L'une des missions les plus complexes et exigeantes de l'armée de l'Air ne repose pas sur les seuls pilotes, mais aussi sur des tireurs d'élite spécialisés. Ces commandos, embarqués à bord d'hélicoptères, jouent un rôle crucial dans la sûreté de l'espace aérien français. Afin de maintenir les qualifications et l'efficacité opérationnelle du personnel, les entraînements sont fréquents.
Le Rôle Crucial du Tireur Embarqué
Assis en bordure de l'hélicoptère, les pieds dans le vide, le tireur embarqué a pour mission principale de contraindre à l'atterrissage, voire de détruire, tout aéronef qui s'aventurerait à survoler une zone interdite de l'espace aérien français. Ironiquement, le tireur embarqué de l'armée de l'Air a rarement l'occasion de faire usage de son fusil de précision à lunette. Le plus souvent, son rôle consiste à fournir une assistance aux aviateurs civils en situation de détresse.
L'Émergence des Mesures Actives de Sûreté Aérienne (MASA)
Les attentats du 11 septembre 2001 à New York ont marqué un tournant décisif en matière de sécurité aérienne. C'est dans ce contexte que les Mesures Actives de Sûreté Aérienne (MASA) ont été instaurées. Les escadrons 1/65 « Alpilles » et 3/67 « Parisis » sont des unités spécialement dédiées aux missions de police du ciel, d'assistance en vol, de dissuasion et de protection contre les menaces malveillantes, voire terroristes.
Entraînement Conjoint en Corse
Des tireurs embarqués spécialisés dans les MASA, provenant des bases aériennes de Cazaux, Orange, Villacoublay, Saint-Dizier, et du commando parachutiste de l'air (CPA) n° 20, se sont réunis en Corse pour un entraînement conjoint. Selon l'armée, « Cette campagne de tir est une étape essentielle de la préparation aussi bien pour les pilotes que pour les tireurs. Elle nous permet par ailleurs de poursuivre le développement de nouveaux équipements comme le système STRIKE, une véritable innovation. Ainsi, la BA de Solenzara a accueilli près de 75 Aviateurs venus de toute la France. Le cadre géographique de l'île offre des conditions d’entraînement variées et représentatives de différents environnements opérationnels, ce qui permet une préparation optimale des équipages. C’est le « principal exercice d’hélicoptères de l’année » au sein de l’armée de l’Air.
La Rotary Wing Mission Commander Course : Former les Chefs de Mission
La base aérienne 120 de Cazaux (Gironde) a accueilli l'édition 2024 de la Rotary Wing Mission Commander Course, décrite comme « la plus haute épreuve de qualification pour les pilotes d’hélicoptères. » Son objectif principal est de former de nouveaux « chefs de mission, ou Mission Commander », comme l'explique le lieutenant-colonel Anthony, directeur de l’exercice.
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Exercice de Sauvetage au Combat : Simulation en Zone Ennemie
Un exercice récent impliquait la récupération de trois personnes blessées en zone ennemie, contrôlée par un groupe armé hostile. Un hélicoptère Puma de l’armée de l’Air, avec un équipage de l’escadron 1/44 de Solenzara (Corse) et un autre du CPA 30 (Commando parachutistes de l’air) d’Orléans, ont participé à cette simulation. Le Mission Commander devait établir un plan d’intervention et coordonner en direct l’assaut, auquel participaient six hélicoptères (deux Fennec, un Puma, un Caracal, un Dauphin militarisé de la marine et un NH 90 Caïman) et deux avions (un A 400M et un Casa).
Chaque appareil évoluait à des hauteurs prédéfinies à l’avance, pour éviter tout accident. « Notre rôle est de déposer les commandos, soit à la corde lisse, soit au sol, pendant que les autres hélicoptères - certains avec des tireurs embarqués, d’autres avec des caméras - assurent notre protection et le renseignement », explique l’adjudant Nicolas, de l'escadron de Solenzara.
Trente secondes avant l’intervention, il a été décidé de se poser au sol pour larguer les soldats. « Quand c’est possible, on préfère car c’est plus rapide » poursuit l’adjudant Nicolas. Leur mission était de trouver les trois cibles, s’assurer de leur identité et les ramener à l’hélicoptère. Pendant ce temps, celui-ci avait moins de trente minutes pour aller refaire le plein à l’aérodrome de Cahors (Lot).
Gestes de Premiers Secours en Vol
Après avoir récupéré les blessés fictifs, les commandos s'exerçaient aux gestes de premier secours et à perfuser, alors que l’hélico qui vibrait de toutes parts enchaînait les virages serrés. L'hélicoptère s'est posé à nouveau à Cahors, où a été organisé le transfert des blessés et des soldats dans l'avion médicalisé qui les attendait. Outre la qualification du Mission Commander, l’exercice permet ainsi à l’ensemble du personnel de s’entraîner et de répéter des gestes qu’il pourrait être amené à effectuer en mission.
