite à un choc, réalisés par le chimiste français Bertholet, comme le fulminate de mercure et le muriate de potassium, amenèrent le pasteur écossais Alexandre John Forsyth en 1808 à concevoir la première platine à percussion par chien (sans pierre) dite à « flacon de parfum , n’utilisant pas le silex, mais le fulminate de mercure, sur un fusil de chasse.
Armement et Douanes : Un Lien Historique
Après la révolution, l’article 15, Titre XII de la loi organique des Douanes du 22 août 1791 a conféré aux préposés des Douanes pour l’exercice de leur fonction le port d’armes à feu et autres. Cet armement consiste en un fusil et sabre. Les agents des brigades des Douanes généralement issus des fantassins avaient porté sous le régime militaire un sabre court suspendu à un baudrier. Mais, en août 1817, le Directeur général constate que cette tentative d’harmonisation de l’armement est difficile à mettre en oeuvre. Certains Directeurs demandent des fusils d’infanterie, d’autres des fusils de dragons parce que leurs préposés, sont déjà pourvus de ce type d’arme. En 1832, des plaintes parviennent au Directeur général sur le fait que les mousquetons fournis par les manufactures à la Douane, étaient de moins bonne qualité que ceux fournis au département de la guerre. Il est donc arrêté que l’Administration des Douanes ne demandera pour l’armement de ses préposés que des fusils de voltigeurs entièrement conformes au modèle régulier de 1822. Le choix de l’Administration se porte alors sur un fusil assez court «pour être abrité sous le collet-manteau et auquel serait adapté une baïonnette assez longue pour tenir, au besoin, à distance les adversaires avec lesquels des luttes pourront être soutenues». Elle choisit donc le fusil à percussion établi pour la Gendarmerie le 17 février 1844. Cette arme a un calibre de 11 mm et présente 4 rayures.
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Les Bataillons Scolaires : Une Éducation Militaire Précoce
La défaite de 1870 a marqué un tournant dans l'histoire de France, suscitant un désir de revanche et une prise de conscience de la nécessité de préparer la jeunesse à la défense de la patrie. C'est dans ce contexte qu'émergent les bataillons scolaires.
Conditions d'Émergence
La loi de 1872 proclame le service militaire obligatoire de un à cinq ans selon tirage au sort. Pour réduire la durée du service militaire, certains estiment qu'il faut procéder à une formation préalable à l'école. Le ministre de la guerre, le général Farre, explique en 1881 : « le service de trois ans, tel qu’il existe dans un autre pays, doit, pour porter ses fruits, avoir été précédé pendant longtemps d’un dressage préliminaire spécial acquis à l’école. Il faut donc développer l’instruction, l’instruction à tous les degrés, et surtout l’instruction militaire civique. Apprenons aux enfants ce que c’est que le soldat : quels sont ses devoirs ; quelle charge lui impose sa mission ; et même quelle grandeur et quel honneur il y a dans les charges qui lui sont imposées. »
Création, Organisation et Fonctionnement
La loi du 28 mars 1882 met la gymnastique et les exercices militaires au nombre des matières d’enseignement des écoles primaires publiques de garçons. L'existence légale des bataillons scolaires est reconnue par un décret en date du 6 juillet 1882. Tout établissement public d’instruction primaire ou secondaire ou toute réunion d’écoles publiques comptant de deux cents à six cents élèves, âgés de douze ans et au-dessus pourra, sous le nom de bataillon scolaire, rassembler ses élèves pour les exercices militaires pendant toute la durée de leur séjour dans les établissements d’instruction… Le bataillon scolaire ne pourra être armé que de fusils conformes à un modèle adopté par le Ministre de la Guerre… Ces fusils, devront présenter les trois conditions suivantes : n'être pas trop lourds pour l'âge des enfants ; comporter tout le mécanisme du fusil de guerre actuel ; n'être pas susceptibles de faire feu, même à courte portée. Les fusils seront déposés à l'école… Pour les exercices du tir à la cible, les élèves des bataillons scolaires âgés de 14 ans au moins et que l'instructeur en chef aura désignés comme apte à y prendre part, seront conduits au stand ou au champ de tir et y seront exercés avec le fusil scolaire spécial… Un arrêté du 27 Juillet 1882 précise que dans les communes où les bataillons scolaires sont constitués, les exercices de bataillon ne pourront avoir lieu que le jeudi et le dimanche, le temps à y consacrer sera déterminé par l'instructeur militaire, de concert avec le directeur de l'école.
