Les Jeux olympiques ont le pouvoir de révéler au monde des athlètes jusque-là inconnus. C'est ce qui s'est passé pour Yusuf Dikeç, un tireur turc de 51 ans, dont le style singulier a captivé l'attention lors des Jeux de Paris 2024.
Un style qui détonne
Lors de la finale olympique par équipes mixtes de tir au pistolet à 10m, à Châteauroux (Indre), le 30 juillet 2024, l'athlète Yusuf Dikeç s'est distingué de ses adversaires grâce à son équipement simple et son air décontracté.
Yusuf Dikeç ne semblait pas particulièrement paré pour concourir à une épreuve de tir au pistolet à 10 m des Jeux olympiques de Paris 2024. Il tire en tee-shirt, main dans une poche, sans lunettes ni casque de protection. Son allure décontractée a suscité l'admiration et l'étonnement, devenant même un symbole de victoire pour d'autres athlètes. Si son apparence semble incongrue à ce niveau de compétition, cela ne l'a pas empêché de réaliser une excellente performance. Avec simplement des petits bouchons dans les oreilles, Dikeç et son flegme sont parvenus à se hisser jusqu’à la finale sans avoir l’air de trop se forcer.
Sa décontraction apparente a été imitée, à Paris 2024, par des sportifs pour célébrer leurs victoires, notamment par l'équipe du relais 4x100 sud-africain et par Armand Duplantis sur la piste du Stade de France. La championne olympique de la perche, Nina Kennedy, célèbre son titre en mimant le tireur turc devenu célèbre sur les réseaux sociaux, le 7 août 2024.
Explication de la posture
Mais Yusuf Dikeç se défend d'une quelconque nonchalance : "Je le fais uniquement pour tenir mon corps plus stable, pour être en équilibre. Il ne faut pas chercher plus loin", précise la nouvelle coqueluche des réseaux sociaux. « Certains ont pensé que ma main dans la poche était un signe d'arrogance. Ceux-là ne connaissent rien sur moi, ni au tir sportif », raconte-t-il en riant.
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Ancien officier de la gendarmerie à la retraite depuis un an, Yusuf Dikeç préfère tirer sans matériel de protection. « Comme je tire les deux yeux ouverts, je ne me sens pas à l'aise avec les lunettes de protection, les casques ou tout autre accessoire. « Je lui ai demandé si les robots pouvaient remporter une médaille la main dans la poche. "Il y a quelque chose de beau, de naturel dans ce mouvement. Les gens l'ont apprécié, ce qui me fait plaisir", a-t-il ajouté.
Une carrière jalonnée de succès
Sa médaille olympique vient concrétiser vingt-quatre années de tir à haut niveau, auquel il a été initié lors de sa carrière de gendarme. Diplômé de l’École militaire de gendarmerie d’Ankara, il a gravi les échelons dans l’armée de son pays en devenant caporal dans la ville de Mardin, avant d’exercer en tant que sergent à Istanbul. Sa carrière sportive débutait alors dans les années 2000 au sein du club sportif de la gendarmerie turque de Jandarma Gücü à Ankara, où il était sous-officier. Sa médaille d'argent par équipes n'a d'ailleurs rien de surprenant : il a multiplié les podiums aux championnats d'Europe, en Coupe du monde et aux Mondiaux, et participait même à ses cinquièmes Jeux après Pékin, Londres, Rio et Tokyo.
L'explosion sur les réseaux sociaux
Depuis quelques jours, les réseaux sociaux s'emballent pour plusieurs tireurs, habituellement méconnus et sous-médiatisés. La raison de cette soudaine notoriété : le style unique de ces athlètes, qui font le bonheur des réseaux sociaux. Rapidement, de nombreux montages ont fleuri sur les réseaux sociaux.
Dans des vidéos, des jeux, des dessins animés massivement partagés, Yusuf Dikeç est désormais associé à un agent secret, un héros de manga ou encore à un tueur à gages légèrement dilettante. Yusuf Dikeç a pu s'entretenir directement avec le businessman américain et lui expliquer pourquoi cette pose symbolise, selon lui, surtout le travail, la passion et l'esprit olympique. Un internaute a, lui, carrément réalisé un montage de quatre tireurs, avec la légende : "Je dirai à mes enfants qu'ils étaient les Avengers", en référence à la célèbre équipe de superhéros Marvel.
L'esprit olympique incarné
Pour Yusuf Dikeç, plus que la confiance en soi, sa pose symbolise l’esprit olympique. « Le fair-play, le refus du dopage et la mise à l’épreuve du talent et de l’anatomie humaine à l’état naturel font partie de l’esprit olympique. Il y a quelque chose de beau, de naturel dans ce mouvement.
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Au-delà de Dikeç : d'autres styles marquants
Yusuf Dikec n'est pas le seul tireur à avoir conquis les cœurs des internautes. Ses lunettes à l'allure futuristes et sa manière de tirer, digne d'un film, en ont fait l'une des coqueluches des réseaux sociaux. Après avoir brillé durant les JO de Paris 2024, l’athlète sud-coréenne Kim Ye-ji va effectuer un changement de carrière radical en devenant… tueuse à gages dans une série.
En effet, la société Asia Lab a annoncé à l’AFP ce vendredi 20 septembre que l’athlète de 32 ans allait jouer dans une série nommée « Crush ». Elle apparaîtra ainsi aux côtés de stars d’au-moins 7 pays différents, tandis que la série abordera les thématiques du racisme et de la xénophobie. De son côté, Yusuf Dikeç aurait lui aussi reçu des offres du cinéma et de la publicité.
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