Le tir aux pigeons, une discipline qui a traversé les époques, suscite autant la fascination que la controverse. Des clubs privés aux compétitions olympiques, ce sport a traversé les époques, s'adaptant aux changements et aux préoccupations de la société. De ses origines où de véritables oiseaux étaient utilisés comme cibles, à son évolution vers le tir aux pigeons d'argile, ce sport a connu une transformation significative. Cet article explore l'histoire du tir aux pigeons aux Jeux Olympiques, en retraçant son évolution, ses moments marquants et son héritage.
Origines des Jeux Olympiques
Si l’on en croit la mythologie grecque, les Jeux Olympiques auraient été créés par un certain Pélops, celui-là même qui donna son nom au Péloponnèse. Pélops, fils de Tantale, s’éprend de la princesse de Pise, Hippodamie, et souhaite l’épouser. Mais le père de la jeune femme, le roi Œnomaos, apprend par un oracle qu’il sera un jour tué par son propre gendre. Inquiet, il impose aux prétendants une condition : pour obtenir la main de sa fille, ils devront l’affronter lors d’une course de chars, épreuve à laquelle Œnomaos se croit imbattable. Pélops ne se laisse pas intimider : afin de s’assurer la victoire, il sabote le char d’Œnomaos, qui trouve la mort pendant la compétition.
L'histoire des Jeux Olympiques remonte à l’Antiquité. Les premiers Jeux ont lieu en 776 avant notre ère à Olympie, en Grèce. Ces festivals, à la fois sportifs et religieux, se tiennent tous les quatre ans. Les Grecs découpent d’ailleurs le temps en « olympiades », périodes de quatre années séparant la célébration des Jeux ! Les différents États de la Grèce s’y affrontent en envoyant leurs champions. Seuls les hommes libres, nés de parents d’origine grecque, peuvent y participer. Les femmes, les esclaves et les étrangers en sont donc exclus… Les Jeux Olympiques antiques ne comportent, à l’origine, qu’une seule épreuve : la course à pied (le stadion). Le succès est au rendez-vous : jusqu’à 40 000 spectateurs assistent aux compétitions ! Les Jeux Olympiques antiques perdurent ainsi pendant près de 1200 ans.
En 1894, le baron français Pierre de Coubertin fonde à Paris le Comité International Olympique (CIO) avec pour objectif d’organiser les premiers Jeux Olympiques de l’ère moderne. Son rêve : renouer avec le sport et l’activité physique qui jouaient un rôle clé dans l’éducation des jeunes Grecs de l'Antiquité. Mais surtout, promouvoir la paix internationale en rassemblant des athlètes et spectateurs du monde entier. Les premiers Jeux Olympiques modernes se déroulent en 1896, à Athènes. Le programme s’inspire fortement des épreuves antiques, même si de nouvelles disciplines sont ajoutées ou retirées à chaque édition.
Origines et Premiers Pas du Tir aux Pigeons
La domestication des pigeons remonte à la plus haute Antiquité. Aristote, qui vivait trois siècles avant J.-C., parle des pigeons de Grèce. L’instinct et la volonté qui poussent les pigeons à revenir vers leur point de départ sont connus et utilisés depuis les premiers temps de la civilisation. Les Égyptiens, les Perses, les Chinois et les Grecs utilisaient les pigeons voyageurs comme messagers lors de leurs campagnes de guerre, ou pour la politique et le commerce. Des serviteurs colombophiles étaient spécialement affectés à leurs soins et à leur transport.
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Au XIXe siècle, le tir aux pigeons vivants était une pratique courante. Le ball-trap daterait de la fin du XVIIIe siècle en Angleterre. Jusqu’entre les deux guerres mondiales, de vrais oiseaux (pigeons principalement) étaient libérés de leur cache et pris comme cible vivante. Cette pratique dite « honteuse et inesthétique » est interdite à la fin du XIXe siècle. Des boules de verre remplies de plumes sont alors lancées. En 1880, l’oiseau d’argile avant de devenir plateau d’argile.
Au début du XXe siècle, le Bois de Boulogne à Paris abritait une institution prisée : le bassin de patinage et le Tir aux Pigeons. La Société pour l’encouragement du tir en France, fondée le 15 juillet 1889, en était le concessionnaire et avait son siège au bassin de patinage. Elle disposait d’un capital social de 170 000 francs. Le concessionnaire devait prendre soin de ces installations, sans les modifier sans autorisation, tout en s’engageant à rénover le pigeonnier et refaire les conduites d’eau. La société organisait un cercle privé, permettant d'organiser des fêtes et de profiter du cadre pour des activités de détente et sportive.
