L'entraînement au tir des forces de l'ordre, notamment la police et la gendarmerie, a connu une évolution significative ces dernières années. Autrefois limité à une pratique occasionnelle, il est devenu un enjeu crucial face à la montée de la violence et des menaces terroristes. Cet article explore les défis et les opportunités liés à l'entraînement au tir sportif pour les forces de l'ordre en France, en mettant en lumière les initiatives récentes, les avantages potentiels et les contraintes persistantes.
Évolution de l'entraînement au tir : un impératif sécuritaire
Jusqu’à une époque récente, l’entraînement au tir de la plupart des gendarmes et des policiers ne dépassait guère le tir annuel d’une douzaine de cartouches, pratiqué avec leur arme de poing de service. Cette situation s’est malheureusement bien dégradée depuis une dizaine d’années : la banalisation des actions terroristes, la violence irréfléchie de certains malfaiteurs qui, n’ayant plus à craindre comme par le passé que le meurtre d’un policier ne les conduise à la guillotine, n’hésitent plus à tirer sur les forces de l’ordre. Face à cette triste évolution, le ministère de l’intérieur, le ministère des finances (douanes) et le commandement de la gendarmerie ont doté leurs hommes de pistolets plus modernes et plus efficaces et ont en parallèle notablement augmenté les dotations de munitions destinées à l’entraînement.
L'augmentation des dotations de munitions destinées à l'entraînement est une réponse directe à la nécessité d'une meilleure préparation face à des menaces de plus en plus présentes et dangereuses.
Le partenariat Police-FFTir : une solution innovante
La direction générale de la police nationale (DGPN) et la Fédération française de tir (FFTir) ont signé une convention pour encadrer et faciliter la pratique du tir sportif par des policiers, avec leur arme de service et dans des stands homologués. Selon nos informations, le document devrait ressembler quasiment mot pour mot à celui qui encadre déjà la pratique des gendarmes depuis 2017.
Termes de la convention
Les policiers pourront venir dans un stand de tir non pas pour faire un entraînement de police, mais pour faire du tir dans des conditions déterminées par la FFTir et par le règlement intérieur du club concerné. Pour les agents intéressés, la licence à la FFTir est payante et, si l’arme de service reste la responsabilité de l’administration, les munitions sont à la charge des policiers. L’Etat, lui, ne devrait pas débourser un euro supplémentaire.
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Cette nouvelle convention vient compléter un arrêté publié au journal officiel le 21 septembre, qui définit les conditions qu’un agent doit remplir pour s’inscrire à la FFTir. Les policiers devront notamment signaler leur volonté à la hiérarchie et montrer patte blanche administrativement. En contrepartie, ils obtiendront le droit de shooter 3 000 munitions par an, soit 250 par mois.
L’accord viendra «s’ajouter aux trois séances obligatoires» de tir chaque année, souligne la direction de la police. Il est important de noter que cette obligation n’est que peu respectée, puisqu’«en 2019, le taux de réalisation des tirs obligatoires, mesuré par le pourcentage de personnels actifs ayant réalisé au moins trois séances de tir dans l’année, s’élevait à 62 %».
Objectifs du partenariat
- Développement des échanges et contacts entre responsables régionaux, départementaux de la FFTir et les échelons territoriaux de la police nationale concernant la réglementation et la pratique du tir sportif.
- Promotion de la pratique du tir sportif pour les policiers.
- Développement de conventions entre clubs de tir et les services territoriaux de la Police nationale afin de faciliter le recours aux structures existantes pour l’entraînement des policiers.
Le 5 décembre 2024, l’autorisation préalable est disponible et les armuriers avisés des conditions de vente et d’enregistrement. Les policiers rejoignent donc les gendarmes, avec même un avantage sur le quota annuel. Par ailleurs si le règlement intérieur du club s’applique à l’identique de tout licencié, la convention permet d’accéder au club arme portée à la ceinture, à condition de présenter la carte professionnelle de police.
Avantages pour les policiers et les municipalités
Les policiers licenciés à la Fédération française de tir vont désormais pouvoir utiliser leur arme administrative lors de séance de tir sportif. Pour les policiers, les trois séances de tirs par an n’étaient pas suffisantes. La direction générale de la police nationale a donné son accord le 31 janvier dernier afin d’autoriser les policiers à s’entraîner dans les clubs de tir sportif avec leur arme de service.
