L'Art des Tirs au But : Le Portugal à l'Épreuve

Les séances de tirs au but sont un moment de vérité impitoyable dans le football, une loterie où la chance se mêle à la préparation mentale et à la qualité technique. L'équipe du Portugal, comme d'autres grandes nations, a connu des succès et des échecs dans cet exercice stressant. L'analyse de leur expérience, notamment lors de compétitions récentes, révèle une approche nuancée et une évolution constante dans la préparation et l'exécution des tirs au but.

L'Expérience Récente : Victoires et Défaites

L'équipe portugaise a récemment été confrontée à l'épreuve des tirs au but, avec des fortunes diverses. Les Portugais ont été vainqueurs de la Slovénie aux tirs au but en 8e de finale lundi (0-0, 3-0 t.a.b), avant d'être battus par la France ce vendredi (0-0, 5-3 t.a.b) à Hambourg. Ces résultats illustrent une vérité fondamentale : gagner une séance de tirs au but n’assure pas de remporter la prochaine.

L'Approche Française : Une Leçon pour le Portugal ?

Après les échecs à l’Euro 2021 et à la Coupe du Monde 2022, les Français ont essayé de tirer les leçons pour mieux aborder l’exercice. Les Bleus ont enfin réussi à s’imposer après les échecs du Mondial 2006, et plus près de l’Euro 2021 et de la Coupe du monde 2022. Ce n’est pas que du hasard. « Je ne vais pas dire que maintenant je sais, et qu’avant je ne savais pas. Mais ceux qui ont vécu ces expériences s’en sont nourris forcément », disait le sélectionneur Didier Deschamps après la rencontre. « La défaite contre l’Argentine nous a servi », affirmait l’attaquant Ousmane Dembélé.

Maîtrise et Préparation

Les Français se sont entraînés aux tirs au but une seule fois, le vendredi 28 juin, trois jours avant le 8e de finale contre la Belgique. « Tout le monde a tiré, tout le monde était prêt », assure le défenseur William Saliba. Comme face à l’Argentine (3-3, 2-4 t.a.b) à Doha il y a 18 mois, les tireurs expérimentés n’étaient pas sur le terrain à la fin de la rencontre, vendredi : Kylian Mbappé et Antoine Griezmann sortis, Olivier Giroud sur le point de rentrer dans les dernières minutes - « mais il n’a pas pu car l’arbitre ne l’a pas enregistré assez vite » a justifié Didier Deschamps -, « DD » a pris le risque d’attendre le tout dernier moment.

Quand le Basque et son staff avaient semblé tâtonner au Qatar au moment de désigner les tireurs, il les a cette fois rapidement choisis. « J’ai opté par rapport à l’expérience, le ressenti des joueurs. » Les intéressés ont géré l’ordre entre eux. « C’est moi qui ai pris la décision d’y aller en premier », expliquait Ousmane Dembélé, seul des cinq tireurs ayant frappé un penalty en match en club avec Théo Hernandez, qui a clôturé la séance. Entre les deux, le milieu Youssouf Fofana, dont le seul fait d’arme était un tir au but contre le FC Rouen en 8e de Coupe de France en février dernier. Bradley Barcola et Jules Koundé n’avait eux jamais tiré chez les professionnels. « Il faut tous les marquer, mais il y en a qui se sentent moins, ils préfèrent être troisièmes », avec peu de chance d’être en position décisive dans un sens ou l’autre, notait Didier Deschamps.

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Le Calme et le Leadership

« C’est un geste technique particulier, un rapport de force avec le gardien. Il fallait faire abstraction de la forêt de supporters portugais qui faisait beaucoup de bruit derrière le but. Avoir la tranquillité, la sérénité. » Didier Deschamps a résumé la « recette » de ses tireurs vendredi. Alors que le gardien portugais Diogo Costa avait stoppé les trois tirs au but slovènes lundi, il n’en a pas touché un.

