L'Amicale des Tireurs de Sainte-Savine, club sportif dédié au tir, s'inscrit dans une histoire locale riche et une tradition sportive en constante évolution. Pour comprendre l'importance de cette amicale, il est essentiel de situer Sainte-Savine dans son contexte historique et de retracer l'essor du tir sportif dans la région.
Sainte-Savine: Une Histoire Profonde
L'histoire de Sainte-Savine remonte à des temps anciens. La légende raconte qu'en apprenant la mort de Savinien près de Troyes, une femme défaillit et mourut. Au VIIe siècle, Ragnégisile, évêque de Troyes, lui voua une dévotion particulière et fit ériger un oratoire autour duquel se développa le village de Sainte-Savine, à l'emplacement de l'église actuelle.
Au fil des siècles, Sainte-Savine a connu des périodes de troubles, notamment pendant les guerres de religion, où les récoltes furent ravagées, les maisons incendiées et les habitants rançonnés. L'église actuelle date d'ailleurs de cette époque (1540). Avant la Révolution, la paroisse était sous l'autorité de l'abbaye de Montier La Celle.
La population de Sainte-Savine, composée de laboureurs, de manouvriers et de vignerons, comptait 372 habitants qui possédaient une école. Le 17 mars 1789, les habitants âgés de 25 ans et inscrits au rôle des contributions participèrent à l'élection des députés à l'assemblée préliminaire du Tiers État pour le bailliage de Troyes. Ils désignèrent Jean MOSLE et Basile PAYN comme représentants, qui devinrent respectivement Maire et Procureur de la Commune après la Révolution, le 19 janvier 1790.
L'Essor de la Bonneterie et le Développement de Sainte-Savine
Sainte-Savine a connu un essor important grâce à l'industrie de la bonneterie dès le XIXe siècle. La création d'entreprises dans ce secteur a contribué à la prospérité de la commune. Avant le développement des zones péri-urbaines dans les années 1960, Sainte-Savine était la deuxième ville du département.
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Aujourd'hui, Sainte-Savine compte 10 515 habitants (au 1er janvier 2021) et s'étend sur une superficie de 759 hectares. Pour desservir toutes les habitations, environ 59 000 mètres de voirie sont nécessaires.
Le Tir Sportif en Champagne-Ardenne: Un Engouement Croissant
Depuis quelques années, le nombre de licenciés en tir (carabine, pistolet) augmente en Champagne-Ardenne. Ce sport attire particulièrement les jeunes. Le tir à la carabine ou au pistolet à 10 mètres est une discipline olympique depuis les années 1980.
La Ligue de Champagne-Ardenne mise sur des compétitions pour attirer les plus jeunes, comme le championnat régional des clubs organisé au Cosec de la Noue Lutel à Sainte-Savine. Ces duels, où le vainqueur est déterminé sur un seul tir de carabine ou de pistolet, sont un moyen de motiver et de canaliser la relève. La Ligue a également fait un gros effort de formation d'animateurs depuis 2008.
L'Amicale des Tireurs de Sainte-Savine: Un Acteur Clé
L'Amicale des Tireurs de Sainte-Savine est l'un des clubs les plus dynamiques de la région. Lors du championnat régional des clubs au Cosec de la Noue Lutel à Sainte-Savine, Marine Jeannot (16 ans) et son équipe de l'amicale se sont qualifiées pour les championnats de France, tant à titre individuel qu'en équipe.
L'amicale joue un rôle essentiel dans la promotion du tir sportif à Sainte-Savine et dans la région. Elle offre un environnement propice à l'apprentissage et à la pratique du tir, encadré par des animateurs formés. Le club participe activement aux compétitions régionales et nationales, contribuant ainsi au développement du tir sportif en Champagne-Ardenne.
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Les Enseignants et la Résistance à Reims
Le 23 novembre 1940, un tract fut découvert et saisi dans la salle de lecture de la bibliothèque municipale de Reims, la Bibliothèque Carnegie. Ce premier acte isolé de résistance à Reims passa inaperçu, mais il montrait que tous les Marnais n'étaient pas acquis au régime de Vichy et à la collaboration.
