Les émojis, ces petits symboles qui ponctuent nos conversations numériques, sont devenus un véritable langage universel. On en dénombre plus de 3 600, utilisés quotidiennement par des milliards d'internautes. Ils permettent d'exprimer des émotions, des concepts ou des objets de manière simple et visuelle. Parmi eux, l'émoji pistolet a connu une histoire particulièrement mouvementée, marquée par des controverses et des changements significatifs. Cet article explore l'évolution de cet émoji, de ses origines à son impact sur la communication moderne, en passant par les secrets de sa conception et les enjeux juridiques qu'il soulève.
Les Origines des Émojis : Un Voyage du Bipeur au Smartphone
Pour comprendre les enjeux de cette polémique, il faut revenir aux origines des émojis. Ces petits pictogrammes sont nés au Japon à la fin des années 1990. Inventés par Shigetaka Kurita, ils visaient à faciliter la communication émotionnelle dans les SMS. Les premiers émojis, inspirés des mangas et des pictogrammes, ont été conçus en 1997 par Shigetaka Kurita, un informaticien japonais travaillant pour un opérateur de téléphonie mobile. Ils servaient alors à communiquer des informations sur la météo ou à partager ses émotions via les bipeurs - ces dispositifs, largement utilisés dans les années 1980 et 1990, permettaient d’envoyer de très courts messages. Bien que son invention n’ait jamais été brevetée, l’informaticien a vu ses 176 premiers émojis rejoindre les collections du Museum of Modern Art (MoMA), à New York, en 2016.
L’écrivain Gavin Lucas, qui a consacré un livre entier aux emoji, note que les emojis ont de nombreux ancêtres : les premiers émoticones typographiques, comme ":-)", dont la première apparition remonte à… 1648 dans un poème du Britannique Robert Herrick (et pour la première fois sur un écran d’ordinateur en 1982) ! Mais aussi le fameux Smiley jaune créé dans les années 60, les typographies comme Zapf Dingbats (très populaire dans les années 90 car l’une des rares permettant d’insérer des dessins dans une page de texte) ou encore l’art ASCII, qui consiste à créer des dessins à partir de caractères.
Mais le premier véritable emoji, tel qu’on les connait (presque) aujourd’hui, date de 1995, et c’est un coeur : l’opérateur japonais NTT Docomo intègre un caractère en forme de coeur à ses "pagers" (équivalent du Tatoo ou du Tam-Tam, pour les nostalgiques). Et en 1999, le directeur artistique Shigetaka Kurita crée une première série de 179 emoji - acquise depuis quelques semaines par le MoMA, le musée d’art moderne de New-York.
Dans les années 2000, c'est sur les ordinateurs de bureau que les emoji ont eu leur heure de gloire, grâce aux messageries instantanées, notamment le désormais culte MSN Messenger. Mais pour voir réellement les emoji envahir le monde de la téléphonie mobile, il faut attendre plus de dix ans. La raison : si vous envoyiez un emoji à un correspondant qui n’avait pas un appareil de la même marque que vous, il ne pouvait pas le voir.
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Les emoji ont été intégrés au standard Unicode. Il s’agit d’une norme informatique qui définit précisément des caractères de sorte qu’ils soient compréhensibles de la même façon quel que soit l’appareil que vous utilisez. Très pratique notamment pour les langues qui utilisent un alphabet autre que l’alphabet latin, il n’intégrait jusqu’alors pas les emoji. Mais avec l’arrivée de l’iPhone d’un côté et des téléphones Android de l’autre, Unicode a dû se plier aux demandes d’Apple notamment et intégrer, en 2010, des emoji. Cela signifie que chaque emoji que vous tapez sur votre appareil correspond à un code, lisible, et donc traduisible universellement sur tous les appareils. C’est cela qui a permis le succès considérable des emoji.