C’est le capitaine Kylian Mbappé qui, au milieu de ses coéquipiers en cercle, a donné le ton avant la séance dans un discours capté par les caméras de M6. « Il a l’habitude », a expliqué Didier Deschamps, qui n’en a jamais frappé en cours de match lorsqu’il était joueur. « Les gars, n’oubliez pas que c’est un geste technique, tranquille, a lancé Mbappé. On l’a travaillé, c’est un geste technique. Faites abstraction de tout ce qu’il y a. C’est vous et le gardien. C’est un geste technique, on y va ! Peu importe ce qu’il se passe on reste tous ensemble. »

L'Importance du Gardien

Mike Maignan n’a pas stoppé de pénalty. Le portier du Milan AC est parti du bon côté mais a été trop court sur les frappes parfaites de Ronaldo et Bernardo Silva. Il a été pris à contre-pied par Nuno Mendes qui a frappé sous la barre. Mais si l’attaquant de l’Atletico Madrid Joao Felix, qui n’en avait raté qu’un sur neuf précédents a touché le poteau, Maignan, encore parti du bon côté, n’y est pas pour rien.« Mike, il prend de la place dans le but, c’est un truc de fou, souriait Kylian Mbappé après la rencontre. Il fait peur. Je n’ai pas l’explication exacte. Mais quand je vois où il tire sur le poteau, je pense que c’est parce qu’il sait qu’il y a un gardien qui peut aller la chercher. Moi, je suis tireur.

« Il suffit de croiser son regard, de voir la place qu’il occupe. Il rentre dans la tête de ses adversaires », avait expliqué son ancien entraîneur Eric Allibert le 20 juin.

Analyse des Facteurs Clés

Plusieurs facteurs clés peuvent influencer le succès d'une équipe lors des tirs au but :

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  1. Préparation Mentale : La capacité à gérer la pression et à rester concentré est essentielle. Des techniques de visualisation et de relaxation peuvent aider les joueurs à aborder l'épreuve avec calme et confiance.
  2. Qualité Technique : La précision et la puissance du tir sont cruciales. Les joueurs doivent maîtriser leur technique et être capables de frapper le ballon avec assurance, même sous pression.
  3. Choix des Tireurs : La sélection des tireurs doit être basée sur leur expérience, leur sang-froid et leur capacité à performer sous pression. Il est important de désigner des joueurs qui sont à l'aise avec l'exercice et qui ont confiance en leur capacité à marquer.
  4. Analyse de l'Adversaire : Étudier les tendances du gardien adverse peut donner un avantage aux tireurs. Connaître ses points faibles et ses préférences peut aider les joueurs à choisir où placer leur tir.
  5. Le Rôle du Gardien : Un bon gardien peut faire la différence lors des tirs au but. Sa capacité à anticiper la direction du tir et à plonger rapidement peut déstabiliser les tireurs adverses et augmenter les chances de succès de son équipe.

Exemples de Matchs et de Joueurs Clés

Le match : 2-2 (5-3 aux t.a.b.) Les finales munichoises ne se ressemblent pas car celle de la Ligue des nations, ce dimanche, a été infiniment plus serrée que celle de la Ligue des champions, entre Paris et l'Inter Milan (5-0, le 31 mai). Nuno Mendes, Joao Neves, Vitinha et Gonçalo Ramos n'étaient pas dépaysés et les Portugais du PSG ont remporté un deuxième trophée en huit jours après un match indécis, marqué par la maîtrise espagnole et la ténacité des coéquipiers de Cristiano Ronaldo, capables de revenir deux fois au score avant de l'emporter au bout d'une longue soirée (2-2, 5-3 aux t.a.b.).

Sur la lancée de leur récital offensif contre la France (5-4, jeudi) et d'une première frappe de Nico Williams, qui a frôlé la barre (17e), les Espagnols avaient ouvert le score grâce à une jolie action collective conclue dans la confusion, puisque ce sont les Portugais Ruben Dias et Joao Neves qui ont touché le ballon avant que Martin Zubimendi ne le pousse dans les filets (1-0, 21e). Si la Roja avait la possession, un but d'avance, Nuno Mendes n'a pas été intimidé pour autant et c'est le latéral gauche qui a vite remis le Portugal dans le bon sens, en inscrivant son premier but en sélection d'une frappe croisée (1-1, 26e). Cet éclair a équilibré la partie mais il n'a pas altéré la dynamique des Espagnols, qui ont viré en tête à la pause grâce à un but de Mikel Oyarzabal (2-1, 45e). Il faut toutefois toujours se méfier d'une équipe qui peut compter sur Cristiano Ronaldo. Comme en demi-finales contre l'Allemagne (2-1, mercredi), l'attaquant a fait très peu d'étincelles avant de marquer son 138e but en 221 sélections, à la réception d'un centre dévié de l'infatigable Nuno Mendes (2-2, 61e). À 40 ans, ses vieilles jambes restent donc redoutables mais elles ne l'ont pas porté jusqu'à la fin du match, puisqu'il a été remplacé par Gonçalo Ramos (88e), cinq minutes après une belle frappe d'Isco claquée par Diogo Costa. Les Espagnols, tenants du titre, étaient les plus en vue mais un coup franc de Bruno Fernandes les a fait trembler (90e+ 1) et ils n'ont pas pu éviter la prolongation, où ils ont faibli. Monstrueux, Nuno Mendes a contrôlé Lamine Yamal tout le match et il avait encore assez de jus pour signer un nouveau centre dangereux (93e), percer et réclamer un penalty (100e), ou centrer fort devant le but (105e). Après une tête de Diogo Jota au-dessus (120e+ 1), tout s'est joué aux tirs au but et l'erreur d'Alvaro Morata, la seule de la séance, a offert la Ligue des nations au Portugal. 2 Vainqueur de la première édition en 2019, le Portugal est devenu le seul pays à avoir remporté deux fois la Ligue des nations.