L'Engouement et les Objectifs
L'idée de faire de l'école un centre de préparation et d'instruction militaire où les élèves apprendront le devoir, la discipline, le maniement des armes, le tir, apparaît comme une des clés du redressement national et un des moyens de préparer la revanche. L'instructeur désigné par l'autorité militaire peut être l'instituteur qui est souvent un sous-officier ou officier de réserve. Aux instituteurs Paul Bert leur dira, définissant ainsi leur mission :"Nous devons faire, par une éducationcommencée à l'école par vous, continuée au régiment avec vous, de tout enfant un citoyen, de toutcitoyen, un soldat." Le bataillon est organisé militairement, port de l'uniforme, du béret marin, apprentissage et utilisation du fusil, le chant patriotique est également de mise et anime les défilés.
Le Fusil Scolaire Factice
Fusil modèle 1874 dit fusil Gras, longueur du canon 71,5 cm, longueur totale 113 cm. Baïonnette et son fourreau, réduction à la taille du fusil, lame avec pointe arrondie, longueur de la lame 42 cm, longueur totale 51 cm. Quoique factices, les fusils qui équipent les élèves des bataillons scolaires doivent être conformes à un modèle défini par le ministre de la guerre. Ce fusil comporte tout le mécanisme du fusil de guerre sans pouvoir faire feu.
La Ligue des Patriotes
La Ligue des Patriotes, est fondée le 18 mai 1882, par Paul Déroulède, Armand Goupil et Henri Martin qui en sera le premier président. Lors de sa fondation, et durant les premières années, elle est en phase avec la conception républicaine du patriotisme. Ses objectifs initiaux sont de mobiliser la jeunesse autour de la Patrie. Elle encourage la création de sociétés de gymnastique et de tir. Paul Déroulède les qualifie "d'assurance contre l'invasion". Elle organise avec les Sociétés de Tir de France, à Paris en 1884, le premier concours national de tir. Elle propage ses idées par la voie de sa publication, "Le Drapeau". Dans ses pages, elle se définit de la façon suivante:"La Ligue des Patriotes a pour but la propagande et le développement de l'éducation patriotique et militaire.
Le Déclin des Bataillons Scolaires
L’autorité militaire, très jalouse de ses prérogatives, n’a jamais été, malgré son implication, très favorable à l’institution des jeunes bataillons (appelés également scolos). Elle s’inquiète de la cassure qu’il y a entre le moment où les enfants quittent l’école et leur accession au service militaire. Les instructeurs sont souvent incompétents et les défilés laissent à désirer. Les milieux catholiques considèrent que l’activité des bataillons scolaires n’a pas d’autre but que de retenir les enfants le dimanche et de rendre difficile leur instruction religieuse. Ils n’acceptent pas la dégradation de leur influence dans la jeunesse. Les frais de fonctionnement à la charge des communes pausent souvent un problème de financement. Les instituteurs sont de plus en plus réticents, ils s’interrogent sur l’opportunité de cet enseignement. La ferveur du patriotisme scolaire s'essouffle. On ne veut plus de cette parodie d'armée, où les enfants costumés s'exhibent dans les grandes célébrations publiques, ridiculisant ainsi l'armée. La crise du boulangisme accompagne le déclin des bataillons scolaires. Le nationalisme de Paul Déroulède n’a plus la cote.
Le Tir à la Carabine Flobert
Par arrêté du 27 juillet 1893, le ministre R. Poincaré, décide d’ajouter au programme des exercices militaires, pour les élèves âgés de plus de 10 ans du cours moyen et supérieur des écoles primaires publiques, le tir à 10 mètres à la carabine Flobert. Le tir scolaire se pratique avec des armes de type "Flobert", fusil système Gras, modèle 1874, calibre de 6 mm à 12 mètres (longueur 1,06 m, poids 2,70 kg), et à l'aide du fusil en calibre de 11mm (longueur 1,14m, poids 2,40 kg) avec une cartouche spéciale.
