L'Histoire des Tirs au But et les Figures Historiques du Benfica

Le Benfica Lisbonne, club emblématique du football portugais, possède une riche histoire jalonnée de joueurs talentueux. Parmi eux, certains se sont distingués dans l'art délicat et crucial des tirs au but. Cet article explore l'histoire des tirs au but et met en lumière les figures marquantes du Benfica qui ont excellé dans cet exercice de haute pression.

L'Origine de la Révolution des Tirs au But

Pour comprendre l'importance des tireurs de penalty au Benfica, il est essentiel de revenir aux origines de cette pratique. Les tirs au but ont vu le jour le 5 août 1970 lors de la Watney Cup, un tournoi de pré-saison éphémère en Angleterre. Lassés de devoir rejouer les matchs ou de tirer au sort le vainqueur en cas d'égalité, les organisateurs ont introduit cette nouvelle méthode de départage. Lors de la demi-finale entre Hull City et Manchester United, George Best est devenu le premier joueur à marquer un tir au but, tandis que Denis Law a été le premier à le rater.

Les Attaquants Marquants du Benfica

Vítor Silva : Le Pionnier

Avant les Eusébio, José Águas, Nené ou autres Nuno Gomes, il y avait Vítor Silva. Arrivé au Benfica Lisbonne en 1927 à l’âge de dix-huit ans, Vítor Silva est le premier grand attaquant du SLB. En neuf saisons, l’international portugais aura planté 203 pions en 236 rencontres. En 1936, il permettra au club de remporter la deuxième édition du championnat portugais, ainsi que trois Coupe du Portugal dont celle de 1931 face au FC Porto qu’il marquera de son empreinte avec un doublé lors de la victoire du Benfica Lisbonne 3 à 0.

Espírito Santo : Le Jeune Prodige

Afin de compenser le départ de Vitor Silva sur le front de l’attaque en 1936, Benfica fait confiance à un petit jeune de seize ans qui répond au doux nom de Espírito Santo. Très vite l’international portugais enchaîne les buts, comme en championnat de Lisbonne face à Casa Pia où il plantera pas moins de neuf pions. Au total, Espírito Santo brise à 199 reprises les filets adverses en quatorze saisons. Parallèlement à sa carrière de footballeur, Espírito Santo affole aussi les compteurs en athlétisme où il explose les records du Portugal de saut en longueur, triple saut, et saut en hauteur, qu’il détiendra pendant 20 ans.

Valdo : Le Brésilien Magique

Lors de l’été 1988, le Benfica Lisbonne décide de recruter au Brésil avec Ricardo et Valdo. Le milieu de terrain régale dans l’entrejeu. Passeur, buteur, gratteur de ballons, le Brésilien sait tout faire et permet notamment aux Águias de conquérir le championnat portugais en 1989 avant d’atteindre la finale de C1 l’année suivante. Attaché au club portugais, le Brésilien et son pied magique reviennent quatre ans plus tard pour deux saisons, moins prolifiques, avant de s’envoler tenter sa chance au Japon.

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Óscar Cardozo : Le Paraguayen Nonchalant

Óscar Cardozo étonne par sa nonchalance et cette course peu académique qui obligent les supporters à se questionner sur ces neuf millions d’euros déboursées par Benfica pour l’arracher du Newell’s Old Boys. Cinq saisons - sur sept disputées - à plus de vingts buts, dont une à 38 en 2009-2010. Et surtout des pions importants comme ce triplé face au Sporting Portugal en 2012 ou ce doublé en demi-finale retour de Ligue Europa face au Fenerbahçe en 2013, avant d’égaliser en finale face à Chelsea sur penalty quelques semaines plus tard (1-2). Habitués aux penaltys en force dans la lucarne, Cardozo tente alors d’adoucir son geste en finale de Ligue Europa 2014. Malheureusement, le portier portugais de Séville, Beto, stoppe sa tentative et inflige une seconde défaite consécutive en finale de C3 au SLB. Un coup dur pour Cardozo qui quittera Lisbonne, après plusieurs faux départs, un an plus tard avec deux petits championnats dans la besace.

