Le « tir au pigeon » est une expression qui évoque un passé révolu, mais qui continue de résonner dans divers domaines, du sport à la politique. Cet article explore l'histoire de cette expression, son évolution à travers les âges, et ses différentes significations.
Origines et Évolution Historique
Le tir au pigeon, une pratique qui a évolué avec le temps, est aujourd'hui représenté par le ball-trap. Historiquement, le tir au pigeon consistait à abattre de vrais pigeons, une pratique qui a suscité de vives controverses en raison de la souffrance animale. Dès 1866, une association concessionnaire décide d’étendre la gamme de ses activités sportives et crée des installations de tir. Le tir aux pigeons, sport désormais emblématique du Cercle du Bois de Boulogne, fonde sa réputation à travers une saison jalonnée de prix et de concours internationaux.
C’est au début du XXème siècle le premier club de tir en France et l’un des premiers d’Europe, comptant parmi ses membres le Baron de Coubertin et accueillant lors de l’Exposition Universelle de 1900, comme lors des années suivantes, des concours internationaux prestigieux.
Le Tir au Pigeon aux Jeux Olympiques de 1900
Le tir au pigeon vivant a même figuré aux Jeux olympiques de Paris en 1900. « Une compétition fut organisée pendant les Jeux olympiques de Paris en 1900. La série de tirs était interrompue dès que le tireur avait manqué son deuxième pigeon. Près de 300 pigeons furent utilisés pour cette compétition dont les résultats ne sont pas inclus dans la liste officielle des résultats olympiques du CIO ». L'historien Andrew Strunk rapporte dans un article l'état du champ de tir à la fin de l'épreuve, dans une vision où « les oiseaux estropiés se tordaient sur le sol, le sang et les plumes tourbillonnaient en l'air et les femmes assises à côté sous leurs ombrelles étaient en pleurs.
Le concours de tir aux pigeons vivants de 1900 était une discipline pratiquée avec des cibles vivantes jusqu'au début du XXe siècle. Aux Jeux olympiques de Paris en 1900, pas moins de 300 volatiles se font abattre par 198 tireurs olympiques. Au cercle du bois de Boulogne, les cadavres et le sang jonchent le sol à l'issue de l'épreuve. La règle du tir au pigeon vivant est très simple. Il faut tuer le plus de pigeons possible. Le tireur est éliminé s'il rate deux fois d'affilée sa cible. Le 5 août 1900, au bois de Boulogne, 34 concurrents se présentent sur le pas de tir dont le Belge Léon de Lunden. Il fait un score parfait : il touche 21 pigeons en 21 tirs. Il remporte la médaille d'or. À la fin de l'épreuve, le champ de tir est digne d'une scène de film d'horreur : 300 pigeons ont été abattus.
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Transition vers le Ball-Trap
Aujourd'hui, cette pratique a été remplacée par le ball-trap, une version plus respectueuse des animaux où des plateaux d'argile sont utilisés comme cibles. Au ball-trap, ces plateaux minéraux ont remplacé les pigeons vivants, qui étaient utilisés jusqu’au début du XXe siècle. Avec le temps, le tir se pratique sur pigeons d’argile, notamment aux Jeux olympiques de 1924, qui sont à nouveau organisés à Paris. Les épreuves de tir aux armes de chasse - inscrits pour la dernière fois au programme des J.O. - ont lieu à Versailles (pour le tir sur cerf courant) et à Issy-les-Moulineaux (pour le tir aux pigeons). Peu à peu, le site devient un terrain vague où jouent les enfants du quartier, bien qu’il soit interdit d’accès. La construction des premières tours au début des années 1970 fait définitivement disparaître les derniers vestiges du Tir aux pigeons.
Le Ball-Trap : Une Alternative Moderne
Le ball-trap est une forme moderne du tir au pigeon qui utilise des plateaux d'argile comme cibles. Le ball trap compte 3 disciplines olympiques et 6 autres gérées par la Fédération française de ball trap. Même si cette activité ne fait pas partie des disciplines olympiques, c’est celle qui se rapproche le plus de son prédécesseur, le tir aux pigeons. Les disques d’argile sont munis de petites ailettes qui rendent leur trajectoire complètement aléatoire.