Le Rôle Crucial du Consortium Unicode
Mais qui décide quels émojis intègrent nos claviers ? C'est là qu'intervient le fameux Consortium Unicode. C'est le Consortium Unicode qui est aux commandes, avec son Unicode Emoji Subcommittee. Le Consortium Unicode joue donc un rôle crucial. Il détermine non seulement quels nouveaux émojis seront créés, mais aussi leur apparence.
Vous pensez qu’ils sont créés par les opérateurs selon la mode ou leurs appareils ? Que nenni ! La liste officielle des émojis est rigoureusement gérée par le consortium Unicode, une organisation internationale à but non lucratif qui réunit les plus grandes entreprises de la tech, d’Apple à IBM en passant par Microsoft. Elle reconnaît 1 600 émojis compatibles avec tous les systèmes. La raison de cette centralisation est simple. Chaque image étant associée à un code, il convient de les harmoniser afin qu’un utilisateur de Google, par exemple, puisse envoyer un émoji sur un téléphone Apple et que le visuel reçu soit similaire à celui de la plateforme. Sinon, les malentendus seraient innombrables ! C’est également le consortium qui étudie chaque année les demandes de nouveaux émojis et évalue leur portée universelle.
Ces propositions sont ensuite examinées par le sous-comité selon des critères stricts tels que la compatibilité, la fréquence d’utilisation prévue, et la diversité. Pour rappel, la plupart des émojis qui y sont apportés sont gérés par le Consortium Unicode et son sous-comité Unicode Emoji. Il existe un sous-groupe chargé de la maintenance des emojis, y compris leur ajout, leur modification et leur suppression.
Tous les membres peuvent proposer de nouveaux emoji, mais seules les grandes entreprises décident. "Pour avoir le droit de vote, il faut payer un droit d’entrée très élevé", explique Albin Perigault, membre du consortium et fondateur de l’entreprise Strip Messenger. "Pour avoir le droit de vote, il faut payer un droit d’entrée très élevé", explique-t-il. Il faut en effet débourser 18.000$ par an pour avoir voix au chapitre dans le choix de nouveaux emoji à intégrer à Unicode. Ensuite, l’association se réunit plusieurs fois par an pour décider quels emoji feront leur entrée ou pas dans la version suivante de la norme Unicode. Ce qui donne parfois lieu à des débats endiablés : la question de l’intégration des drapeaux régionaux par exemple a suscité de vives discussions (mais ils arriveront finalement prochainement), tout comme celle d’un emoji représentant un préservatif, défendue par plusieurs fabricants (mais toujours pas approuvée par le consortium).
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Jennifer Lee, une ancienne journaliste du New York Times, a présenté un dossier long et détaillé retraçant l'histoire du ravioli chinois - «créé par un médecin sous la dynastie Han» - en soulignant en quoi sa présence au sein du large panel des plus de 1 700 emojis disponibles serait primordiale. Validée en 2016 par le Consortium, l'intégration de son emoji dumpling ne sera effective qu'à partir de l'été prochain, date de la sortie de la version 10 d'Unicode. L'association délivre à son rythme, une fois par an, la nouvelle version de son jeu de caractères standardisés. Jennifer Lee est également à l'origine de la création d'autres pictogrammes liés à la culture chinoise: les boîtes de nouilles à emporter, les baguettes, mais aussi les «fortune cookies», ces biscuits chinois dans lesquels sont insérées une prédiction ou une maxime. Plus récemment, elle a coécrit, avec une jeune lycéenne de 15 ans, une proposition visant à créer deux caractères représentant un hijab et un keffieh, pour permettre de faire figurer les femmes voilées dans nos messages électroniques.
Les hautes sphères du Consortium se réunissent physiquement quatre fois par an. Trois de ces rassemblements ont lieu dans la baie de San Francisco et sont hébergés par IBM, Apple et Adobe. Les grands groupes impliqués dans les nouvelles technologies ont en effet tout intérêt à surveiller de près l'évolution de ces caractères. Ken Lunde, représentant d'Adobe (éditeur des logiciels Acrobat, Photoshop, Illustrator et Flash), est l'un d'entre eux. Il doit faire entendre la voix de son entreprise, parfois aux dépens de ses convictions personnelles.
