Tentative d'assassinat de Donald Trump : Chronique d'une menace croissante

La sécurité de Donald Trump, ancien président des États-Unis et candidat républicain à la prochaine élection présidentielle, a été mise à l'épreuve à plusieurs reprises. Plusieurs incidents ont marqué les esprits, soulevant des questions sur la violence politique et la polarisation de la société américaine. Cet article se penche sur ces événements, en explorant les détails des tentatives d'assassinat, les profils des suspects et les réactions politiques qui ont suivi.

Premières alertes et incidents isolés

En juillet, lors d'un meeting en Pennsylvanie, Donald Trump avait été touché à l'oreille par les tirs d'un jeune homme, abattu par les forces de l'ordre. Cet événement avait déjà mis en lumière les risques auxquels était exposé le candidat républicain.

Tentative d'assassinat en Floride : Un AK-47 et des motivations troubles

Dimanche, peu avant 14 heures, le Secret Service (USSS), l'unité d'élite chargée de la protection des hautes personnalités politiques, a entendu des coups de feu "près" de Donald Trump, qui se trouvait au Trump International Golf Club à West Palm Beach, en Floride.

Ric Bradshaw, le shérif du comté de Palm Beach, a précisé que des agents des services secrets, positionnés à quelques trous devant le candidat républicain, avaient remarqué le bout du canon d'une arme pointée à travers la clôture, à une distance estimée entre 400 et 500 mètres de l'ex-président. Ils ont alors ouvert le feu.

Le suspect, qui n'avait pas de ligne de vue sur l'ancien président, a pris la fuite, abandonnant son arme et s'échappant à bord d'un SUV. Il a ensuite été interpellé dans un comté voisin par les forces de l'ordre locales. Le shérif du comté de Martin, William Snyder, a déclaré que le suspect "n'était pas armé" lorsqu'il a été appréhendé. Il a décrit un comportement calme et peu d'émotion de la part du suspect, qui n'a pas demandé pourquoi il était arrêté. "Il n'a jamais posé de questions", a précisé le shérif.

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Dans le buisson où le tireur était caché, les forces de l'ordre ont découvert un fusil d'assaut AK-47, deux sacs à dos et une caméra GoPro, cette dernière étant accrochée à la clôture, comme pour filmer dans la direction du tir. Le bornage téléphonique de son téléphone semble indiquer qu'il se trouvait aux abords du golf entre 01H59 et 13H31 locales dimanche, d'après le document judiciaire.

Rapidement après les tirs, les équipes de l’ancien magnat de l’immobilier âgé de 78 ans ont transmis à la presse des messages assurant : «N'ayez crainte, je suis en sécurité et je vais bien. Personne n'a été touché.

Ryan Wesley Routh : Identité et motivations du suspect

Les médias américains ont identifié le suspect comme étant Ryan Wesley Routh, un homme blanc de 58 ans originaire de Caroline du Nord, résidant à Kaaawa, à Hawaï. Cette information n'a pas été confirmée par les autorités à ce stade.

D'après Associated Press, « Routh a souvent publié sur les réseaux sociaux des articles sur la guerre en Ukraine et avait un site Web sur lequel il cherchait à collecter des fonds et à recruter des volontaires pour se rendre à Kiev afin de participer à la lutte ». En 2023, il déclarait dans un article du New York Times consacré aux volontaires américains qui participaient à l'effort de guerre ukrainien qu'il s'était rendu en Ukraine et qu'il voulait recruter des soldats afghans qui avaient fui les talibans pour y combattre. En 2022, l’AFP l'avait interviewé à Kiev lors d’une manifestation de soutien aux Ukrainiens piégés dans la ville portuaire de Marioupol. « Poutine est un terroriste et il faut en finir avec lui. Politiquement, Ryan Wesley Routh semble être un partisan démocrate. Selon NBC News, ce dernier a fait des « petites contributions à la plateforme de collecte de fonds démocrate ActBlue, dont 19 en 2019 et 2020 pour des montants allant de 1 à 25 dollars ». « Ces dernières années, ses publications suggèrent qu'il s'est détourné de Trump et qu'il a exprimé son soutien au président Joe Biden et à la vice-présidente Kamala Harris », ajoute Associated Press . Son casier judiciaire fait mention de huit arrestations, la plupart pour des délits mineurs. Toutefois, un article de News & Records daté de décembre 2002 rapporte qu'un homme portant le même nom a été arrêté après une « confrontation de trois heures » avec les forces de l'ordre à Greensboro, en Caroline du Nord.

L'analyse des antécédents et des motivations de Routh reste un élément clé de l'enquête. Ses publications sur les réseaux sociaux et son implication dans des événements liés à la guerre en Ukraine suggèrent un profil complexe, potentiellement influencé par des idéologies diverses.

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Enquêtes et réactions politiques

Le FBI a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « tentative d’assassinat présumée visant l’ex-président Donald Trump ». La police fédérale américaine, « le FBI, continue à enquêter sur ce qui apparaît comme une tentative d'assassinat contre l'ancien président Trump hier (dimanche) en Floride », a déclaré Merrick Garland dans un communiqué.