Disciplines du Ball-Trap
Le ball-trap se divise en plusieurs disciplines, chacune ayant ses propres règles et défis. Le double trap et la fosse olympique présents aux JO, ainsi que la fosse Euro-DTL et la fosse universelle seront un peu plus prévisibles. Les plateaux lancés sont appelés “des fuyants”, c’est-à-dire qu’il s’éloigne de vous, mais vous ne connaîtrez pas leur direction. Le skeet olympique, le parcours de chasse et le compak sporting comporte une grande variété de plateaux, mais vous savez à l’avance lesquels seront utilisés. Ils sont physiquement les mêmes, mais auront une orientation différente.
Le Skeet Olympique
Le skeet est une épreuve de ball-trap pratiquée aux Jeux olympiques. C’est l’une des épreuves de tir. Le skeet est une épreuve de tir qui se déroule sur un pas de tir en arc de cercle. Les participants à l’épreuve de skeet doivent abattre des séries de plateaux lancés par la machine suivant une configuration prédéfinie. Les plateaux sont lancés un par un ou bien deux par deux. Tout au long de l’épreuve, les tireurs se déplacent à différents endroits du pas de tir.
Les Hélices : Une Alternative Surprenante
Même si cette activité ne fait pas partie des disciplines olympiques, c’est celle qui se rapproche le plus de son prédécesseur, le tir aux pigeons. Vous aimez les surprises ? Optez pour les hélices. Les disques d’argile sont munis de petites ailettes qui rendent leur trajectoire complètement aléatoire.
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Équipement Nécessaire
La pratique du ball-trap requiert un équipement spécifique pour assurer la sécurité et la performance du tireur. Un tireur de ball trap doit obligatoirement s’équiper d’un casque de protection auditive et de lunettes pour le parcours de chasse, le skeet olympique et le compak sporting. Même si elles ne sont pas imposées pour les autres disciplines, les lunettes de protection sont tout de même fortement conseillées. Maintenant que nous avons fait le tour des accessoires, passons au fusil ball trap. C’est un fusil à canon lisse. Au-delà, ils auront des caractéristiques plus spécifiques. Si vous faites partie des petits gabarits, tournez-vous vers un fusil semi-automatique. Sinon, le mieux est de vous tourner vers le fusil superposé Browning qui peut s’utiliser dans plusieurs disciplines du ball trap. Malgré l’inconvénient de devoir ramasser les douilles, vous prendrez plus de plaisir pour débuter. Bon à savoir : certains clubs proposent tout ou une partie du matériel en location. Vous pourrez retrouver les clubs de ball trap en France sur le site de la Fédération française de ball trap. Le site internet de la ligue régionale ou du club peut y être renseigné ou les coordonnées de la personne responsable du département. L’âge minimum pour s’inscrire est de 12 ans, mais certaines associations n’acceptent les mineurs qu’à partir de 16 ans.
Lexique du Ball-Trap
Le vocabulaire du ball-trap est riche et spécifique. Que vous soyez néophyte ou tireur depuis quelques années, il peut être difficile de s'y retrouver dans le vocabulaire du tir. Voici quelques termes courants :
- Pull : Ils demandent ainsi à la personne qui envoie en l'air les clays ou pigeons d'argile de tirer sur la manette relachant la cible. Il ne disent pas ''poule", mais bien ''PULL'', c'est-à-dire ''tirer'' en anglais. Par déformation, tout le monde entend ''poule'', mais il s'agit bien de ''pull'', c'est à dire ''tirez !'' en anglais. La forme la plus utilisée est ''pou-le'' mais on trouve aussi ''pou'', ''pull'', ''pull'', etc…
- Directionner la cible : Ce n'est pas ''lire'' les instructions, c'est ''dire'' la cible. Cela signifie que la cible doit être orientée dans la bonne direction afin que les projectiles puissent toucher le joueur.
- Skeet : Le mot skeet est emprunté à l’anglais, où il a le même sens. Son origine en anglais n’est pas connue avec certitude. Le mot skeet est d’un usage cyclique en français.
- Ame : Désigne l'intérieur du canon. Elle peut être rayée (droite ou hélicoïdale) ou lisse.
- Amorce : Capsule amovible sertie au fond de l'étui d'une cartouche à percussion centrale (9x19 mm, .223 Remington, 7,62x39 mm…) contenant le mélange inflammable qui, au choc du percuteur, vient enflammer la poudre. Dans une cartouche à percussion annulaire (.22 LR, .44 Henry Flat…), la matière inflammable se situe dans le bourrelet au fond du culot de l'étui.
