Tragédie à l'Université de l'Utah : L'Assassinat de Charlie Kirk

L'Amérique est en deuil après l'assassinat tragique de Charlie Kirk, figure emblématique de l'ultra-conservatisme américain, survenu mercredi sur le campus de l'université publique de la Vallée de l'Utah à Orem. Cet événement choquant a non seulement coûté la vie à un jeune homme de 31 ans, mais a également plongé le pays dans une profonde consternation et relancé le débat sur la violence politique.

Qui était Charlie Kirk ?

Né en 1993 dans une famille aisée de la banlieue chic de Chicago, Charlie Kirk était à la tête du principal mouvement de jeunes conservateurs aux États-Unis. À seulement 31 ans, il avait cofondé Turning Point USA en 2012, à l'âge de 18 ans. Ce mouvement visait à mobiliser les jeunes conservateurs et à les impliquer dans les campagnes de Donald Trump et du parti républicain. Ironiquement, il aurait voulu une carrière militaire, mais avait été refusé à l'académie de West Point.

Dès lors, avec une certaine morgue et beaucoup de mordant, il se consacre à l’activisme politique à plein temps. Auteur de livres politiques, il défendait sur tous les plateaux de télé américains des idées d’extrême droite, notamment contre l’avortement et l’immigration. Son podcast, The Charlie Kirk show, figurait parmi les plus écoutés sur Apple. En 2023, une étude pointait du doigt ses contenus véhiculant des informations erronées, sur le Covid, les vaccins ou le résultat de l’élection de 2020, au deuxième rang derrière Steve Bannon, le stratège de la première campagne de Trump.

Les Faits : Un Attentat Prémédité

Les faits rappellent la tentative d’assassinat de Donald Trump en juillet 2024 lors d’un meeting en plein air en Pennsylvanie. Mercredi, Kirk devait s'exprimer à la mi-journée sur le campus de l'université publique de la Vallée de l'Utah, à Orem, à une soixantaine de kilomètres au sud de Salt Lake City (ouest), dans le cadre de son « American comeback tour ». Le public était rassemblé à l’extérieur, lui était assis sous une tente blanche, vêtu d’un pantalon foncé et d’un tee-shirt blanc sur lequel est écrit « Freedom ». Il répondait aux questions de son public. « Il y avait beaucoup de monde. Il est arrivé, il lançait des casquettes (MAGA, « Make America Great Again », le credo des Trumpistes, NDLR), il chauffait la foule », a raconté à Fx News l’ancien parlementaire républicain Jason Chaffetz, présent sur place,. Le thème de la réunion - « Prove me wrong » (« Démontrez-moi que j’ai tort ») - appelle contester Kirk, au risque d’être ridiculisé devant ses partisans, ou de boire ses paroles.

Il est 12h20 (20h20, heure française) quand un homme interroge Kirk, pro-armes, sur l’ampleur des tueries de masse. Il est arrivé une heure et demain avant le début de la conférence et, lorsqu’il a décliné son nom et sa question aux organisateurs, a été conduit vers l’avant de la file. Il pose sa question à Charlie Kirk : « Savez-vous combien de tueries de masse ont eu lieu ces dernières années ? » « Beaucoup trop », répond la star du jour, suscitant des applaudissements. Une détonation retentit. Kozak croit d’abord à l’explosion d’un pétard. Avant de réaliser. « J’ai vu du sang jaillir », raconte-t-il au New York Times.

Lire aussi: Tout savoir sur les boules de pétanque

Selon les autorités locales, « le tir venait du campus, potentiellement d’un toit », et le tireur portait des vêtements sombres. L'université a précisé que le tir a été effectué « depuis un bâtiment situé à environ 180 m » de la tente sous laquelle il se trouvait. Touché au cou, Charlie Kirk s’effondre tandis que le public, pris de panique, se jette au sol ou prend la fuite. Le podcasteur est évacué en voiture vers l’hôpital régional Timpanogos. Blessé à la carotide, il ne survivra pas. Sa mort est annoncée en fin d’après-midi par le président des États-Unis lui-même. « Le grand et même légendaire Charlie Kirk est mort », écrit Donald Trump sur Truth Social. Il mentionne son épouse Erika, ancienne miss Arizona devenue podcasteuse elle aussi. Le couple avait deux jeunes enfants, nés en 2022 et 2024.