L'Enseignement du Tir à l'École
Le ministère de l'Instruction publique, pour l’exécution de cette décision, met en place une commission chargée de l'enseignement du tir dans les écoles chargées d’élaborer un règlement de tir et de faire choix de l’arme qui lui paraîtrait la plus propre à être mise en usage dans les écoles. Cette commission ouvre un concours pour la fabrication d'une arme d'instruction ; sur dix modèles proposés pour homologation, deux sont retenus conforme au fusil d'infanterie modèle 1886, plus connu sous le nom de fusil Lebel en 8mm ; en première ligne, la carabine "La Française" calibre 6mm, présentée par l’Union Nationale des Sociétés de Tir de France (longueur 1,07m, poids 2,10 kg) et en seconde ligne, le fusil à canon mince présenté par la Société nationale de tir des communes de France. (Longueur 1,307 m, poids 4,18 kg) En 1895, une Instruction officielle relative aux exercices du tir à la carabine Flobert dans les écoles communales constitue un véritable traité du tir scolaire. Celle-ci sert de guide aux instituteurs pour l’installation des stands, le choix des armes, leur mécanisme et les règles à observer dans la pratique du tir.
Le Rôle de l'Instituteur
Le tir est placé sous la direction exclusive de l’instituteur, qui doit donner lui-même cet enseignement, dans les locaux scolaires. Depuis la mise en vigueur de la loi du 21 mars 1905 sur le recrutement de l’armée, la question de l’organisation pratique de l’enseignement du tir revêt un caractère d’urgence. Les instituteurs sont invités d’une façon pressante à donner cette instruction dans leur école ; il leur est demandé, s’ils n’ont déjà une organisation fonctionnant à leur satisfaction, de procéder à la création de petites sociétés scolaires de tir et d’y ajouter une section post-scolaire destinée à assurer la continuation des exercices dans les sociétés jusqu’au service militaire et même après.
Valence : Une Ville Marquée par l'Armée
La ville de Valence, de par sa situation géographique stratégique, a toujours entretenu des liens étroits avec l'armée et la guerre. De sa fondation par les Romains à la construction de casernes au XVIIIe et XIXe siècles, l'histoire de Valence est jalonnée de présence militaire.
De Valentia à la Ville de Garnison
Fondée par les Romains entre 121 et 50 av. J.-C., Valentia était idéalement placée sur l’axe nord/sud (Lyon/Rome) et traversée par la via Aggrippa. Au Moyen-Âge, les murailles antiques ne suffisaient plus à protéger les habitants, et des fortifications furent surélevées. En 1515, un rempart extérieur fut érigé, mais il sera détruit au XVIIIe siècle pour des raisons d’économie. À la fin du XVIe siècle, une citadelle fut achevée à l’angle nord-ouest de la ville. Du fait de sa situation géographique et des nombreux troubles qui ont secoués l’Europe depuis la fondation de la cité, Valence est régulièrement traversée par des troupes qui montent ou descendent le Rhône. Elle est de plus une base arrière naturelle pour les opérations militaires vers la Savoie et l’Italie.
La Construction de Casernes
Jusqu’au début du XVIIIe siècle, les gens de guerre sont logés et nourris par les Valentinois. La répartition des soldats est organisée par les officiers municipaux, qui donnent à chaque soldat un billet de logement où est indiqué le nom et l’adresse du foyer chargé d’offrir le gîte et le couvert. Ne pouvant changer l’emplacement stratégique militaire de la ville, les municipalités successives décident de modifier les conditions d’hébergement des troupes en faisant construire des casernes. Valence entame la construction d’une première caserne au début du XVIIIe siècle, pour loger les militaires de passage et ainsi décharger la population de cette tâche. Cela permet aussi, suivant l’exemple de la ville de Vienne, d’avoir des troupes à résidence. La caserne est baptisée « Saint-Félix » car elle est proche de la porte du même nom. Elle peut loger 600 à 700 soldats.
