Volmerange-les-Mines, un village mosellan de la région Grand Est, recèle une histoire riche et complexe, marquée par son passé minier et sa position frontalière. Cet article explore l'histoire de Volmerange-les-Mines, en mettant en lumière son évolution à travers les siècles, son patrimoine minier significatif et son identité culturelle unique.
Des Origines Anciennes à la Frontière Linguistique
L'existence de Volmerange-lès-Boulay (ancien nom) est attestée dès 1147 sous la forme de "Wolmeringa". Cependant, des découvertes archéologiques révèlent une occupation du site remontant à l'âge du fer, plus précisément à la période du Halstatt (de 700 à 450 avant Jésus-Christ).
Au Moyen Âge, les seigneurs de Volmerange se mirent au service de la cité de Metz. Malgré cette allégeance, le village subit le pillage des Messins lors d'un siège de Boulay. Au fil des cessions, Volmerange fut partagée entre l’Évêque de Metz, le Comte de Luxembourg et le Duc de Lorraine.
Initialement, la paroisse de Volmerange était une annexe de celle de Condé-Northen. Après des combats juridiques acharnés, Volmerange obtint son détachement en 1750, invoquant l'éloignement, un ruisseau infranchissable et surtout, une différence de langue.
Le village a connu trois lieux de culte successifs : la chapelle Saint-Jacques, sur la côte dominant le bourg, la chapelle Sainte-Marguerite, près du hameau disparu de Bengen, et la chapelle du village. L'église actuelle, construite en 1730 et restaurée en 1774, a vu son accès amélioré par l'acquisition et la destruction d'une maison voisine. L'édifice abrite de magnifiques orgues Dalstein-Haerpfer datant de 1899. Parmi les curés de la paroisse, François Hilgert exerça comme prêtre réfractaire pendant la Révolution, subissant la déportation avant d'être libéré en 1795.
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Une des particularités de Volmerange est son emplacement à la frontière linguistique. Selon l'historien Jean-Marie Blanc, cette situation pourrait résulter d'un don de l'Empereur germanique Henri II à l'Évêque de Metz, avec la Nied allemande comme limite entre Créhange et Condé-Northen. Cette frontière linguistique se reflète dans les noms de lieux-dits, qui utilisent indifféremment le français et le Platt.
L'École et la Population : Évolution Démographique et Sociale
Les archives de l'école de Volmerange remontent à 1620, avec la découverte de la "Schulchronik", une chronique de la vie de l'école et du village tenue par l'instituteur pendant la période d'Annexion.
La population de Volmerange est mal connue avant 1802. Les recensements ultérieurs montrent une évolution démographique intéressante : un maximum de 496 habitants en 1836, une lente érosion jusqu'à 197 habitants en 1975, puis une remontée vigoureuse avec 547 habitants en 2008.
L'entretien des chemins fut un problème récurrent pour la municipalité, en raison de l'absence de carrière sur le ban communal et du passage de charrois destinés à d'autres communes. La commune devait également entretenir le pont sur la Nied. Elle possédait deux moulins : l'un sur le ruisseau de Macker et le second sur la Nied, ce qui entraîna des litiges avec les meuniers.
Le sobriquet donné aux habitants de Volmerange était les "Niedschwin", faisant référence à leur tendance à lésiner en affaires, mais aussi, pendant longtemps, à l'état du village.
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Volmerange-les-Mines : Un Centre Minier Important
Au-delà de son histoire villageoise, Volmerange-les-Mines a été profondément marquée par l'exploitation du minerai de fer, caractéristique du bassin lorrain. L'activité minière a façonné le paysage, l'économie et la vie sociale de la commune.
Les Concessions Minières et les Sociétés d'Exploitation
L'exploitation minière à Volmerange-les-Mines a été le fruit de nombreuses concessions et de l'intervention de différentes sociétés, dont :
- Société de Saintignon et de la Providence : Cette société a exploité les puits 1 et 2 avant la création de la société des mines d'Amermont-Domary.
- Société des Forges et Aciéries du Nord-Est : Cette société possédait la concession de la seconde mine du village.
- Société Belgo-Allemande Aumetz-Friede : Propriétaire de la mine d'Aumetz-Friede, cette société a exploité le puits foncé en 1897.
- Société Mosellane, Wendel-Sidelor et Sacilor division Lormines : Ces sociétés se sont succédé à la suite de fusions et ont exploité la mine d'Aumetz-Friede.
- Société Minière Ferdinand (SMF) puis ARBED (Société Minière des Terres Rouges) : Ces sociétés ont exploité la mine Ferdinand, devenue la plus importante en termes d'extraction.
- Société des Mines et Usines de Rédange Dilling : Cette société a pris le contrôle de la concession après l'annexion allemande.
- Société d'Hagondange puis De Wendel : Ces sociétés ont exploité la mine Karl Lueg, renommée Mine du Haut-Pont.
- Fentscher Hüttenge Friede de Knutange, SMK, SMS et Wendel-Sidelor : Ces sociétés ont exploité la concession "Bassompierre".