En 1865, la Ville concède un terrain situé Pelouse de Madrid à un « Cercle de Patineurs » afin d’y construire deux lacs de faible profondeur pour y pratiquer le patinage dans des conditions de sécurité optimales. Dès 1866, l’association concessionnaire décide d’étendre la gamme de ses activités sportives et crée des installations de tir. Après trente ans, la concession du Cercle des Patineurs est reprise en 1895 par une société sportive, Les Acacias. Les deux grands lacs attirant l’hiver de nombreux patineurs, avec un risque élevé d’accident et de noyade, il apparaît nécessaire de disposer d’un plan d’eau adapté à ce sport. Aussi la Ville concède-t-elle à bail en 1865 un terrain situé Pelouse de Madrid, à un “Cercle des Patineurs’’. Les lacs de patinage, de très faible profondeur, sont creusés selon les plans de l’ingénieur des Ponts et Chaussées Jean-Charles-Adolphe Alphand.
Le Tir aux Pigeons à Issy-les-Moulineaux
Un exemple marquant est le Tir aux pigeons créé fin XIXe-tout début XXe à Issy-les-Moulineaux par la maison Gastinne-Renette, célèbre armurier parisien. La société française baignait alors dans une ambiance de préparation militaire, perceptible dans la presse, à l’école ou dans les sociétés sportives. Le Tir aux pigeons occupait un vaste terrain situé entre la rue d’Erevan (anciennement rue du Plateau) et la rue de l’Egalité. Bien sûr, de hautes palissades en bois protégeaient le voisinage, de plus en plus important avec la vague de construction lancée après la Première Guerre mondiale.
Participation aux Jeux Olympiques de 1900
Pierre de Coubertin a inscrit le tir aux premiers jeux olympiques en 1896. Les défenseurs des animaux seraient sans doute sur les dents si cette discipline existait encore. Le tir aux pigeons est apparu lors de l'édition parisienne en 1900. En 1900, les Jeux passent inaperçus, programmés à l’occasion de l’Exposition universelle, entre le 14 mai et le 28 octobre.
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Une compétition fut organisée pendant les Jeux olympiques de Paris en 1900. Saviez-vous que des pigeons vivants avaient été utilisés comme cibles pour une épreuve de tir ? Le 5 août 1900, au bois de Boulogne, 34 concurrents se présentent sur le pas de tir dont le Belge Léon de Lunden. Il fait un score parfait : il touche 21 pigeons en 21 tirs. Il remporte la médaille d'or.
Contrairement à sa version moderne, le tir sur des cibles fixes et des disques en argiles, l'objectif consistait à abattre un maximum de pigeons… vivants. La règle du tir au pigeon vivant est très simple. Il faut tuer le plus de pigeons possible. Le tireur est éliminé s'il rate deux fois d'affilée sa cible. La série de tirs était interrompue dès que le tireur avait manqué son deuxième pigeon. Près de 300 pigeons furent utilisés pour cette compétition dont les résultats ne sont pas inclus dans la liste officielle des résultats olympiques du CIO. Cette épreuve ne laissera pas de trace, le Comité international olympique, ne la reconnaît pas.
À la fin de l'épreuve, le champ de tir est digne d'une scène de film d'horreur : 300 pigeons ont été abattus. Il y a du sang, des plumes qui tourbillonnent dans l'air et des femmes en larmes dans le public. L'historien Andrew Strunk rapporte dans un article l'état du champ de tir à la fin de l'épreuve, dans une vision où « les oiseaux estropiés se tordaient sur le sol, le sang et les plumes tourbillonnaient en l'air et les femmes assises à côté sous leurs ombrelles étaient en pleurs.
Résultats du Tir aux Pigeons Vivants aux Jeux Olympiques de 1900:
- Léon de Lunden (Belgique): 21 pigeons
- 2ème place (France): 20 pigeons
- 3ème place (Australie/États-Unis): 18 pigeons
L'Évolution vers le Tir aux Pigeons d'Argile
Avec le temps, le tir se pratique sur pigeons d’argile, notamment aux Jeux olympiques de 1924, qui sont à nouveau organisés à Paris. Les règles concernant la pratique de ce sport avaient été préétablies vers 1920 dans le Massachusetts, et qui se nommait le « Clock Shooting » (Tir à l’horloge). Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le tir aux pigeons d’argile se démocratise par les soldats américains qui s’entraînaient et en faisant aussi une activité de détente. L’association National Skeet Shooting Association (NSSA) est née en 1946. En France, en 1967, l’Union des Sociétés de Tir a fusionné avec la Fédération Française de Tir aux Armes de Chasse. La Fédération Française de ball-trap naît en 1985, pour la défense et le suivi de la discipline.
