Le rôle du tireur de précision, souvent appelé tireur d'élite ou sniper, est crucial au sein des forces de l'ordre. Cet article vise à définir les qualifications, les compétences, la formation et les missions de ces agents spécialisés, en s'appuyant sur les informations disponibles concernant différentes unités d'intervention en France.
Qu'est-ce qu'un tireur de précision ?
Historiquement, le terme « sniper » désignait un soldat maîtrisant les techniques de tir à longue distance et capable de se déplacer discrètement pour effectuer des tirs précis. Aujourd'hui, un tireur de précision est avant tout un expert en tir, entraîné à atteindre des cibles situées à des distances importantes avec une grande exactitude. En raison de sa capacité à se déplacer discrètement et à atteindre son objectif avec précision, le sniper est considéré comme l’une des armes les plus importantes à la disposition des forces armées modernes. La plupart des snipers opèrent en solitaire et reçoivent une formation intensive pour apprendre à repérer et à neutraliser les cibles avec précision.
Missions du tireur de précision
Le métier de tireur d'élite ne se limite pas seulement au simple fait d'appuyer sur la gâchette d'un FRF2 et de PGM pour neutraliser des cibles longue distance. En cas de conflit, les snipers sont souvent chargés de surveiller et de surveiller les mouvements des ennemis, de fournir un support aux forces alliées et de capturer ou de détruire des cibles spécifiques. En temps de paix, ils peuvent être affectés à des missions de surveillance ou à des missions de contre-terrorisme.
Le tireur de précision (TP) assure essentiellement des missions de protection en effectuant une surveillance sur des points hauts. Le tireur de haute précision (THP) est présent dans les groupes d'intervention chargés de résoudre des situations de crise. L'observateur contre-tireur (OCT) se retrouve au sein de la Garde républicaine et de la gendarmerie des transports aériens (GTA). Ces tireurs assurent la protection des hautes personnalités, du président de la République, dans les palais nationaux, dans les aéroports et dans les lieux où les personnalités se déplacent.
Unités d'intervention et organisation du tir de précision
Plusieurs unités de police et de gendarmerie comptent dans leurs rangs des tireurs à longue distance.
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GIGN (Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale)
Dans son approche du tir à longue distance, le groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) compte trois niveaux. En premier lieu, les cent vingt membres de la force d'intervention sont formés au tir de "neutralisation". Réalisé sur des distances allant jusqu'à 600 mètres, ce mode est effectué dans un environnement opérationnel, de jour comme de nuit. Les tireurs interviennent dès lors que le GIGN s'engage sur des opérations qui nécessitent un appui feu et sont interchangeables en mission. Ce sont des opérationnels à part entière, explique Romain C., chef d'escadron de la force d'appui opérationnel. Parmi ces effectifs, vingt-cinq gendarmes sont formés en interne à des distances plus importantes, atteignant 1 200 mètres. Ils utilisent alors un fusil Accuracy-338-LM qui leur permet de s'affranchir de certains écrans, telle une vitre blindée. Ils interviennent sur des opérations spécifiques, type contre-terrorisme aérien, pour traverser des surfaces à la dureté particulière, comme de l'acier blindé ou une vitre pare-balles. "Cette organisation particulière et le choix de ce matériel sont le fruit d'une longue expérience. Les tireurs du GIGN ont permis de remporter la décision lors de prises d'otages majeures comme à Djibouti en 1976 ou Marignane en 1994".
RAID (Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion)
Les hommes des quatre groupes d'intervention du RAID, quant à eux, reçoivent une formation dispensée par le centre national de tir (CNT), pour des distances allant jusqu'à 400 mètres. Vingt-sept d'entre eux sont spécialisés dans le domaine et composent la cellule Omega de tireurs d'élite. Ils effectuent des stages complémentaires en partenariat avec des unités du commandement des opérations spéciales de l'armée. Ils peuvent intervenir avec deux types d'armes, le choix dépendant du contexte de la situation. Dans le cas d'un appui feu, ils utilisent le HK 417, qui offre une certaine cadence de tir et une puissance de feu significative permettant au groupe d'assaut d'intervenir avec plus de sécurité. Lors de missions nécessitant des tirs de précision, les policiers du RAID utilisent un fusil Ultima-ratio PGM, calibre 762x51, à vision optique, permettant des tirs, de jour comme de nuit, à des distances allant jusqu'à 1 000 mètres. Sur une opération, notre dispositif de base comprend cinq tireurs, précise Martin S., responsable du groupe Omega. Nous positionnons généralement autour d'un bâtiment un homme par ouverture, un responsable pour coordonner l'équipe et préparer un éventuel tir simultané. De par notre zone territoriale de compétence, essentiellement urbaine, nous nous plaçons la plupart du temps à des distances de 50 à 200 mètres. Selon l'intensité de la crise, nous pouvons faire monter en puissance le nombre de tireurs.
