Besançon, comme beaucoup d'autres villes, est confrontée à une recrudescence de la violence armée, souvent liée au trafic de stupéfiants. Les faits divers impliquant des tirs se sont multipliés ces dernières années, suscitant l'inquiétude des habitants et des autorités locales. Cet article se propose de dresser un état des lieux de cette situation, en s'appuyant sur les événements récents qui ont marqué la ville.
Recrudescence des tirs et règlements de comptes
Ces dernières années, Besançon a été le théâtre de plusieurs règlements de comptes violents, souvent liés à des rivalités entre bandes sur fond de trafic de stupéfiants. En décembre, un adolescent de 15 ans avait été tué par balle, témoignant de la gravité de la situation.
Tirs sur un parking à Besançon près du quartier de Planoise
Dans la nuit de samedi à dimanche, deux jeunes ont été blessés par des tirs à l’arme lourde « de type Kalachnikov » sur un parking de Besançon, près du quartier de Planoise. Une source policière a indiqué à l’AFP que les forces de l'ordre ont été appelées à intervenir vers 3h30-4 heures du matin après que deux individus se sont fait tirer dessus.
L’une des victimes, déjà connue des services de police, s’est présentée d’elle-même au centre hospitalier universitaire situé à proximité pour s’y faire soigner. La seconde victime s’est rendue chez un particulier qui a prévenu la police. L’homme a également été conduit à l’hôpital pour y recevoir des soins médicaux. La police pense à des tirs à l’arme longue automatique type Kalachnikov qui se sont passés sur le parking de La Malcombe.
Certains habitants résidant dans des immeubles de Planoise affirment avoir entendu les coups de feu et ont également évoqué des « balles perdues ». Une enquête pour tentative d’homicide a été ouverte par le parquet de Besançon.
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Blessure par balle d'une jeune femme à Palente
Le 20 septembre dernier, le personnel de l’hôpital Jean-Minjoz a pris en charge une jeune femme, âgée de 23 ans, grièvement blessée par balle au niveau de la tête. D’après les éléments confiés aux enquêteurs, la patiente aurait été prise pour cible par un homme cagoulé et armé dans le quartier de Palente. Les fonctionnaires ont réquisitionné les caméras de vidéosurveillance pour examiner les éléments techniques face aux déclarations de la victime.
Tirs sur un commerce à Planoise
Des tirs sont survenus ce samedi soir, dans le quartier des Époisses à Planoise. Deux individus juchés sur un scooter ont ouvert le feu en direction d’un commerce avant de prendre la fuite. Les policiers sont parvenus à interpeller deux mineurs, peu de temps après les faits. Les policiers ont saisi les douilles et l’arme peu après les tirs ce samedi à Besançon.
Les faits se sont produits aux alentours de 20 h. Deux hommes, au visage masqué, ont fait irruption devant le centre commercial des Époisses. Le passager a saisi un pistolet-mitrailleur et a ouvert le feu en direction des enseignes. Deux à trois ogives sont venues se loger dans le rideau métallique d’une vitrine. Ces tirs n’ont fait aucun blessé. Les deux occupants ont ensuite pris la fuite, à bord de leur engin.
Une patrouille de policiers, qui se trouvait à proximité des lieux, a repéré les deux fuyards. Ils les ont immédiatement pris en chasse, à travers les rues du quartier. Leur course s’est terminée en direction d’Avanne-Aveney où ils ont tenté d’abandonner leur engin, avant d’être interpellés par les policiers.
Peu avant d’être cerné par les forces de l’ordre, le passager a tenté de se débarrasser de son arme. Là encore, les enquêteurs sont parvenus à la retrouver. Il s’agit d’un pistolet-mitrailleur, produit durant la Seconde Guerre mondiale, capable de tirer des munitions de calibre 9 mm. Il a été placé sous scellé et des analyses vont être menées pour tenter de retrouver des traces ADN et papillaires.
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Condamnation et arrestation de trafiquants de drogue
La peine infligée en son absence à Sahbi El Asraoui, 26 ans, mercredi par le tribunal correctionnel de Besançon, était conforme aux réquisitions du parquet. Il a été reconnu coupable d'avoir grièvement blessé par balles deux hommes, le 11 juin 2023 sur un parking à Besançon, a précisé le procureur Étienne Manteaux. Son complice, âgé de 20 ans et également connu pour sa participation au trafic de stupéfiants à Besançon, a été condamné à 7 ans de prison pour avoir conduit le scooter sur lequel ils circulaient au moment des faits. Cinq projectiles avaient touché les deux victimes.
Sahbi El Asraoui a été jugé à Besançon en son absence. Le franco-marocain visé par quatre mandats d'arrêt avait été arrêté en janvier au Maroc. Les parquets de Dijon et Besançon avaient formulé une demande d'extradition, mais il a "revendiqué sa binationalité et les autorités marocaines, qui n'extradent pas leurs ressortissants, l'ont finalement remis en liberté", a précisé à M. Il est également suspecté d'avoir participé à des violences sur deux hommes - l'un roué de coups, l'autre violemment percuté avec une voiture - devant une discothèque proche de Besançon en novembre 2023.