- Arme à répétition manuelle : Arme qui, après chaque coup tiré, est rechargée manuellement par introduction dans le canon d'une cartouche prélevé dans un magasin et transportée à l'aide d'un mécanisme.
- Culasse à verrou : Carabine dont la culasse est actionnée au moyen d'un levier. On lève la poignée pour déverrouiller la culasse, on tire en arrière pour extraire l'étui de la balle que l'on vient de tirer, on repousse la culasse pour insérer une nouvelle cartouche dans la chambre et on rabaisse pour fermer la culasse. Tout en refermant la culasse, on arme également le percuteur. C'est un mécanisme que l'on retrouve sur de nombreuses carabines de chasse.
- Réarmement linéaire : Même principe de fonctionnement que la culasse à verrou mais cette fois-ci le mouvement se fait en 2 temps : on tire la culasse vers l'arrière et on la repousse vers l'avant.
- Levier de sous-garde : Une poignée, dans l'alignement du pontet, abaisse l'ensemble pour ouvrir la culasse, armer le chien et éjecter l'étui de la balle qui vient d'être tirée. Lorsque l'on relève la poignée, on amène une cartouche du magasin tubulaire à la chambre de l'arme. C'est ce type de carabine qui a fait la conquête de l'ouest.
- Fusil à pompe : Une pompe se situe entre le canon et le magasin tubulaire contenant les cartouches. On tire la pompe en arrière pour éjecter l'étui de la balle que l'on vient de tirer et amener une cartouche du magasin sur la planchette élévatrice. On repousse la pompe pour remonter la planchette élévatrice, insérer la cartouche dans la chambre et armer le percuteur. On retrouve ce type d'arme aussi bien pour la chasse que dans certaines unités d'intervention tactiques pour différentes utilisation (combat rapproché, dégondage de porte…) ou pour les convois sécurisé (transport de fond, transfert de prisonnier…).
- Arme automatique : Toute arme qui, après chaque coup tiré, se recharge automatiquement et qui par une seule pression sur la queue de détente permet le tir de plusieurs munitions en rafale.
- Arme semi-automatique : Toute arme qui, après chaque coup tiré, se recharge automatiquement et qui par une seule pression sur la queue de détente ne permet pas de tirer plus d'un seul coup.
- Balle (ou ogive) : C'est le projectile. Il est généralement en plomb. Il peut être nu ou chemisé (recouvert d'une couche de laiton ou cuivre). Son poids est le plus souvent exprimé en grains (gr).
- Balistique : La science qui étudie le comportement d'un projectile depuis le canon jusqu'à la fin de sa course.
- Barillet : Magasin cylindrique que l'on trouve sur les revolvers. Le barillet tourne sur un axe parallèle au canon pour placer successivement les cartouches en position de percussion.
- Bronzage : Oxydation artificielle et volontaire des surfaces métalliques sur une arme. Le bronzage protège l'arme de la rouille. Attention : Une arme bronzée peut s'oxyder.
- Canon (ou tube) : Partie de l'arme qui guide le projectile.
- Cale main : Accessoire utilisé en tir à la carabine.
- Calibre : Désigne le plus grand diamètre des projectiles pour une arme à feu. Les calibres européens sont exprimés en mm et comporte toujours deux nombre : le premier désigne le diamètre du projectile et le second la longueur de douille (9 x 19 mm, 5,56 x 45 mm, 7,62 x 39 mm…).
- Carabine : La définition exacte est la suivante : Arme d'épaule à canon rayée qui tire exclusivement des munitions métalliques (.223 Remington, 7,62 x 39 mm, 5,45 x 39 mm…).
- Cartouche : Ou munition. Désigne l'ensemble que compose l'amorce, l'étui, la poudre et l'ogive.
- Catégorie : La législation Européenne regroupe les armes par catégories.
- Chargeur : Boîtier contenant les cartouches. On parle aussi de système d'alimentation. Il peut être amovible ou non. Il peut aussi faire partie intégrante de l'arme, dans ce cas on parle de magasin.
- Chien : Il est apparent sur les revolver, carabines à levier de sous-garde et certains pistolets semi-automatique. Lorsque le percuteur dessus, on appelle cela le chien.
- Cliquer : Déplacer la hausse ou le réticule sur une lunette de tir. Le nombre de clics détermine le décalage en fonction du réglage de la lunette.