Missions de Recherche et Sauvetage au Combat
Ces missions de recherche et de sauvetage au combat font partie des interventions des unités d’hélicoptère, notamment de l’escadron 1/67 Pyrénées des Forces spéciales, basé à Cazaux. « C’est une des missions les plus complexes, puisque l’objectif est de récupérer un équipage en milieu hostile, et cela peut rassembler jusqu’à une centaine d’appareils avec des hélicoptères, des avions ravitailleurs, des avions de chasse, des drones », assure le lieutenant-colonel Anthony.
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Diversité des Scénarios d'Entraînement
Les scénarios joués durant la RW MC Course peuvent être très différents, dans l’objectif de coller au plus près des missions affectées au quotidien aux hélicoptères de l’armée de l’Air. « Nous effectuons de l’évacuation de ressortissants, de la lutte anti-drones, de la capture de personnels » énumère le directeur de l’exercice.
Déploiement Mondial des Hélicoptères de l'Armée de l'Air
Au quotidien, « les hélicoptères de l’armée de l’Air peuvent être déployés aux quatre coins de la terre, de la Guyane à la Nouvelle-Calédonie, où ils sont amenés à effectuer des missions anti-orpaillage ou de récupération de pilotes.
Exercices Militaires en Zone Urbaine : L'Exemple d'Ardennes 2025
Dans la matinée du 10 septembre, des hélicoptères militaires ont survolé Charleville-Mézières (Ardennes) dans le cadre d'exercices militaires intitulés Ardennes 2025, qui se sont déroulés du 8 au 11 septembre dans plusieurs villes du département. Ces exercices ont associé mouvements de troupes, tirs et déplacements de véhicules. Les appareils appartenaient au troisième régiment d'hélicoptères de combat (3e RHC) basé à Étain-Rouvres (Meuse), relevant de "l'aviation légère de l'armée de terre".
Au cours de ces exercices, le 3e RHC est intervenu en soutien du troisième régiment du génie (3e RG) de l'Armée de terre, basé à Charleville-Mézières. Parmi les aéronefs aperçus figuraient une Gazelle (hélicoptère de reconnaissance et d'attaque) et un Caïman (hélicoptère de manœuvre et d'assaut). À bord du Caïman se trouvait le 152e régiment d'infanterie de l'Armée de terre.
L'objectif de ces exercices en secteur civil était de mettre en œuvre des savoir-faire techniques et tactiques en zone urbaine, en haute intensité. Les hélicoptères avaient pour but l'appui des troupes au sol.
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Opération Barkhane : Appui Aérien aux Troupes au Sol
Ce reportage présente les actions des unités aéroterrestres du 12e mandat de l'opération Barkhane, et particulièrement l'engagement des groupes tactiques désert (GTD) Acier et Walsh, appuyés par le groupement tactique désert aéromobile (GTD-A) Hombori, et leurs sous-groupements respectifs. Les militaires du 16e bataillon de chasseurs à pied (16e BCP) et du 92e régiment d'infanterie (92e RI), appuyés par les hélicoptères du 5e régiment d'hélicoptères de combat (5e RHC) opèrent dans une zone qui s'étend principalement dans le secteur du Gourma malien et procèdent à des ratissages d’oued, de forêts et de villages, au contrôle d'identité et à l’interception de suspects.
L'opération Barkhane repose sur une logique de partenariat avec les principaux pays de la bande sahélo-saharienne (BSS). Elle vise en priorité à favoriser l'appropriation par les pays partenaires du G5 Sahel (qui regroupe le Burkina-Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad) de la lutte contre les groupes armés terroristes (GAT), sur l'ensemble de la BSS.
Entraînements Spécifiques à Bord du Porte-Hélicoptères Amphibie Dixmude
À bord du porte-hélicoptères amphibie Dixmude pour la mission Jeanne d’Arc jusque mi-juillet, le groupement tactique embarqué (GTE) profite des installations interarmées pour des entraînements spécifiques. Le 17 juin à bord du Dixmude, le groupement tactique embarqué constitué par la 6e brigade légère blindée (6e BLB) a organisé une activité rare sur un porte-hélicoptères amphibie : une séance de tir aux mitrailleuses de calibre de 12,7 mm et 7.62 mm (Minigun et MAG 58) depuis 2 véhicules blindés légers positionnés sur le pont d’envol. Les officiers-élèves de spécialité missiliers-artilleurs ont bénéficié du matériel des soldats comme de leur expérience. La mission Jeanne d’Arc, déploiement annuel opérationnel de longue durée, marque la fin du cursus de formation des officiers-élèves de l’École navale.
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