La violence armée est un problème complexe et multifacétique qui touche de nombreux pays, mais qui est particulièrement préoccupant aux États-Unis. Les statistiques sur les accidents mortels par arme à feu révèlent une réalité alarmante, avec des milliers de vies perdues chaque année. Cet article se propose d'examiner ces statistiques, d'analyser les tendances et les causes sous-jacentes, et de mettre en lumière les mesures de prévention possibles.
L'ampleur du problème aux États-Unis
Les États-Unis sont confrontés à une crise de violence armée qui se manifeste de différentes manières, notamment par des fusillades de masse, des homicides, des suicides et des accidents. La fusillade survenue à Lewiston dans le Maine est désormais l'une des tueries de masse les plus meurtrières de l'histoire des États-Unis. Depuis 2014, il y a eu plus de 4600 fusillades de ce type aux États-Unis, définies comme des événements où au moins quatre personnes sont tuées ou blessées, sans compter l'auteur des faits.
Depuis 2012, le Gun Violence Archive dénombre 17 tueries de masse avec plus de 10 morts, comprenant des tragédies comme la fusillade de Sandy Hook, celle d'Orlando et celle de Las Vegas.
Malgré l'horreur et l'attention médiatique qu'elles suscitent, les victimes des fusillades de masse ne représentent qu'une petite fraction du nombre total de décès par arme à feu aux États-Unis. Depuis 2014, plus de 163 000 Américains ont été tués par arme à feu, que ce soit intentionnellement ou non, et plus de 318 000 ont été blessés.
Tendances des décès par arme à feu
Le taux de morts par arme à feu (homicides involontaires et meurtres) a connu des fluctuations au fil des décennies. En 1968, il était de 5,2 pour 100 000 Américains, atteignant un sommet de 7,2 en 1974. Il a ensuite diminué, passant sous la barre des 5 au début des années 2000, avant de remonter à 6,7 pour 100 000 habitants en 2021.
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En 2021, les États avec les taux de décès liés aux armes à feu les plus élevés étaient le Mississippi (33,9 pour 100 000 habitants), la Louisiane (29,1), le Nouveau-Mexique (27,8), l'Alabama (26,4) et le Wyoming (26,1). À l'inverse, le Massachusetts, Hawaï, le New Jersey, New York et le Rhode Island avaient les taux les plus bas, inférieurs à 6 pour 100 000 habitants.
Une tendance particulièrement inquiétante est l'augmentation du nombre de jeunes blessés ou tués par arme à feu depuis 2019. Au cours des cinq dernières années, environ 1300 enfants et 5600 adolescents ont été tués par une arme à feu, et plus de 19 000 jeunes Américains ont été blessés lors d'événements impliquant des armes à feu.
Il est également important de noter que les suicides représentent plus de la moitié des décès par arme à feu aux États-Unis, avec plus de 20 000 morts par an dans cette catégorie. En 1968, il y avait une moyenne de 6,3 suicides pour 100 000 Américains, contre 7,5 en 2021.
Une étude qui porte sur l’année 2020, aux Etats-Unis, comptabilise 4 368 enfants et adolescents (jusqu’à 19 ans) décédés de blessures causées par une arme à feu, un taux de 5,4 pour 100 000 personnes. Les armes sont devenues la principale cause de décès chez les jeunes Américains, surpassant les accidents de la route, selon une récente étude des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC). 4 036 décès ont été imputés aux accidents de la route chez les jeunes Américains de moins de 19 ans ; à titre de comparaison, 332 morts de plus ont été causées par une arme à feu.
La possession d'armes à feu aux États-Unis
Selon les données du Pew Research Center, environ 40 % des Américains avaient une arme à feu dans leur domicile en août 2023, une proportion similaire à celle de 2021. Les hommes sont plus susceptibles que les femmes de posséder une arme à feu, et les républicains sont plus de deux fois plus susceptibles que les démocrates d'en posséder une.
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La majorité des Américains qui possèdent une arme à feu disent le faire pour des raisons de sécurité. Le nombre exact d'armes à feu détenues par des civils aux États-Unis est difficile à estimer, mais selon le Small Arms Survey, les Américains posséderaient près de 400 millions d'armes, soit environ 120 armes pour 100 Américains. Aucune autre nation ne possède plus d'armes civiles que d'habitants.