Le joueur : Oyarzabal, spécialiste pour rien Il n'est pas le plus connu des attaquants espagnols mais il n'est vraiment pas le moins efficace, surtout quand les buts valent très cher : Mikel Oyarzabal a marqué le deuxième but de la Roja lors de cette finale de la Ligue des nations et c'est une habitude pour le joueur de la Real Sociedad, buteur en finale de l'Euro 2024 contre l'Angleterre (2-1) et lors de sa première finale de Ligue des nations, perdue contre la France en 2021 (1-2). Il a été remplacé ce dimanche par Alvaro Morata (111e), l'homme de la défaite car son tir au but a été repoussé par Diogo Costa.

Les Pièges à Éviter

Il est crucial d'éviter certains pièges courants lors des tirs au but :

  • Sous-estimer l'Adversaire : Ne jamais prendre l'équipe adverse à la légère, même si elle est considérée comme moins forte.
  • Manque de Préparation : Ne pas se contenter d'une préparation physique, mais aussi mentale et tactique.
  • Pression Excessive : Éviter de mettre trop de pression sur les joueurs, en leur rappelant constamment l'importance de l'enjeu.
  • Improvisation : Ne pas improviser au moment de choisir les tireurs ou de définir la stratégie de tir.

L'Impact des Échecs Récent sur les Joueurs Portugais

Quatre penalties sur quatre tentatives ont été manqués ce samedi lors des matchs de qualifications à la Coupe du monde 2026. Auteur d’un triplé face à Israël, Erling Haaland a pourtant raté deux face-à-faces à 11m, comme Ferran Torres, Mateo Retegui et Cristiano Ronaldo.

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À l’issue de la soirée de samedi, les tireurs de penalty arrêteront sûrement de penser que les tirs au but sont de la loterie. Sur les huit rencontres de la journée, quatre penalties ont été sifflés… et les quatre ont été manqués. Deux d’entre eux ont été l'œuvre d’Erling Haaland avec la Norvège. Si le cyborg a martyrisé la défense d’Israël avec un triplé (5-0), l’attaquant de Manchester City a manqué un penalty à deux reprises. Mais sur sa première tentative, Haaland a vu le gardien d'Israël plonger sur sa droite et repousser sa frappe à mi-hauteur.

L'arbitre de la rencontre donnait finalement au Mancunien l'opportunité de retenter sa chance, estimant que Daniel Peretz avait quitté sa ligne trop tôt. Nouvelle opportunité, mais nouvel échec pour le Norvégien, qui a changé de côté, comme le portier de Hambourg.

Malgré cet échec, Erling Haaland vit un début de saison fantastique: outre ses buts marqués avec la sélection norvégienne, en tête de son groupe de qualifications au Mondial 2026, il compte déjà neuf buts avec Manchester City en sept journées de Premier League, et trois réalisations en deux journées de phase de ligue, en Ligue des champions.

Plus tard dans la soirée, l’Espagne a manqué le but du break en première période face à la Géorgie. Après l’ouverture du score de Yeremi Pino, Ferran Torres a raté son penalty, arrêté par Giorgi Mamardashvili.

Plus à l’Est, à Tallinn, l’Italie joue son avenir dans son groupe de qualification. Derrière la Norvège à 6/6, les Italiens n’ont pas le droit à l’erreur et veulent éviter une troisième absence de suite au Mondial, après 2018 et 2022. Déjà devant en Estonie grâce à Moise Kean, l'Italie veut soigner sa différence de buts, mais Mateo Retegui a vu son penalty stoppé par le portier estonien. Cela n'a pas empêché le numéro 9 de faire trembler les filets quelques minutes plus tard et permettre à la Nazionale de respirer un peu mieux.

La soirée cauchemardesque des tireurs s'est prolongée avec Cristiano Ronaldo, qui a manqué une occasion en or d'ouvrir le score face à l'Irlande.

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