Les Jeux Olympiques, une célébration mondiale du sport, ont vu défiler une multitude de disciplines au fil des ans. Certaines, piliers de l'événement, sont ancrées dans l'histoire et la tradition. D'autres font des apparitions plus éphémères, souvent pour des raisons de modernisation ou de rajeunissement de l'événement. Parmi ces sports oubliés, le tir aux pigeons occupe une place particulière.
Des Disciplines Éphémères aux Premiers Jeux
Au début du XXe siècle, le choix des disciplines olympiques était laissé à la discrétion du pays hôte, ce qui explique la présence de sports régionaux ou populaires à l'époque. "Jusqu’en 1912, le pays organisateur choisissait sa programmation", explique Sylvain Bouchet, historien spécialiste des Jeux olympiques. Les premières éditions étaient vraiment gérées par les pays organisateurs. C’est pourquoi on y trouve souvent des sports régionaux. Ainsi, les Jeux de Paris en 1900 ont vu l'inclusion de disciplines aujourd'hui disparues du programme olympique, telles que le jeu de boules, les concours de ballons (avec des montgolfières) et la pêche à la ligne. Ces épreuves répondaient à différentes logiques, notamment la popularité et la volonté d'intéresser un large public. "La popularité est un critère qui a animé les Jeux olympiques dès les premières éditions, il fallait aussi répondre aux goûts du public", avance Sylvain Bouchet. Les JO, c’est une compétition, mais c’est aussi un divertissement. Il faut aller à la rencontre des gens, présenter le geste sportif, l’idéal olympique. C’est pour ça que le critère de popularité est important.
Le Tir aux Pigeons Vivants : Une Pratique Controversée
Le tir aux pigeons a fait son apparition aux Jeux Olympiques de Paris en 1900. Contrairement à sa version moderne, le ball-trap, où l'on tire sur des cibles fixes et des disques en argile, l'objectif était d'abattre un maximum de pigeons vivants. Cette pratique, aujourd'hui considérée comme cruelle et barbare, était alors courante. Léon de Lunden, un tireur belge, a remporté la médaille d'or en tuant 21 pigeons sur 300 lors du concours de Paris en 1900.
Cette discipline a suscité des réactions négatives, même à l'époque. Les défenseurs des animaux seraient sans doute sur les dents si cette discipline existait encore. Le tir aux pigeons est apparu lors de l'édition parisienne en 1900.
Le Tir aux Pigeons d'Argile : Une Évolution Vers le Ball-Trap
Face à la controverse suscitée par le tir aux pigeons vivants, une évolution s'est amorcée vers le ball-trap. Dès la fin du XIXe siècle, le tir aux pigeons vivants est interdit. Des boules de verre remplies de plumes sont alors lancées. En 1880, l’oiseau d’argile avant de devenir plateau d’argile. Le ball-trap daterait de la fin du XVIIIe siècle en Angleterre. Jusqu’entre les deux guerres mondiales, de vrais oiseaux (pigeons principalement) étaient libérés de leur cache et pris comme cible vivante. Cette pratique dite « honteuse et inesthétique » est interdite à la fin du XIXe siècle.
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Le tir aux pigeons d'argile est apparu aux Jeux Olympiques de Paris en 1924. Les épreuves se sont déroulées au stade des Épinettes, à Issy-les-Moulineaux. Quatre nations étaient engagées dans l'épreuve. Les Américains ont remporté l'épreuve par équipes devant le Canada et la Finlande. Le Hongrois Gyula Halasy a remporté l'épreuve individuelle.
Le Stade des Épinettes : Un Site Disparu
Aujourd'hui, il ne reste plus rien du stade des Épinettes, où se déroulèrent les épreuves. Le site fut enseveli lors de la catastrophe du 1er juin 1961. Ce jour-là, à la limite de Clamart, en bordure de la rue Courbarien, plusieurs maisons et des immeubles, construits en partie sur d’anciens puits et carrières de craie utilisés jusqu’en 1925 pour la fabrication de la chaux de Meudon, ainsi que six rues et le stade, s’effondrèrent en quelques instants, sous l’effet de pluies diluviennes. Bilan : 21 morts, une cinquantaine de blessés et 200 sinistrés.
La Disparition du Tir aux Pigeons du Programme Olympique
Le tir individuel aux pigeons d'argile fut supprimé du programme olympique après les Jeux de Mexico en 1968. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette disparition. Tout d'abord, les Jeux se sont assez rapidement fixés à quinze jours de compétition et, forcément, on ne peut pas tout faire. La temporalité a obligé à faire des choix. De plus, des critères liés au nombre de licenciés se sont imposés : il faut que le sport soit suffisamment universel.
Le ball-trap, descendant du tir aux pigeons, est toujours une discipline olympique. Il se pratique avec des plateaux d'argile et est considéré comme un sport de précision et de concentration.
D'Autres Disciplines Olympiques Insolites
Outre le tir aux pigeons, d'autres épreuves olympiques ont marqué les débuts des JO avant de disparaître.