Parmi les enseignants résistants, beaucoup étaient avant-guerre des militants syndicaux, parfois des adhérents de partis politiques, le plus souvent du Parti socialiste SFIO ou du Parti communiste. Leur participation à la Résistance était la suite logique de leur engagement. Profondément républicains et attachés à la défense de l’école laïque, ces enseignants étaient opposés au régime de Vichy.
Certains ont fait l’objet dès 1940 de mesures d’internement administratif comme Sigismond Moszkowski, professeur de mathématiques au lycée Pierre Bayen de Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne). Plusieurs autres ont été révoqués comme André Aubert et Pierre Barbier, instituteurs à Reims, ou Alfred Chabaud, professeur à l’École nationale des Arts et métiers de Châlons. Ces enseignants ont souvent rejoint le mouvement Libération-Nord ou le Front national de lutte pour l’indépendance de la France où ils ont assumé des responsabilités. Irénée Dlévaque, professeur de mathématiques au lycée Pierre Bayen de Châlons, a été l’un des initiateurs du groupe châlonnais de Libération-Nord.
Les enseignants ont joué un rôle spécifique dans la presse clandestine. Comme d’autres résistants ils ont diffusé des tracts et journaux clandestins le plus souvent acheminés depuis Paris. Mais, en 1944, ils ont aussi participé à la création de feuilles clandestines marnaises. Robert Duterque a fait partie du comité de rédaction du premier numéro de L’Union « organe officiel du comité départemental de la libération de la Marne », qui a été diffusé à Reims en mai 1944. À la même date, était rédigé le premier numéro de La Marne enseignante, organe du Syndicat national des instituteurs (SNI) qui avait été reconstitué dans la clandestinité par Léon Borgniet, André Aubert, Pierre Barbier, Robert Duterque et Jean Hue.
La répression de l’occupant nazi n’a pas épargné les enseignants. Jacques Doré, professeur à Vitry-le-François, a été fusillé en avril 1942. Thérèse Pierre, enseignante marnaise déplacée en Bretagne, est morte sous la torture dans la prison de Rennes en octobre 1943. À Châlons-en-Champagne, dans les locaux de l'Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (INSPÉ) une stèle est dédiée aux anciens élèves de l'École normale d'instituteurs et une plaque rappelle le souvenir de deux anciennes élèves de l'École normale d'institutrices, Jeanne Barillon et Thérèse Pierre. À Reims, dans le Square des victimes de la Gestapo, une plaque rend hommage aux « Maîtres de l'école laïque victimes de la barbarie nazie » ; à l'intérieur de l'école Jean Macé, boulevard des Belges, une plaque rappelle le souvenir de Jean Allin , instituteur tué au combat en août 1944, et de Robert Duterque mort en déportation ; au lycée Roosevelt celui d'André Watier professeur dans l'ancien collège moderne et technique et responsable en 1944 du groupe de résistance de Ludes, exécuté par des miliciens fin août 1944.
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Des établissements scolaires portent le nom d'enseignants marnais engagés dans la résistance : École Roger Garitan à Villers-Allerand, collège Yvette Lundy à Aÿ-Champagne, collège Gisèle Probst à Vitry-le-François, collège Raymond Sirot à Gueux. Le nom de Thèrèse Pierre a été donné à une école de Bar-le-Duc dans la Meuse et à un collège de Fougères en Ille-et-Vilaine.
Figures Marquantes
Jean Allin était le fils d’Albert François Allin, mécanicien mobilisé à l’usine Lepet à Paris au moment de sa naissance, et de Marie Goudard, sans profession. Il avait épousé Yvonne Claudine Amanda Félix le 31 mai 1941 à Reims (Marne). Il a rejoint le groupe CDLR-FFI (Ceux de la Résistance-Forces françaises de l’intérieur) de Sézanne. Il a été homologué FFC (Forces françaises combattantes) au titre du réseau Darius. Il est décédé le 22 avril 1984 à Reims. Au retour de cette mission, les FFI de La Celle-sous-Chantemerle ont été surpris par une unité de la Wehrmacht installée pour s'y ravitailler dans le hameau de Charmoy. À La-Celle-sous-Chantemerle, le nom de Jean Allin est inscrit sur le monument aux morts communal.