À l'image des effectifs des grands groupes de la Silicon Valley, les personnes impliquées dans le Consortium Unicode restent pour l'essentiel des ingénieurs blancs, majoritairement masculins. Quatre vice-présidents ainsi qu'une dizaine de directeurs ou responsables techniques viennent s'ajouter aux effectifs du comité de direction. À eux seuls, ils encadrent les débats menés lors des quatre réunions annuelles et tempèrent les échanges entre quatre catégories de membres.
Tous les membres du Consortium Unicode se rejoignent sur une idée, chère à son président Mark Davis: les emojis, malgré les émotions qu'ils permettent de véhiculer et l'ampleur des débats qu'ils suscitent, ne peuvent être considérés pleinement comme un «langage».
Ken Whistler est directeur technique du Consortium Unicode. En tant que linguiste, il considère que le fait de qualifier les emojis de «nouveau langage» rime avec un «manque total de connaissances de base au sujet du langage et de l'écriture». «Les emojis fonctionnent comme un ensemble de symboles pictographiques destinés à pallier l'ambiguïté liée à certaines formes écrites de langage, explique-t-il au Figaro. Ils servent surtout à retransmettre des émotions, d'ordinaire plus faciles à communiquer à l'oral. Il n'empêche, certains messages intégralement rédigés grâce à ces symboles, tel le tweet d'Andy Murray après son mariage ou la retranscription du discours de Barack Obama sur l'état de l'Union, parviennent à être compris de tous.
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La Controverse Autour de l'Émoji Pistolet : Du Réalisme au Jouet
Il y a quelques années, l'émoji "pistolet" a été remplacé par un émoji "🔫" (jouet). Un changement peu anodin… En effet, le consortium Unicode avait officiellement changé l'émoticône original en 2018, celui-ci avant cédé sa place au pistolet à eau nettement moins controversé et létal. Il avait au passage renommé l'émoji. Cette décision avait été suivie par l'ensemble des plateformes, Apple l'ayant d'ailleurs fait bien avant tout le monde en 2016 !
Selon le site américain Buzzfeed, le Consortium Unicode, l'organisme qui valide les nouveaux emojis, a finalement choisi de retirer le fusil de la liste définitive. Une décision qui aurait été largement influencée par Apple et Microsoft, deux des plus grandes compagnies qui composent le Consortium Unicode. D'après une source de Buzzfeed, c'est Apple qui a entamé les discussions pour retirer l'emoji controversé, alors que le processus d'encodage du Unicode 9.0 avait été effectué. « Personne dans la pièce ne s'est opposé à la proposition d'exclure le fusil », précise le site américain.
Au mois d'octobre 2015, déjà, des voix s'élevaient contre l'introduction d'un tel emoji. « Ce serait choquant pour bien des personnes qui ont été blessées ou affectées par des incidents liés aux armes. » Cela dérange certaines personnes que nous incluiions un fusil parmi les emojis, mais nous avons choisi de le faire en raison des Jeux olympiques », s'était alors justifié Mark Davis, le président du Consortium Unicode, auprès du New York Times.
Quand Apple a souhaité rendre moins agressif son revolver, après une nouvelle attaque dans une école américaine en 2016, elle l’a remplacé par un pistolet en plastique. Mais pas les autres opérateurs. Un enfant pouvait donc adresser un symbole inoffensif à un camarade pour l’inviter à jouer, mais son destinataire, sur une autre marque de téléphone, recevoir une arme.
Ce qui pouvait apporter des contresens dans les échanges multi-plateformes. Puisqu’ils sont minoritaires, les deux dernières plateformes à être restées sur une représentation réaliste changeront elles aussi leur fusil d’épaule. Bizarrement, le créateur de Windows était le seul au départ à avoir opté pour un faux pistolet, avant de changer d’avis et opter pour un vrai… la même année qu’Apple changeait pour un pistolet à eau ! 🤦♂️ Même si l’ancien design de Microsoft était différent, il serait plus cohérent avec la nouvelle direction. Tout en proposant une image qui ne pose aucun problème de compréhension : on reconnaît facilement qu’il s’agit d’un pistolet à eau.
