Tentative d'assassinat de Donald Trump : Enquête et Réactions

L'année 2024 a été marquée par plusieurs incidents ciblant l'ancien président américain Donald Trump, suscitant des inquiétudes quant à la sécurité des personnalités politiques et à la polarisation de la société américaine. Deux tentatives d'assassinat distinctes ont attiré l'attention des médias et des forces de l'ordre, soulevant des questions sur les motivations des auteurs et les mesures de sécurité entourant les personnalités publiques.

Tentative d'assassinat en Pennsylvanie

Le samedi 13 juillet, lors d'un meeting en Pennsylvanie, une tentative d'assassinat a visé Donald Trump. Quelques secondes après le début de l'attaque, le tireur a été neutralisé par les officiers de sécurité. Identifié comme Thomas Matthew Crooks, âgé de 20 ans, il aurait agi seul selon l'agent du FBI Kevin Rojek.

Le tireur : Thomas Matthew Crooks

Les informations initiales sur Thomas Matthew Crooks étaient fragmentaires. Le New York Times rapportait qu'il avait récemment obtenu un diplôme en science de l'ingénierie et que les autorités fédérales n'avaient détecté ni antécédents judiciaires ni pathologie psychiatrique. Ses collègues de la maison de retraite où il travaillait n'avaient jamais soupçonné le moindre danger.

Paradoxalement, Crooks semblait avoir laissé peu d'indices sur ses motivations. Le New York Times soulignait qu'il avait "laissé peu d'indices permettant de savoir qui il était, ce qu'il pensait, et de comprendre ses motivations à conduire jusqu'à un meeting en Pennsylvanie pour essayer d'assassiner l'ancien président".

Convictions politiques et motivations

Les fouilles de son téléphone n'ont pas permis de déterminer si le tireur avait de fortes convictions politiques. Le Washington Post notait que "Crooks était enregistré en tant qu'électeur républicain, mais des dossiers de financement de campagne montrent qu'il avait fait don de 15 dollars au Progressive Turnout Project", un projet proche des idées du parti démocrate, en juin 2021.

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Selon le Wall Street Journal, Thomas Matthew Crooks était dépeint par ses camarades de classe comme un jeune homme en retrait, solitaire, parfois harcelé. Sarah d’Angelo, une de ses camarades du lycée Bethel Park High, a précisé au quotidien économique américain qu'il "n’a jamais parlé ouvertement de ses opinions politiques, ni d’une haine qu’il aurait pour Donald Trump".

Enquête du FBI et éléments troublants

Le FBI a mené une enquête approfondie sur la tentative d'assassinat. Le mercredi 24 juillet, le directeur du FBI a révélé qu'il avait survolé les lieux avec un drone deux heures avant le début de l'événement. Le drone et la manette de guidage ont été retrouvés dans le véhicule du tireur, avec des engins explosifs « plutôt basiques », activables à distance. Installé sur un toit d’un bâtiment surplombant le meeting, Thomas Matthew Crooks, 20 ans, avait ouvert le feu samedi 13 juillet, peu après 18 heures (heure locale) sur le candidat républicain, le blessant légèrement à l’oreille et entraînant la mort d’un participant d’une cinquantaine d’années et blessant deux autres personnes, avant d’être abattu.

L’enquête n’a en revanche pour l’heure pas réussi à déterminer les motivations du tireur, a par ailleurs reconnu le patron du FBI, Christopher Wray, « mais nous continuons à chercher ». Il a néanmoins précisé que huit douilles ont été retrouvées sur le toit.

Parmi les recherches réalisées, le tireur a interrogé le moteur de recherche de Google « sur quelle était la distance à laquelle [Lee Harvey] Oswald était de [John F.] Kennedy », en référence à l’auteur présumé de l’assassinat du président américain en 1963.

Une nouvelle vidéo de trois minutes sur le toit du bâtiment proche du meeting a été rendue publique par le sénateur républicain Chuck Grassley. Filmées environ une heure après l’attaque par la caméra portée d’un agent de l’unité des services d’urgence du comté de Beaver qui se trouvait au meeting, les images montrent le corps sans vie et ensanglanté de Thomas Matthew Crooks, qui repose à quelques pas d’agents des forces de l’ordre locales et d’un autre des services secrets. L’un des policiers montre un fusil semi-automatique près du corps du tireur. Les agents discutent de la manière dont les photos du tireur, partagées par un sniper qui l’a perdu de vue avant qu’il n’ouvre le feu, ont circulé entre eux.

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Profil psychologique et motivations obscures

Selon le FBI, Thomas Crooks, l’homme qui a tenté d’éliminer Donald Trump le 13 juillet 2024 lors d’un meeting à Butler, en Pennsylvanie, n’aurait pas eu de motivation politique. En analysant l’activité Internet du suspect entre 2019 et le 13 juillet 2024, le FBI a conclu que Donald Trump n’était pas la seule cible envisagée. La ville de Butler se trouvant à 40 minutes du domicile de Thomas Crooks, comme le relève CNN , le suspect aurait finalement décidé de s’y rendre moins de huit jours avant le meeting. Le 6 juillet, le suspect s’est notamment intéressé au tueur présumé du président John F. Kennedy en 1963, en cherchant « à quelle distance était (Lee Harvey) Oswald de Kennedy », mais également « où s’exprimera Donald Trump au meeting de Butler » et des photos de la ferme de Butler. Le Bureau d’investigation fédéral des États-Unis note également que le suspect s’intéressait, dès 2019, à la fabrication de bombes artisanales. Il a notamment essayé d’apprendre comment « faire une bombe à partir d’engrais », ou « comment les détonateurs à distance fonctionnent ».

