Les dégâts causés par les oiseaux, notamment les corvidés et les pigeons, représentent un enjeu majeur pour l'agriculture. L'impact économique de ces dégâts a été estimé par Terres Inovia et Arvalis à 20 millions d’euros sur les tournesols (à la levée) et entre 25 et 45 millions d’euros pour les maïs. Face à ce constat, les agriculteurs cherchent des solutions efficaces pour protéger leurs cultures. Parmi les méthodes disponibles, l'effarouchement sonore se révèle être une option intéressante, bien qu'elle nécessite une mise en œuvre réfléchie et adaptée.
Introduction
Cet article se propose d'explorer en détail les techniques d'effarouchement sonore, en abordant les différents types d'équipements disponibles, leur efficacité, leurs limites, et les bonnes pratiques à adopter pour une utilisation optimale. Il s'agit de fournir aux agriculteurs et autres professionnels concernés un guide complet pour choisir et utiliser les solutions sonores les plus adaptées à leurs besoins, tout en tenant compte des contraintes réglementaires et des enjeux de voisinage.
Panorama des techniques d'effarouchement sonore
La liste des équipements commercialisés pour faire fuir les oiseaux est longue. Les effaroucheurs sonores sont conçus pour effrayer les animaux sauvages et de les éloigner d’une zone spécifique. L’objectif principal des effaroucheurs sonores est de limiter les dégâts causés par nuisibles aux cultures, notamment dans les champs, les jardins ou d’autres zones. En créant une atmosphère hostile aux animaux, les effaroucheurs sonores vont les éloigner de la zone protégée.
Le canon à gaz
Le canon à gaz reste le moyen le plus utilisé dans les champs de France. Il repose sur le pouvoir détonant du gaz propane ou butane. Les détonations sont déclenchées automatiquement par un allumage piézoélectrique. La fréquence des détonations est réglable par l'ajustement du débit de la bouteille de gaz.
Efficacité et limites :
- « Il montre vite ses limites. Le principal problème est l’accoutumance des oiseaux », note le spécialiste.
- Les détonations trop rapprochées de canons à gaz n’ont aucune efficacité car les oiseaux s’accommodent rapidement des détonations.
Conseils d'utilisation :
- À déployer juste avant le stade sensible (émergence en cas de risques colombidés, dès le semis pour les corvidés).
- Privilégier les modèles avec coupure nocturne.
- Espacer les détonations toutes les 15 ou 20 minutes. « Un canon doit détonner tous les 10 à 15 voire 20 minutes maximum pour effaroucher les oiseaux, » précise le journal.
- Déplacer tous les deux jours sur la parcelle.
- Orienter les effaroucheurs vers une source d’alimentation alternative par exemple un bois à proximité.
- Combiner avec d’autres techniques comme les cerfs-volants.
- Idéalement, le canon effaroucheur doit être placé à une distance de 250 m à 300 m des habitations et dirigé dans le sens inverse des habitations, en tenant compte des vents dominants et des écrans qui existent (haies, murs, palissades,…).
- Pour éviter les conflits de voisinage, il convient de se renseigner auprès de la préfecture ou de la mairie avant utilisation (respect des dates d’utilisation autorisées, s’éloigner des habitations…).
Les hauts parleurs
Ils émettent différents cris d'oiseaux en détresse ou de prédateurs. Un mode aléatoire permet de limiter l’accoutumance.
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Conseils d'utilisation :
- Éviter de programmer plus de 4 cris simultanés, le corbeau risque vite de se rendre compte qu’on se moque de lui.
- Là aussi, il est recommandé de s’éloigner des maisons les plus proches.
Les revolvers « effaroucheurs » et pistolet lance-fusée
Ils tirent à blanc et font du bruit. Le pistolet lance-fusées n'est pas considéré comme une arme à feu. Tire une « balle à blanc » (amorces 6 mm), qui propulse une fusée détonante, sifflante ou crépitante. L'explosion de l'amorce provoque une première détonation bruyante et propulse la fusée vers les volatiles. Le choc sonore de la fusée fait ensuite fuir les oiseaux.
Conseils d'utilisation :
- « D’abord tirer des fusées détonantes pour faire décoller les oiseaux puis des fusées sifflantes ou crépitantes pour les faire se scinder en plusieurs groupes. Plus les oiseaux seront séparés, moins la pression du groupe sera forte pour revenir sur les lieux », résume Alexis Soiron.
- Aucun tir ne doit être en direction d’une habitation.
L'AviTrac
Entièrement programmable, cette machine de la société AgriProTech peut émettre jusqu’à 50 signaux d’effarouchement. Elle dispose de 3 semaines d’autonomie une fois chargée (panneaux solaires disponibles en option).
Autres dispositifs sonores
Il existe de nombreux dispositifs innovants sont aujourd’hui à l’essai ou déjà sur le marché. La principale différence entre nos dispositifs est le nombre de haut-parleurs intégrés. Ainsi, plus le nombre de haut-parleurs par appareil est élevé, plus le son est puissant. Par conséquent, notre appareil le plus performant est le modèle HEXA.
Complémentarité avec d'autres techniques d'effarouchement
Pour réduire l’accoutumance des volatiles dans les champs, il est conseillé de mixer ces différents types de moyens sonores et visuels. Il existe de nombreuses méthodes pour éloigner les oiseaux : sonores, visuelles, physiques, lasers, etc.
