Le métier de tireur de précision fascine et suscite la curiosité. Au-delà de l'image véhiculée par les films, il s'agit d'un rôle crucial au sein des forces armées, exigeant des compétences techniques pointues et des qualités humaines exceptionnelles. Le tireur d’élite est un combattant qui, à l’aide d’un fusil de précision, délivre des feux sélectifs dans la profondeur sur des objectifs clés.
Rôle et Missions du Tireur d'Élite
Le métier de tireur d'élite ne se limite pas à neutraliser des cibles à longue distance. Le tireur de précision opère à moyenne distance et soutient sa section. Les missions des tireurs d’élite sont plus ou moins longues, de plusieurs heures à plusieurs jours et souvent dans des zones d'opération à l’étranger. Le tireur d'élite du GIGN est un protecteur silencieux. Il peut être posté lors d’opérations anti-terroristes, pour protéger une personnalité ou préparer une incursion. Sa précision chirurgicale, sa discrétion et sa réactivité en font une pièce clé du dispositif.
Entre autres exigences, il faut savoir localiser une cible identifiée, l’observer à distance et collecter du renseignement afin de servir un objectif plus large. Il faut également savoir survivre en autonomie complète durant 48 heures.
Formation : Devenir Tireur d'Élite, un Parcours Exigeant
Avant même de penser tir de précision, il faut franchir la première étape : s’engager dans l’armée de Terre. Accessible dès 17 ans et demi avec le bac ou un niveau scolaire équivalent, cette voie requiert une nationalité française, un dossier solide, une bonne condition physique et une motivation à toute épreuve. Pour entrer dans l’armée il faut : avoir entre entre 17 ans et demi et 32 ans être de nationalité française avoir un diplôme de niveau IV (bac ou équivalent).
Le recrutement est réalisé sur dossier mais aussi sur la base de tests médicaux, d’évaluations sportives et psychotechniques et d’un entretien. Les jeunes recrues seront ensuite formées à l’ENSOA (École Nationale des Sous-Officiers d’Active) et pourront ensuite choisir une spécialité : infanterie, cavalerie, artillerie, etc. Dans la Marine, c’est à l’EDM (École de Maistrance) que les prétendants seront testés et formés ensuite pendant cinq mois avant de choisir leur spécialisation. Pour intégrer la gendarmerie, il est nécessaire : d’avoir le bac d’être âgé de 18 à 35 ans pour se présenter à l’une des quatre ESOG (Écoles de Sous-Officiers). Côté police, il faudra intégrer l’ENP (école nationale de police) sur concours dans un premier temps.
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Une fois accepté, le futur soldat est formé à l’ENSOA ou en régiment. Ce n’est qu’après avoir acquis de l’expérience dans un régiment que l’on peut postuler pour devenir tireur de précision. La spécialité tireur de précision est généralement accessible dans les régiments d'infanterie ou de cavalerie légère. Pour devenir tireur de précision les soldats s'engagent dans un premier temps dans un régiment au sein duquel cette spécialité existe. Il faut alors être repéré par sa hiérarchie, faire acte de candidature, puis réussir les sélections : tir, orientation, topographie, condition physique. Le stage TP (Tireur de Précision) dure plusieurs semaines.
Une fois tireur de précision aguerri, place à l’élite. La spécialité de tireur d'élite est accessible à partir du poste de tireur de précision. Pour cela, ils doivent en premier lieu valider la formation d’adaptation complémentaire de qualification (FACQ). L’accès au statut de TE (Tireur d’élite) ou TELD (Tireur d’élite longue distance) se fait sur sélection et recommandations. La formation des tireurs d’élite dépend essentiellement de l’unité d’élite à laquelle ils appartiennent. Ainsi, les tireurs d’élite de la Police nationale sont formés au Centre national de tir (CNT) de Montlignon par des animateurs en Activités physiques et professionnelles (APP) de la Direction des ressources et des compétences de la police nationale (DRCPN). Les snipers des Pelotons d’intervention de la gendarmerie (PI2G), des Pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) et des Pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG) reçoivent une formation auprès de tireurs d’élite du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIPN). Les autres unités d'élite sont, quant à elles, formées au sein du Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier.
Le stage de formation dure jusqu'à huit semaines, entre camouflage, survie, infiltration et tirs à plus de 1000 mètres. Quatre semaines au cours desquelles les apprenants suivront : des cours théoriques des exercices pratiques (tir de combat longue distance, topographie, camouflage, infiltration). Seuls les meilleurs tireurs de précision pourront suivre la formation TELD qui dure de quatre à huit semaines.
Compétences et Qualités Essentielles
Devenir tireur d’élite implique de posséder des softs skills propres aux soldats d'exception car ils doivent faire preuve d'adaptation à leur environnement. Qualités requises pour devenir tireur d'élite : La vie de tireur délite n'est pas de tout repos. Si vous souhaitez embrasser une carrière de sniper, sachez que vous allez devoir vous armer d'une extrême patience car, avant de tirer et de remplir votre mission, vous serez susceptible de rester en mode observation pendant de très longues heures. Pour tenir le coup, un entraînement physique de haut niveau est indispensable. Votre condition physique doit être irréprochable car, en mission, vous allez rester en position statique très longtemps pour fixer votre cible. Bien entendu, votre acuité visuelle doit être parfaite. Vous devrez faire preuve d'une grande capacité de concentration mais également d'un sens aigu de l'analyse pour récolter le plus d'informations et de renseignements possibles sur la situation, de manière à les transmettre clairement à votre hiérarchie. Le métier de tireur d'élite est particulièrement stressant et dangereux. Dans les zones de guerre, votre vie même est susceptible d'être mise en jeu à la moindre erreur. De vous, dépendront aussi la réussite d'une mission et la survie des soldats sur le terrain. Vous devez avoir le sens du devoir et des responsabilités chevillé au corps. Réactivité, sang froid et efficacité doivent être vos maîtres mots.