Des réactions politiques ont rapidement suivi l'incident. Le président Joe Biden s’est dit « soulagé » que Donald Trump soit « indemne ». Zelensky, Starmer… Plusieurs dirigeants étrangers ont réagi à l’incident. Sur X, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est dit « heureux » de savoir Donald Trump « sain et sauf ». « Je lui adresse mes meilleurs vœux ainsi qu'à sa famille (…) L'État de droit est primordial et la violence politique n'a sa place nulle part dans le monde. Nous espérons sincèrement que tout le monde sera en sécurité. » De son côté, le premier ministre britannique Keir Starmer s'est dit « très, très inquiet ».

L'affaire Thomas Matthew Crooks : Une autre tentative en Pennsylvanie

Le FBI a détaillé l'avancée de son enquête sur la tentative d'assassinat de Donald Trump ce mercredi 28 août. Les motivations de l'auteur de l'attaque, qui a fait un mort, restent peu claires. Il avait également fait des recherches sur les événements de campagne de Joe Biden. Le 13 juillet, l'ex-président américain a été blessé à l'oreille par des tirs qui ont fait un mort et deux blessés dans l'assistance d'un meeting de campagne à Butler, en Pennsylvanie (nord-est). L'auteur des tirs, un homme âgé de 20 ans nommé Thomas Matthew Crooks, a été tué par un tireur d'élite des services secrets américains.

L'agent Kevin Rojek, qui dirige l'enquête sur cette tentative d'assassinat, a expliqué que l'analyse de l'historique des recherches Internet de Thomas Crooks a "fourni des informations précieuses sur son état d'esprit, mais pas de motif définitif" pour son geste, selon des propos publiés par le FBI. Entre avril et juillet, il effectue des recherches sur les événements de campagne de Donald Trump, mais aussi sur ceux de son rival démocrate à l'époque, Joe Biden. Au cours des 30 jours précédant l'attaque, Thomas Crooks réalise plus de 60 recherches liées à Joe Biden et à Donald Trump, selon le FBI. Le 5 juillet, il cherche notamment les dates des conventions démocrate et républicaine.

Le 6 juillet, soit une semaine avant les faits, il s'inscrit au meeting de Donald Trump et tape des questions éloquentes sur son moteur de recherche. Par exemple, "quelle était la distance entre Oswald et Kennedy?" (Lee Harvey Oswald est l'homme qui a tué le président américain John Fitzgerald Kennedy le 22 novembre 1963, NDLR), ou "d'où Trump parlera-t-il au Butler Farm Show".

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Il se penche également sur l'arme qu'il utilisera pour commettre son attaque. Dès 2019, il s'est intéressé à la manière de fabriquer un engin explosif. Il a finalement opté pour un fusil, dont le FBI a publié des photos mercredi.

Selon les éléments récoltés par le FBI, Thomas Crooks semble avoir préparé seul sa tentative d'assassinat. "À l'heure actuelle", le FBI n'a pas identifié "de co-conspirateurs ou d'associés de Crooks ayant eu connaissance de l'attaque", a déclaré Robert Wells, le directeur adjoint exécutif de la Direction de la sécurité nationale du FBI, dans un propos introductif. "Et je tiens à être clair: nous n'avons vu aucune indication suggérant que Crooks était dirigé par une entité étrangère pour mener l'attaque", a-t-il poursuivi. Les idées ayant motivé son passage à l'acte restent peu claires. Le FBI lui prête "un mélange d'idéologies", selon des propos de l'agent Kevin Rojek cités par CNN.