Techniques visuelles
- Cerfs-volants : A partir de 30 euros HT sans le mât et 100 euros HT avec le mât. Le cerf-volant prend la forme d'un rapace noir, avec un bec jaune et une grande envergure. Même par vent faible, il bouge dans tous les sens, en émettant un faible bruit de toile « qui vole au vent ». Toutefois, des précautions doivent être prises pour le positionnement du cerf-volant dans la parcelle (distance des haies, inclinaison en fonction des vents dominants…). Risque de vol pour être utilisé comme jouet.
- Ballons-épouvantails : 35 euros HT le ballon seul. Prend la forme d'un ballon sur lequel des motifs réfléchissants représentent les yeux perçants d'un rapace. À fixer sur un mât de 3 à 6 mètres. Ce système a besoin d'être agité par le vent pour être efficace.
- Drapeaux et bandes réfléchissantes.
Autres techniques
- Oiseaux naturalisés : Les anciens avaient pour habitude de pendre dans les champs des oiseaux morts pour effaroucher leurs congénères. Cette technique connaît en effet une certaine efficacité. Il est possible de remplacer ces carcasses par des oiseaux naturalisés dans des postures d'agonie. Cette méthode est efficace car les oiseaux comprennent qu'il y a un danger potentiel.
- Fauconniers : Pour une version plus naturelle, des perchoirs permettent d’attirer les rapaces en chair et en os (et en plumes). Il est également possible de faire appel à des fauconniers (contact via les fédérations de chasse).
- Drones et robots terrestres : la société Agri-Structures propose des drones volants et des robots terrestres pour faire fuir les oiseaux indésirables.
- Systèmes de détection automatiques : « Plusieurs start-up travaillent sur systèmes faisant intervenir l’intelligence artificielle, couplés à des dispositifs sonores ou laser, avance Alexis Soiron. Cela permet d’effaroucher à bon escient, par exemple en évitant de déclencher l’appareil si une perdrix ou une outarde se pose. Après, les corvidés restent des animaux très intelligents… »
Réglementation et nuisances sonores
Les bruits liés aux activités professionnelles, agricoles notamment, « peuvent faire l’objet de conditions d’utilisation fixées par arrêté préfectoral ou par le maire, mais ne peuvent dans tous les cas dépasser les limites légales sous peine de porter atteinte à la tranquillité du voisinage », précise la chambre d’agriculture des Deux-Sèvres.
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Législation
Chaque préfet a la « possibilité d’ajouter des dispositions complémentaires à la réglementation prévue, » précise encore le journal agricole de l’Oise. Par ailleurs, bien qu'il n'existe pas de réglementation spécifique pour ces pistolets, les nuisances sonores de ces appareils sont soumises aux dispositions du Code de la santé publique, notamment les articles R. 1334-32 et R. 1334-33, qui avisent des valeurs d’émergence concernant les bruits en lien avec les activités professionnelles.
Niveaux sonores tolérés
L'Oise agricole apporte des précisions sur les niveaux sonores tolérés. « Les valeurs limites de l’émergence sont de 5 décibels en période diurne (de 7 heures à 22 heures) et de 3 décibels en période nocturne (de 22 heures à 7 heures), valeurs auxquelles s’ajoute un terme correctif en décibels en fonction de la durée cumulée d’apparition du bruit particulier (article R.
Pistolets effaroucheurs
Les pistolets effaroucheurs sont des armes de catégorie D (acquisition et détention libres); elles peuvent être achetées et détenues librement sous conditions. Pour l'utilisation du pistolet RG46, il n’est pas nécessaire d’avoir un permis étant donné qu’il n’est pas considéré comme une arme à feu, cependant il est nécessaire d’être majeur pour en faire l’achat. Aucun tir ne doit être en direction d’une habitation.
Conseils généraux pour une utilisation efficace
- Adapter la stratégie à l'espèce cible : Lorsqu'il s'agit d'une invasion (plus d'une centaine d'individus), il faut se rapprocher de spécialistes de la dépigeonnisation. AgriProTech fournit le matériel et n'intervient sur place que dans des contextes spécifiques. L’effarouchement sonore seul n’est pas efficace contre ce type de pigeons. Les pigeons ayant grandi dans un environnement urbain sont habitués aux klaxons et aux bruits forts en général. Les signaux d'effarouchement risquent de ne pas les gêner suffisamment.
- Tenir compte des périodes de reproduction : Il est nécessaire d’agir en dehors des périodes de reproduction pour ces espèces. La pression est alors très importante et un effaroucheur sonore seul est insuffisant.
- Être conscient des limites de l'effarouchement sonore : Enfin, les moineaux ne sont pas sensibles à l'effarouchement sonore.
- Varier les techniques : « Les corvidés sont des animaux extrêmement intelligents, capable de rendre obsolète toutes les mesures mises en place par les exploitants, souligne Alexis Soiron. Il n’y a pas de solution miracle. Il faut tester, varier, expérimenter. La vérité sur une parcelle peut être différente sur celle d’à côté. »
- La présence humaine : En conclusion, Alexis Soiron rappelle que le mode d’effarouchement le plus efficace « reste la présence humaine ».
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