Statistiques des Tirs au But au Football : Analyse Approfondie

Les tirs au but sont une phase cruciale et souvent décisive dans le football, suscitant un intérêt considérable tant chez les joueurs que chez les statisticiens. Cet article se penche sur une analyse approfondie des statistiques des tirs au but, en explorant divers facteurs qui peuvent influencer leur issue. L’objectif est de fournir une compréhension nuancée de cet exercice, en allant au-delà des idées reçues et des clichés.

Importance de l'Analyse Statistique et Éthique

La question de savoir si une équipe bénéficie d'un avantage en tirant en premier lors d'une séance de tirs au but a fait l'objet de nombreux débats. Des études contradictoires ont alimenté la discussion, soulignant l'importance d'une approche statistique rigoureuse et éthique. Il est essentiel de considérer les principes éthiques qui sous-tendent le travail de tout statisticien, tels qu'énoncés par l'Institut International de Statistiques, afin d'éviter les biais et les interprétations erronées.

L'Évolution des Règles et leur Impact

Au football, lors de compétitions comme la Coupe du Monde, il est impératif de désigner un vainqueur à chaque match à partir des huitièmes de finale. Si le score reste nul après les prolongations, une séance de tirs au but est organisée. Le règlement de l'IFAB stipule qu'un tirage au sort détermine l'espace du terrain et le capitaine qui choisira l'ordre des tirs.

L'analyse de ces séances révèle des facteurs qui pourraient influencer le score final, notamment l'enjeu, la pression, et les encouragements des spectateurs. L'avantage supposé de démarrer une séance de tirs au but reste une source de controverse, avec des études qui soutiennent des conclusions opposées.

Démarrer n'est pas (toujours) gagner

Est-il primordial de tirer en premier quand c'est l'heure des tirs au but ? Des chercheurs de la London School of Economics avaient estimé à 60 % le taux de victoires de l'équipe qui débutait la séance. C'est moins vrai, selon l'étude d'InStat, qui s'appuie sur un échantillon huit fois plus important. Seules 51,5 % des équipes qui ouvrent la séance la remportent.

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Les Gardiennes font le job

C'est l'argument le plus utilisé pour délégitimer le foot féminin : les gardiennes ne seraient pas à la hauteur. Sur l'exercice du penalty, la thèse ne tient pas. Elles encaissent même moins de buts que les gardiens (73,65 % contre 75,57 %) et effectuent autant d'arrêts.

Regarder pour mieux tromper

L'étude s'intéresse aussi au regard du tireur lors de sa prise d'élan. Conclusion ? Mieux vaut regarder le gardien, observer ses mouvements plutôt que fixer le ballon. L'écart de réussite entre les deux approches est flagrant (76 % contre 69 %). Avantage également aux tireurs prenant plus de cinq pas d'élan.

Se faire justice, ça marche

Bien qu'un penalty sur quatre soit raté, un échec suscite souvent des justifications plus ou moins rationnelles. Un classique est de regretter que le frappeur soit le joueur qui a subi la faute. Pourtant, ce n'est pas un facteur aggravant. L'étude ne relève que 0,17 % de réussite en moins.

Le latéral, faut pas l'inviter

France-RFA 1982, France-Italie 1998, OM-Étoile Rouge 1991 : dans ces trois séances de tirs au but, le latéral tricolore (Bossis, Lizarazu, Amoros) a échoué. Mais ce n'est pas qu'un mal français. Basé à Dublin, il est l'un des leaders de l'analyse statistique de la performance sportive, notamment en foot, basket, hockey sur glace.

Controverses et Analyses Statistiques

L'avantage réel ou imaginé de démarrer une session de tirs au but est une source de controverses. Apesteguia et Palacios-Huerta (2010) ont affirmé la présence d'un avantage, tandis que Kocher et al. (2012) ont rejeté cette idée. Palacios-Huerta (2014) a par la suite publié une étude confirmant ses premières conclusions avec un échantillon plus grand. Ces désaccords soulignent l'importance de la rigueur méthodologique et de la transparence dans l'analyse statistique.