Jonas : Le Brésilien Expérimenté

Lorsque Jonas débarque à Benfica en 2014 en provenance de Valence, où il n’a jamais mis plus de treize buts en Liga, les supporters des Águias se demandaient bien pourquoi avoir laissé partir Rodrigo chez les Ches pour récupérer ce trentenaire brésilien. Meilleur joueur du championnat portugais pour sa première saison, Jonas soulève à nouveau le trophée la saison suivante lors de laquelle il termine aussi meilleur buteur du championnat avec trente-deux pions. Expérimenté, le Brésilien est aussi le patron, avec Luisão, du jeune vestiaire benfiquista qui marche sur le Portugal depuis quatre ans.

Joueurs Clés et Moments Décisifs

Vata et la Main de Dieu

Le 18 avril 1990, lors de la demi-finale retour de C1 face à l’Olympique de Marseille, Benfica Lisbonne est dans l’obligation de gagner au Estádio da Luz après la défaite 2-1 au stade Vélodrome. Voyant ses hommes incapables de trouer les filets de Jean Castaneda, Sven-Göran Eriksson fait alors entrer son joker de luxe, le meilleur buteur du championnat portugais de la saison 1988-1989, Vata. Trente minutes plus tard, l’international angolais délivre le public portugais en reprenant de la main une déviation de la tête de Mats Magnusson. Malgré les protestations des olympiens, l’arbitre belge, Marcel Van Langenhove, valide le but et la qualification du Benfica pour la finale de C1. Ironiquement, ce but signe le début de la fin pour Vata au Benfica Lisbonne qu’il quittera un an plus tard. Et la main dans tout ça ? « C’était il y a 25 ans déjà. Ce qui est sûr c’est que je ne marque pas de la main. Si j’avais mis la main, le le ballon aurait ralenti et ne serait pas entré avec autant de force » , bluffe-t-il à Renascença.

Mantorras : L'Espoir Brisé

Le 11 août 2001, Mantorras dispute son premier match officiel avec Benfica. Malgré une prestation moyenne, l’ancienne vedette du club, Simões, prend sa défense avec cette phrase devenue célèbre : « Deixem jogar o Mantorras » (Laissez jouer Mantorras). Malheureusement, après une première saison prometteuse, Mantorras se blessera au genou en décembre 2002, mettant un frein à sa carrière. Des années plus tard, Simões expliquera son point de vue : « À cette époque, tout le voyait Mantorras comme un futur crack. Il y avait chez lui un peu de Eusébio, de Pelé et de Van Basten. S’il n’avait pas eu cette malheureuse blessure, il serait devenu un des meilleurs joueurs du monde. »

Miklós Fehér : L'Hommage Éternel

En juin 2005, l’ensemble des joueurs et des dirigeants se rendront en Hongrie pour offrir la médaille de champion du Portugal aux parents du jeune défunt Miklós Fehér. Les supporters du Benfica, eux, continuent toujours de rendre hommage à Miklos Fehér à travers des banderoles exhibées dans les travées du Estádio da Luz à chaque match du Benfica. Lorsqu’il débarque de Porto en 2002, Miklós Fehér espère s’offrir un chapitre dans le grand livre d’histoire du SLB. Remplaçant de Nuno Gomes, l’attaquant hongrois est surtout utilisé comme joker par Camacho. C’était une nouvelle fois le cas en ce 25 janvier 2004. Sur la pelouse du Vitoria Guimarães, Miklós Fehér entre en jeu pour offrir l’ouverture du score à Fernando Aguiar sur une frappe manquée. Derrière, le Magyar fait un geste d’anti-jeu, prend un carton jaune, sourit à l’arbitre puis s’écroule au sol. Sur la pelouse, c’est le chaos total. Les Benfiquistas, à l’image de Tiago et de Simão, sont inconsolables. Miklos Fehér est, lui, transporté à l’hôpital où il sera déclaré mort. Touché par ce destin tragique, le Benfica Lisbonne retire le numéro 29 du hongrois dans la foulée avant d’ériger une statue au Estádio da Luz.

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Les Défenseurs Influents

Raúl Machado : Le Leader Serein

Lorsqu’il débarque au Benfica Lisbonne en 1962, Raúl Machado profite de la blessure de Germano pour devenir déjà le patron de la défense à trois. Leader dans l’âme, cette position n’effraie pas ce maître de l’anticipation qui détonne par sa sérénité et sa vision de jeu incroyable. Malheureusement pour lui, il débarque à Lisbonne après la finale victorieuse de C1 face au Real Madrid et la malédiction jetée par Béla Guttmann. Résultat, Raúl s’incline dès son arrivée en Coupe Intercontinentale contre le Santos de Pelé, puis perdra trois finales de C1 avant son départ du club en 1969. Raúl peut toujours défendre son bilan en présentant ses six Primeira Liga en sept saisons.