Un habitant de Besançon (Doubs), recherché par les autorités depuis deux ans, a été retrouvé au Maroc vendredi 10 janvier. Il avait fui son procès pour tentative de meurtre en 2023. Il faisait l'objet d'un mandat d'arrestation d'Interpol. Une procédure d'extradition est en cours.
Tirs d'intimidation contre des commerces
Plusieurs commerces de l'agglomération de Besançon ont été criblés de balles en l'espace d'une semaine. La maire de la ville a dénoncé des "tirs d'intimidation". selon la maire, un restaurant de grillades a été visé par des tirs qui ont laissé plusieurs impacts de balles sur la façade et les vitrines. Il s'agit du troisième établissement de l'agglomération à recevoir des balles en une semaine. Précédemment, un bar à chicha avait été visé à Avanne-Avenay, à une dizaine de kilomètres de Besançon et un barbier avait essuyé des tirs. À chacun de ces épisodes, les magasins étaient vides et aucun blessé n'était à déplorer.
Un nouveau commerce a été visé par des tirs à Besançon. Cette fois, c'est une boutique de l'espace commercial des Epoisses, près du magasin Norma, dans le quartier de Planoise, qui a été ciblé ce dimanche soir un peu avant 21 heures. Un homme a été blessé à l'avant-bras, pris en charge sur place par le SAMU, puis transporté au CHU de Besançon. Plusieurs impacts de balle ont été relevés sur la façade du supermarché.
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Le magasin Norma est le cinquième commerce du Grand Besançon visé par des tirs depuis un peu plus de deux semaines. Il y a eu aussi deux établissement visés à Audincourt, dans le Pays de Montbéliard. Le procureur de la République de Besançon a établi le lien entre tous ces tirs ainsi qu'avec le trafic de drogue.
Réactions et inquiétudes
La multiplication de ces faits divers suscite de vives réactions et des inquiétudes croissantes au sein de la population et des élus.
Dénonciation de la violence et de l'intimidation
La maire écologiste de la ville, Anne Vignot, a dénoncé des "tirs d'intimidation" et s'est inquiétée d'un "système mafieux" visant les commerces. Selon elle, un gang lance une forme d'intimidation sur des commerces.
L'opposition dénonce une violence "montée d'un cran" à Besançon, avec un "centre-ville" qui est désormais "impacté" par ce type de faits divers, liés au trafic de drogues. Ludovic Fagaut, conseiller municipal issu de l'opposition Les Républicains (LR), déplore une violence "montée d'un cran" à Besançon. Il soutient que l'ensemble du territoire bisontin est gangréné par ce trafic de stupéfiants.
Sentiment d'insécurité et appel à l'action
Dans le quartier, beaucoup d'habitants expliquent avoir peur, constatant que la violence liée au trafic de drogue implique des personnes de plus en jeunes. Une mère de famille venue faire ses courses déplore que ce soient des jeunes de 14 ou 15 ans qui soient impliqués. Elle constate que la plupart du temps ce sont des gamins déscolarisés.
Le phénomène inquiète les commerçants. Serge Couësmes, président de l'union des commerçants de Besançon, appelle à ce que ce genre d'actions s'arrête tout de suite.
Explications et solutions proposées
Pour Christophe Dalongeville, secrétaire départemental Alliance police nationale, dans le Doubs, voir des commerces du centre de Besançon être visés par des tirs n'a pourtant rien de surprenant. Il explique que ce genre d'événements peut paraître spectaculaire, mais n'a rien d'étonnant, ce sont des méthodes d'intimidations utilisées par les délinquants, surtout au niveau du trafic de stupéfiants. Il ajoute que ce sont des techniques qui se répandent et qu'on a vu ça beaucoup à Besançon ces dernières années.
Malik, un autre habitant de Planoise accuse aussi les parents de ne pas suffisamment surveiller leurs enfants. Il estime que la misère sociale est la cause de tout et qu'il manque des éducateurs et des associations pour accompagner ces jeunes.
Le procureur de la République de Besançon a établi le lien entre tous ces tirs ainsi qu'avec le trafic de drogue.
Autres faits divers
- Un conducteur de 35 ans a été blessé par balles dans le quartier de Palente.
- Deux individus ont ouvert le feu en direction d'un commerce dans le quartier de Planoise.
- Un homme, blessé par balle, a été pris en charge par les sapeurs-pompiers, dans le quartier Planoise.
- Un homme de 42 ans avait été pris pour cible alors qu’il roulait chemin de Palente. Trois balles de 7,65 mm ont été tirées. L’une sur la vitre de la voiture. Deux autres balles ont touché la victime à la cuisse et au bas-ventre.
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