Les Tireurs de Penalty de l'Équipe des Pays-Bas : Analyse et Perspectives

Le tir au but, moment de tension extrême, est souvent décisif dans les compétitions de football. Pourquoi certaines équipes, comme l'Angleterre, échouent-elles si souvent, tandis que d'autres, comme l'Allemagne, excellent ? Quels sont les secrets d'un penalty réussi, et comment les tireurs et les gardiens se préparent-ils mentalement et physiquement ? Cet article explore ces questions en se concentrant sur l'expérience de l'équipe des Pays-Bas, en s'appuyant sur des recherches approfondies et des analyses psychologiques.

L'étude de Geir Jordet : Plongée au cœur des émotions lors des tirs au but

L’ancien footballeur Geir Jordet, un ancien joueur de Strømmen, avec qui il évolua en deuxième division, mais sa carrière bascula le jour où David Beckham vit son penalty arrêté par Ricardo en quart de finale de l’Euro 2004. À l’époque, Jordet étudiait la psychologie du sport à l’École nationale norvégienne des Sciences du sport. Il venait de finir son mémoire, consacré à la vision périphérique des milieux de terrain de très haut niveau, quand il fut invité à la radio norvégienne P3 pour disserter sur la défaite de l’Angleterre. Là, Jordet critiqua Beckham pour ne pas avoir vérifié l’état du point de penalty avant sa frappe. Un autre invité, Henning Berg, ancien partenaire de Beckham à Manchester United, insista au contraire sur le fait que Beckham était un monstre sur le plan mental et s’en prit à Jordet à l’antenne. Jordet eut du mal à encaisser - «Je me suis senti minable» - et il décida un mois plus tard, alors qu’il déménageait aux Pays-Bas pour prendre un job à l’université de Groningen, de modifier le sujet de sa recherche. Celui-ci serait désormais: la psychologie appliquée aux penalties.

Ses travaux novateurs ont permis de mieux comprendre les pensées et les émotions qui traversent les joueurs pendant une séance de tirs au but. En effet, l’université avait des contacts à la fédération néerlandaise. Et Jordet, grâce à ses travaux dans son pays d’origine, connaissait quelques internationaux suédois qui avaient évolué en Norvège. L’addition de ces contacts lui permettait de conduire un travail sans précédent sur les pensées qui traversent les joueurs pendant une séance de tirs au but.

Pays-Bas - Suède à l'Euro 2004 : Une étude de cas révélatrice

L'étude de Jordet s'est notamment concentrée sur la séance de tirs au but du quart de finale de l'Euro 2004 entre les Pays-Bas et la Suède. Il put ainsi interviewer, en profondeur et individuellement, dix des quatorze tireurs de la séance qui avait conclu le quart de finale de l’Euro 2004 entre les Pays-Bas et la Suède. Il y avait eu 0-0 à l’issue de la prolongation. À 2-2 aux tirs au but, le Suédois Zlatan Ibrahimovic rata; deux tirs plus tard, un échec de Philip Cocu remit les deux équipes à égalité. Après cinq penalties de chaque côté, tout se jouerait au premier échec. Le capitaine suédois Olof Mellberg, alors joueur-clef de la Juventus, vit son tir arrêté par Edwin van der Sar. Arjen Robben inscrivit le penalty vainqueur pour les Pays-Bas. C’était la première qualification aux tirs au but de l’histoire des Oranje.

Jordet put représenter le plus fidèlement possible les niveaux de stress et d’anxiété qui traversent la tête des joueurs au cours d’une telle séquence, et il put ventiler ses conclusions dans trois travaux universitaires distincts. L’un d’entre eux est particulièrement fascinant: «Stress, réactions et émotions sur la grande scène internationale: l’expérience d’une séance de tirs au but dans un grand tournoi de football».

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Pour les besoins de ses entretiens, Jordet divisa les séances de tirs au but en quatre phases:

  1. Le temps mort après la prolongation
  2. L’attente dans le rond central
  3. La marche vers le point de penalty
  4. Au point de penalty

Ensuite, Jordet étudia la réaction de chaque joueur à chacune des phases. Six joueurs interrogés savaient avant la Phase 1 qu’ils auraient un penalty à tirer ; deux tenaient spécifiquement à ne pas tirer - l’un d’eux dit même: «Je l’avais personnellement précisé en amont» - et un autre était gêné d’avoir vu trois partenaires, pendant la Phase 1, se retirer expressément de la liste des possibles tireurs.