Cela suppose parfois de savoir faire preuve de rusticité c'est-à-dire de pouvoir résister à des conditions particulièrement austères. Ensuite ils devront aussi faire preuve de calme et de patience car une grosse partie de leur mission consiste à planquer et observer. Bien sûr, l'autonomie et le sens de l'initiative seront aussi importants car une fois en mission, c'est à eux de trouver le bon poste de tir. Enfin la réactivité, la maîtrise de soi et la concentration seront cruciales au moment d'utiliser son arme pour atteindre une cible.
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En parallèle, devenir tireur d’élite suppose de posséder de solides connaissances techniques par exemple en topographie mais aussi dans le maniement des armes à longue portée comme le PGM Hécate II ou le HK 417, le SCAR ou le Accuracy-338 LM pour les membres du GIGN. Il sera important de connaître l’arme en elle-même, les munitions, la lunette de visée mais aussi le bipied, indispensable pour des tirs à distance.
Au-delà de la forme physique, il y a la science du tir. Chaque distance, chaque vent, chaque humidité modifie la trajectoire de la balle. Le tireur d’élite doit donc savoir calculer, anticiper, régler ses instruments au millimètre près. Son sens tactique est aussi travaillé : savoir où se placer, comment se fondre dans l’environnement, quand tirer. Rien ne sert de viser si l’on est découvert. Le camouflage est une arme en soi. Ghillie suit, peinture faciale, capuche feuillue… tout est bon pour devenir invisible. La patience fait le reste. Certains attendent 12h sans bouger pour une seule cible.
Équipement du Tireur d'Élite
Le cœur de l’équipement ? Le fusil de précision. En France, les TE utilisent le SCAR-H, le PGM Hécate II, le FR-F2 ou encore le HK 417. Ces armes permettent de tirer à plus de 1 000 mètres avec une marge d’erreur quasi nulle. Pas de tir précis sans optique : lunettes de visée haute définition, réticules gravés, zoom variable. Le bipied stabilise l’arme, les anémomètres mesurent le vent, les télémètres la distance. Les jumelles de reconnaissance et les appareils infrarouges complètent l’arsenal. Un tireur entretient chaque pièce de son arsenal avec un soin religieux. Une poussière dans le canon peut faire dévier la balle. Les armes sont nettoyées après chaque mission, graissées, testées. Côté transport : valises renforcées, sac spécial, housses camouflées.
Couchage, vêtements, nourriture, eau, sans compter le fusil SCAR-H, au total, les sacs oscillent entre 45 et 55 kilogrammes.
Carrière et Rémunération
Les TE sont regroupés en sections et au sein des compagnies d’éclairage et d’appui (les CEA). Ils sont détachés dans les différentes compagnies en fonction des besoins sur le terrain. Les TELD peuvent aussi appartenir aux unités de forces spéciales. Les tireurs d’élite intègrent les compagnies d’éclairage et d’appui. Les forces spéciales constituent un objectif d’excellence pour de nombreux militaires.
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En règle générale, un tireur d'élite commence sa carrière en tant que tireur de précision au sein d'une unité d'infanterie de l'Armée de terre. Après plusieurs années d'expérience sur le terrain, il peut espérer être promu au poste de tireur d'élite qui constitue, en quelque sorte, une consécration pour un sniper. Si vous parvenez à ce niveau d'excellence, vous disposerez alors d'une totale autonomie que ne possèdent pas les tireurs de précision. Cela signifie qu'en mission, vous serez amené à gérer votre propre survie en emportant votre nourriture, vos vêtements, vos munitions. Il faut également savoir qu'un tireur d'élite travaille généralement en binôme avec un observateur que l'on appelle le chef de pièce. Bien souvent, ce dernier est un ancien tireur d'élite. Si son rôle principal est de donner les corrections de tir au sniper, il peut toutefois le remplacer lorsque la mission d'observation dure plusieurs heures.
Le salaire d’un militaire dépend de son grade. Un soldat ou un matelot percevra 1 555.76€ brut par mois pour un grade 2. Un caporal-chef selon son grade percevra entre 1 593.25€ et 2 005.62€. Le salaire d’un militaire dépend de son grade. Un jeune soldat débute autour de 1 550 € brut/mois. Un caporal-chef ou un sergent peut espérer entre 1 700 € et 2 000 €. Les tireurs d’élite perçoivent des primes de risques et d’opérations extérieures. Ces bonus varient de quelques centaines à plus de 1000 € selon la durée et la difficulté des missions. la rémunération en opération extérieure peut être multipliée jusqu'à 2,5. Le salaire du tireur d’élite reste légèrement inférieur à celui de certaines unités spéciales comme les commandos marine ou les pilotes de chasse.
Où exercer cette spécialité?
Outre l'armée de terre et ses unités d'infanterie, les tireurs d'élite peuvent également travailler au sein du GIGN, de l'unité d'élite de la Police nationale (RAID), du Service de protection des hautes personnalités (SPHP), de la Brigade de recherche et d'intervention - Brigade anti-commando (BRI-BAC) de la préfecture de police, de la Garde républicaine et de la Gendarmerie des transports aériens (GTA), des Pelotons de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG), des Pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG) ou encore du Groupe de sécurité du président de la République (GSPR).
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