Autres unités
Outre le RAID et le GIGN, plusieurs unités de police et de gendarmerie comptent dans leurs rangs des tireurs à longue distance. Du côté de la Gendarmerie nationale, les tireurs des pelotons d'intervention de la gendarmerie (PI2G), des pelotons de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG) et des pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG) sont formés par les spécialistes du GIGN. Tous les autres tireurs appartenant à des unités conventionnelles (Garde républicaine, brigades de gendarmerie des transports aériens…) sont formés au centre national d'entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier. Chez les CRS, par exemple, il existe trois niveaux spécifiques au tir à longue distance. Le tireur SPI (section de protection et d'intervention), qui suit une formation de quinze jours, doit mettre en oeuvre une riposte proportionnée si une unité CRS fait l'objet d'une attaque par arme à feu. Lors de ce stage SPI, les meilleurs éléments sont repérés pour participer à la formation supérieure, le tireur Tikka, qui sera placé sur des points hauts en renfort des unités CRS au sol pour la protection de personnalités. Enfin, le tireur Tikka niveau II peut renforcer les équipes du RAID si le besoin se fait sentir. Il devra suivre une formation supplémentaire auprès des tireurs et des formateurs du RAID.
Formation et compétences requises
La formation des tireurs d'élite dépend essentiellement de l'unité d'élite à laquelle ils appartiennent. Ainsi, les tireurs d'élite de la Police nationale sont formés au Centre national de tir (CNT) de Montlignon par des animateurs en Activités physiques et professionnelles (APP) de la Direction des ressources et des compétences de la police nationale (DRCPN). Tous les tireurs de précision ou de haute précision de la Police nationale sont formés au CNT de Montlignon, souligne Romain P., commissaire principal, chef de la division des techniques et de la sécurité en intervention à la DRCPN. Ils reçoivent ainsi la même formation, selon un même protocole, avec un même cadre légal mais une doctrine d'emploi propre à chaque service. Ce sont les animateurs en activités physiques et professionnelles (APP) de la DRCPN qui dirigent ces stages de formation. Le premier stage de tir de haute précision dans le cadre de la formation initiale de la force d'intervention de la Police nationale (FIPN) a accueilli en novembre dernier douze policiers issus des GIPN, de la BRI-BAC et du RAID. Les snipers des Pelotons d'intervention de la gendarmerie (PI2G), des Pelotons de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG) et des Pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG) reçoivent une formation auprès de tireurs d'élite du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIPN). Les autres unités d'élite sont, quant à elles, formées au sein du Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier.
Un candidat potentiel doit démontrer des qualités exceptionnelles en matière de maniement des armes à feu et de précision de tir. Si vous souhaitez embrasser une carrière de sniper, sachez que vous allez devoir vous armer d'une extrême patience car, avant de tirer et de remplir votre mission, vous serez susceptible de rester en mode observation pendant de très longues heures.
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Pour tenir le coup, un entraînement physique de haut niveau est indispensable. Votre condition physique doit être irréprochable car, en mission, vous allez rester en position statique très longtemps pour fixer votre cible. Bien entendu, votre acuité visuelle doit être parfaite. Vous devrez faire preuve d'une grande capacité de concentration mais également d'un sens aigu de l'analyse pour récolter le plus d'informations et de renseignements possibles sur la situation, de manière à les transmettre clairement à votre hiérarchie. Le métier de tireur d'élite est particulièrement stressant et dangereux. Dans les zones de guerre, votre vie même est susceptible d'être mise en jeu à la moindre erreur. De vous, dépendront aussi la réussite d'une mission et la survie des soldats sur le terrain. Vous devez avoir le sens du devoir et des responsabilités chevillé au corps.
Les qualités du tireur requièrent avant tout de la patience - le tireur peut demeurer un temps très long en position statique -, une condition physique parfaite, une bonne acuité visuelle, une maîtrise du stress et une forte capacité de concentration - le tireur doit à la fois être fixé sur sa cible, intégrer les informations transmises sur la situation globale et être en mesure de remplir sa mission d'observation en donnant un maximum d'informations sur la situation qu'il observe. Enfin,le policier ou le gendarme doit faire preuve de discernement et être capable de prendre une décision dans l'urgence.