André Aubert est né le 30 novembre 1899 à Saint-Just-Sauvage (Marne), son épouse Berthe Petit le 18 avril 1895 à Lepuix-Delle dans le Territoire de Belfort. Engagé volontaire en 1917, dès l'achèvement de ses études à l'École normale d'instituteurs de Châlons-sur-Marne, André Aubert était au front le jour de ses 18 ans dans le secteur de Noyon dans l'Oise. Démobilisé, il a épousé Berthe Petit en juillet 1920. De 1930 à 1937, il a exercé la fonction d'économe au Collège de Vitry-le-François. En 1937, auteur d'une pétition contre le principal Barandon, adressée au ministre du Front populaire Jean Zay, il est entré en opposition avec l'inspecteur d'Académie Heller, et a refusé une mutation à Orléans. En septembre 1938, au moment de la crise de Munich, il a été mobilisé comme sergent-major sur la Ligne Maginot pendant une dizaine de jours. Fait prisonnier le 19 juin 1940 près de Montbéliard, il a été envoyé au Stalag VII A en Bavière. De retour à Reims, il a retrouvé son poste à l'École du boulevard des Belges. À la mi-novembre 1941, il a été convoqué à Châlons-sur-Marne par le préfet René Bousquet qui l'a informé qu'il était démissionné d'office à la date du 17 novembre 1941. Il a dû chercher un nouvel emploi, ce qui s'est avéré difficile après une révocation par le gouvernement de Vichy. Au début de l'année 1942, il a finalement été embauché comme caissier-comptable à la STEMI, une entreprise rémoise. Il y est devenu responsable du syndicat des métaux de la CGT clandestine. Membre de Libération-Nord, il a été contacté le 4 avril 1942 par Léon Borgniet pour reconstituer dans la clandestinité le Syndicat national des instituteurs. Avec Jean-Marie Docq, secrétaire de la Bourse du Travail, il a fabriqué de faux tickets de rationnement pour les réfractaires du STO (Service du travail obligatoire), et a fondé la Société mutualiste des Ateliers de Reims de la STEMI, qui a servi de couverture pour réunir des fonds destinés à la prise en charge des réfractaires du STO. À l'automne 1943, André et Berthe Aubert ont été contactés par l'abbé Lundy et l'abbé Droesch, vicaires de la paroisse Saint-Benoît de Reims, qui leur ont demandé d’héberger des membres d'équipages alliés pris en charge par le réseau d'évasion Possum. André Aubert a été incarcéré à la prison Robespierre de Reims dont il a réussi à s'échapper à la faveur du bombardement du 30 mai 1944. Mais parvenu dans la rue par une brèche ouverte dans le mur de la prison, il a réalisé que son évasion risquait d'entraîner de terribles représailles à l'encontre de son épouse dont il était sans nouvelles, et il est retourné dans la prison. Transféré à Châlons-sur-Marne, puis à Compiègne (matricule 40 051), André Aubert a été déporté le 18 juin 1944 à Dachau (matricule 72 290), où il a été affecté au Kommando d'Allach. André Aubert a été homologué RIF (Résistance intérieure française) au titre de Libération-Nord et agent P1 du réseau Possum au titre des FFC (Forces françaises combattantes). Internée à Reims puis à Laon et au Fort de Romainville, Berthe Aubert a été déportée comme résistante le 19 juin 1944 à Sarrebruck Neue Bremm, puis transférée à Ravensbrück (matricule 44 608). À Reims, une plaque commémorative a été apposée en 1947 par la municipalité au domicile de Berthe Aubert 28, rue Victor Rogelet et son nom est inscrit sur le Monument aux martyrs de la Résistance et de la Déportation. Après son retour de déportation, André Aubert a été nommé au Collège moderne et technique qui est devenu le Lycée Roosevelt. Il y a dirigé la section préparatoire à l'École primaire supérieure et il a poursuivi sa carrière comme professeur de collège d'enseignement général jusqu'à son départ en retraite en 1953. Correspondant marnais du Comité d'histoire de la 2e guerre mondiale, André Aubert a participé dans la Marne aux enquêtes nationales initiées par ce comité. C'est à partir de ses travaux qu’a été dressée la Carte de la souffrance publiée en 1971, diffusée par le CNDP (Centre national de documentation pédagogique) dans les collèges et les lycées de la Marne.