- Crosse : Partie de l'arme qui permet sa préhension. Dans le cas d'une arme d'épaule, c'est la crosse qui va permettre l'épaulement.
- Culasse : La pièce assurant la fermeture et regroupant certaines fonctions clés d'une arme à feu. Elle peut être à verrou ou non et contient le percuteur et l'extracteur. Dans son mouvement arrière engendré par la poussée des gaz ou la manipulation du tireur, la culasse extrait la cartouche ou l'étui vide et réarme le chien. Dans son mouvement avant, provoqué par le ressort récupérateur ou la manipulation du tireur, elle prélève un nouveau projectile dans le chargeur ou le magasin et l'introduit dans la chambre.
- Détente (queue de) : Pièce sur laquelle l'index du tireur exerce une pression qui provoque par un mécanisme le décrochage de la gâchette (pièce interne qui ne libère le mécanisme de mise à feu et qui ne doit pas être confondu avec la queue de détente).
- Double action : la queue de détente sert à la fois à armer le chien et à tirer le coup (ex : Beretta 92, CZ 75 P01, Sig Sauer P226…).
- Embase : Pièce métallique en une ou deux parties qui est soit vissée soit soudée sur la carcasse d'une arme afin de recevoir un montage ou des colliers pour optique.
- Etui ou douille : Partie de la munition qui fait office de contenant. Il reçoit l'amorce et la poudre puis on vient sertir la balle dessus.
- FMJ : Full Metal Jacket. Désigne une cartouche dont le projectile possède un noyau mou en plomb recouvert d'une chemise (en laiton ou nickel). Cette technique permet au projectile d'obtenir une plus grande vélocité sans laisser de dépôt dans le canon. Lors de l'impact, un projectile FMJ pénètre et ressort sans déformation. Ce type de munition est interdit à la chasse en France car elle blesse plus qu'elle ne tue et augmente le risque de dommage collatéral.
- Fusil : la définition précise d'un fusil est la suivante : Arme d'épaule à canon lisse ou rayé qui tire les calibres suivants : 10, 12, 16, 18, 20, 24, 28, 32, 36, 12 mm et 14 mm.
- Guidon : C'est le deuxième élément de la visée après la hausse. Le guidon se situe à l'extrémité du canon.
- Hausse : Premier des organes de visée, il est le plus proche de l'oeil.
- Lâcher : Action du doigt sur la queue de détente qui a pour but de provoquer le départ du coup.
- Lunette : Optique grossissante ou télescope, qui permet de voir ses impacts en cible. Plus la surface de la lentille est grande plus la luminosité est élevée.
- Monture : le terme exact pour désigner ce que les gens appellent communément la crosse.
- Rechargement : Recomposer une munition à partir des éléments de base : amorce, étui, poudre et projectile. Dans certaines discipline, le rechargement est préconisé pour obtenir les meilleurs couple armes-munitions.
- Revolver : Arme de poing comportant un magasin cylindrique rotatif (barillet) tournant selon un axe parallèle au canon. Le barillet demeure solidaire de l'arme pour l'approvisionner en munitions.
- Scatt : Système informatique d'analyse des différentes phases du tir.
- Wad-Cutter: Type de projectile entièrement en plomb qui découpe dans les cibles des impacts d'une netteté parfaite comme le ferait un emporte-pièce.
- TIR : Action de tirer avec une arme; résultat de l'action; fait de tirer.
- SKEET : Ball-trap projetant des plateaux d'argile qu'il faut abattre au fusil. Synon. tir* au plateau d'argile, tir* au pigeon d'argile. Zone de lâcher : Partie de la cible dans laquelle le lâcher est acceptable.
Le Tir au Pigeon dans d'Autres Contextes
L'expression « tir au pigeon » ne se limite pas au domaine sportif. Elle est également utilisée dans d'autres contextes, notamment en politique et dans le langage courant.
En Politique
Dans le domaine politique, l'expression « tir au pigeon » est utilisée pour critiquer une situation où une personne ou un groupe est perçu comme une cible facile. C’est l’expression du maire de Rontignon pour parler du panachage, une tradition du code électoral dans les communes de moins de 1000 habitants. Le panachage permet de prendre plusieurs listes et de rayer des noms, une pratique qui sera réformée pour les prochaines municipales en 2026.
