Un navire de guerre est un navire qui fait partie d'une force militaire. Il peut s'agir d'un navire de surface, d'un navire à effet de surface ou d'un sous-marin. En droit international, un navire de guerre est considéré comme une portion du territoire de l'État du pavillon.
Commandement et responsabilités
Un navire de guerre est commandé par un officier de marine ou un officier-marinier, appelé commandant, quel que soit son grade. L'autorité du commandant est entière en toutes circonstances ; il dispose de pouvoirs disciplinaires et d'appréciation sur tout le personnel de son bâtiment. Il assure des responsabilités administratives relatives au personnel, au matériel et aux finances. Sa responsabilité est de préparer son unité aux missions qu'il peut recevoir, préserver la disponibilité du bâtiment, exécuter les missions qui lui sont confiées et soutenir l'honneur du pavillon, tout en respectant et faisant respecter les lois, les règlements en vigueur et les ordres reçus. L'effectif, calculé au plus juste, est déterminé par un "plan d'armement", document qui fixe quantitativement et qualitativement les grades, les spécialités et le nombre de personnels de chaque catégorie. La conduite du navire (navigation et manœuvre) est assurée depuis la passerelle d'où le commandant ou son représentant, l'officier chef du quart, donne les ordres à la barre et aux machines.
Classification des navires de guerre
La question de la classification des navires de guerre est vaste et relève de la sémantique. L'échelle de classification peut varier selon les pays et les personnes. Par exemple, les Anglais désignent les frégates françaises de type Georges Leygues, Tourville et Cassard comme des destroyers. L'armement n'est plus le facteur déterminant pour qualifier un bâtiment de destroyer, de frégate ou de croiseur. Le tonnage prend de l'importance, et on a tendance à ajouter la vocation du bâtiment après sa désignation.
Croiseur
Dans la terminologie militaire moderne, un croiseur (code OTAN CC, CG, lance-missiles, ou CGN, à propulsion nucléaire) est un grand bâtiment de combat qui dispose des systèmes d'armes lui permettant d'intervenir dans tous les domaines de lutte principaux du combat en mer : lutte anti-sous-marine, lutte anti-navire, lutte anti-aérienne, et l'attaque d'objectifs terrestres.
Destroyer
Dans la terminologie militaire moderne, un destroyer est un navire de guerre capable de défendre un groupe de bâtiments (militaire ou civil) contre toute menace, ou d'attaquer un groupe de navires moyennement défendu. Il possède une bonne protection antiaérienne, anti sous-marine et une protection correcte anti-navire. Ce sont d'excellents chasseurs de sous-marins.
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Frégate
Dans la terminologie militaire moderne, une frégate est un navire de guerre conçu pour protéger d’autres navires de guerre et des navires de commerce. Ce sont les navires de guerre les plus répandus. Elles sont rapides et plus faiblement armées qu'un destroyer. Elles ont un rôle d'escorteur, patrouilleur et de défense anti-aérienne et anti-sous-marine. Elles forment la défense extérieure d'un groupe de combat, même si certains modèles sont étudiés pour agir également isolément (classe Formidable de la DCN).
Corvette
Dans la terminologie militaire moderne, une corvette est un navire de guerre de moyenne importance (80 à 130 m et jusqu'à 2000 t, de nos jours), conçu plus pour la défense que pour l'assaut, par exemple, d'un groupe de navire (civil en général) ou d'une zone (militaire ou économique) précise. Elle est cependant mieux armée qu'un patrouilleur mais plus faiblement qu'une frégate.
Ces définitions sont théoriques et peuvent varier dans la pratique.
Armement et technologies
Au début de cette année, la Marine nationale a dû justifier l’emploi de missiles surface-air Aster [15 et 30] pour abattre des drones peu coûteux lancés depuis le Yémen par les rebelles houthis contre le trafic maritime en mer Rouge. Le coût à prendre en compte n’était pas forcément celui de la munition utilisée mais celui du navire que celle-ci a permis de protéger. Cependant, une telle approche n’est pas tenable dans la durée. Il faut développer des armes d’usure peu chères, en parallèle des armes de haute technologie qui permettent d’emporter la décision. En outre, pour ses sous-marins nucléaires, la Marine nationale a exprimé le besoin de remplacer le missile antinavire à changement de milieu SM39 à l’horizon 2040.
Installations de tir reconfigurables (ITR)
MBDA a développé des installations de tir reconfigurables (ITR), qui permettront de changer facilement le type et le nombre de missiles embarqués par une plateforme pendant sa durée de vie. Cette innovation entrera en service avec les nouvelles frégates de défense et d’intervention (FDI) construites par Naval Group pour la France et la Grèce.