Carrière et Évolution
En règle générale, un tireur d'élite commence sa carrière en tant que tireur de précision au sein d'une unité d'infanterie de l'Armée de terre. Après plusieurs années d'expérience sur le terrain, il peut espérer être promu au poste de tireur d'élite qui constitue, en quelque sorte, une consécration pour un sniper. Si vous parvenez à ce niveau d'excellence, vous disposerez alors d'une totale autonomie que ne possèdent pas les tireurs de précision. Cela signifie qu'en mission, vous serez amené à gérer votre propre survie en emportant votre nourriture, vos vêtements, vos munitions. Tout cela augmentera considérablement le poids de votre sac. Il faut également savoir qu'un tireur d'élite travaille généralement en binôme avec un observateur que l'on appelle le chef de pièce. Bien souvent, ce dernier est un ancien tireur d'élite.
Équipement du tireur de précision
L'arme diffère selon les unités et leurs missions. L'arme la plus répandue dans les unités du ministère est la Tikka. Légère (1,5 kg), cette arme permet de réaliser des tirs précis jusqu'à 400 mètres. Elle est utilisée par les CRS, la Garde républicaine, la FIPN, la BGTA, les GSPR, les PSIG et les PSPG. Les tireurs embusqués sont souvent équipés d’un certain nombre d’armes et d’équipements spécialisés conçus pour leur permettre de mener à bien leur mission. En fonction de sa mission, le tireur embusqué peut également être doté d’armes légères, d’explosifs, de grenades et de drones, entre autres.
Pour qu'un tireur parvienne à une efficacité optimale, il lui faut avant tout maîtriser parfaitement ses instruments. Ainsi, il doit démultiplier les entraînements et les mises en situation dans des conditions variées pour se créer son propre carnet de tir et acquérir une connaissance parfaite des réglages de son arme et de sa lunette. En effet, de très nombreux paramètres extérieurs entrent en compte pour eff ectuer un tir de précision : l'angle et la force du vent, la température extérieure, la pression atmosphérique, l'humidité, la vision de la cible, la position du soleil, l'hygrométrie, le pourcentage d'inclinaison entre le tireur et son objectif, le fait de traverser ou non une vitre…"Chaque tireur possède sa table de références selon ses caractéristiques propres, confirme Martin S. du RAID. Grâce à l'entraînement et à la répétition des gestes, il saura qu'à une distance donnée il doit effectuer telle ou telle correction. Calculs et réglages doivent devenir des automatismes de travail, pour ne pas interférer sur la concentration du tireur le jour de l'intervention."
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Dans la plupart des unités, les groupes de tireurs sont organisés en binôme, avec un tireur et un observateur. Il est donc indispensable de dénicher un point haut idéal, à la fois pour obtenir des informations sur la situation pour l'observateur et pour offrir un angle de tir adéquat au tireur. "Quatre ou cinq heures avant l'arrivée du cortège, on s'assure que le point où nous sommes positionnés permet de détecter la présence éventuelle d'une menace, explique Maxence L., membre de la cellule des OCT de la Garde républicaine. Un bon point haut offre une vue panoramique sur une situation.
Situation du métier
Outre l'armée de terre et ses unités d'infanterie, les tireurs d'élite peuvent également travailler au sein du GIGN, de l'unité d'élite de la Police nationale (RAID), du Service de protection des hautes personnalités (SPHP), de la Brigade de recherche et d'intervention - Brigade anti-commando (BRI-BAC) de la préfecture de police, de la Garde républicaine et de la Gendarmerie des transports aériens (GTA), des Pelotons de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG), des Pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG) ou encore du Groupe de sécurité du président de la République (GSPR). Malgré les différentes unités d'élite au sein desquelles les tireurs d'élite peuvent intervenir, le métier reste néanmoins réservé aux agents les plus performants.
La spécialité tireur de précision est généralement accessible dans les régiments d'infanterie ou de cavalerie légère. Pour devenir tireur de précision les soldats s'engagent dans un premier temps dans un régiment au sein duquel cette spécialité existe. La spécialité de tireur d'élite est accessible à partir du poste de tireur de précision. Pour cela, ils doivent en premier lieu valider la formation d’adaptation complémentaire de qualification (FACQ). Entre autres exigences, il faut savoir localiser une cible identifiée, l’observer à distance et collecter du renseignement afin de servir un objectif plus large. Il faut également savoir survivre en autonomie complète durant 48 heures.
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