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Les Jeux Olympiques de 1924 à Paris
24 ans plus tard, en 1924, la grande fête olympique revient à Paris, entre le 5 et le 27 juillet 1924. Si le polo se joue à Saint-Cloud, l’aviron sur le bassin d’Argenteuil et les épreuves à l’arme de chasse à Versailles, Issy-les-Moulineaux accueille, aux Épinettes, le tir aux pigeons. Non pas sur des pigeons vivants comme c’était encore le cas en 1900, mais des pigeons d’argile. Entre le 21 et le 29 juin 1924, quatre nations sont engagées dans l’épreuve disputée au stade des Epinettes. Les Américains remportent l’épreuve par équipes devant le Canada et la Finlande. Victoire du Hongrois Gyula Halasy dans l’épreuve individuelle.
La presse se fait l’écho de la préparation de l’équipe de France : « La Fondation nationale de tir aux armes de chasse (25 bis, rue Decamps, Paris-XVI) prie les tireurs français pratiquant le tir sur pigeons d’argile de vouloir bien s'inscrire chez M. Gastinne-Renette, 38, avenue Emmanuel-III, pour prendre part aux trois réunions d'entraînement olympique qui se tiendront au stand d'Issy-les-Moulineaux, les lundi 12 mai et lundi 2 juin 1924, à 14 h.
Le tir individuel aux pigeons d’argile fut, par la suite, supprimé du programme olympique après les Jeux de Mexico en 1968. Aujourd’hui, il ne reste plus rien du stade des Épinettes, où se déroulèrent les épreuves, car le site fut enseveli lors de la catastrophe du 1er juin 1961. Ce jour-là, à la limite de Clamart, en bordure de la rue Courbarien, plusieurs maisons et des immeubles, construits en partie sur d’anciens puits et carrières de craie utilisés jusqu’en 1925 pour la fabrication de la chaux de Meudon, ainsi que six rues et le stade, s’effondrent en quelques instants, sous l’effet de pluies diluviennes. Bilan : 21 morts, une cinquantaine de blessés et 200 sinistrés.
Le Tir Sportif Moderne
Pierre DE COUBERTIN, 7 fois Champion de France au pistolet, impose dès la création de Jeux Olympiques en 1896 que le tir figure au programme des épreuves olympiques. Le tir est une discipline exigeante qui fait appel à la maîtrise de soi et à la qualité athlétique. En 1907, l’Union Internationale de Tir est créée à Zurich. Le Français Daniel MERILLON, Président de l’Union des Sociétés de Tir est nommé Président de l’U.I.T. Le mouvement de développement du tir s’accentue jusqu’en 1914. Le 15 mars 1967, l’Union des Sociétés de Tir fusionne avec la Fédération de Tir aux Armes de Chasse pour donner naissance à la Fédération Française de Tir.
Évolution et Transformation du Site du Tir aux Pigeons
Peu à peu, le site devient un terrain vague où jouent les enfants du quartier, bien qu’il soit interdit d’accès. La construction des premières tours au début des années 1970 fait définitivement disparaître les derniers vestiges du Tir aux pigeons. Le site dit du Tir aux Pigeons est situé dans le bois de Boulogne, entre le parc de Bagatelle et le Jardin d’Acclimatation. En 2007, une nouvelle convention avec la Ligue de Tennis de Paris (LTP) réduit l’emprise de la concession. Cela a permis d’ouvrir 36 000 m² d’espaces verts au public. Cette ouverture a nécessité de dépolluer le site, car les tirs à la grenaille ont laissé des traces. Les lacs ont été curés et les sols décapés. De la terre saine a été apportée.