David Luiz : Le Brésilien Puissant

Lorsqu’il débarque à Lisbonne depuis l’EC Vitória à tout juste dix-neuf ans, David Luiz n’est pas encore ce roc défensif qu’il est aujourd’hui. Cheveux courts, le Brésilien peine à s’imposer au Benfica Lisbonne. La faute aux blessures à répétition qui s’abattent sur lui. Finalement, c’est dans le couloir gauche de la défense que David Luiz fera ses premiers pas pour palier l’absence de Jorge Ribeiro. À peine arrivée sur le banc du Benfica Lisbonne en 2009, Jorge Jésus décide de replacer le Brésilien aux cheveux désormais plus longs en défense central au-côté de son compatriote, Luisão. Bingo. C’est bien simple, lors de cette saison 2009-2010, David Luiz a tout simplement été monstrueux, au point d’être élu meilleur joueur du championnat portugais suite au sacre du SLB. Toujours aussi puissant et impassable, le Brésilien quittera Lisbonne pour Londres et Chelsea en janvier 2011 contre 25 millions d’euros + Nemanja Matić. Le serbe fera le chemin inverse trois ans plus tard contre la même somme.

Mário João : Le Travailleur Acharné

Avant de débarquer au Benfica Lisbonne en 1957, Mário João évoluait au CUF Barreiro où il avait la particularité d’être à la fois joueur et salarié à l’usine du club. C’est donc après avoir demandé un congé à son employeur que Mário João rejoint la capitale portugaise. Transformé en latéral par Béla Gutmann, l’international portugais dépannera à droite comme à gauche. Dur sur l’homme, Mário João ne fera aucun complexe lors de la finale de C1 remportée face au Barça en 1961 (3-2) malgré ses cinq petits matchs dans les jambes depuis le début de saison. Devenu par la suite titulaire indiscutable, le latéral portugais remporte une seconde C1 l’année suivante avant de retourner au CUF où son employeur a mis fin à son congé. Un retour dans le monde du travail que ne regrette pas le principal intéressé : « J’aurais pu rester au Benfica Lisbonne mais le salaire n’était pas vraiment différent. Mais, …

Milieux de Terrain Stratégiques

Jonas Thern : Le Suédois Élégant

Au début des années 1990, le Benfica Lisbonne avait un fort accent suédois avec l’attaquant Mats Magnusson, le latéral Stefan Schwarz, Jonas Thern et le coach Sven-Göran Eriksson qui effectue son deuxième passage sur le banc du SLB. C’est d’ailleurs le futur sélectionneur de l’Angleterre qui ramènera dans la capitale portugaise le milieu de terrain défensif Jonas Thern en 1989, tout juste auréolé du ballon d’or suédois. Dans son poste de sentinelle, l’international suédois régale le public du Estadio da Luz, conscient d’avoir dans son rang un des meilleurs numéro 6 d’Europe. Finaliste de la C1 pour sa première saison, Jonas Thern remportera la Primeira Liga l’année suivante avant de quitter Lisbonne en 1992 en même temps que ses compatriotes Magnusson et Eriksson.

Diamantino Miranda : Le Revenant Talentueux

Formé au Vitória de Setúbal, Diamantino Miranda débarque au Benfica Lisbonne en 1977. Trop jeune, le milieu portugais n’arrive pas à trouver sa place chez les Aguais et part pour Boavista afin de gratter du temps de jeu. Désormais âgé de 23 ans, Diamantino revient dans la capitale et s’impose enfin au SLB. Capable de jouer sur un côté ou en pointe, l’international portugais débutera sa seconde vie en rouge de manière joyeuse avec un titre de champion du Portugal, avant de perdre le sourire avec cette défaite en finale de C3 face à Anderlecht. La suite sera du même acabit. Trois autres championnats remportés et deux finales de C1 perdues en 1988 et 1990. Les supporters pourront regretter l’absence sur blessure de l’international portugais face au PSV Eindhoven. Bien que le talent offensif de Diamantino Miranda n’aurait sûrement pas suffit face à la puissance de la malédiction Guttmann.