Le Polygone et l'École d'Artillerie
Suite à son nouveau statut, la ville doit accueillir en 1777 une école d’artillerie et doit donc créer pour l’entrainement des troupes un polygone d’artillerie, c’est-à-dire un terrain dégagé pour les manœuvres de tir. On choisit pour ce faire le quartier dit La Vachette, dans l’actuel quartier du Grand Charran. En attendant sa construction, on aménage provisoirement la promenade Beauregard, faubourg Saunière, rebaptisée alors « Champ de Mars ». En 1785 arrive à Valence pour son entrainement, avec le célèbre régiment d'artillerie de la Fère, un certain Napoléon Bonaparte. C'est un tout jeune lieutenant en second, il a 16 ans. Il suit des cours théorique au couvent des Cordeliers, fait des manoeuvres au canon au Polygone… Il loge en face de la Maison des Têtes, chez Mlle Bou, et commence à fréquenter les salons mondains et intellectuels de la bonne société valentinoise.
L'École d'Artillerie : Allers-Retours et Impact Urbain
Malgré la difficulté de s’implanter, cette école d’artillerie et ses occupants ont amené de profonds changements urbains, culturels et démographiques au cours des XVIIIe et XIXe siècles. Valence passe en effet de 7000 à 8000 habitants au tournant de ces deux siècles. En 1817, le nouveau gouvernement décide de la constitution d’une armée nationale. On dresse alors dans tout le pays un état des lieux des établissements militaires accueillant des garnisons.
La Destruction des Remparts et la Construction de Nouvelles Casernes
En 1830 la ville demande donc au ministère de la Guerre de déclasser Valence comme place de guerre, afin de pouvoir détruire les remparts et s’étendre. En 1858, les bâtiments de la vieille Citadelle sont jugés beaucoup trop vétustes pour être réhabilités. La Ville décide donc de détruire l’existant pour libérer la place, soit à la construction d’une nouvelle caserne, soit à l’agrandissement de la caserne St-Félix attenante. En 1860, le conseil municipal vote le tiers des dépenses pour la construction d’une nouvelle caserne d’artillerie. En 1878, après de lourds efforts financiers de la part des Valentinois, la nouvelle caserne est achevée.
L'Installation d'un Régiment de Cavalerie
Après de longues négociations et un nouvel effort financier de Valence, qui se voit mise en concurrence avec Vienne, c’est finalement un régiment de cavalerie (et non d’artillerie) du 14e corps d’armée qui s’installera à Valence en 1876. Il faut donc construire une nouvelle caserne. Les travaux démarrent en 1877, en bordure de la route de Romans et face au polygone dans le quartier St-Jacques. La caserne est achevée en 1879. Elle reprend le plan des casernes de cavalerie de la Troisième République : une implantation en « U » autour d’une cour avec au fond le logement des troupes et de chaque côté les écuries.
Valence, Ville de Garnison
Avec l’installation du régiment de cavalerie dans la caserne Latour-Maubourg, Valence acquiert le titre de « ville de garnison ». En effet dans les années 1870 la ville comprend environ 3000 militaires, contre environ 1000 au début du XIXe siècle, soit près d’un Valentinois sur dix. Une telle hausse démographique explique pourquoi la Ville a tant insisté pour accueillir des troupes : cette nouvelle population implique un essor du commerce, du négoce et de la circulation, mais aussi une population vigoureuse et une main d’œuvre gratuite… et souvent célibataire ! De plus les achats de vivres pour les militaires et les chevaux font vivre le commerce local.
Supports pour Pistolets et Présentation des Armes Anciennes
Dans le monde du collectionnisme, la présentation visuelle est aussi importante que la qualité de l'objet lui-même. Les présentoirs jouent un rôle crucial dans la mise en valeur des armes anciennes. Les supports pour pistolets sont essentiels pour la conservation et l'exposition appropriées des armes. Ils fournissent un endroit sûr pour ranger les pistolets, évitant les dommages dus aux chutes ou à l'usure. Un support adéquat protège non seulement l'arme des dommages, mais permet également d'exposer les pièces de manière appropriée et accessible. De plus, une exposition correcte des pistolets sur des supports spécifiques peut augmenter la valeur perçue de chaque pièce. Il existe différents types de supports pour pistolets, chacun conçu avec des caractéristiques spécifiques pour différents styles et besoins d'exposition. Par exemple, les présentoirs en bois offrent une finition élégante et sont idéaux pour ceux qui souhaitent une présentation classique. On peut trouver des supports conçus pour le stockage sécurisé des armes à la maison, tels que des armoires et des présentoirs sur pied. Les supports pour pistolets ne sont pas seulement des éléments esthétiques ; ils font partie intégrante de la conservation et de l'exposition des armes.
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