Le tir de riposte est un concept complexe qui englobe à la fois des aspects techniques liés à la pratique du tir sportif ou militaire, et des considérations légales cruciales, notamment en matière de légitime défense. Cet article vise à explorer en profondeur la définition du tir de riposte, les exercices permettant d'améliorer sa maîtrise, et le cadre légal qui l'encadre, en particulier en France.
Maîtrise Technique du Tir : Les Fondamentaux
La pratique du tir, qu'elle soit récréative ou professionnelle, repose sur un ensemble de fondamentaux techniques qu'il est essentiel de maîtriser. Ces éléments, combinés, permettent d'améliorer la précision et la constance du tireur. Votre choix pourra se porter sur des armes de poing ou d’épaule, selon votre propre sensibilité.
La Respiration : Un Allié Essentiel
Au niveau de la respiration, chacun comprendra que le geste du tireur s’accommode mal des ” bougers ” qu’elle peut engendrer. La gestion de la respiration est cruciale pour minimiser les mouvements involontaires qui peuvent affecter la précision du tir. Une respiration contrôlée et régulière favorise la stabilité du corps et de l'arme.
La Vision : L'Importance de l'Œil Directeur
Au niveau de la vision, un œil domine l’autre : c’est l’œil directeur. Pour identifier votre œil directeur, vous pouvez réaliser les tests suivants :
- regardez la cible, les deux yeux ouverts, à travers un trou percé dans un carton et fermez successivement un œil puis l’autre.
- pointez un doigt, les deux yeux ouverts, sur une cible et fermez successivement un œil puis l’autre.
A la question de savoir s’il faut accorder une priorité à cet œil directeur au détriment de la latéralisation du tireur, la réponse est non. Il est recommandé de tirer en ayant les deux yeux ouverts. L’œil humain possède de nombreuses facultés mais il ne sait pas voir simultanément net de près et de loin. Pour s’en convaincre, il suffit de pointer le doigt sur la cible et de voir avec netteté, d’abord le doigt, puis la cible et ensuite essayer de voir net les deux à la fois. C’est impossible ! Puisqu’il faut, pour viser, aligner plusieurs éléments situés à différentes distances, le tireur devra faire un choix. En effet, un léger écart par rapport au visuel, de l’ensemble des instruments de visée bien alignés entre eux, se traduira par un faible écart en cible. Par contre, un alignement imprécis des instruments de visée se traduira par un écart très important en cible.
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Il serait à priori logique de viser le centre du visuel pour atteindre le 10 au pistolet ou d’utiliser un guidon qui cerne exactement l’image du visuel à la carabine. Mais dans ce cas, les instruments de visée de l’arme, qui sont noirs, se détacheraient mal sur le noir du visuel. Au pistolet, il est donc préférable de régler son arme pour toucher plus haut que le point visé et de voir se détacher parfaitement les instruments de visée sur le fond blanc du carton. La marge de blanc est une référence de placement de la visée autour de laquelle vous allez décrire de petits mouvements oscillants résultants du contrôle de votre stabilité.
Le Lâcher : Un Moment Déterminant
C’est une phase déterminante de la séquence de tir : un bon lâcher laisse l’arme stable au départ du coup ou n’amplifie pas ses mouvements si elle bouge légèrement. Ce défaut, courant au stade de l’initiation, est très limitant dans la progression du tireur. La partie la plus sensible de l’index se situe au niveau de la pulpe de la dernière phalange (ou phalangette). des revolvers).
Il existe différents types de détente :
- la détente filante : la course de la queue de détente n’offre aucun repère entre la position d’origine et le départ du coup. Elle est ressentie comme un glissement uniforme.
- la détente à bossette : la course de la queue de détente s’effectue sous faible pression dans un premier temps (pré-course) jusqu’à un point dur (bossette). A partir de ce point, la pression nécessaire au départ du coup sera plus importante.
La Prolongation : Maintenir la Concentration
C’est la prolongation, au delà du départ du coup, de toutes les actions qui en sont à l’origine (position, visée, lâcher). La prolongation permet de maintenir la stabilité et la concentration après le départ du coup, contribuant ainsi à la précision du tir.
Le Point Moyen et le Réglage du Tir
Une balle annoncée dans la certitude que tout était parfait se dit ” bien partie ” ce qui ne signifie pas que ce soit un dix si l’arme n’est pas encore réglée à la vue du tireur. On appelle ” point moyen “, le milieu d’un ensemble d’impacts. Le principe du réglage du tir est simple. Avec quatre ou cinq clics (selon les constructeurs) vous déplacez votre tir d’une zone. Elle consiste à décaler le guidon par rapport à la hausse.
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La Légitime Défense : Un Droit Encadré
Définition de la Légitime Défense : La légitime défense consiste à répondre par la force afin de se protéger contre une atteinte imminente aux personnes ou aux biens. En droit français, elle est une cause objective d’irresponsabilité pénale qui, lorsqu’elle est constituée, empêche la condamnation de la personne s’étant trouvée en état de légitime défense, même si l’infraction est en principe caractérisée.
