Les Champs-Élysées : Une histoire riche et un lieu de célébration

Les Champs-Élysées, cette avenue emblématique de Paris, sont bien plus qu'un simple lieu de passage. C'est un symbole de l'histoire de France, un espace de célébration, de mode et de revendication. De la libération de Paris aux défilés animaliers, en passant par les incidents isolés, les Champs-Élysées continuent de vibrer au rythme de la vie parisienne.

Un lieu chargé d'histoire

À partir de 1944, la reconquête du territoire national s’accompagne de la production et de l’émission d’images des succès alliés. Le 11 novembre 1944, pour la première fois depuis la Libération, l’armistice de la Première Guerre mondiale peut être célébré sur les Champs-Élysées. Par cette journée brumeuse, le photographe s’est placé face aux personnalités, dans l’axe des Champs-Élysées bordés d’arbres à demi nus. À l’arrière-plan apparaît l’Arc de triomphe. En tête du défilé marchent le général de Gaulle et Winston Churchill, qui salue la foule chapeau à la main. Au second plan Georges Bidault (à gauche) et Anthony Eden (à droite), tous deux ministres des Affaires étrangères. Le cliché Le Défilé du 11 novembre 1944 qui montre les Champs-Élysées enfin rendus aux Alliés (d’alors et d’aujourd’hui) est l’image d’une multiple victoire. Une image de victoire en marche, tant le dynamisme de la représentation (mouvement décidé du cortège et de ceux qui le mènent) renvoie aussi au processus de reconquête et d’anéantissement de l’ennemi, qui restent encore à achever.

Le 26 août 1944, les opérateurs ont filmé le défilé sur l'avenue des Champs-Elysées (8e). La Vidéothèque de Paris (devenue depuis Forum des images) a sélectionné aux Archives nationales de Washington ces images de la Libération de Paris filmées par les opérateurs de l'armée américaine. Une séquence montre le général de Gaulle marchant en tête du défilé. Le défilé du 26 août au parcours soigneusement étudié est l'apothéose du général de Gaulle qui a donné rendez-vous au peuple. En dépit de la contre-attaque allemande au Bourget, et des ordres du général Gerow, supérieur hiérarchique de Leclerc lui prescrivant de la repousser, de Gaulle le garde auprès de lui. Seul le groupement tactique du commandant Roumiantzoff se porte en couverture au Nord, aidé des FFI. C'est une juste récompense pour le Français libre de la première heure dont la division doit effacer la honte de la défaite et de l'occupation. Le préfet de police, Charles Luizet, et Alexandre Parodi, ministre des territoires occupés, ont mis en garde le général de Gaulle contre les tirs isolés des derniers jours. La Division, avec ses trois autres groupements disposés à l'Arc de Triomphe, au Rond-Point des Champs Elysées et devant Notre Dame, représentent les armes de la France et assurent la sécurité du défilé et du chef du gouvernement provisoire. A 14 heures, une gerbe en forme de Croix de Lorraine est déposée sur le tombeau du Soldat inconnu par le général de Gaulle. Il passe en revue le régiment de marche de Tchad. Puis c'est la descente triomphale. De Gaulle descend les Champs-Élysées, entouré des membres du gouvernement et d'Alexandre Parodi, son ministre dans les territoires occupés, du président du Conseil national de la Résistance, Georges Bidault, André Tollet et tous les membres du Comité parisien de Libération, des préfets de Police et de la Seine, Charles Luizet et Marcel Flouret, des officiers généraux FFL et FFI, Koenig, Leclerc marchant derrière le général de Gaulle reste en communication constante avec ses unités pour des raisons de sécurité, d'Argenlieu, Valin, Juin chef d'état-major de la défense nationale, Chaban-Delmas. Place de la Concorde, de Gaulle monte dans une voiture, arrive devant l'Hôtel de Ville puis parvient sur le parvis de Notre Dame. Après un bref arrêt à l'Hôtel de Ville, il se rend à Notre Dame. Le Magnificat entonné par le Général est perturbé par des tirs isolés.

La mode et les animaux : une nouvelle histoire

Les Champs-Élysées ne sont pas seulement un lieu de mémoire, mais aussi un espace où se créent de nouvelles histoires. Récemment, l'avenue a été le théâtre d'un événement original : une marche des animaux.