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Certains auteurs, comme Brams et Ismaël (2018), estiment que les règles actuelles sont injustes car la victoire dépend de celui qui tire le premier. Ils proposent de laisser le hasard déterminer l'équipe qui tire en premier à chaque tour. D'autres études, comme celles de Rudi et al. (2020) et Vandenbroeck et al (2018), semblent motivées par la nécessité de prouver l'existence d'un avantage.

Kocher et al. (2012) ont critiqué l'échantillon considéré par Apesteguia et Palacios-Huerta (2010), en analysant un échantillon plus vaste de 540 sessions de tirs au but. Leur analyse n'a pas révélé de différence significative, ce qui pourrait être dû à la sélection des matchs et des compétitions.

L'Aspect Psychologique des Tirs au But

Une étude de la London School of Economics and Political Science (LSE) a révélé que l'équipe qui tire en premier gagne dans 60% des cas, ce qui suggère un avantage psychologique. La pression psychologique liée au fait d'être "en retard" affecte la performance de l'équipe qui tire en deuxième.

Certains gardiens, comme Andrew Redmayne, utilisent des tactiques pour déstabiliser les tireurs adverses. Une étude a montré qu'un gardien qui tente de déconcentrer le tireur réduit de 10% le nombre de buts marqués.

Christophe Revel et Cédric Carrasso soulignent l'importance de la préparation technique et mentale pour les gardiens. L'observation des tireurs et l'intuition jouent également un rôle crucial.

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Le football français a connu des difficultés lors des séances de tirs au but, ce qui a conduit à des réflexions sur la préparation et la gestion des émotions. Hubert Fournier a suggéré de mettre en place une cellule spécialisée pour accompagner les joueurs sur le plan émotionnel.

Statistiques Générales des Penalties

Près de 25% des penalties sont ratés en moyenne. Sur les 91 000 penalties (dans le match) ou tirs au but étudiés, 75,49 % ont été victorieux, 17,57 % ont été repoussés par le gardien, 4,07 % ont raté le cadre, 2,87 % ont été renvoyés par la barre ou un montant.

Facteurs Techniques et Mentaux

La répétition à l'entraînement, la confiance, et l'alignement cerveau/cœur/corps sont essentiels pour réussir un penalty. L'analyse des statistiques et des vidéos des gardiens adverses est également importante.

La loi des séries peut influencer la réussite des penalties. Un échec peut entraîner d'autres échecs, tandis qu'une série de réussites peut augmenter les chances de marquer.

Le statut du joueur n'est pas un facteur déterminant. Les joueurs de renom peuvent également rater des penalties.

Stratégies de Tir et Préférences des Joueurs

L'endroit le plus efficace pour marquer est en haut gauche du but (à droite du gardien) avec 83,53% de chance de trouver le fond des filets. Les tirs en force ont plus de chances d'être loupés que les tirs en finesse.

Les joueurs qui effectuent 5 pas avant de tirer ont plus de chances de voir leur tir arrêté. Une course d'élan rapide peut également entraîner un échec. Les joueurs qui regardent le gardien avant de frapper ont plus de chances de marquer.

Préparation Mentale et Routine Personnalisée

Adopter une "poker face" et mettre en place une routine personnelle peuvent aider à gérer la pression. Il est important de se recentrer sur le moyen plutôt que le résultat.

Le Rôle des Gardiens de But

Diogo Costa est devenu le premier gardien d'un championnat d'Europe à arrêter trois tirs au but tout en gardant sa cage intacte lors d'une séance de tirs au but.

Gestion des Tireurs et Hiérarchie dans l'Équipe

Il est important de ne pas se tromper au moment du casting des tireurs. Guy Roux avait une méthode empirique pour réaliser sa sélection naturelle.

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