Enquête et Chasse à l'Homme

Une chasse à l’homme est lancée. Deux hommes ont été brièvement détenus puis relâchés. Dans un communiqué publié à 21 heures mercredi (5 heures du matin ce jeudi, heure de Paris), le FBI, conjointement chargé de l’enquête avec le département de la sécurité publique de l’Utah (DPS), assure avoir « initialement arrêté George Zinn comme suspect ». Il a été relâché, seulement accusé « d’entrave à la justice ». Un deuxième suspect, Zachariah Qureshi, a été placé en garde à vue puis relâché après avoir été interrogé par les forces de l’ordre. « À l’heure actuelle, aucun lien n’a été établi entre ces deux individus et la fusillade. L’enquête se poursuit et la traque du tireur est en cours », assure le FBI, qui l’a présenté comme « vêtu d’un jean, d’une veste noire et d’un masque noir ». Pourtant dans le même communiqué, le FBI assure que le laboratoire criminel du DPS « travaille sur plusieurs scènes de crime actives », le lieu où Kirk a été abattu, le toit, mais aussi « des endroits où le suspect et la victime se sont rendus ».

Un certain Michael Mallinson a été désigné par les réseaux sociaux comme le tireur, des milliers de publications l’ont désigné comme un démocrate inscrit dans l’Utah. Ce banquier retraité de 77 ans a été désigné par la vindicte numérique en raison d’une ressemblance physique avec l’un des hommes brièvement interpellés. Selon le New York Times, la rumeur est partie d’un compte sur X appelé Fox 11 Reno, sans lien avec le média, un faux compte apparemment destiné à générer du trafic et des revenus publicitaires en attirant des internautes sur un site web factice. La machine s’est emballée, au point que Grok, l’IA d’Elon Musk a répondu à certains utilisateurs que « le suspect, Michael Mallinson, a été appréhendé sur les lieux ».

Les Lieux du Crime

Six agents de police du comté étaient présents à la conférence en plus de la sécurité privée de Charlie Kirk, qui se trouvait au pied du Hall of flags de l’université, séparé du public par quelques mètres et des barrières. Près de 3 000 personnes, de tous les âges assistaient à l’évènement dans la cour centrale du campus, un extérieur en forme de diamant enchâssé au milieu de plusieurs bâtiments. Le tireur a fait feu depuis le Losee center, un grand bâtiment de trois étages situé en face, dont le toit terrasse semble facilement accessible. Le campus a été fermé jusqu’au 15 septembre au moins, et une assistance psychologique est proposée aux étudiants, aux enseignants et au personnel.

L'Implication du FBI et Hommages

Jeudi soir, le directeur du FBI Kash Patel s’est rendu à Orem, soucieux de superviser lui-même les investigations. 30 heures après les faits, les enquêteurs ont dévoilé plusieurs images d’un homme, vêtu d’un jean usé, d’un tee-shirt noir floqué d’un aigle et du drapeau américain, le visage masqué par une casquette et des lunettes de soleil. Ils ont aussi diffusé une vidéo sur laquelle on le voit courir sur le toit puis descendre avec agilité du Losee Center. Il traverse la rue et disparaît dans une zone boisée, où les enquêteurs ont découvert un fusil de chasse également utilisé par les tireurs d’élite.

Lire aussi: Neymar : Spécialiste des Penalties

CNN a aussi obtenu la vidéo d’une caméra placée sur une maison dans une rue résidentielle proche de l’université. Mal horodatée, elle a été capturée avant midi. Elle montre le même homme que sur les photos marcher calmement sur la chaussée en direction du campus. Il porte un sac à dos et, surtout, il boite. Les autorités ont appelé le public à transmettre toute information qui les aidera, et promis jusqu’à 100 000 dollars à toute personne qui leur permettra d’arrêter le suspect. Le gouverneur républicain de l’Utah, Spencer Cox, a affirmé lors d’une conférence de presse que les procureurs de l’État requerraient la peine de mort contre le tirer.