Cette décision va permettre à ceux qui sont affiliés à la fédération française et qui ont fait un rapport pour conserver leur arme en dehors de leur temps de travail, de s’exercer au même titre que les gendarmes qui avaient déjà cette possibilité. Le policier va pouvoir désormais bénéficier des infrastructures des clubs affiliés, dans le cadre de sa formation professionnelle continue. Bien sûr, cette mesure ne concerne que les armes de poing, les Sig Sauer.
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Avantages multiples des conventions
- Développer et entretenir des relations avec la Gendarmerie dans le cadre de la sécurité des clubs affiliés, de leur structure, des adhérents et des armes.
- Contribuer au développement du tir sportif et du volume d’adhérents.
- Faciliter, dans la mesure de l’aval des clubs concernés, l’accès de la Gendarmerie à des stands de proximité, ce qui réduit l’indisponibilité opérationnelle liée aux temps de déplacement et surtout compense l’absence, la diminution, la sur-utilisation d’infrastructures étatiques (armée). Permettre l’entraînement de proximité des personnels d’active et de réserve, tenant compte de l’augmentation du nombre de munitions d’instruction à tirer annuellement.
- Contribuer à l’échange d’informations dans le cadre de la sécurité des stands de tir.
- Permettre au Gendarme (sens générique du terme) de devenir tireur sportif avec une arme de dotation. Un cadre moins onéreux pour le bénéficiaire par l’absence d’acquisition d’arme et de revente en cas d’abandon du tir sportif.
Tableau récapitulatif des avantages de la convention
| Bénéficiaire | Avantages |
|---|---|
| Policiers | Accès aux infrastructures des clubs de tir, entraînement supplémentaire avec leur arme de service, amélioration de la sécurité et de la précision. |
| Clubs de Tir | Augmentation du nombre d'adhérents, amélioration de l'équilibre financier grâce à la location des installations. |
| Gendarmerie | Facilitation de l'accès aux stands de proximité, réduction de l'indisponibilité opérationnelle. |
Le point de vue des acteurs
Thierry Collas, formateur aux techniques et à la sécurité en intervention (FTSI) et délégué de l’Unsa police, juge que «c’est un sport, une autre pratique, quelque chose de différent». Le président de la FFTir, Michel Baczyk, réfute lui aussi la comparaison.
Défis et contraintes
L’entraînement se trouve malheureusement pénalisé par le manque de stands de tir de proximité. La réduction du format des armées a entraîné la dissolution de beaucoup de régiments, dont le stand de tir était souvent mis à la disposition des gendarmes dans certains créneaux. Enfin, le faible foncier communal disponible, les règlementations d’urbanisme, voire l’opposition sourde des citoyens, n’incitent pas les élus à honorer les demandes des armées d’ouverture de nouveaux stands de tir. Difficile équilibre à maintenir entre une présence militaire économiquement valorisante et les nuisances potentielles que leur entraînement génère.
Avant toute signature de convention, les infrastructures sont visitées par un personnel du SGAMI zonal (Secrétariat général à l’administration du Ministère de l’Intérieur). Du fait de ces contraintes, ils ne sont plus en mesure d’ouvrir leurs installations à la Police, la Gendarmerie, comme cela se faisait auparavant. Enfin, le faible foncier communal disponible, les règlementations d’urbanisme, voire l’opposition sourde des citoyens, n’incitent pas les élus à honorer les demandes des armées d’ouverture de nouveaux stands de tir. Difficile équilibre à maintenir entre une présence militaire économiquement valorisante et les nuisances potentielles que leur entraînement génère.
Opinions et réflexions
Une formation continue pas au niveau et la possibilité de payer pour tirer de son côté : la DGPN aurait-elle trouvé la solution pour faire de l’entraînement gratuit dans un contexte budgétaire serré ?
Exemple concret : Clermont-Ferrand
L’Hôtel de Police de Clermont-Ferrand est un grand bâtiment de 4 étages. Au sous-sol se trouve notamment le stand d’entrainement au tir. Les policiers ont une obligation de faire au moins 3 tirs réglementaires dans une année. Dans le stand il faut porter les éléments de protection: gilet, casque, lunettes. Le stand de tir est composé de 4 couloirs d'une distance de tir de 25 mètres. Avec leur arme de service, les policiers tirent à courte distance, en dessous des 15 mètres. Les cibles peuvent être pivotantes et on peut limiter le temps d'apparition.