L'impact du stress et de l'anxiété : Le rôle crucial du rond central

Étrangement, c’est la Phase 2 qui avait suscité le plus de stress chez les joueurs, particulièrement au sein de l’équipe qui allait perdre (la Suède), dont le comportement collectif n’était pas celui d’un groupe uni, ni bavard, ni très porté sur l’encouragement mutuel. «C’est tout juste si nous avons ouvert la bouche, dit l’un d’entre eux. Moi je n’ai rien dit et personne ne m’a dit quoi que ce soit.»

C’est dans cette phase, m’avait expliqué Gareth Southgate, que des pensées négatives avaient influencé sa performance. Seuls trois joueurs avaient utilisé la phase dite du rond central pour se concentrer sur leur propre tir au but; pour les autres, la tension grimpait à mesure que leur tour approchait. «Je suis devenu incroyablement nerveux, avoua l’un. Je crois qu’à la télé, on voyait mes jambes trembler.» Un autre se sentit plus relâché après l’échec d’un de ses partenaires. «Sur le coup, ça m’a fait mal, mais je dois avouer que la nervosité me quitta dans la foulée. Je me suis nettement calmé grâce à cela.»

La marche, ou Phase 3, fut beaucoup moins stressante pour les joueurs que vous l’imaginez sûrement, même si la solitude, pour trois joueurs au moins, fut la partie de la séquence la plus difficile à apprivoiser. L’un d’eux trouva un réconfort immédiat au contact du ballon. «On se sent sûrement moins stressé quand on a quelque chose dans les mains… Je lui ai fait effectuer quelques rotations entre mes doigts. Je pense que c’était un moment très important.» Trois joueurs relevèrent une baisse de leur anxiété pendant leur traversée. Seuls deux joueurs exprimèrent de l’anxiété au sujet de la Phase 4. L’un d’eux rompit avec ses habitudes en refusant tout contact avec le gardien. C’était, selon Jordet, une stratégie d’évitement très classique.

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Les leçons à tirer pour les entraîneurs et les joueurs

La conclusion de Jordet, c’est que chaque entraîneur a quelque chose à retenir pour chacune des phases: à partir de la Phase 1, les joueurs aiment savoir dans quel ordre ils vont tirer; on sait que dans la Phase 2, attendre patiemment son tour suscite des émotions négatives; de la Phase 3, que la dimension solitaire de la traversée du terrain nécessite un mécanisme de protection;de la Phase 4, qu’il y a plusieurs façons de se confronter au gardien, plus ou moins bonnes.

Ces trois articles firent de Jordet la star montante de la psychologie du sport, puis bientôt le directeur du département Psychologie au Centre national du football de haut niveau norvégien. Son job, ainsi qu’il le résume: «Améliorer les performances par la maîtrise des émotions, mais aussi comment appréhender l’échec». Par exemple, l’une des équipes dont il s’occupe aujourd’hui a pour habitude de s’effondrer une fois qu’elle a encaissé un but. Ses compétences ont été convoquées pour mettre fin à ce cercle vicieux.

Le match Espagne - Pays-Bas du 23 mars 2025 : Un exemple récent de l'importance des tirs au but

L'Espagne a fini par avoir le dernier mot. Ce dimanche soir, la Roja a battu les Pays-Bas, au terme d'un match complètement fou et de la séance de tirs au but (3-3, 5-4 tab), lors des quarts de finale retour de la Ligue des nations. A l'Estadio de Mestalla de Valence, les Espagnols ont mené trois fois, grâce à un doublé de Mikel Oyarzabal (8e sp, 67e) et un but de Lamine Yamal (103e), mais les Néerlandais sont toujours revenus, par l'intermédiaire de Memphis Depay (54e sp), Ian Maatsen (79e) et Xavi Simons (109e, sp). Finalement, Pedri a délivré les siens, en marquant le dernier tir au but. Les champions d'Europe, tenants du titre de cette Ligue des nations, ont rendez-vous cet été pour le Final 4 qui aura lieu en Allemagne. En demi-finales, l'Espagne affrontera la France, tombeuse de la Croatie.