Jeudi après-midi, le vice-président JD Vance et son épouse se sont rendus à Salt Lake city, à 60 km d’Orem, pour apporter leur soutien à la famille de Kirk. Ils ont ensuite utilisé l’avion présidentiel Air Force Two pour accompagner Erika Kirk et la dépouille de son mari jusqu’à Phoenix, en Arizona.

Condamnations Unanimes

Peu après son premier message, annonçant la mort de Charlie Kirk, Donald Trump a publié une vidéo de 4 minutes, tournée dans le Bureau ovale, dans laquelle il qualifie le meurtre d’« assassinat odieux », visant un « patriote qui a consacré sa vie au débat public et au pays qu’il aimait tant ». « Jamais la jeunesse n’avait autant respecté quelqu’un. (…) Je suis rempli de chagrin et de colère », dit-il sans cacher son émotion.

« I love you brother » a d’abord réagi le fils aîné du président, Donald Trump Jr, devenu un ami proche de Charlie Kirk. Dans un long message sur X, il confie ensuite toute sa peine. « Charlie n’était pas seulement un ami, il était comme un petit frère pour moi, et pour des millions de personnes à travers le monde, il était une véritable source d’inspiration. (…) Sa foi en Dieu était inébranlable, son amour pour Erika était inspirant. (…) Charlie a consacré sa vie à quelque chose de plus grand que lui. (…) Il ne fait aucun doute que le travail et la voix de Charlie ont aidé mon père à remporter la présidence. Il a changé le cours de cette nation », salue-t-il.

De l’autre côté de l’échiquier politique, l’ancienne vice-présidente Kamala Harris a condamné les faits. « La violence politique n’a pas sa place en Amérique », a-t-elle dénoncé, à l’unisson d’autres figures démocrates et de la gauche : Joe Biden, Barack Obama, Bernie Sanders ou encore le gouverneur de Californie Gavin Newsom, qui a annulé un meeting virtuel par respect pour le défunt. Plus tôt cette année, Newsom avait été très critiqué pour avoir accueilli Kirk dans le premier épisode de son podcast. « Je connaissais Charlie et j’admirais sa passion et son engagement pour le débat », a rendu hommage le gouverneur dans un communiqué. « Son meurtre insensé nous rappelle combien il est important pour nous tous, tous bords politiques confondus, de favoriser un véritable débat sur des sujets qui nous touchent profondément, sans recourir à la violence politique.

Lire aussi: Tout savoir sur le Tireur d'Élite

Tentative d'assassinat de Donald Trump en juillet 2024

Un témoin interrogé par la BBC a assuré avoir vu l’homme armé et avoir tenté sans succès d’alerter la police et le Secret Service. Ce dernier n’était pas représenté lors d’une conférence de presse organisée samedi soir par le FBI et la police. Il a déclaré peu après l’incident avoir ouvert une enquête et informé le président Joe Biden. "Comment un tireur armé d’un fusil a-t-il pu se faufiler jusqu’à un toit aussi proche d’un candidat à la présidentielle ?", s’est interrogé le militant conservateur Jack Posobiec sur X. Ben Maser, un soudeur âgé de 41 ans assistant au meeting en dehors du périmètre de sécurité, a dit avoir remarqué que deux policiers cherchaient manifestement un individu. "J’ai vu le type sur le toit. J’ai au policier qu’il était là-haut. Cette tentative d’assassinat devrait aboutir à un réexamen en profondeur des mesures de sécurité autour de Donald Trump, qui devrait désormais bénéficier d’un niveau de protection similaire à celui d’un président en exercice, selon l’ancien agent du Secret Service Josep LaSorsa. "Il va y avoir un réalignement massif", a-t-il dit. Le Secret Service avait récemment dit avoir renforcé les moyens déployés pour assurer la protection de l’ancien président, qui doit être investi cette semaine comme candidat lors de la convention du Parti républicain. La police locale aide généralement le Secret Service à sécuriser le lieu de l’événement. Avant l’arrivée du candidat à bord d’un convoi de voitures blindées, les forces de l’ordre établissent un périmètre de sécurité à l’aide de barrières.