Documents judiciaires : Préméditation et intentions meurtrières

Ce sont des documents rendus publics lundi 23 septembre par l’accusation. Ils indiquent que Ryan Routh, l’homme suspecté d’avoir essayé de tuer Donald Trump en Floride, avait manifesté par écrit depuis des mois son intention d’assassiner l’ancien président américain. Ryan Routh, 58 ans, a été arrêté le 15 septembre après avoir été mis en fuite par les agents du Secret Service qui l’avaient repéré avec une arme à proximité du parcours de golf sur lequel se trouvait le candidat républicain à la Maison-Blanche, en Floride. Un juge du tribunal de West Palm Beach, où il a de nouveau comparu lundi 23 septembre, a décidé son maintien en détention. Il est inculpé à ce stade de détention illégale d’arme et de possession d’une arme au numéro de série effacé. Mais l’accusation a annoncé à l’audience lundi qu’elle allait demander qu’il soit également inculpé de "tentative d’assassinat", passible de la réclusion à perpétuité. "Il vous appartient maintenant de finir le travail" L’accusation a indiqué avoir reçu d’une connaissance de Ryan Routh une boîte en carton laissée par le suspect au domicile de cette personne il y a plusieurs mois. Après avoir pris connaissance de la tentative d’assassinat présumée, ce témoin a ouvert le carton, selon le dossier. Celui-ci contenait "des munitions, un tuyau en métal, divers matériaux de construction, des outils, quatre téléphones et diverses lettres", notamment une lettre manuscrite sur laquelle on peut lire : "Ceci était une tentative d’assassinat contre Donald Trump mais je suis désolé j’ai failli à ma tâche". "Il vous appartient maintenant de finir le travail et j’offrirai 150 000 dollars à quiconque le terminera", ajoute le suspect dans le document. Les procureurs n’ont pas précisé si la tentative d’assassinat évoquée dans la lettre est celle qui a échoué le 15 septembre, ou si le suspect se référait à un projet antérieur. Ryan Routh reproche apparemment à Donald Trump d’avoir provoqué le chaos au Moyen-Orient en sabordant en 2018 l’accord international avec l’Iran sur son programme nucléaire. L’ex-président "a mis fin aux relations avec l’Iran comme un enfant et maintenant le Moyen-Orient s’est effondré", accuse la lettre, comme le relève CNN. Dans un livre auto-édité publié en février 2023, sur la guerre en Ukraine, Ryan Routh évoquait également un projet "d’assassiner Donald Trump", ont ajouté les procureurs. Dans cet écrit, le suspect déclarait à l’Iran : "Vous êtes libre d’assassiner Donald Trump." Dans des messages en ligne, souvent centrés sur la politique américaine et les événements mondiaux, Ryan Routh a par ailleurs indiqué qu’il avait voté pour Donald Trump en 2016, avant d’être déçu par l’ancien locataire de la Maison-Blanche, ajoutant : "Je serai heureux quand tu seras parti." "Nid de sniper" Selon l’analyse par le FBI, la police fédérale américaine, du bornage de téléphones de Ryan Routh, le suspect se trouvait depuis le 18 août à West Palm Beach et ses appareils ont été localisés à de multiples reprises entre cette date et le 15 septembre près du golf de Donald Trump et de sa résidence de Mar-a-Lago. Avant d’être repéré et mis en fuite, il avait également passé près de 12 heures aux environs du club de ce golf, avait indiqué l’accusation la semaine dernière. Comme le rapporte CNN, lors de l’audience, lundi, le procureur Mark Dispoto a déclaré que Ryan Routh s’était rendu à West Palm Beach "pour une seule et unique raison : tuer l’ancien président des Etats-Unis." Ryan Routh avait une "ligne de tir dégagée" depuis son "nid de sniper" situé près de la clôture grillagée bordant le Trump International Golf Club, a déclaré Mark Dispoto. Le procureur a ajouté que Donald Trump était au 5e trou, à 12 à 15 minutes d’arriver au 6e trou, lorsque les coups de feu ont retenti. "C’était un tir facile", a déclaré Mark Dispoto. En fouillant la voiture de Ryan Routh, les agents ont trouvé six téléphones portables, dont l’un incluait "une recherche Google sur la façon de voyager du comté de Palm Beach au Mexique". "Les agents ont également trouvé 12 paires de gants, un permis de conduire hawaïen au nom du défendeur et un passeport au nom du défendeur", indique en outre le dossier. Sur le terrain plus politique, Donald Trump réclame que le dossier soit instruit par les autorités de Floride, Etat gouverné par le républicain Ron DeSantis, et non par les autorités fédérales que le candidat républicain à la présidentielle de novembre accuse d’être instrumentalisées par sa rivale démocrate, la vice-présidente Kamala Harris. "Les chefs retenus contre cet assassin fou se résument à une simple tape sur les doigts", a dénoncé Donald Trump dans un communiqué.

L’onde de choc et la condamnation de la violence

Ces tentatives d'assassinat ont suscité une vague d'indignation et de condamnation à travers le monde. Les dirigeants politiques, tant nationaux qu'internationaux, ont exprimé leur soulagement quant à la sécurité de Donald Trump, tout en dénonçant la violence politique sous toutes ses formes. Kamala Harris s'est déclarée « heureuse » que M. Trump soit sain et sauf, ajoutant que « la violence n’a pas sa place en Amérique ».

Le président démocrate Joe Biden, qui doit affronter Donald Trump à l'élection de novembre, s'est dit soulagé d'apprendre que le républicain soit apparemment en bonne santé tout en condamnant de "telles violences". Joe Biden a parlé avec Donald Trump, a précisé la Maison Blanche. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s'est dit "profondément choquée par la fusillade qui s'est déroulée durant un meeting de campagne". Pour le président français Emmanuel Macron, "c'est un drame pour nos démocraties. La France partage le choc et l'indignation du peuple américain". Le ministère chinois des Affaires Etrangères a indiqué que la Chine suit avec attention la situation relative à la fusillade dont a été victime l'ex-président Donald Trump et que le président Xi Jinping lui a exprimé sa compassion et sa sympathie. Quant à la Russie, Moscou a appelé les États-Unis à faire "l'inventaire des politiques d'incitation à la haine contre les opposants politiques, les pays et les peuples".

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