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Les installations de tir des missiles sont un élément critique de la capacité des navires de combat à évoluer pendant leur vie, en fonction des nouvelles menaces et technologies qui apparaissent. Ces installations de tir ne sont pas, comme on en fait souvent la confusion, les lanceurs dans lesquels sont logées les armes, mais les armoires qui abritent toute l’électronique nécessaire à leur configuration et leur mise en œuvre. Extérieurement, ces grosses baies électroniques de la taille d’un frigo (environ 2 mètres de haut pour 80 centimètres de largeur et 60 de profondeur) paraissent identiques. Le problème, c’est qu’elles ne le sont pas du tout.
Auparavant, il existait une installation de tir dédiée pour chaque type de missiles, chacune ayant une technologie spécifique, tant sur le hardware que sur le software. Le premier objectif de MBDA a été de rationaliser les équipements, c’est à dire d’avoir une base commune pour tous les types de missiles. Ce qui passe par le développement d’une nouvelle architecture s’appuyant sur des « boites » fonctionnelles individuelles.
La première est la CBox, système de commande et de contrôle (C2) qui sert d’interface avec le système de combat (Combat Management System - CMS) du bâtiment. Elle intègre les logiciels de haut niveau afin notamment d’établir le plan d’engagement des missiles. Cette CBox est ensuite reliée à des SEQBox, chargées de dérouler la séquence de tir. Dotée d’une carte informatique CPU, la SEQBox interprète et exécute en temps réel les consignes données par la CBox. Qu’elle va ensuite transmettre à des SIMBox, dont la fonction est de traduire ces ordres pour le missile.
La CBox est reliée à plusieurs SEQBox, par exemple une gérant les missiles Aster, une seconde des VL Mica, une troisième les Exocet et une quatrième les missiles de croisière navals (MdCN). Chaque SEQBox est ensuite connectée à un nombre plus ou moins important de SIMBox (une SIMBox pour un ou deux missiles).
L’ITR peut, ainsi, se représenter comme un collier auquel on peut facilement ajouter des perles, et en changer. Ce qui signifie qu’il devient très aisé, si une marine le souhaite, de remplacer un type de missile par un autre ou d’augmenter le nombre de munitions embarquées. C’est une avancée considérable car aujourd’hui, de telles évolutions sont très complexes et coûteuses.
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En effet, il ne suffit pas, pour muscler les capacités défensives et offensives d’un navire, d’augmenter le nombre de lanceurs embarqués. Il faut aussi entreprendre d’importantes modifications sur les grosses baies électroniques des missiles. Des équipements qui disposent sur le côté de connecteurs, un câble reliant l’armoire à chaque missile. Pour les Exocet, une armoire suffit mais pour l’Aster par exemple, une baie ne peut gérer que 16 missiles au maximum. Si les marins veulent passer à 32 armes, il faut donc intégrer une nouvelle baie et déployer tout le câblage nécessaire. Avec l’ITR, on se contente de rajouter des SIMBox, en passant par exemple de 16 à 32 pour des Aster. Et si l’on veut passer d’un type de missile à un autre, il suffit de changer les SIMBox, par exemple en remplaçant des SIMBox Aster par des SIMBox VL Mica. Rien d’autre ne change, si ce n’est un peu de software. Il devient donc non seulement très facile d’augmenter le nombre de missiles, mais aussi de changer de missile, ce qui aujourd’hui est très compliqué et coûteux puisque cela nécessite de remplacer l’ensemble des installations de tir et de refaire les connexions.
Ce sera par exemple le cas sur les frégates du type FDI quand les missiles antinavire Exocet seront remplacés par les futurs FC/ASW, développés dans le cadre d’un programme franco-britannique. « Les rampes de lancement mer-mer sont déjà prévues pour accueillir ces futurs missiles et, pour les installations de tir, il suffira d’enlever les SIMBox Exocet et de mettre des SIMBox FC/ASW à la place ». Le système est même tellement simple « que les marins pourront faire des changements eux-mêmes entre deux missions s’ils le souhaitent ».
L’ITR de MBDA constitue donc une petite révolution dans l’adaptabilité des capacités de combat des plateformes navales, répondant ainsi à une grande demande des marins qui, compte tenu des évolutions technologiques rapides et par conséquent des menaces, réclament des bâtiments de plus en plus évolutifs. A la vitesse où vont les choses avec le numérique, il n’est en effet plus possible d’attendre comme par le passé une vingtaine d’années pour entreprendre des mises à niveau majeures lors de coûteuses refontes à mi-vie.
Les emplacements conservatoires gardés au neuvage, en particulier pour loger des lanceurs de missiles supplémentaires, pourront également être beaucoup plus facilement utilisés. L’expérience a en effet démontré qu’avec des contraintes budgétaires récurrentes, l’ajout de capacités supplémentaires nécessite des travaux très lourds et complexes, donc coûteux, notamment sur les installations de tir. Ce qui aboutit généralement à sacrifier cette option. On l’a vu en France sur les frégates du type La Fayette, qui n’ont jamais reçu les lanceurs verticaux prévus à l’origine, alors que les frégates de défense aérienne du type Horizon sont bien parties pour voir l’emplacement conservatoire dont elles disposent pour deux lanceur verticaux supplémentaires rester vide.
Cette possibilité sera en revanche beaucoup plus accessible avec les FDI françaises, qui peuvent embarquer quatre lanceurs verticaux sur leur plage avant, mais n’en ont pour le moment que deux. C’est avec la nécessité de prévoir la manière la plus aisée d’assurer la transition entre l’Exocet et le FC/ASW sur frégates au cours des années 2030 que ce projet a été initié par MBDA en 2017, dans le sillage du lancement du programme FDI.
Mais au-delà des bâtiments de surface, l’ITR va aussi constituer une solution extrêmement précieuse pour les sous-marins, où l’espace est encore plus compté. Là aussi, il est désormais possible de se dispenser des grosses baies électroniques dédiées aux SM39 et aux MdCN. La seule limite de l’ITR est physique car, malgré la miniaturisation des systèmes, les SIMBoxes font quand même la taille d’une petite valise (de type bagage cabine). Il y a un gain de volume, mais il n’est pas non plus énorme. La nouvelle architecture donnera donc sa pleine mesure avec des unités de nouvelle génération, sur lesquelles on peut prévoir de l’espace pour des évolutions ultérieures.
L’innovation de MBDA apporte d’autres avantages, y compris en termes de redondance. Aujourd’hui, si chaque système de missiles repose sur deux armoires, au cas où l’une serait indisponible, elles se trouvent généralement dans le même local. En cas d’incendie ou d’avarie de combat dans la zone, le bâtiment perd le système. Et cette résilience sera même encore accrue grâce aux SEQBox : « Les SEQBox sont les mêmes pour les différents types de missiles. Ce qui conduit à un autre point extrêmement intéressant pour les marines : « Avec l’ITR, on banalise les rechanges grâce aux communalités technologiques.
Evolution et drones
L’emploi des drones aériens, de surface et sous-marins dans la Marine est un enjeu crucial des années à venir. L’accent est mis sur ces nouvelles capacités endurantes, économes et capables d’opérer dans des environnements hostiles », note d’ailleurs le magazine Cols Bleus, avant de préciser que des « solutions impliquant des drones de combat sont en réflexion ».
Dans une séquence de tir impliquant un drone, le rôle du drone est double car, outre la fourniture des coordonnées de l’objectif compatibles de la précision nécessaire au missile, il assure la transmission d’images de la cible dans son environnement, ce qui facilite son accrochage par l’opérateur au cours du vol missile. Par ailleurs, la mobilité du drone permet de le placer au voisinage de l’axe d’arrivée du missile, apportant au tireur une vue oblique proche de celle qu’il aura avec le retour image de l’autodirecteur.
Le torpilleur : un exemple historique
Un torpilleur était un petit navire de guerre relativement rapide et manœuvrant, chargé de combattre les grosses unités navales de surface en utilisant comme arme principale, la torpille. Au cours du XIXe siècle, l'apparition de la propulsion à vapeur, puis de la cuirasse fit évoluer progressivement, les navire de ligne en cuirassés. Ces nouveaux bâtiments déclassaient leurs ancêtres et devinrent la base de la puissance navale. Cependant du fait de la technologie encore balbutiante de l'époque, ils souffraient de nombreux défauts. Leur artillerie avait entre autre dut se concentrer sur quelques pièces de gros calibre, seules capables de de percer la protection de leurs homologues, mais ces canons bien que puissants et à grande portée, du fait de leur petit nombre et de leur lenteur de rechargement étaient incapables de combattre de nombreuses cibles petites et rapides.
L'apparition d'armes de faible encombrement capable de détruire un cuirassé en l'attaquant sous sa protection, c’est-à-dire sous l'eau, les torpilles fit alors émerger une nouvelle catégorie de navire de guerre, les bateaux torpilleurs. Ceux-ci plutôt que rechercher un protection contre l'artillerie adverse, s'appuyait sur leur petite taille et leur mobilité, pour s'approcher des plus gros bâtiments ennemis et les couler grâce à la nouvelle arme.