Thomas Crooks, l’homme qui a tenté d’éliminer Donald Trump le 13 juillet 2024 lors d’un meeting à Butler, en Pennsylvanie, n’aurait pas eu de motivation politique. En analysant l’activité Internet du suspect entre 2019 et le 13 juillet 2024, le FBI a conclu que Donald Trump n’était pas la seule cible envisagée. La ville de Butler se trouvant à 40 minutes du domicile de Thomas Crooks, comme le relève CNN , le suspect aurait finalement décidé de s’y rendre moins de huit jours avant le meeting. Le 6 juillet, le suspect s’est notamment intéressé au tueur présumé du président John F. Kennedy en 1963, en cherchant « à quelle distance était (Lee Harvey) Oswald de Kennedy », mais également « où s’exprimera Donald Trump au meeting de Butler » et des photos de la ferme de Butler. Le Bureau d’investigation fédéral des États-Unis note également que le suspect s’intéressait, dès 2019, à la fabrication de bombes artisanales. Il a notamment essayé d’apprendre comment « faire une bombe à partir d’engrais », ou « comment les détonateurs à distance fonctionnent ». Tout cela montre, bien que son mobile reste flou, qu’il cherchait plus « une opportunité pour réaliser une attaque spectaculaire qui attirerait une grande attention sur lui, en tuant un plus grand nombre de personnes ou une personnalité célèbre », écrit Glenn Thrush, reporter du New York Times spécialisé notamment dans la violence par armes à feu. « L’annonce du meeting de Donald Trump à Butler a attiré l’attention du suspect, et il s’est concentré sur cet événement spécifique et l’a considéré comme une cible d’opportunité », a ajouté l’agent du FBI devant les médias. Thomas Crooks n’aurait alors aucune « idéologie politique précise », mais plus « un mélange de gauche et de droite ». Le FBI a également publié les photos de l’arsenal détenu par le tireur présumé, dont le fusil a été clairement identifié comme la source des huit douilles trouvées sur le toit. Si Donald Trump a publiquement accusé l’administration Biden-Harris d’être derrière cette tentative d’assassinat, Kevin Rojek a affirmé que « jusqu’à présent, nous n’avons aucune preuve indiquant que le suspect ait travaillé avec qui que ce soit d’autre ».

L’objectif même de ce genre de point avec la presse, rare dans ce type d’enquête, est justifié, selon le directeur adjoint du FBI en charge de la réponse antiterrorisme Robert R. Le tireur présumé qui a ouvert le feu lors du meeting de Donald Trump dans le comté de Butler, en Pennsylvanie, a été identifié par les services de l’Etat quelques heures après la fusillade. Il s’agit de Thomas Matthew Crooks, un jeune homme de 20 ans, sorti du Lycée de Bethel Park en 2022, situé à une heure en voiture de la ville de Butler. S’il n’avait encore jamais voté à une élection, il était répertorié comme un Républicain sur les listes de vote de la région où figurait son nom, relaient plusieurs médias américains. Les registres de la commission des élections fédérales montrent qu’un électeur répondant au même nom et avec la même adresse, avait fait un don de 15 euros à un micro-parti affilié aux Démocrates en janvier 2021.

Thomas Crooks, armé d’un fusil semi-automatique selon plusieurs témoins qui affirment l’avoir aperçu avant les tirs, était monté sur un toit situé en dehors de la zone de sécurité du meeting. Il a été rapidement abattu par un sniper du « Secret Service » quelques secondes après avoir lui-même ouvert le feu en direction de Trump et de la foule. Le jeune homme n’avait pas de papiers d’identité sur lui, mais il a été identifié grâce à son ADN, a indiqué l’enquêteur du FBI chargé de faire la lumière sur les évènements.

tags: #tireur #de #trump #sur #le #toit

Articles populaires: