L'histoire et la fabrication du tire-bouchon sont intimement liées à l'histoire du vin et à son évolution. Bien que simple en apparence, cet outil est le fruit d'une longue évolution pour répondre à un besoin essentiel : ouvrir les bouteilles de vin bouchées avec du liège.
L'histoire du liège et son utilisation pour le bouchage
L'histoire du bouchon de liège est riche et ancienne. On a retrouvé un bouchon de liège datant du "5e siècle avant J.C", et il a été attesté que le liège était utilisé pour boucher les amphores de vin jusqu'à la chute de l'Empire romain. On peut se demander si la décadence romaine a entraîné l'oubli du liège, car jusqu'à nos jours, rien n'a véritablement remplacé cette matière vivante et dégradable.
Le chêne-liège, source de cette matière première, ne pousse pas partout. Il se plaît particulièrement dans la partie occidentale du bassin méditerranéen, notamment au Maroc, en Italie et en France.
Le problème du goût de bouchon
Malgré ses qualités, le bouchon de liège peut être sujet à des problèmes, notamment le fameux "goût de bouchon". L'expérience peut être désagréable : "Je vais porter un toast quand je constate une drôle d’odeur. Du moisi, du bouchon pourri !" Même les grands vins peuvent être victimes de mauvais bouchons.
Ce défaut est souvent causé par les trichloranisoles (TCA, TeCa et PCA), des composés chimiques qui peuvent se développer dans le liège. Une plaque de liège contaminée peut donner un goût de bouchon à tous les bouchons qui en sont issus. Généralement, ce sont les bouchons poreux qui laissent les TCA entrer plus rapidement en contact avec le vin. L'odeur de moisi, de poussière, de renfermé ou de bouchon humide peut persister malgré l'aération du vin. Il faut savoir qu'une quantité infinitésimale de TCA suffit pour que le vin sente le bouchon.
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Bien sûr, le goût de bouchon n'est pas la seule raison pour laquelle un vin peut avoir un goût désagréable. D'autres facteurs peuvent être en cause, comme les levures ou des fûts mal entretenus.
La fabrication des bouchons de liège
La fabrication des bouchons de liège est un processus minutieux. Pour pouvoir travailler plus facilement les canons, il faut leur donner une forme plate et plus régulière : ils sont aplatis dans de l'eau bouillante pendant une demi-heure voire une heure. Les plaques présentant des défauts dépassant les normes en vigueur sont éliminées. Un artisan expérimenté, "le viseur", contrôle minutieusement chaque plaque et effectue une sélection. Les déchets sont ensuite utilisés dans la fabrication d'autres produits courants.
Les plaques sont coupées en bandes, à la longueur du bouchon désiré, généralement entre 38 et 53 millimètres (44 étant le standard courant). Les bouchons sont ensuite découpés dans une "tubeuse", puis rognés et poncés pour être calibrés. Le bouchon est alors lavé, désinfecté, aseptisé, dans des bains successifs de chlorure de chaux, d'acide oxalique ou d’eau de javel.
Le vigneron a donc le choix entre plusieurs niveaux de qualité et plusieurs longueurs de bouchon : quatre longueurs sont normalisées (38, 44, 49 et 53 millimètres). Malgré tous les soins apportés à sa fabrication, et malgré la longueur choisie et sa qualité, le bouchon reste du liège, une matière organique hétérogène et vivante. Des contrôles sont effectués sur l'humidité, les dimensions, l'étanchéité, la résistance à l'extraction et le taux de poussière, mais pas sur sa qualité.
Les alternatives au bouchon de liège traditionnel
Face aux problèmes potentiels liés au bouchon de liège, des alternatives ont été développées.
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Les bouchons synthétiques
Aux USA, cinq "wineries" de Californie ont créé "Neocork Technologies" pour développer, fabriquer et commercialiser un bouchon révolutionnaire. À la demande des fondateurs, ce bouchon devait préserver les rites traditionnels du vin, tout en garantissant une expérience positive au consommateur à chaque ouverture. Cela signifie que le bouchon devait être compatible avec les tire-bouchons existants et ne plus présenter les défauts du bouchon traditionnel.
Le bouchon Neocork est composé de polymères recyclables à 100%, teintés aux couleurs du liège. Comme le liège, il se laisse colorer par le vin rouge. Mieux que le liège, il est insipide, incolore et parfaitement étanche.
Les bouchons américains synthétiques ont fait leur apparition en France. Leur aspect liège naturel a permis de les faire accepter facilement auprès des clients les plus réticents à utiliser un produit de synthèse. De plus, comme avec un bouchon liège, le claquement caractéristique à l'ouverture d'une bouteille contribue à rassurer le consommateur. Une peau donne une parfaite élasticité au bouchon et permet une manipulation d'une bouteille pleine dans tous les sens.
Le bouchon en verre
Fin Avril 2005, le groupe allemand Alcoa, spécialisé dans la mise au point de fermetures pour boissons et autres produits alimentaires, a présenté un nouveau système : le «Vini-Lok», qui fait appel à un bouchon en… verre ! Inventée par un dentiste allemand et développée ensuite par Alcoa, cette méthode consiste en un bouchon en verre (conique, style carafe) doté d'un joint en plastique siliconé, placé sur une bouteille spéciale et maintenu avec une capsule en aluminium. Le tout est coiffé d'un surbouchage plus élégant. Le verre garantit une totale neutralité organoleptique, le joint assure la parfaite étanchéité du système et la capsule offre une fixation sûre du bouchon.
La capsule à vis
Pechiney a mis au point la capsule à vis pour le vin dans les années 70, donnant naissance à la capsule STELVIN®. L’institut australien d’œnologie (AWRI) a mené une étude récente, comparant 14 types de bouchage dont la capsule à vis, plébiscitant cette dernière comme étant le bouchage répondant le mieux aux exigences d’aujourd’hui.
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L'avenir du bouchage
Composite tel Altec ou synthétique à la Neocork ou Normacorc, est-ce que ces nouveaux types de bouchon vont résister au temps ? Tous les vins l’accepteront-ils sans dégradation ? Seul l'avenir nous le dira.
Anecdotes et lieux portant le nom "Tire-Bouchon"
Le terme "tire-bouchon" est suffisamment courant pour être utilisé comme nom propre pour divers établissements. Par exemple, à Nantes, Flore (40 ans) et Fabrice Colman (42 ans) sont les nouveaux gérants du Tire-Bouchon. Un retour aux sources pour Flore qui est originaire de la région nantaise. Les époux Colman ne sont pas des novices, ils possèdent une solide expérience professionnelle derrière eux : lui est cuisinier depuis 27 ans dans des restaurants réputés, sa femme était directrice de restaurant. L'Auberge du Tire-Bouchon est située au 34, rue de la vallée du Havre, 44690 La Haie-Fouassière.
Salers, Murat et Vic-sur-Cère : Des lieux chargés d'histoire
Bien que non directement liés au tire-bouchon, il est intéressant de noter la richesse historique de certaines régions françaises. Par exemple, Salers, située à 950 m d’altitude, dans le Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne, est une étape incontournable de la région. Murat est l'une des villes du Cantal dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Nommée Vic-en-Carladès jusqu'à la Révolution française, Vic-sur-Cère est une autre ville de la région avec une histoire riche et des eaux minérales réputées.
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