Disparités et facteurs de risque
Il est essentiel de souligner que la violence armée ne touche pas tous les groupes de population de la même manière. Les jeunes Afro-Américains sont victimes d'armes à feu de manière disproportionnée, avec quatre fois plus de risques de mourir par balle que les jeunes Blancs. Le deuxième groupe le plus affecté est celui des Amérindiens. Les hommes ont également six fois plus de risques de mourir à cause d'une arme à feu que les femmes.
Plusieurs facteurs de risque contribuent à la violence armée, notamment la pauvreté, le manque d'accès aux soins de santé mentale, la violence domestique et la présence d'armes à feu dans les foyers.
Accidents de chasse : une perspective spécifique
Bien que les fusillades de masse et les homicides soient les formes de violence armée les plus médiatisées, les accidents de chasse représentent également une source de décès et de blessures, bien que dans une moindre mesure. En France, le nombre de victimes d'accidents de chasse est comptabilisé par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), qui tient un décompte précis et annuel de ces accidents dont le nombre est en baisse légère depuis 20 ans. Dans 90 % des cas, les victimes sont des chasseurs.
La saison 2023-2024 a vu une légère hausse des accidents dus à la chasse, avec six chasseurs tués dans les accidents. Un nombre de morts qui est cependant à son plus bas niveau depuis 2003. Le nombre d’accidents de chasse recensés lors de la saison 2023-2024 a légèrement augmenté par rapport à l’année précédente (97 contre 78), principalement en raison de la hausse des blessures auto-infligées, selon l’Office français de la biodiversité (OFB).
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La très grande majorité des accidents mortels reste liée à un manquement aux règles élémentaires de sécurité et en particulier au non-respect de l’angle de sécurité de 30°, à un tir sans identification ou à une mauvaise manipulation de l’arme.
L'alcool est également un facteur de risque important dans les accidents de chasse. Aux États-Unis, sur 2349 jeunes adultes chasseurs, 23 % des chasseurs hommes ont dit avoir déjà chassé en état d’ivresse. L'ébriété est constatée dans 15 % des accidents de chasse dans ce pays.
Prévention et mesures de contrôle des armes à feu
La question du contrôle des armes à feu est au cœur du débat sur la violence armée. Les partisans d'un contrôle plus strict des armes à feu soutiennent que des lois plus restrictives pourraient réduire le nombre de décès et de blessures liés aux armes à feu. Ils proposent notamment des mesures telles que la vérification des antécédents pour tous les achats d'armes à feu, l'interdiction des armes d'assaut et des chargeurs de grande capacité, et la mise en place de lois sur le remisage sécuritaire des armes à feu.
D'autres estiment que le droit de posséder des armes à feu est un droit constitutionnel fondamental et que les lois existantes sont suffisantes. Ils soutiennent que l'application plus stricte des lois existantes et l'amélioration de l'accès aux soins de santé mentale sont des solutions plus efficaces pour réduire la violence armée.
En France, la loi a créé un fichier national du permis de chasser (au moins pour les permis passés à partir de 2003 et validés par la FNC). L'article L. 424-15 a créé une formation théorique obligatoire de remise à niveau des chasseurs sur les règles élémentaires de sécurité , sans examen, en présentiel ou en ligne, gratuite, pour tous les chasseurs (1/2 journée tous les dix ans).
Recherche et données
La recherche sur la violence armée est essentielle pour comprendre les causes et les conséquences de ce problème et pour identifier les stratégies de prévention les plus efficaces. Cependant, aux États-Unis, la recherche sur la violence armée a été entravée par des restrictions de financement et un manque de données fiables.
De 1996 à 2019, « l'amendement Dickey » a interdit aux Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) d'utiliser des fonds « pour préconiser ou promouvoir le contrôle des armes à feu », texte « largement interprété comme interdisant le financement de la recherche sur la violence armée » dans le pays.
Malgré ces obstacles, des efforts sont en cours pour relancer la recherche sur la violence armée et pour collecter des données plus complètes et fiables.
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