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Petit : L'Indispensable Guerrier

Petit c’est ce milieu de terrain pas très grand, pas très technique, pas très puissant, dont les amoureux du ballon rond se demandent comment peut-il être titulaire dans l’entrejeu du Benfica et du Portugal. Finalement, c’est Petit lui-même qui répondait le mieux à ses détracteurs, sur le terrain. Jamais blessé, toujours prêt à aller au combat pour gratter des ballons, l’international portugais était tout simplement indispensable au SLB où il est arrivé en 2002 en provenance de Boavista. Durant six saisons, Petit laissera son âme sur la pelouse du Estadio da Luz et ramènera, avec ses compères, en 2005 la Primeira Liga attendue depuis onze ans par les Benfiquistas.

L'Art du Penalty : Héroïsme et Désespoir

Les tirs au but sont un moment de tension extrême, où les joueurs doivent faire preuve de sang-froid et de précision. L'histoire du football est parsemée d'anecdotes sur des tireurs de penalty héroïques et d'autres qui ont sombré dans le désespoir.

L'anecdote de Peter Devine

Peter Devine n’était pas voué à marquer l’histoire de son sport. Et pourtant… Modeste joueur de deuxième division dans les années 1980, l’ailier anglais a traîné ses guêtres de Bristol City à Burnley, en faisant un crochet par Blackburn, sa ville natale. Passé la trentaine, il termine sa carrière à Lancaster City. Où son nom reste associé à ce qui ressemble au penalty le plus ridicule jamais tiré. Lors d’une rencontre face à Whitley Bay, Devine s’élance, se prend les pieds dans le champ de patates qui fait office de terrain, et laboure le sol telle une moissonneuse-batteuse. Le ballon n’atteindra jamais la ligne. Poor Peter repart la tête basse en boitant bas.

Lev Yachine et Eusébio : Un Duel de Légendes

« Il n’y a qu’une chose plus belle encore que de voir Youri Gagarine voler dans l’espace : c’est d’arrêter un penalty. » Lev Yachine avait le sens de la formule. Durant sa carrière, la muraille soviétique aurait arrêté plus de 150 penaltys. Aucun gardien n’a réussi pareil exploit. Au Mondial 1966, le portier fait face à un autre Ballon d’or dans son exercice favori : Eusébio. L’Araignée noire vs la Panthère noire, un duel devant les 88 000 spectateurs de Wembley. Ce jour-là, Eusébio trouve la lucarne, Yachine est battu, pour une fois. La photo du but devient mythique. La scène qui suit aussi : Eusébio donne une franche accolade à Yachine.

Italie vs Allemagne : Une Séance Épique

Ce 2 juillet, l’Italie, si critiquée juste avant le début de l’Euro, a l’occasion d’accomplir un second exploit en quelques jours. Après avoir éliminé le tenant du titre, l’Espagne, l’Italie a l’opportunité de faire tomber le champion du monde, l’Allemagne. Les Italiens ont répondu sur un penalty de Leonardo Bonucci à l’ouverture du score de Mesut Özil, et doivent désormais passer par la séance de tirs au but pour aller chercher la victoire. Manuel Neuer contre Gianluigi Buffon. Deux monstres. Bastian Schweinsteiger décide, après avoir remporté les deux toss, de jouer devant les supporters italiens et de laisser les hommes d’Antonio Conte tirer en premier. Histoire de se rajouter de la pression. La séance s’éternise et les deux équipes doivent présenter neuf tireurs chacun pour que la décision se fasse enfin. Thomas Müller, Mesut Özil et Bastian Schweinsteiger échouent du côté de l’Allemagne. Simone Zaza, Graziano Pellé, Leonardo Bonucci, et Matteo Darmian du côté de l’Italie. Même si c’est le défenseur de Manchester United qui loupe la dernière tentative, l’échec des Azzurri aux penaltys est symbolisé par le premier tireur malheureux. Simone Zaza devient la risée des réseaux sociaux. Ses petits pas, ses petits sauts ridicules pendant des secondes interminables avant de tirer, sont détournés dans tous les sens. La mine au-dessus qui suit également.