Exemples : « (…) le véhicule a effectivement heurté M. X…, comme cela ressort notamment des constatations médicales, et ce alors même que ce fonctionnaire avait fait un écart pour l’éviter, et qu’il résulte de ces circonstances l’existence d’une agression actuelle, réelle et injustifiée à son égard, au moment où M. J… a décidé de faire usage de son arme à deux reprises dans le but d’arrêter la progression du véhicule qui se dirigeait vers son collègue, (…) les deux tirs sont intervenus dans un même trait de temps, le second atteignant grièvement M. W… sous l’omoplate droite et le projectile effectuant un trajet de la gauche vers la droite selon les expertises médicales, ce qui est incompatible avec un tir qui aurait eu lieu par derrière. « la scène de bagarre donnait le sentiment qu’il était agressé mais aussi que M. P…
Cadre Légal de l'Usage des Armes
Les attentats de Paris de 2015 ont provoqué une modification substantielle du cadre légal d’usage des armes.
Ce cadre est défini par :
- la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales (dont l’article 2 consacre le droit à la vie comme valeur fondamentale des sociétés démocratiques constituant le Conseil de l’Europe)
- le code pénal (CP)
- le code de la sécurité intérieure (CSI)
- le code de la défense.
Régime Commun à Tout Citoyen
La légitime défense (art. 122-5 CP) : Si les six conditions sont respectées, la personne qui se défend « n’est pas pénalement responsable ». « N’est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, accomplit, dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense d’elle-même ou d’autrui, sauf s’il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l’atteinte. »
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Il est crucial de connaître la définition d’une arme (art.132-75CP) qui est extensive: « Est une arme tout objet conçu pour tuer ou blesser. Tout autre objet susceptible de présenter un danger pour les personnes est assimilé à une arme dès lors qu’il est utilisé pour tuer, blesser ou menacer ou qu’il est destiné, par celui qui en est porteur, à tuer, blesser ou menacer. Est assimilé à une arme tout objet qui, présentant avec l’arme définie au 1er alinéa une ressemblance de nature à créer une confusion, est utilisé pour menacer de tuer ou de blesser. L’utilisation d’un animal pour tuer, blesser ou menacer est assimilée à l’usage d’une arme.
L’état de nécessité (art. 122-7 CP) : N’est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace.
La défense d’un bien (art. 122-5 al. 2 CP) : Les conditions légales de la légitime défense des biens sont similaires à celles de la légitime défense d’une personne ; cependant :
- l’agression est dirigée vers un bien
- la riposte est proportionnée à la gravité de l’infraction, non à la valeur des biens
- l’homicide volontaire est exclu.
Régime Particulier pour les Forces de Sécurité Intérieures
L’article L435-1 du CSI encadre l’usage des armes par les forces de l’ordre. Il autorise l’usage de leurs armes dans les situations suivantes :
- Lorsque des atteintes à la vie ou à l’intégrité physique sont portées contre eux ou contre autrui ou lorsque des personnes armées menacent leur vie ou leur intégrité physique ou celles d’autrui ;
- Lorsque, après deux sommations faites à haute voix, ils ne peuvent défendre autrement les lieux qu’ils occupent ou les personnes qui leur sont confiées ;
- Lorsque, immédiatement après deux sommations adressées à haute voix, ils ne peuvent contraindre à s’arrêter, autrement que par l’usage des armes, des personnes qui cherchent à échapper à leur garde ou à leurs investigations et qui sont susceptibles de perpétrer, dans leur fuite, des atteintes à leur vie ou à leur intégrité physique ou à celles d’autrui ;
- Lorsque, ils ne peuvent immobiliser, autrement que par l’usage des armes, des véhicules, embarcations ou autres moyens de transport, dont les conducteurs n’obtempèrent pas à l’ordre d’arrêt et dont les occupants sont susceptibles de perpétrer, dans leur fuite, des atteintes à leur vie ou à leur intégrité physique ou à celles d’autrui ;
- Dans le but exclusif d’empêcher la réitération, dans un temps rapproché, d’un ou de plusieurs meurtres ou tentatives de meurtre venant d’être commis, lorsqu’ils ont des raisons réelles et objectives d’estimer que cette réitération est probable au regard des informations dont ils disposent au moment où ils font usage de leurs armes.
La loi prévoit des conditions particulières de mise en œuvre de ces droits selon les cas.
Cas Particulier de la ZDHS
« Constitue une zone de défense hautement sensible la zone définie par le ministre de la Défense à l’intérieur de laquelle sont implantés ou stationnés des biens militaires dont la perte ou la destruction serait susceptible de causer de très graves dommages à la population ou mettrait en cause les intérêts vitaux de la défense nationale » (art.
Le Tir : Un Art et une Science
Depuis l’apparition de la poudre noire en Europe et des premiers canons, au XIVe siècle, les Armées ont cherché à maîtriser le tir tant dans la précision que dans la concentration des effets afin d’imposer leur supériorité sur le champ de bataille. Le tir reste encore aujourd’hui au cœur de la capacité opérationnelle de l’armée de Terre. Il symbolise la fonction ultime du soldat, c’est-à-dire vaincre l’adversaire par l’emploi des armes pour accomplir la mission confiée. Infanterie, cavalerie, artillerie… Des matériels toujours plus sophistiqués ne suffisent pas. Les soldats doivent être capables d’intégrer efficacement dans leur manœuvre la précision, la portée et les effets. De la technique à la tactique, la maîtrise du tir individuel, collectif et interarmes doit être acquise, entretenue et contrôlée à tous les niveaux.
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