Tentative d'assassinat contre Ronald Reagan: détails et contexte

Le 30 mars 1981, à peine deux mois après son investiture, le président Ronald Reagan a été victime d'une tentative d'assassinat à Washington. Cet événement a marqué un tournant dans sa présidence et a ravivé le débat sur le contrôle des armes à feu aux États-Unis.

L'attentat

Alors qu'il quittait l'hôtel Hilton, où il venait de prononcer un discours devant des syndicalistes de l'AFL-CIO, une fusillade a éclaté à 14h25. Reagan a été touché au poumon gauche. Le porte-parole de la Maison-Blanche, James Brady, a été grièvement blessé à la tête. Un policier de la capitale fédérale et un membre des services de protection présidentiels ont également été victimes de l'attentat.

Un jeune homme du nom de John Hinckley, 25 ans, a été immédiatement appréhendé. Fils d'un homme d'affaires du Colorado, Hinckley avait des antécédents psychiatriques et avait été membre du parti national-socialiste américain avant d'en être exclu en 1979. Il aurait tenté de tuer le président pour attirer l'attention de l'actrice Jodie Foster, dont il était amoureux.

Reagan a été transporté à l'hôpital George Washington à 14h35 et a subi une intervention chirurgicale à 16 heures pour extraire une balle de calibre 22 de son poumon. L'opération s'est terminée à 18h30, et à 19h30, le chef du service de chirurgie a annoncé que le président était hors de danger et que son état était « satisfaisant et stable ».

Conséquences immédiates

Le vice-président George Bush, qui se trouvait au Texas, est rentré précipitamment à Washington. Bien que Reagan n'ait pas été officiellement déclaré « absent du pouvoir », le secrétaire d'État Alexander Haig s'est déclaré « chargé » des affaires du pays en attendant le retour de Bush. Cette initiative a suscité une polémique, car Haig n'avait pas respecté l'ordre constitutionnel de succession.

Après une hospitalisation de douze jours, Reagan a regagné la Maison-Blanche et a progressivement repris ses activités.

John Hinckley et ses motivations

John Warnock Hinckley Jr. s'imaginait en Travis Bickle, le personnage principal du film Taxi Driver, et nourrissait une obsession pour Jodie Foster. Dans le but d'attirer son attention, il a tiré sur Reagan à l'extérieur de l'hôtel Hilton.

Hinckley a été jugé non coupable pour cause de démence et a été interné. La blessure de James Brady a entraîné sa paralysie du côté gauche jusqu'à sa mort en 2014, qui a été considérée comme un homicide, trente-trois ans après la fusillade.

Le contexte politique et le contrôle des armes à feu

La tentative d'assassinat contre Reagan a remis en lumière la question du contrôle des armes à feu aux États-Unis. Le débat sur ce sujet n'a pratiquement pas cessé depuis l'attentat qui a coûté la vie à Abraham Lincoln.

La société américaine, attachée au mythe du Far West, a du mal à remettre en cause la liberté de porter des armes, qui fait partie de ses plus anciennes traditions. Les défenseurs de cette pratique citent le deuxième amendement à la Constitution, qui proclame « le droit du peuple à détenir et à porter des armes ».

Cependant, dans l'esprit du législateur, ce texte ne vise que la détention ou le port « public » d'armes par des citoyens connus de leur communauté, qui jouent en quelque sorte le rôle d'auxiliaires de police bénévoles. Les exégètes constitutionnels affirment que l'amendement ne peut être invoqué dans le cas d'une arme volontairement dissimulée.

La législation est, dans l'ensemble, d'un laxisme qui étonne les Européens. Il n'existe pas de permis de port d'armes fédéral. Certains États sont plus stricts, mais il est aisé de contourner leurs lois en allant dans l'État voisin.

Tentatives d'assassinat antérieures et postérieures aux États-Unis

Tout au long de l'histoire des États-Unis, plusieurs autres présidents ou candidats à la Maison-Blanche ont été la cible d'assassinats. Parmi les plus marquants, on peut citer:

  • Andrew Jackson (1835): Richard Lawrence a tenté de l'assassiner, mais ses deux pistolets se sont enrayés.
  • Theodore Roosevelt (1912): Alors candidat à la présidence, il a été blessé par balle, mais a continué son discours avant de recevoir des soins.
  • Franklin Delano Roosevelt (1933): Giuseppe Zangara a tiré sur lui, blessant mortellement le maire de Chicago, Anton Cermak.
  • Harry S. Truman (1950): Deux nationalistes portoricains ont tenté de pénétrer dans la Blair House, où il résidait.
  • John F. Kennedy (1963): Assassiné à Dallas, un événement qui a marqué l'histoire.
  • Gerald Ford (1975): Visé par deux tentatives d'assassinat à quelques semaines d'intervalle.
  • George H.W. Bush (1993): Un complot visant à l'assassiner avec une voiture piégée a été découvert au Koweït.
  • Barack Obama (2011): Oscar Ramiro Ortega-Hernandez a tiré plusieurs coups de feu sur la Maison Blanche.
  • Donald Trump (2024): A échappé de peu à une tentative d'assassinat lors d'un meeting en Pennsylvanie.

Au cours de son histoire, le pays de l’Oncle Sam a perdu quatre de ses dirigeants:

  • Abraham Lincoln (1865): Tué dans sa loge du Théâtre Ford à Washington.
  • James Garfield (1881): Assassiné dans la rue à Washington D.C.
  • William McKinley (1901): Tué par balle par un anarchiste.
  • John Fitzgerald Kennedy (1963): Attaqué par plusieurs coups de feu lors d'une visite pré-électorale à Dallas.

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