Le Tir Aujourd'hui: Club Résident et Activités Diversifiées
Dans le cadre d’une concession donnée par la Ville de Paris à la Ligue de Paris de Tennis (devenue Comité de Tennis de Paris) l'Association Sportive du Cercle du Bois de Boulogne, désormais également appelée "LE TIR", en référence à son histoire est devenue « club résident » du site pour une durée de 30 ans, soit jusqu’en 2037. LE TIR est situé au cœur du Bois de Boulogne à Paris. Ses 6 500 membres, dont plus de la moitié ont moins de 30 ans, sont inscrits au club en grande majorité en famille. Ils y pratiquent en amateur ou en compétition de nombreux sports et activités comme le tennis, la natation, la gymnastique, le bridge et le football. LE TIR est animé par 65 bénévoles et 45 salariés gérant le club au quotidien. Son école omnisports se place aux premiers rangs des écoles françaises de formation au sport. Elle rassemble 650 élèves, de 6 à 18 ans. Elle se renforce régulièrement, axée sur le développement du sport de haut niveau, du sport de loisirs et du sport-santé.
Clubs Privés Parisiens: Tarifs et Prestations
Les clubs privés parisiens offrent un mélange de gastronomie, bien-être, divertissement et culture. Voici un aperçu de quelques clubs et de leurs tarifs :
| Club | Droit d'entrée | Cotisation annuelle | Description |
|---|---|---|---|
| Maison Villeroy | Onyx : 1500 € | Onyx : 5000 € | Hôtel résidentiel cinq étoiles avec appartements, restaurant étoilé, spa, salle de fitness, et accès à des propriétés de luxe. |
| Yacht Club de France | Non communiqué | Varie selon l'âge | Club historique pour les passionnés de navigation, offrant des régates, des courses, et un réseau international de yachts clubs. |
| Paris Country Club | 650 € | 3595 € | Offre une foule d’activités physiques ou culturelles pour toute la famille : salle de sport, piscines, fitness, spa solarium, salle de cinéma, nurserie, activités enfants, restaurants, club de bridge, courts de tennis, accès au golf de Paris à l’hippodrome de Saint-Cloud, hôtel, espace télétravail… |
| Saint-James Club | 1500 € | 1500 € à 5000 € | Hôtel particulier Relais & Châteaux avec parc, jardin, terrasse et spa Guerlain. Restaurant réservé aux membres du club au petit déjeuner et déjeuner. |
| Automobile Club de France | 10 000 € | 2400 € | Club historique avec bibliothèque, piscine, théâtre, salle de cinéma, bar-lounge, restaurant, salle d’armes. |
| Soho House Paris | 525 € | 2000 € | Club pour les créatifs, avec piscine, salle de cabaret, health-club, et espaces de détente. |
Autres épreuves surprenantes des Jeux Olympiques
Parmi les anciens sports olympiques qui n'existent plus aujourd'hui, on peut par exemple citer le tir aux pigeons (présent aux JO de 1900) ou le jeu de paume (présent en 1908). En 1900, à Paris, les femmes peuvent concourir pour la première fois dans certains sports, comme le golf et le tennis. Il faudra toutefois attendre 2007 pour que la Charte olympique rende obligatoire la présence de femmes dans toutes les disciplines. Les Jeux Olympiques ont lieu tous les quatre ans depuis 128 ans. En 100 ans, les épreuves des Jeux Olympiques ont été aussi diverses que variées… Certaines, aujourd'hui délaissées, étaient particulièrement surprenantes et imaginatives !
- Polo à bicyclette : En 1908, le polo à vélo a fait partie des premiers sports de démonstration (présentés en dehors du cadre officiel des compétitions). Il est apparu aux Jeux Olympiques de Londres et plus jamais depuis.
- Cricket : Athènes, 1896 : lors des premiers jeux modernes, une compétition de cricket est bel et bien au programme. Mais faute de participants, elle est annulée et reportée quatre ans plus tard.
- Saut sans élan : Introduits dès la deuxième édition des jeux en 1900, les sauts en longueur, en hauteur et le triple saut existent alors avec ou sans élan.
- Nage avec obstacles : En 1900, la question de la propreté de la Seine (ou de la présence insoupçonnée d'un requin) n'est pas à l'ordre du jour… Pas plus d'ailleurs que son évacuation. Si bien que les épreuves de natation se déroulent alors entre Courbevoie et le pont d'Asnières… au milieu des bateaux !
- Pelote basque : 1900 sera une année phare pour les amateurs de chistera, seule olympiade où la discipline sera sport officiel. France et Espagne sont alors les seuls compétiteurs, les derniers remportant à l'occasion la toute première médaille d'or de leur histoire.
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