Premières torpilles
Les premières torpilles utilisées par ces navires furent dites à hampe, l'arme était constituée par une charge d'explosif monté au bout d'une hampe d'environ une quinzaine de mètre sur l'avant du torpilleur. Lorsque que celui-ci arrivait à bonne distance du cuirassé ennemi, la charge était alors immergée pour frapper l'objectif en dessous de la ligne de flottaison. L'explosion sous-marine provoquait alors une telle voie d'eau que le plus gros bâtiment sombrait rapidement. Ce système bien que très rudimentaire, fut employé avec succès en particulier par les sudistes, lors de la guerre de Sécession.
Des variantes avec des torpilles remorquées par un câble, généralement sur un côté du navire furent aussi essayées à la même époque.
L'invention de la torpille automobile
L'invention par le croate Lupis-Vuki? et son associé britannique Robert Whitehead, de la première torpille automobile, propulsée par air comprimé, allait rendre le torpilleur autrement plus redoutable. Les torpilleurs devaient certes encore s'approcher dangereusement de leur cible, mais ils n'étaient plus obligés d'aller au contact de celle-ci. La première attaque menée par ce type de navire eu lieu en 1877, lorsque les torpilleurs du vice-amiral Stepan Osipovich Makarov, attaquèrent un navire de ligne turc.
Contre-mesures et évolution
Ils devinrent très rapidement une menace mortelle pour les escadres cuirassées, on prit de nombreuses mesures pour contrer leur action. La première fut le montage de pièces de petit calibre mais à tir rapide sur les grosses unités. On renforça la protection des cuirassés contre les torpilles, en développant le cloisonnement des coques et en employant des filets de protection lorsque le navire était à l'ancre.
Au début du XXe siècle, les contre-torpilleurs qui emportaient eux aussi des torpilles, mais du fait de leur taille se révélaient plus endurants et plus marins, reprirent progressivement la mission d'attaque de surface avec des torpilles. L'apparition de moteur de marine à combustion interne, au cours de l'entre-deux-guerres, permit de créer une nouvelle variante du concept de torpilleur.
L'appellation changea en fonction des pays, les britanniques les appelèrent Motorboat, les allemands Schnellboot, les américains Patrolboat, mais la formule restait la même à quelques variations prêt, un canot automobile capable de grandes vitesses, grâce à des moteurs puissants et armé de deux ou quatre tubes lance-torpilles. Plus encore que leurs prédécesseurs ils restaient limités aux opérations côtières du fait de leur petite taille.
Phases d'acquisition et de maintien en condition opérationnelle
Le processus d'acquisition et de maintien en condition opérationnelle d'un navire de guerre est complexe et comprend plusieurs étapes :
- Définition du besoin capacitaire : L'état-major de la marine (EMM) est en charge de la définition du besoin capacitaire. Ce besoin fonctionnel est issu de l’expression du besoin (STB).
- Conception et construction : La direction générale de l'armement (DGA), en collaboration avec les industriels, conçoit et construit les navires de guerre. Un directeur de programme (DP) de la DGA est constitué. La « mise sur cale » marque le début de la construction du bâtiment.
- Essais : Après sa construction, différents types d'essais peuvent alors être effectués. Après les essais officiels à la mer, les visites de sécurité sont prononcées (REAR) avant la revue d'acceptation technique menée par l'EDPI. Ces essais permettent de tester les équipements dans des conditions variées.
- Admission au service actif : Une fois les essais validés, le navire est admis au service actif et rejoint la flotte.
- Maintien en condition opérationnelle (MCO) : Pendant toute sa durée de vie, le navire fait l'objet d'un MCO pour garantir sa disponibilité et ses performances. Le service logistique initial (SLI) joue un rôle important dans ce processus.
- Mise en réserve : Une fois admis au service actif, un navire peut être mis en réserve pour une durée limitée. Cela permet de conserver un navire en bon état, suffisant pour assurer l’entretien courant et permettre un réarmement rapide si besoin.
- Retrait du service : À la fin de leur durée de service, les bâtiments sont condamnés et peuvent être coulés comme cible de tir, ou être cédés, vendus ou démolis.
Aspects administratifs, industriels et juridiques
L'acquisition et l'exploitation d'un navire de guerre impliquent des aspects administratifs, industriels et juridiques complexes :
- Aspects administratifs : La planification et la programmation des acquisitions de navires de guerre relèvent des administrations centrales de l'État. La direction des Systèmes d'Information de la défense (DIRISI) est impliquée à divers moments du processus.
- Aspects industriels : La construction des navires de guerre fait appel à de nombreuses entreprises industrielles, tant pour la construction de la coque que pour la fourniture des équipements et des systèmes d'armes.
- Aspects juridiques : L'utilisation des navires de guerre est encadrée par le droit international et le droit national. Les marques distinctives des navires militaires de sa nationalité doivent être conformes au service de cet État.
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