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Les entraînements au commissariat de Clermont sont de 3 par an: le 1er de janvier à avril, le 2ème de mai à septembre et le 3ème de septembre à décembre. Le tir est évalué avec les manipulations et le résultat des impacts sur cible. Chaque policier dispose de son arme de service, le SIG-Sauer SP 2022, une arme de calibre 9 mm. L'entrainement dure 2 heures.
Technique et sécurité : les fondements du tir sportif
Ecole de maîtrise de soi, le tir comporte des disciplines variées qui vous séduiront, que vous recherchiez une détente ou un sport, que vous soyez attiré par le calme et la précision ou par la vivacité du geste technique. Ce n'est pas la moindre qualité du tir que de permettre au tireur de conserver longtemps une capacité de progression et de maintenir intact son enthousiasme. Avant de commencer un entraînement, il vous faudra connaître parfaitement les règles de sécurité qui régissent notre sport et sont un gage de sécurité pour nous et notre entourage .
" Art. 48-1. - Les armes, éléments d'armes et munitions détenus par les personnes physiques titulaires d'une autorisation d'acquisition et de détention doivent être conservés dans des coffres-forts ou dans des armoires fortes. Une circulaire du 17 12 98 admet que seules les pièces essentielles y soient entreposées. Faire un mouvement de culasse vers l'arrière et maintenir la culasse en position ouverte, le temps de vérifier que l'arme est bien vide et qu'aucune cartouche n'est susceptible d'être réengagée dans la chambre. Si vous prêtez votre arme, éclairez là avant de le faire. A ne jamais faire ! Tendre une arme à un autre tireur en pointant le canon dans sa direction, même si l'arme a été éclairée. Tendre une arme en ayant seulement mis la sécurité. Les écoles de tir sont nées il y a plus de 20 ans pour permettre aux enfants de pratiquer le tir sportif dés l'age de 8 ans. La durée de la formation s'adapte à chaque tireur. Les cibles de couleur comportent 7 grades: -cible blanche - cible jaune - cible orange - cible verte - cible bleue - cible maron -cible arc en ciel. Elles valident le niveau pratique des jeunes tireurs et favorisent leur apprentissage vers le palier supérieur.
Les disciplines du tir sportif
- Cibles : 5 cibles (type biathlon) . Le diamètre du visuel noir est de 55.9mm. Les séries sont de 5 coups en 10 secondes. Pour les séries "vitesse", le tireur dispose de 3 secondes pour tirer chaque balle. La cible pivotante s'effaçant 7 secondes, entre chaque coup. Programme : 60 Coups qui se décomposent en 3 séries de 20 Coups.
- Carabine Libre calibre 22 LR : Poids: 8 Kg maximum.
- Carabine 50 m standard 3 positions : Temps déroulement de l'épreuve : 2 heures 30
- Arme Standard : Calibre 22 LR. (UNOR) et la Fédération Nationale des Associations de sous-officiers de Réserve (AFNOR), le tir à l'arme réglementaire se veut populaire, simple dans son organisation et son fonctionnement (constitué d'une seule catégorie de tireurs) et pratiqué avec un équipement et matériel standard. Il existe trois types de parcours : les petits (9 coups), les moyens (16 coups) et les grands (jusqu’à 32 coups). Le squad est constitué d’un groupe d’environ 15 compétiteurs, toute catégorie confondue : «production, standard, open ou modified ». Les distances de tir varient de 2 à 70 mètres. Il existe 3 catégories : Junior, Dame et Senior.
Les règles de sécurité
Conformément aux règles éditées ci-dessus, le tireur arrive avec sa mallette ou son sac et s'équipe dans la zone désignée à cet effet. Tout manquement à ces obligations sera immédiatement sanctionné par l'exclusion du tireur.
- LOAD AND MAKE READY [chargez votre arme et tenez vous prêts] : sortir son arme du holster, engager un chargeur, armer l'arme pointée toujours en direction des cibles, puis la remettre au holster.
- BIP : C'est le signal du début du tir. Le tireur doit toujours veiller à respecter l'angle de sécurité de 180° par rapport à l'axe de progression. Lors des manipulations de l'arme (changement de chargeur, incident, prise d'un objet,…) ou lors des longs déplacements le tireur doit impérativement progresser le doigt du pontet, l'arme en direction des cibles. Personne n'est à l’abri d'une "décharge accidentelle".