Ce n'était que le onzième Espagne - Pays-Bas de l'histoire, mais il restera, très certainement, parmi les plus marquants. Déjà au coude-à-coude au match aller, les deux sélections n'ont cessé de se rendre coup pour coup, dans une rencontre qui a rarement baissé en intensité. Mikel Oyarzabal a été le premier à s'illustrer, en inscrivant son premier doublé en sélection. D'abord sur penalty, de l'intérieur du pied gauche (8e, 1-0), puis en faisant preuve de sang-froid en reprenant victorieusement, de la tête, une première tentative repoussée par Bart Verbruggen (67e, 2-1). L'attaquant de la Real Sociedad a même été tout proche du triplé, mais son nouveau but avait été refusé pour un hors-jeu (11e).

Les ailiers espagnols n'ont pas été en reste. Si Nico Williams, qui s'est pourtant, encore une fois, bien démené (13e, 61e, 90e+1), n'a finalement pas marqué, Lamine Yamal, plus discret (60e), a su, quant à lui, se montrer décisif, en prolongation, d'une frappe enroulée du gauche après un crochet (103e, 3-2). Robin Le Normand, de son côté, s'est également montré (14e), sans parvenir à participer à la fête. Le défenseur a surtout fait parler de lui lorsqu'il a concédé le penalty transformé ensuite par Memphis Depay, qui a remis une première fois les deux équipes à égalité (54e, 1-1).

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Depay, à nouveau dangereux dans la foulée (57e), a vu d'autres partenaires se mettre également en évidence, comme Lutsharel Geertruida (35e), Justin Kluivert (48e) ou bien encore Tijjani Reijnders (74e, 87e). Ian Maatsen, pour sa première sélection, a su profiter d'une erreur de relance adverse, pour ouvrir, déjà, son compteur buts avec les Pays-Bas (79e, 2-2) et, surtout, envoyer les siens en prolongation. Quant à la séance de tirs, c'est Xavi Simons qui a su l'arracher, en inscrivant un second penalty accordé par Clément Turpin (109e, 3-3).

Les deux équipes ne se sont donc pas lâchées, comme ce fut également le cas lors de la séance de tirs au but. Les deux gardiens ont brillé, se faisant prendre rarement à contre-pied et touchant souvent les ballons. Noa Lang a été le premier à craquer, en trouvant la barre, tandis que Yamal, pourtant auteur d'un magnifique but, n'a pas su confirmer. Quant à Donyell Malen, qui avait eu une énorme occasion juste avant (120e), il a, lui aussi, craqué. Pedri, de son côté, a pris ses responsabilités et fait exploser de bonheur tout un stade. L'Espagne, invaincue depuis plus d'un an, enchaîne un 18e match sans défaite.

La Roja a mené trois fois au score, ce dimanche à Valence, mais elle a eu besoin de la séance de tirs au but pour venir à bout des Pays-Bas (3-3, 5-4 aux t.a.b.). Les Espagnols pourront donc défendre leur titre lors du Final Four début juin et seront opposés à la France en demi-finales.

Analyse des tireurs de penalty néerlandais

Bien que l'article ne se concentre pas exclusivement sur les tireurs de penalty néerlandais, il fournit des informations précieuses sur la préparation mentale et émotionnelle des joueurs lors des séances de tirs au but. L'étude de Jordet, axée sur le quart de finale de l'Euro 2004, offre un aperçu des pensées et des sentiments des joueurs néerlandais pendant les différentes phases de la séance.

De plus, le match récent entre l'Espagne et les Pays-Bas illustre la pression intense à laquelle sont soumis les tireurs de penalty. Des joueurs comme Noa Lang et Donyell Malen, malgré leur talent, ont craqué sous la pression, tandis que Pedri a su garder son sang-froid pour offrir la victoire à son équipe.

Facteurs clés pour réussir un penalty

  • Préparation mentale : La capacité à gérer le stress et l'anxiété est essentielle. Les joueurs doivent être capables de se concentrer sur leur tâche et de bloquer les distractions.
  • Routine : Avoir une routine préétablie peut aider les joueurs à se sentir plus en contrôle et à réduire l'anxiété.
  • Confiance : La confiance en soi est cruciale pour réussir un penalty. Les joueurs doivent croire en leur capacité à marquer.
  • Technique : Une technique de tir solide est évidemment importante, mais elle ne suffit pas si les autres facteurs ne sont pas pris en compte.
  • Analyse de l'adversaire : Étudier les tendances du gardien de but peut donner un avantage au tireur.

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