Zidane vs Beckham : Un Duel de Stars

Qui est le plus galactique ? Drôle de bataille de coqs, mais bataille quand même que celle organisée par l’UEFA à Lisbonne, le 13 juin 2004, entre David Robert Joseph Beckham et Zinédine Yazid Zidane. Un jour où le petit prodige de Marseille renversa un scénario dingue, diffusé dans les premiers jours de l’Euro portugais, entre la France et l’Angleterre (2-1) : car les Three Lions étaient probablement supérieurs ce jour-là, qu’ils étaient devant depuis l’ouverture du score de Lampard avant la pause, que les Bleus n’avançaient pas, que Beckham marchait sur scène comme Johnny au Parc, qu’il aura même une balle de 2-0 avant de voir Barthez s’étaler, le même Barthez qui sortira du nez une frappe de Darius Vassell, oui, Darius Vassell. La suite est connue : Zidane vomit, Zidane marque sur coup franc, Zidane donne la victoire aux siens sur penalty, tout ça en trois minutes, et dans les arrêts de jeu.

Van Gaal et Tim Krul : Un Coup de Poker Réussi

Combien sont persuadés que Raymond Domenech aurait dû faire entrer Mickaël Landreau à la place de Fabien Barthez en finale du Mondial 2006 pour la séance de tirs au but ? Beaucoup. Et depuis le 5 juillet 2014, ils en sont encore plus convaincus. Ce jour-là, Louis van Gaal choisit d’effectuer un coup de poker similaire. On joue la 120e minute d’un quart de finale de Coupe du monde au Brésil, il y a toujours 0-0, et le sélectionneur néerlandais a bien compris que ses hommes ne parviendront pas à percer le mur costaricien. Il décide alors de miser sur une victoire aux tirs au but. Il sort son gardien Jasper Cillessen pour faire entrer sa doublure Tim Krul, qui n’a évidemment pas joué du tournoi. Immense pari gagnant. Pendant que Van Persie, Robben, Sneijder et Kuyt ne tremblent à aucun moment et expédient tous les ballons au fond des filets, le gardien de Newcastle cherche à intimider ses adversaires. Il plonge à chaque fois du bon côté, et détourne deux tentatives. Les Pays-Bas sont qualifiés pour la demi-finale.

Andrea Pirlo et la Panenka Audacieuse

Un geste comme un concentré brut du joueur qu’était Andrea Pirlo : exécution parfaite, prise de distance face à l’événement, intelligence de faire ce geste précis - une panenka - à ce moment précis, soit un quart de finale d’Euro face à l’Angleterre, pour bousculer l’ordre psychologique d’une séance de tirs au but. Défiance visuelle, implosion émotionnelle de l’adversaire, ici Joe Hart. Tout ça est parfait, tout ça est Pirlo, tout ça est génial. Au moment où le milieu italien s’est avancé vers le point blanc, l’Italie était menée 2-1 sur la séance. Puis : « J’ai vu le gardien qui était un peu chaud et j’ai pensé qu’il fallait tirer comme ça, c’était plus simple. Du coup, cela lui a mis une pression pour la suite. » La suite ? Young s’avance, rate. Nocerino marque. Aschley Cole s’élance, Buffon bloque.

Rogério Ceni et la Panenka du Gardien-Buteur

Vingt-cinq ans, 1238 matchs et 132 buts. Voilà ce que Rogério Ceni, gardien de but, a donné au club de São Paulo. Le meilleur gardien-buteur de l’histoire en a rentré un paquet, des coups de pied arrêtés, que ce soit des coups francs ou des penaltys. À tel point qu’ils sont entrés dans la légende, qu’ils sont devenus, pendant plus de deux décennies, les véritables souvenirs des supporters de Santos, presque plus que les titres. Le 6 mai 2013, le São Paulo de Rogério Ceni est éliminé en demi-finale du championnat de l’État par les Corinthians d’Alexandre Pato, qui rejoignent ainsi le Santos de Neymar en finale. Il a fallu attendre les tirs au but pour que la décision soit faite. Et pourtant, personne ne retient l’élimination de São Paulo, tout le monde préfère se souvenir de la manière dont Rogério Ceni, 40 piges, a ouvert la séance de tirs au but. Un regard, une prise d’élan, et une petite panenka revisitée du plat du pied. C’est au fond, c’est tout doux. Et puis Rogério le buteur redevient Ceni le gardien, et aide son confrère à se relever.