- IF YOU ARE FINISHED, UNLOAD AND SHOW CLEAR [si vous avez terminé, retirez votre chargeur, éjectez la cartouche qui est dans le canon et présentez l'arme ouverte culasse en arrière, récupère la cartouche dans la main opposée. Toutes ces manipulations s'effectuent en pointant le canon en direction des cibles.
- GUN IS CLEAR [l'arme est vide] : l'arbitre dit à haute voix à l'entourage qu'il a constaté que l'arme était bien vide, donc sans danger.
- HAMMER DOWN [rabattez le chien] : le tireur maintient son arme en direction des cibles, ferme sa culasse et percute son arme vide.
- HOLSTER [étui] : le tireur remet son arme à l'étui. A ce stade elle ne doit plus en bouger jusqu'à un nouveau commandement d'arbitre. Elle est vide et le chien est rabattu : DONC ELLE EST SANS DANGER.
- CLEAR THE RANGE [évacuez le pas de tir] : lorsque les assistants ont fini de prendre les points et de boucher les trous, l'arbitre leur demande de quitter le pas de tir.
- RANGE IS CLEAR [le pas de tir est vide] : Après s'en être assuré, l'arbitre annonce que le pas est inhabité, et donc qu'en nouveau concurrent va pouvoir prendre place.
- NEXT SHOOTER ON THE RANGE [nouveau tireur sur le pas] : Le tireur suivant prend place sur le pas de tir, l'arme vide au holster.
Les différents types d'armes
- L'arme est 1 coup en calibre 22 LR : La longueur du canon n'est pas limitée. La crosse peut entourer la main. La longueur de la ligne de visée n'est pas limitée. Le calibre est de 4,5 mm. Le poids de la détente est de 500 g mini. Le poids de l'arme est 1500 g max.
- Cette discipline peut être tirée avec un pistolet automatique ou un revolver de calibre 22.32. ou 38. Le poids maximum de l'arme est 1400 g. Le poids minimum de la détente est de 1360 g pour les hommes et 1000 g pour les femmes et les juniors. La longueur du canon chambre incluse ou barillet inclus est limité à 153 mm. La longueur de la ligne de mire est limitée à 220 mm.
- Par rapport au pistolet sport la différence réside dans le poids de la détente qui est 1000 g. Les armes sont chambrées en 22 LR.
- Pistolet vitesse olympique : Les armes sont chambrées en calibre 22 court.
- Pistolets / revolvers T. S. : Les armes sont particulières à chaque division et définies par la règlementation IPSC. Cependant, les épreuves doivent rester identiques pour toutes les divisions.
Les cartouches
- Ce type de cartouche est mis à feu par percussion du centre à la base de l'étui ou se trouve l'amorce. Ce type de cartouche est utilisé dans tous les calibres sauf le 22LR.
- Cartouches à percutions annulaires : L'inventeur est le Français Robert. La vitesse de la balle 22 LR varie 315 et 330 m/s.
L'équipement
Il est important de protéger la musculature des épaules, du dos, et de la nuque du refroidissement. Le cuir semble adapté à cet usage, il coupe le vent et limite la transpiration. La coupe doit permettre la libre montée du bras. Le buste ne doit être comprimé.
Discussions et perspectives
La mise en place de conventions entre les forces de l'ordre et les clubs de tir sportif suscite des discussions et des interrogations. Certains s'interrogent sur la nature réelle de cette collaboration : s'agit-il d'une opportunité d'entraînement amélioré pour les forces de l'ordre, ou d'une solution économique pour pallier le manque de moyens de l'administration ?
Points de vue des professionnels
- buldozer : Souligne la différence entre le tir sportif et le tir de police, notamment en termes de techniques de visée et de situations de tir. Il met en avant l'importance de la pratique personnelle pour progresser, mais s'interroge sur la durabilité des armes de service en cas d'utilisation intensive.
- rem.44 : Nuance le propos sur la qualité du SIG SP 2022, en soulignant l'importance de la version (US vs DE). Il regrette que certaines administrations, comme les douanes, soient oubliées par ces mesures.
- cheminot tireur : Rappelle que les séances d’entraînement en service se tirent sur silhouettes humaines à faible distance, contrairement aux cibles classiques à 25m ou 50m du tir sportif.
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