- Ets Kraemer de Saint Ingbert (Allemagne) : Cette société a obtenu la concession en 1873.
- Krupp puis Société des Mines de Rochonvillers (fondée par Henry Couriot) : Ces entités ont exploité la mine de Rochonvillers.
- Société Schneider (filiale du groupe du Creusot) : Cette société a exploité la mine de Droitaumont.
- Société des Mines d'Errouville : Cette société possédait la concession de la mine de Droitaumont, connue pour son minerai riche en fer.
- SA de Pont à Mousson, exploitée par Lormines (dernier exploitant) : Ces entités ont exploité une mine à Volmerange-les-Mines, connue pour des affaissements de terrain.
Les Infrastructures Minières et les Techniques d'Extraction
L'exploitation minière à Volmerange-les-Mines a nécessité la construction de nombreuses infrastructures, dont :
- Puits : Les puits permettaient d'accéder aux couches de minerai en profondeur. Parmi les puits notables, on peut citer les puits 1 et 2 de la mine exploitée par la société de Saintignon et de la Providence, le puits d'Aumetz-Friede foncé en 1897, le puits Pensbrunn, le puits François (servant à l'aérage), les puits 1 et 2 de la mine de Boulange, et le puits d'extraction de Havange.
- Galeries : Les galeries permettaient de circuler et d'extraire le minerai en souterrain. Parmi les galeries notables, on peut citer la galerie Louise (servant au transport du personnel), la galerie Guillaume (première galerie d'extraction), la galerie Charles (acheminant le minerai vers Thionville), et la galerie de Moyeuvre.
- Bures d'extraction : Ces installations permettaient de remonter le minerai à la surface. Le bure d'extraction 2 était encore équipé d'une cage "en suspension".
- Plans inclinés : Ces plans permettaient d'accéder aux différents niveaux de la mine.
- Usines d'enrichissement du minerai : Une usine d'enrichissement du minerai était construite à proximité de la mine.
- Funiculaire aérien : Un funiculaire aérien reliait la mine d'Aumetz-Friede à l'usine de Knutange (future SMK).
- Chevalements et tours d'extraction : Ces structures permettaient de remonter le minerai des puits. La mine Ferdinand était équipée d'une tour d'extraction, la seule dans tout le bassin.
Les techniques d'extraction utilisées à Volmerange-les-Mines ont évolué au fil du temps. Au début, l'extraction se faisait par galeries et par puits. Plus tard, des techniques plus modernes ont été utilisées, comme l'extraction par skips et l'utilisation d'explosifs. Des galeries de roulage étaient utilisées pour le transport du minerai.
L'Impact Social et Économique de l'Activité Minière
L'activité minière a eu un impact considérable sur la population de Volmerange-les-Mines. Elle a créé des emplois et a stimulé l'économie locale. De nombreux mineurs, souvent d'origine étrangère (comme les Belges à la mine du Bouswald), sont venus s'installer à Volmerange-les-Mines pour travailler dans les mines.
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L'exploitation minière a également eu des conséquences négatives. Les conditions de travail étaient difficiles et dangereuses, et les accidents étaient fréquents. La fermeture des mines dans les années 1970 et 1980 a entraîné une crise économique et sociale importante, avec la perte de nombreux emplois.
La Fin de l'Activité Minière et la Reconversion du Site
La mine de Volmerange-les-Mines a été désaffectée en 1975, et les installations de surface ont été démolies en 1984. La mine d'Aumetz-Friede a fermé en 1983. La fermeture des mines a marqué la fin d'une époque pour Volmerange-les-Mines.
Aujourd'hui, le carreau de la mine d'Aumetz-Friede est devenu un musée en 1989. Le carreau de la mine de Boulange est toujours debout, mais abandonné. D'autres sites miniers ont été réutilisés par des entreprises ou transformés en habitations.
Volmerange-les-Mines Aujourd'hui
Volmerange-les-Mines est aujourd'hui une commune résidentielle qui a su préserver son patrimoine et son identité. La commune fait partie de la Communauté de communes de Cattenom et Environs.
Démographie et Administration
Selon les dernières données de l'INSEE, Volmerange-les-Mines compte environ 1 500 habitants. Les résidents peuvent effectuer diverses démarches administratives telles que la demande de passeport, d'acte d'état civil, de Carte Nationale d'Identité (CNI), et de livret de famille.
Géographie et Climat
Volmerange-les-Mines est située à proximité de plusieurs villes importantes, telles que Thionville, Dudelange, Esch-sur-Alzette, Hayange et Luxembourg. Le climat de Volmerange-les-Mines est de type océanique dégradé, avec des influences continentales, caractérisé par des étés tempérés et des hivers relativement froids.
Culture et Tourisme
À proximité de Volmerange-les-Mines, plusieurs sites touristiques attirent les visiteurs, notamment le Musée des Mines de Fer à Neufchef et le Parc Wilson à Thionville.
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