Des flashs qui crépitent et des modèles qui prennent la pose plus ou moins patiemment. Il y aurait presque un air de Fashion Week sur les Champs-Élysées. Sauf que les stars du jour… ont quatre pattes et des poils. Foulards en soie noués autour du cou, Tuski, 5 ans et Tara, 4 ans, posent fièrement au beau milieu de l’avenue. Leurs boucles châtains soigneusement domptées avec des élastiques assortis au tissu. Tout un attroupement s’est formé autour des deux caniches géants. « J’ai jamais vu des chiens comme ça, ils sont magnifiques », s’émerveille l’un des curieux. Lateefa, leur maîtresse, le confie dans un sourire : elle veille à ce qu’ils soient « toujours à la mode ». Cette habitante du XVIe - silhouette longiligne et longs cheveux bruns - a plutôt l’habitude de les emmener parader au bois de Boulogne. Mais la quadragénaire tenait, ce dimanche, à participer à la toute première marche des animaux de Paris. Comme elle, des centaines d’autres promeneurs sont venus déambuler sur l’avenue entièrement piétonnisée - comme c’est le cas une fois par mois - avec leur chien mais aussi leur chat. « C’est génial de pouvoir échanger avec plein d’autres propriétaires », s’enthousiasme Lateefa.

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À l’initiative de ce défilé gratuit, l’ex-journaliste et écrivain Henry-Jean Servat. En 2022, celui qui est également conseiller municipal à Nice (encarté au parti animaliste) avait eu l’idée de lancer une première marche des animaux sur la promenade des Anglais. Près de 500 chiens, des ânes, des chevaux et même des lamas avaient déambulé le long de la mer. Un rassemblement qui a depuis lieu chaque année. Transposer le concept au pied de l’Arc de triomphe ? Cet amoureux des bêtes en rêvait. « Les Champs-Élysées, pour moi, c’est de Gaulle qui les remonte pour la Libération, c’est l’honneur de la France, martèle le septuagénaire. Faire en sorte que les animaux y tiennent le haut du pavé pendant une journée, c’est vraiment une première historique. » Une histoire qui aurait pourtant failli ne pas s’écrire. « Ce matin encore, cette manifestation était interdite, soupire Henry-Jean Servat. La préfecture de police craignait des débordements. Ils ne savaient pas à quoi s’attendre. » Le défilé s’est finalement fait sans la sono et l’estrade, qui étaient initialement prévues pour les discours. Qu’importe. L’organisateur ne voulait de toute façon surtout pas d’une « marche revendicative » avec panneaux ou slogans. « Je suis végétarien, contre la corrida ou les combats de coqs, liste l’écrivain. Mais l’idée, c’était vraiment de célébrer les animaux et de faire un événement consensuel. »

Revendications et réalités urbaines

Si l'initiative de la marche des animaux se voulait consensuelle, elle a aussi soulevé des questions sur la place des animaux dans la ville. Nabil, un habitant de l'avenue, aurait préféré que l'événement ait une portée plus politique, en se déroulant dans un lieu où les chiens sont habituellement interdits, comme les Tuileries. Il défend, au sein d'un collectif de riverains, le développement d'espaces appropriés pour les chiens à Paris. Chrisland Bellivier, éducateur canin, nuance ce propos en soulignant que cet événement permet de montrer que les chiens ont aussi leur place en ville. Des professionnels étaient d'ailleurs présents pour encadrer la marche et assurer la sécurité des participants à quatre pattes.

Incidents et sécurité

Malheureusement, l'histoire des Champs-Élysées est aussi marquée par des incidents isolés. Récemment, des détonations ont semé la panique dans une boutique Sephora, avant que la préfecture de police n'annonce que l'incident était terminé. De plus, un homme a été interpellé pour avoir tiré sur des passants avec une carabine à plomb depuis un appartement de l'avenue Georges-V, une artère proche des Champs-Élysées. Ces événements rappellent que la sécurité reste une préoccupation constante sur cette avenue fréquentée.

Quelques heures après l'attentat survenu sur les Champs-Élysées à Paris ce lundi, les proches de l'assaillant ont été entendus par les enquêteurs. Il était un peu plus de 15h30 sur les Champs-Élysées (Paris) quand la voiture a percuté le fourgon de gendarmerie. L'assaillant était connu des services de renseignements. Le matin du 7 juin s'est ouvert le procès de l'assassinat du policier Xavier Jugelé sur les Champs-Élysées. C'était le 20 avril 2017. 4 hommes sont aujourd'hui accusés d'avoir aidé le terroriste qui a été abattu par des tirs au moment de l'attaque. Un an après la mort du capitaine Xavier Jugelé lors d'une attaque terroriste sur les Champs-Élysées, un hommage lui a été rendu. L'adjudant-chef David a été le premier à intervenir, lundi 19 juin, après l'attentat raté des Champs-Élysées.

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