Pierre Barbier, domicilié à Reims, marié, père d’un garçon né en 1941, était instituteur et militant syndical. Il a hébergé à son domicile des responsables de la résistance, en particulier le commissaire militaire interrégional des Francs-tireurs et partisans français (FTPF), François Grillot, pseudo Germain, présent chez lui le jour de son arrestation par la Gestapo, le 13 juin 1944. Il a été affecté au kommando de Husum-Schwesing où les détenus creusaient des tranchées anti-chars. À Reims, une plaque commémorative a été apposée en 1947 par la municipalité au domicile occupé par son épouse après la guerre 34, rue du Barbâtre, plaque qui a disparu avec cette maison. Une autre plaque refaite à l’identique se trouve aujourd’hui dans le Square des victimes de la Gestapo, où le nom de Pierre Barbier est aussi inscrit sur la plaque dédiée aux « Maîtres de l’école laïque victimes de la barbarie nazie ».
Jeanne Barillon, formée à l'École normale d'institutrices de Châlons-sur-Marne entre 1911 et 1914, a été institutrice à Préfontaines dans le Loiret de 1915 à 1917, puis dans la Marne à Sermaize de 1917 à 1931, et enfin à L'Épine où elle était directrice de l'école et secrétaire de mairie. En novembre 1942, ils ont rejoint tous les deux le groupe CDLR-BOA (Ceux de la Résistance-Bureau des opérations aériennes de la France libre) animé par Robert Tritant. Émilien a constitué un stock d'essence et de charbon de bois pour gazogènes destiné à la Résistance, et il a diffusé des tracts et des journaux clandestins. Il était aussi chargé des liaisons avec Paris. Le 8 septembre 1943, Émilien Barillon a été arrêté à L'Épine, lors des arrestations qui ont démantelé le groupe Tritant. Interné à Compiègne, il a été déporté comme résistant le 22 janvier 1944 à Buchenwald (matricule 42 427). Le 17 janvier 1944, Jeanne Barillon a été arrêtée à son tour par la Gestapo à son domicile. Elle a été déportée comme résistante le 19 juin 1944 à Sarrebruck Neue Bremm, et transférée le 7 juillet à Ravensbrück où elle a reçu le matricule 44 609. À L'Épine, les noms de Jeanne Charbonnier et d'Émilien Barillon figurent sur le monument aux morts. À Châlons-en-Champagne, une plaque honorant la mémoire de deux anciennes élèves, Jeanne Barillon-Charbonnier et Thérèse Pierre, avait été apposée en 1946 à la demande de l’Amicale des anciennes élèves à l’intérieur de l’École normale d'institutrices de Châlons-sur-Marne. Cette plaque, déposée en 1979 lors de travaux et un temps oubliée dans une réserve, a été remise en place en mai 2007 dans ces locaux devenus Institut de formation des maîtres (IUFM), puis École supérieure du professorat et de l'éducation (ESPÉ) en 2013 et depuis 2019, Institut national supérieur du professorat et de l'éducation (INSPÉ). À Reims, le nom de Mme Barillon-Charbonnier est inscrit sur la plaque dédiée « Aux maîtres de l’école laïque victimes de la barbarie nazie » apposée dans le Square des victimes de la Gestapo.
Léo Borgniet est né le 14 février 1913 à Haybes (Ardennes). Son père, ardoisier, est mort au front à Verdun en 1916. En août 1933, il a épousé Raymonde Garnier. Instituteur à Montmirail puis à Reims, il était avant-guerre membre du bureau du Syndicat national des instituteurs (SNI) et de la section interdépartementale CGTU (Confédération générale du travail unitaire) de l’enseignement. Il animait également le Club sportif du travail affilié à la FSGT (Fédération sportive et gymnique du travail), créé à la Bourse du Travail de Reims. Mobilisé en 1939, il a été fait prisonnier en 1940 et s’est évadé aussitôt. En juin 1944, il est devenu sous le pseudonyme de Merlin, le responsable de l'arrondissement de Reims du Front national.
Claude Burgod, professeur de mathématiques à l'École pratique de commerce et d'industrie de Reims où il a été nommé en 1924, a été muté ultérieurement à l'École professionnelle de Suresnes dans la Seine, puis en 1942 dans la section commerciale du collège Arago à Paris, mais il a continué de militer au sein de la fédération marnaise du Parti socialiste SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière). Il a été arrêté en décembre 1943 et incarcéré à Fresnes, puis interné à Compiègne. Claude Burgod a été homologué FFC (Forces françaises combattantes).
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