Origine et Signification de l'Expression
Personne n'aime se faire pigeonner. Ce mot vient de la huppe, oiseau qui tire son nom de sa huppe ou crête. "Dé-hupper" (contracté en 'duper'), c'est enlever la huppe de l'animal, donc le plumer. Le pigeon étant un animal bien plus fréquemment rencontré que la huppe, mais tout aussi déplumable, il est rapidement devenu un synonyme de 'dupe', puis de 'sot' puisque celui qui se laisse duper est forcément considéré comme un imbécile.
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Le Tir au Pigeon et la Chasse aux Pigeons Ramiers Migrateurs
La chasse aux pigeons ramiers migrateurs est une autre facette de l'utilisation du terme « tir au pigeon ». La chasse aux pigeons ramiers migrateurs se pratique suivant des modes diversifiés dans le Sud-Ouest de la France et sous forme de tir au vol, « tir au pigeon », sur de nombreux cols du Sud de la France et du Nord de l'Espagne. Les Pyrénées représentent un obstacle difficilement franchissable ; aussi les passages sont-ils connus et ces sites sont intensivement exploités. La chasse en palombière au filet ou au fusil avec appelants. La chasse à l'affût sans installation en plaine. La chasse au vol devant soi en plaine. La chasse à poste fixe sur les hivernants en Espagne. Le tir au vol sur les cols pyrénéens. Les pantières, technique multiséculaire.
La Chasse en Palombières
Chasse aussi dite « de type landais ». Le principe de cette chasse est immuable : il s'agit en manœuvrant des appeaux (ou appelants) d'attirer les vols de passage pour les faire se poser d'abord sur les arbres de la palombière, et ensuite de faire descendre au sol les oiseaux pour les capturer vivants au filet. Le but est donc d'imiter avec ces « appelants », qui sont des pigeons domestiques ou des palombes, des oiseaux en train de se poser, de se restaurer ou de se reposer dans le bois. On trouvera en général ces installations dans des bois à dominance de pins. Ce type de palombière est habituellement rencontré dans les Landes, mais aussi en Gironde, dans le Gers et le Lot-et-Garonne.
Éléments Composants la Palombière
On présentera ici l'ensemble des éléments composants la palombière, sachant que bien sûr certaines installations ne comporteront pas exactement tous ces éléments.
- Garage: Autrefois, on se rendait à la palombière à vélo ou à pied. Maintenant, il n'est pas rare de trouver des palombières équipées d'un garage 1 place, voire 2 places, pour camoufler le ou les véhicules. Ce garage peut être construit soit à quelques centaines de mètres de la palombière, soit directement à côté de celle-ci, rendant l'accès encore plus pratique et rapide. Ce garage est utilisé par les chasseurs eux-mêmes mais aussi par les visiteurs éventuels qui doivent bien sûr se conformer aux consignes traditionnellement utilisées pour annoncer leur approche. Le code traditionnel veut que l'on siffle pour demander « la permission » d'avancer. Si le chasseur répond, c'est qu'il n'y a pas de palombes posées et que le visiteur peut avancer et se joindre à la chasse.
- L’ « Oueytte »: C'est le poste de commandement, le centre vital et le poste de guet de la palombière. C'est une cabane plus ou moins grande, surélevée par rapport aux autres constructions, plus ou moins confortable où sont regroupées toutes les commandes des appeaux. Certaines palombières peuvent comporter des équipements allant des toilettes à l'électricité, la télévision ou bien le téléphone et tout ce qu'il faut pour y dormir, mais dans la plupart des cas on y trouvera l'essentiel : une pièce centrale comprenant une cuisinière, une table et des bancs, un placard de rangement pour les ustensiles de cuisine et parfois un poêle à bois pour les froides matinées d'octobre. C'est le centre nerveux d'où le chef de chasse surveille l'arrivée des vols et manœuvre les appeaux par l'intermédiaire des ficelles qui aboutissent toutes en ce point stratégique. Il peut aussi coordonner les actions d'autres chasseurs positionnés dans d'autres cabanes plus ou moins éloignées qui possèdent eux aussi parfois des commandes d'appeaux. Ce poste de guet est surmonté d'un capuchon que les chasseurs abaissent lorsqu'ils aperçoivent un vol en approche. Il doit être correctement camouflé mais suffisamment « dégarni » pour que les chasseurs puissent suivre à travers l'évolution du vol, y compris à l'arrière du poste. C'est pourquoi certains s'installent sur un fauteuil pivotant pour rester tout le temps en contact visuel avec le vol. Le banc du guet est assez long pour pouvoir accueillir 2 à 3 personnes. C'est normalement le chef de chasse qui manœuvre les commandes et lui seul, mais dans certaines palombières les rôles sont souvent partagés par les personnes qui se trouvent là et qui en ont l'habitude. Le poste est toujours orienté nord, nord-est, face au passage. Les chasseurs élaguent tous les ans les arbres obstruant leur champ de vision et qui masquent l'arrivée des palombes. En effet, pour pouvoir les « travailler » correctement, les palombes doivent être aperçues assez tôt.