Pierre Womé et le Poteau Fatal

Il a disparu de l’écran pour prendre sa course d’élan. Au bout du pied, Pierre Womé voit le destin de son pays. S’il marque face à l’Égypte, le Cameroun ira au Mondial 2006, sinon la Côte d’Ivoire montera dans l’avion. Le défenseur prend le gardien à contre-pied… Poteau ! 1-1, rideau. Au Cameroun, Pierre Womé devient vite le responsable de l’échec des Lions indomptables. « J’allais me saisir du ballon quand Womé m’a appelé et m’a dit qu’il se sentait très confiant dans le fait qu’il allait marquer » , assure Samuel Eto’o à la presse espagnole. « Personne ne voulait tirer ce penalty, rétorque Womé. Personne. Ni Eto’o, ni notre capitaine (Rigobert Song), parce qu’ils savaient ce qui pouvait arriver s’ils le rataient.

Pelé et le 1000e But sur Penalty

Le 19 novembre 1969, les astronautes Charles Conrad et Alan Bean ont posé le pied sur la Lune. Personne n’a vu les images : un orage terrible, qui s’est abattu sur les États-Unis, a coupé les retransmissions internationales. Ce jour devait appartenir à Pelé. 80 000 personnes se massent au Maracanã de Rio devant le match Vasco de Gama - Santos. Un mois, auparavant, la presse brésilienne a lancé le décompte : 996, 997, 998, 999… le Roi allait bientôt marquer - officieusement - son 1 000e but en carrière. Et le moment est enfin arrivé. Crocheté dans la surface par un défenseur de Vasco, Pelé va s’élancer sur penalty. Tous ses coéquipiers se retrouvent derrière la ligne médiane. Le Roi remonte ses chaussettes, patiente de nombreuses secondes et finit par entamer sa course, ou plutôt sa marche vers le point de craie. Le numéro 10 marque un temps d’arrêt et ouvre son pied droit au ras du poteau. La suite, c’est un joyeux foutoir avec le public qui envahit la pelouse comme un seul homme. La foule porte en triomphe son Dieu, qui brandit le ballon comme si c’était une Coupe du monde.

Fernando Chalana : Un Talent Foudroyé

L’ancien milieu de terrain portugais des Girondins de Bordeaux, Fernando Chalana, est décédé ce mercredi 10 août, à l’âge de 63 ans. Quelques petits pas de course pour aller chercher le ballon que le gardien adverse, pas vraiment fair-play, lui a balancé sur le côté, le cuir qu’il embrasse avant de le poser sur le point de craie du stade de Krivoï-Rog où se dispute ce quart de finale retour de Coupe d’Europe des clubs champions (l’ancêtre de la Ligue des champions) contre l’équipe soviétique de Dniepropetrovsk, ce 20 mars 1985. Une course d’élan rectiligne et un but… du pied droit de la part de ce pur gaucher qu’était Fernando Chalana. Des secondes inoubliables. Bordeaux se qualifiait pour les demi-finales contre la Juventus Turin de Michel Platini (0-3, 2-0), sommet de l’histoire du club pas près d’être égalé. L’annonce de la mort du petit Portugais à la moustache noire et aux cheveux bouclés, ce mercredi 10 août par le club du Benfica Lisbonne, a réveillé les souvenirs de ce match de légende qui continuent de se transmettre de bouche-à-oreille de supporters bordelais, 37 ans plus tard. Le paradoxe du passage de Fernando Chalana aux Girondins est qu’il n’y aura disputé que 22 matchs (1 but marqué) en trois saisons (1984 à 1987). C’est son Euro 84 flamboyant avec la sélection portugaise, et particulièrement sa demi-finale épique (défaite 3-2 après prolongations) contre la France à Marseille, qui avaient donné l’idée aux dirigeants bordelais de le recruter, pour 18 millions de francs, une fortune pour l’époque ! Malheureusement, Fernando Chalana n’a pas pu donner la pleine mesure de son talent. « Dès l’été, il s’est claqué lors d’un match de coupe d’été à Limoges, puis il a rechuté deux mois plus tard, en trébuchant sur une racine dans le bois du Haillan lors d’un footing », se souvient Gernot Rohr. « Il est revenu fatigué de l’Euro et je pense qu’il a repris trop tôt », estime Didier Couécou, le directeur sportif de l’époque qui l’avait fait venir de Benfica.

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