Attentat contre le Pape Jean-Paul II : Détails et Mystères

Le 13 mai 1981, la place Saint-Pierre au Vatican fut le théâtre d'un événement qui marqua l'histoire de la papauté et du XXe siècle : l'attentat contre le pape Jean-Paul II. Ce jour-là, le souverain pontife fut grièvement blessé par balles, un acte qui suscita une onde de choc à travers le monde. Si l'identité de l'auteur matériel, Mehmet Ali Agca, un extrémiste turc, fut rapidement établie, les motivations et les commanditaires de cet attentat demeurent, près de quatre décennies plus tard, un sujet de spéculation et de controverses.

Le déroulement de l'attentat

Le 13 mai 1981, il est 17h25. Jean-Paul II, comme à son habitude, se présentait à la foule sur la place Saint-Pierre. Le pape s’offrait un traditionnel bain de foule lorsqu'une salve de coups de feu retentit. Trois balles atteignent le pape, qui s'affaisse, perdant beaucoup de sang. Le tireur, Mehmet Ali Agca, n'avait pas cherché à dissimuler son geste.

Dans la cohue qui suivit, Agca fut maîtrisé par une religieuse avant d’être interpellé par les forces de police. Deux touristes américaines furent également blessées par les tirs.

Mehmet Ali Agca : L'homme derrière le pistolet

Immédiatement après l'attentat, l'identité et les motivations d'Agca furent au centre de l'attention. On a d’abord cru que l’homme était Chilien, puis Palestinien. Finalement identifié comme Mehmet Ali Agca, un jeune Turc né en 1958 dans un bidonville de Malatya, en Anatolie, il était membre de l'organisation islamiste et nationaliste turque des « Loups gris ».

Agca avait déjà un sinistre palmarès. En 1979, il avait neutralisé le directeur du journal Milliyet, jugé trop libéral à son goût. Il avait été condamné à mort par défaut après s’être évadé de prison. Son but déclaré était la prise du pouvoir par l’armée.

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D'origine modeste, Agca avait été nourri des lectures du Coran, contre les « hérétiques », avec cette envie de s’illustrer dans quelque noble cause. Après son évasion, son périple l’avait conduit en Allemagne, à Barcelone, puis à Paris, avant d’entrer en Italie dans le but de tuer le souverain pontife. Il disposait toujours d’argent, de faux papiers remarquablement faits et de l’arme adéquate. Sa devise : « la meilleure façon de faire de la politique, c’est de tuer ».

Les théories et les mystères persistants

Si l'arrestation d'Agca permit d'identifier l'auteur matériel de l'attentat, elle ne résolut pas les nombreuses questions entourant cet événement. L'enquête et les années qui suivirent furent marquées par des théories complexes et des zones d'ombre persistantes.

La piste des Loups gris et des commanditaires inconnus

Agca était membre des Loups gris, une organisation islamiste orientée contre la subversion communiste. L'enquête s'est penchée sur les liens de cette organisation avec la mafia italienne et la loge maçonnique P2.

L'une des questions centrales restait l'identité du ou des commanditaires qui avaient intérêt à faire disparaître le pape polonais. La complexité de l'affaire réside dans le fait qu'Agca n'a cessé de faire des déclarations contradictoires quant à sa connivence avec d'éminents politiciens, les services secrets turcs ou encore sa collaboration avec les mafias.

L'implication des services secrets

Il était séduisant, au départ, de penser que l'ordre venait de Moscou. L'URSS avait tout à craindre de cet énergique pape venu de l'Est qui risquait d'attiser l'anticommunisme. La question des rôles tenus par les grands services secrets demeure un point d'interrogation majeur.

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Les services français de contre-espionnage avaient des soupçons et avaient informé un ecclésiastique français. Mais ce message n’a jamais été transmis au pape. En effet, deux hauts collaborateurs du service de contre-espionnage français avaient alerté Mgr Calmels de la possibilité d’une tentative d’assassinat lors du voyage du pape en Pologne en 1979, puis d’un complot ourdi par le KGB en 1981. Ces informations n’ont jamais été transmises à Jean-Paul II, notamment en raison de changements politiques en France avec l’élection de François Mitterrand et la nomination de ministres communistes.

Une vengeance pour l’attaque contre La Grande Mosquée de La Mecque ?

Une autre théorie suggère que la tentative de meurtre serait une vengeance pour l’attaque contre La Grande Mosquée de La Mecque.

Le pardon et la rencontre en prison

Malgré la gravité de l'attentat, Jean-Paul II fit preuve d'un esprit de pardon remarquable. Plus de deux années après l'attentat, le 27 décembre 1983, il rencontra Agca en sa prison pour, espérait-il, « un grand moment de pardon ». Rien ne filtra de leur entretien.

Jean-Paul II après l'attentat

L’état de santé de Jean-Paul II s’est amélioré lentement, malgré un risque de péritonite ou d’infection générale.

Le pape Jean-Paul II, fraîchement élu, a reçu le Président Valéry Giscard-d’Estaing, le 26 octobre 1978.

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