Table de Tir Mortier 120mm : Fonctionnement et Préparation

L'évolution constante de l'artillerie a conduit à une conception nouvelle des procédés d'action et de la préparation du tir. Ce document résume les aspects essentiels de la mise en direction des mortiers de 120mm et de la formation du faisceau. Il vise à guider le Commandant de batterie dans la résolution rapide des problèmes rencontrés lors de la mise en batterie.

Les différents procédés exposés sont une adaptation des théories connues aux instruments de topographie et aux appareils de pointage en service dans les batteries. Leur diversité permet de trouver une solution dans la majorité des cas. Les opérations techniques de la préparation du tir dépendent de facteurs variés et relèvent de l'expérience du Commandant de batterie, de l'urgence de l'ouverture du feu et de l'allure du combat. Il n'existe donc pas de règle rigide, et le Commandant de batterie doit faire appel à la réflexion et à son jugement dans chaque situation.

I. Définitions et Préliminaires

Un groupe de pièces sur le terrain peut être amené à battre simultanément un même objectif. Dans ce cas, la section de tir, commandée par un officier, est composée de 4 pièces, et le tir est réglé par salves. La préparation du tir pour la batterie comprend donc :

  • La formation d'un faisceau régulier, d'ouverture et d'orientation données.
  • L'inscription des dérives correspondant à cette ouverture et à cette orientation.

Si la première salve révèle une mauvaise orientation, il suffira de commander : « Augmentez ou diminuez de tant ». Si l'ouverture du faisceau ne correspond pas au front à battre, on la modifiera par le commandement d'ensemble : « Augmentez ou diminuez l'échelonnement de tant. »

II. Le Faisceau

a) Définitions

  • Faisceau: Ensemble des plans de tir des mortiers d'une batterie.
  • Parallélisme, Convergence, Divergence:
    • Parallélisme: Les plans de tir des mortiers sont parallèles entre eux.
    • Convergence: En regardant vers le but, les plans de tir des mortiers 2, 3, 4, se rapprochent du plan de tir du mortier n° 1.
    • Divergence: En regardant vers le but, les plans de tir des mortiers 2, 3, 4 s'éloignent du plan de tir du mortier n° 1.
  • Faisceau Régulier: Faisceau où les plans de tir, considérés deux à deux, conservent entre eux des écarts angulaires égaux.
  • Echelonnement: Écart angulaire entre deux plans de tir consécutifs. Dans un faisceau régulier :
    • L'écart angulaire du mortier n° 2 avec le mortier n° 1 est de une fois l'échelonnement.
    • L'écart angulaire du mortier n° 3 avec le mortier n° 1 est de deux fois l'échelonnement.
    • L'écart angulaire du mortier n° 4 avec le mortier n° 1 est de trois fois l'échelonnement.
  • Ouvrir ou Fermer le Faisceau:
    • Augmenter la valeur absolue de l'échelonnement ouvre le faisceau.
    • Diminuer la valeur absolue de l'échelonnement ferme le faisceau.
  • Front Battu par un Faisceau: Chaque pièce bat le quart d'un objectif de dimensions déterminées. L'intervalle entre deux plans de tir consécutifs est donc le quart des dimensions de l'objectif.

b) Commandements

  • Pour déplacer l'ensemble d'un faisceau, commander : « Pour toute la batterie ». « Augmentez ou diminuez de tant. »
  • Pour ouvrir un faisceau, commander : « Augmentez l'échelonnement de tant. »
  • Pour fermer un faisceau, commander : « Diminuez l'échelonnement de tant. »

III. Pointage et Repérage

a) Définitions

  • Pointer un mortier: Déplacer le mortier jusqu'à ce que la ligne de foi verticale du goniomètre de pointage sur réglette passe par un point désigné dit point de pointage.
  • Repérer un mortier: Opération consécutive au pointage. Le mortier étant pointé, repérer consiste à :
    • Amener la ligne de foi verticale sur un point indiqué, dit point de repérage, sans toucher au mortier si on opère avec le goniomètre sur réglette courbe.
    • Amener la ligne de foi verticale à coïncider avec l'image du trait blanc de l'écran dans le miroir si on opère avec le goniomètre-miroir. Le repérage au goniomètre-miroir permet de repérer les pièces enterrées, sous bois, de nuit ou par brouillard.

b) Relation entre le goniomètre-miroir et le goniomètre-tonnerre

Avec le goniomètre-réglette courbe, une augmentation de dérive porte le plan de tir à droite; une diminution de dérive porte le plan de tir à gauche.

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c) Conventions

Le Commandant de batterie énonce les modifications à la direction comme si elles se rapportaient au goniomètre-miroir. Le chef de pièce fait la transformation si nécessaire.

Exemples :

  • Le Commandant de batterie commande : « Augmentez de 15 »
    • Le chef de pièce commande :
      • Si on pointe au goniomètre-miroir : « Augmentez de 15 »
      • Si on pointe au goniomètre sur réglette courbe : « Diminuez de 15 »
  • Le Commandant de batterie commande : « Augmentez l'échelonnement de 10 »
    • Les chefs de pièces commandent :
      • Si on pointe au goniomètre-miroir :
        • 1ère pièce « Même dérive »
        • 2e pièce « Augmentez de 10 »
        • 3e pièce « Augmentez de W »
        • 4° pièce « Augmentez de 30 »
      • Si on pointe au goniomètre-réglette courbe :
        • 1ère pièce « Même dérive »
        • 2° pièce « Diminuez de 10 »
        • 3P pièce « Diminuez de 20 »
        • 4P pièce « Diminuez de 30 »

IV. La Surveillance

a) Définitions

  • Mortier en surveillance: Mortier dont le plan de tir est dirigé dans une direction définie (direction de surveillance) ou sur un point défini (point de surveillance).
  • Batterie en surveillance: Batterie où le mortier-guide est dirigé sur la direction de surveillance et les plans de tir des autres mortiers ont des directions définies par rapport au plan de tir du mortier-guide.

b) Opérations de la mise en surveillance pour une batterie

La mise en surveillance comporte :

  • La mise en surveillance du mortier-guide (mortier de droite).
  • La formation d'un faisceau régulier d'ouverture donnée (le plus souvent le parallélisme) par rapport au mortier-guide.
  • Le repérage de chaque mortier, soit au miroir, soit sur un point de repérage qui peut dans certains cas être confondu avec le point de pointage.
  • L'inscription des dérives de repérage sur le tube de chaque mortier se fait au commandement : « Inscrivez les dérives. » Le chef de pièce ajoute : « Dérive de surveillance. »

c) Objet de la mise en surveillance

Au moment où la mise en batterie est terminée, il peut se présenter deux situations :

  • Le Commandant de batterie a déjà sa mission et par suite il est fixé sur l'objectif à battre.
  • Le Commandant de batterie ne connaît qu'une zone d'action éventuelle.

Dans le premier cas, toutes les opérations de mise en direction, formation du faisceau, etc., se font sur le but, sans faire intervenir la notion de surveillance. Dans le deuxième cas, ces mêmes opérations se font sur un point de surveillance considéré comme un but fictif.

Conclusion

La table de tir pour mortier de 120mm est un outil essentiel pour la préparation et l'exécution des tirs d'artillerie. La maîtrise des concepts de faisceau, de pointage, de repérage et de surveillance, ainsi que la compréhension des procédures de commandement, sont indispensables au Commandant de batterie pour assurer l'efficacité et la précision des tirs. L'expérience et le jugement du Commandant de batterie restent cruciaux pour adapter les procédures aux conditions spécifiques du terrain et du combat.

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