Tout cela montre, bien que son mobile reste flou, qu’il cherchait plus « une opportunité pour réaliser une attaque spectaculaire qui attirerait une grande attention sur lui, en tuant un plus grand nombre de personnes ou une personnalité célèbre », écrit Glenn Thrush, reporter du New York Times spécialisé notamment dans la violence par armes à feu. « L’annonce du meeting de Donald Trump à Butler a attiré l’attention du suspect, et il s’est concentré sur cet événement spécifique et l’a considéré comme une cible d’opportunité », a ajouté l’agent du FBI devant les médias. Thomas Crooks n’aurait alors aucune « idéologie politique précise », mais plus « un mélange de gauche et de droite ».

Tentative d'assassinat en Floride

Deux mois après la tentative d'assassinat en Pennsylvanie, Donald Trump aurait de nouveau été la cible de tirs, cette fois en Floride. L’ancien président se trouvait au Trump International Golf Club, à West Palm Beach, quand des coups de feu ont été tirés, dimanche 15 septembre, peu avant 14 heures (20 heures à Paris).

L'arrestation de Ryan Wesley Routh

Lors d’une conférence de presse, le shérif du comté de Palm Beach, Ric Bradshaw, a expliqué qu’un homme avait été repéré pointant une arme au travers du grillage par un agent du Secret Service alors que Donald Trump jouait. Le suspect a alors été visé par les agents et a pris la fuite à bord d’un SUV, avant d’être arrêté. Les médias américains affirment qu’il s’agit de Ryan Wesley Routh, 58 ans, un constructeur indépendant de logements à Hawaï.

Selon la chaîne CNN, il affiche un casier judiciaire s’étalant sur plusieurs décennies et publie régulièrement des articles sur la politique et l’actualité, critiquant parfois Donald Trump. Le procureur du comté de Palm Beach a fait savoir que l’homme était resté silencieux au moment de son interpellation.

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Profil de Ryan Wesley Routh

Grâce à un travail de recherches sur Internet, les médias américains ont également pu mettre la main sur d’anciennes interviews de Ryan Wesley Routh, dans la presse nationale comme internationale. Interviewé par The New York Times en 2023 pour un article sur les "Américains qui se portent volontaires pour participer à l’effort de guerre en Ukraine" Ryan Wesley Routh, qui n’avait aucune expérience militaire, a déclaré qu’il s’était rendu dans le pays après l’invasion russe et qu’il souhaitait recruter des soldats afghans pour y combattre, rapporte aujourd’hui le quotidien.

Sur les réseaux sociaux, et dans la presse, l’homme a clairement exprimé son soutien à l’Ukraine après l’invasion russe. "JE SUIS PRÊT À PRENDRE L’AVION POUR CRACOVIE ET À ALLER À LA FRONTIÈRE DE L’UKRAINE POUR ME PORTER VOLONTAIRE, COMBATTRE ET MOURIR", a-t-il écrit sur X en 2022, quelques jours après l’invasion russe en Ukraine. Sur l’application de messagerie Signal, Ryan Wesley Routh a écrit dans sa biographie que "les civils doivent changer cette guerre et empêcher de futures guerres".

Le Monde, rapporte en outre que fin 2002, un homme portant son nom a été arrêté et condamné dans sa ville d’origine, Greensboro (Caroline du Nord), pour possession d’une "arme de destruction massive", qualificatif retenu pour un fusil automatique. Après un refus d’obtempérer au volant, il s’était barricadé dans un commerce, selon la presse locale.

Motivations et opinions politiques

Selon NBC News, Ryan Wesley Routh a fait des «petites contributions à la plateforme de collecte de fonds démocrate ActBlue, dont 19 en 2019 et 2020 pour des montants allant de 1 à 25 dollars». Associated Press ajoute que «Ces dernières années, ses publications suggèrent qu'il s'est détourné de Trump et qu'il a exprimé son soutien au président Joe Biden et à la vice-présidente Kamala Harris».

Découverte d'un "nid de tireurs d'élite"

Les services secrets américains ont affirmé avoir débusqué « un nid de tireurs d’élite ou un poste de chasse » dans un arbre situé à proximité du lieu où l’avion du président, le Air Force One, a pour habitude de stationner pour conduire Donald Trump à Palm Beach, en Floride. Bien qu'aucune munition ni explosif n’ait été retrouvée sur place, la menace a été prise très au sérieux. Cette découverte intervient quelques semaines après que Ryan Routh a été reconnu coupable d’avoir tenté d’assassiner Donald Trump sur un terrain de golf de Palm Beach à partir d’un nid de tireurs d’élite qu’il avait installé dans des buissons, le long d’une clôture, le 16 septembre 2024.

Réactions politiques et conséquences

Les tentatives d'assassinat ont suscité de vives réactions politiques. Joe Biden s'est dit "soulagé" que Donald Trump soit "indemne". Kamala Harris a condamné « la violence » aux Etats-Unis. Plusieurs dirigeants étrangers ont également réagi à l’incident. Sur X, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est dit « heureux » de savoir Donald Trump « sain et sauf ».

Critiques envers le Secret Service

Le Secret Service, chargé de la protection des hautes personnalités politiques américaines, a été vivement critiqué. La directrice du Secret Service, Kimberly Cheatle, a annoncé sa démission, après avoir reconnu devant une commission d’enquête du Congrès la faillite de son agence pour empêcher la tentative d’assassinat.

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