- L'Espion: C'est le principal allié du guetteur. C'est souvent un pigeon domestique ou une palombe qui joue ce rôle. Placé devant la cabane à l'air libre, à vue du chasseur, cet oiseau est là pour signaler la présence de palombes ou de rapaces que le chasseur n'aurait pas vus. Il se manifeste en penchant la tête et en regardant dans la direction où il a aperçu quelque chose d'anormal. Il n'est jamais interpellé par les petits oiseaux. Il est donc indispensable pour les vols de retour, les palombes qui se posent seules et aussi les rapaces tentés par les proies faciles que sont les appeaux.
- Pigeons Servant d'Appeaux: On ne la retrouve pas dans toutes les palombières, certains chasseurs se contentant de descendre les appeaux à 2 mètres du sol pour les mettre hors de portée des prédateurs. Un peu à l'écart, on y laisse les appeaux pendant la nuit (et les prises de la journée que l'on veut conserver en vie). Elle est généralement assez vaste (10 à 12 mètres carrés), bien fermée pour décourager les prédateurs (sauvagines) et aussi bien camouflée que la cabane principale. Elle contiendra non seulement les appeaux mais aussi le nécessaire à leur alimentation c’est-à-dire graines et eau, et généralement un peu de matériel de bricolage.
- Couloir de Palombière: Le bâtiment du centre est relié aux autres petits postes de guet, aux sols ou aux arbres de pause par un réseau de couloirs couverts, en forme de tunnel, qui permettent aux chasseurs de se déplacer en silence et à l'abri. En général d'une largeur d'un mètre, ils sont parfois enterrés sur une profondeur de 50 centimètres pour se fondre au mieux dans la végétation. Certaines palombières ne comportent qu'une dizaine de mètres de couloirs, d'autres peuvent en compter jusqu'à un kilomètre.
- Les Sols: Ce sont des emplacements dégagés de la végétation où se poseront les palombes si les chasseurs arrivent à les y faire descendre et où les filets se rabattront. Ces surfaces sont planes et mesurent de 8 à 10 mètres de longueur pour 5 à 6 mètres de large. Elles sont souvent en terre battue ou parsemées de gazon assez ras. On peut y disséminer quelques branches de bruyère ou de pin pour masquer une trop grande nudité. À l'origine, ils s'appelaient des tirasses. Ils n'étaient pas actionnés par de puissants ressorts comme aujourd'hui mais par le chasseur lui-même qui les refermait en se jetant en arrière en tirant sur une corde. Composés initialement de chanvre ou de coton, ils sont maintenant en nylon teinté. Elles sont souvent en terre battue ou parsemées de gazon assez ras. On peut y disséminer quelques branches de bruyère ou de pin pour masquer une trop grande nudité. Chaque sol est flanqué de 2 pantes se rabattant l'un vers l'autre en se croisant sur une largeur de 50 cm environ. Il faut en effet un décalage à la fermeture pour que les deux filets ne se rencontrent pas, et ce léger décalage est obtenu par un Les filets sont tendus de part et d'autre. Les chasseurs disposeront quelques grains de blé ou de maïs qui serviront d'appâts. On y trouvera aussi un petit point d'eau. Le but est donc de faire descendre sur le sol les palombes qui sont posées sur les arbres alentour. Pour cela, rien de mieux que d'imiter une palombe qui est déjà sur le sol pour décider ses congénères à descendre. Pour cela, les chasseurs ont des « piocs » ou « poulets » qui sont poussés dans un petit couloir le long ou au milieu du sol et qui vont faire croire aux palombes que la situation est sans danger et que l'on peut s'alimenter facilement. Le chasseur roucoule et manipule un appeau pour imiter le vol de la palombe se posant sur le sol.
- Filets de Palombière: À l'origine, ils s'appelaient des tirasses. Ils n'étaient pas actionnés par de puissants ressorts comme aujour…
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