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- Pelote Basque: L'ancienne épreuve olympique de la pelote basque aux Jeux de 1900 à Paris a été disputée par seulement deux pays, à savoir la France et l'Espagne.
- Tirer à la corde: Ce sport, qui nécessitait coordination et force, a été introduit aux Jeux Olympiques de Paris en 1900 et maintenu jusqu'aux Jeux d'Anvers en 1920.
- Polo à vélo: Originaire d'Irlande, il a été une discipline olympique pour la première fois aux Jeux de Londres en 1908.
- Saut en longueur sans élan: Comme son nom l'indique, il s'agit d'un saut sans préparation.
- Grimper à la corde: Il n’est pas exclu que ce bon vieux sport refasse surface aux JO un jour. Avant sa relégation, cette discipline venait clore les épreuves de gymnastique.
- Natation synchronisée en solo: Avant qu’on ne se rende compte du caractère paradoxal de l’énoncé de ce sport, des athlètes individuels présentaient des chorégraphies en piscine.
- Saut en longueur équestre : Pour cette épreuve de saut en longueur, les chevaux se substituaient aux athlètes.
Un Retour Possible ?
Les places ne sont pas définitivement arrêtées et des épreuves disparues pourraient bien un jour faire leur retour. La Confédération mondiale des sports de boules avait ainsi lancé une candidature pour trois disciplines (boule lyonnaise, pétanque et raffa volo) comme sports additionnels invités à Paris cet été. On voit que des disciplines entrent et sortent. ça donne un peu d’espoir pour d’autres, estime Sylvain Bouchet.
Conclusion
Le tir aux pigeons, sport olympique controversé, a disparu du programme des Jeux, laissant place à des disciplines plus respectueuses du bien-être animal. Son évolution vers le ball-trap témoigne d'une prise de conscience et d'une volonté de moderniser les pratiques sportives. L'histoire du tir aux pigeons aux Jeux Olympiques est un témoignage de l'évolution des valeurs et des préoccupations de la société au fil du temps.
Annexe : Philippe Leclerc de Hauteclocque, un Homme d'Action et de Foi
Il est intéressant de noter que le nom de Leclerc est associé à l'histoire des Jeux Olympiques à travers le 250e bataillon d'artillerie de campagne américain, qui a apporté un soutien direct à la 2e division blindée (2e DB) du général Leclerc pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le lieutenant-colonel William K. Jealous, chef de corps du bataillon, ironisait sur le sort de cette unité américaine qui s’était entraînée près de Paris au Texas et avait dû par la suite servir à la 2e DB. Il disait que le 250e bataillon avait probablement été attaché à la 2e DB en raison du nombre de ses hommes originaires de Louisiane, ce qui avait fait penser au haut commandement qu’ils parlaient français.
Les hommes du 250e bataillon assistèrent avec étonnement aux progrès de la division à travers les villes et les villages français. Plusieurs vétérans du bataillon rassemblèrent plus tard les informations qu’ils avaient. L’un d’eux se souvenait que : « Vers le 7 août, nous fûmes rattachés à la 2e DB. Cette unité était constituée de tanks Sherman. La plus grande partie de l’habillement, des rations de la division était fournie par la logistique de l’armée américaine. »
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Au moment où le 250e bataillon rejoignait la 2e DB, les soldats américains avaient déjà eu l’occasion d’apprendre à mieux connaître les Français puisqu’ils avaient pris part au gigantesque « coup de balai » qui resta sous le nom de « brèche » de Falaise-Argentan.
Le commandant du 250e déclara plus tard que la combinaison si rapide entre une artillerie de campagne et une colonne blindée était « une première dans l’histoire militaire ».
Les Américains furent également les témoins de la fierté et de l'efficacité des soldats de la 2e DB.
Cette association entre le bataillon américain et la division Leclerc témoigne de l'importance de la coopération internationale pendant la guerre et de l'admiration que les Américains portaient au général Leclerc et à ses hommes.
Jeunesse et Formation :
Philippe de Hauteclocque, né en novembre 1902, a passé ses années d'enfance au château de Belloy-Saint-Léonard, un lieu qu'il aimait profondément. Son éducation a débuté sous la conduite de sa sœur et marraine, Françoise. Il a ensuite fréquenté le collège de Poitiers et le R. P. Providence d'Amiens.
Carrière Militaire :
Après avoir réussi le concours de Saint-Cyr en 1922, il a choisi la cavalerie et est sorti premier de Saumur. Il a ensuite servi en Afrique, notamment au Maroc, où il a participé à son premier combat en 1930.
Seconde Guerre Mondiale :
Refusant la défaite de 1940, il s'évade et rejoint l'Afrique Équatoriale Française Libre. Il prend le commandement du Cameroun et joue un rôle clé dans le ralliement de l'Empire à la France Libre. Il se distingue par son audace et son efficacité, notamment lors de la campagne du Fezzan et de la libération de Paris.
Personnalité :
Leclerc était un homme d'action, de foi et de caractère. Il était profondément attaché à sa famille, à son pays et à ses convictions. Il était également un homme simple et cordial, apprécié de ses hommes.
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