Le Retour du Pistolet Réaliste sur X : Une Démarche Unilatérale
La décision d'Elon Musk de modifier unilatéralement l'émoji pistolet sur X.com vient bousculer ce système. Elle montre que les réseaux sociaux peuvent s'affranchir des standards établis. Une liberté qui pourrait ouvrir la voie à une fragmentation des émojis selon les plateformes. Mais en juillet dernier, le réseau X, sous la houlette d’Elon Musk, a fait machine arrière et réintroduit le Colt M1911.
Il semblerait donc que le réseau social d'Elon Musk (ou tout simplement ce dernier) a décidé de revenir en arrière en proposant cette représentation assez réaliste d'un Colt M1911 ! Ce changement n'est pas à prendre à la légère, vu la récente tentative d'assassinat de Donald Trump et l'histoire des États-Unis -où la détention et l'utilisation des armes à feu fait débat.
Pour le moment, il faut passer uniquement par la version web de X pour pouvoir le trouver et/ ou utiliser. On notera d'ailleurs que, dans l'outil recherche intégré de la plateforme, c'est toujours le nom de pistolet à eau qui apparait. Les applications sur ordinateurs ou smartphone n'ont pas encore été mises à jour. Et le grand concurrent d’iOS, le système Android de Google vient également de mettre à jour cet emoji de pistolet avec un nouveau design de pistolet à eau avec un thème orange ne ressemblant pas à celui des autres plateformes.
Les Implications Juridiques des Émojis : Quand un Simple Symbole Devient une Preuve
Attention, vos textos pourraient vous envoyer derrière les barreaux. Plus particulièrement les émojis - ces petites icônes qui représentent personnages, émotions, animaux, légumes et à peu près tous les objets du quotidien - qui agrémentent SMS et publications sur les réseaux sociaux. Aux États-Unis, l'évocation des émojis dans les décisions de justice explose.
C'est ce qu'a remarqué Eric Goldman, professeur de droit à l'université de Santa Clara, en Californie. "Comme pour n'importe quelle technologie émergente, notre système judiciaire aura besoin d'une période de transition.""Les émojis ne sont qu'un autre type de communications non verbales non textuelles que les tribunaux doivent interpréter", assure sur son blog ce spécialiste du discours sur internet. Il regrette que trop souvent, les juges préfèrent les ignorer, comme s'ils ne faisaient pas partie intégrante du message. C'est également le cas la plupart du temps de ce côté-ci de l'Atlantique.
En France, les émojis font encore assez peu pencher la balance dans les tribunaux. Mais cela ne saurait tarder. "Il n'y a pas de jurisprudence et l'émoji n'est pas toujours l'élément le plus décisif pour les magistrats, certains sont encore un peu old school, explique à BFMTV.com Thierry Vallat, avocat au barreau de Paris. Mais depuis quatre ou cinq ans, cela commence à être pris en compte."
Selon cet avocat, un émoji pistolet, couteau ou bombe est bel et bien un élément incriminant, au même titre que des menaces écrites. Il va même plus loin. "C'est la même chose qu'une balle expédiée dans un petit cercueil en bois. L'envoi d'émojis n'est pas anodin et peut vous mener au tribunal." Mais il précise que ces derniers doivent s'inscrire dans un contexte."Une icône de pistolet, toute seule, ne sera pas suffisante mais reliée à d'autres éléments menaçants, cela exprime clairement une intention malveillante." Il lui est déjà arrivé de plaider de tels cas."Dans le cadre d'un divorce, un des époux envoyait des messages à l'autre pour le dénigrer. Il avait pris le soin de les agrémenter d'émojis, ce qui était un élément à charge supplémentaire. Dans les affaires de menaces, c'est très courant. Un couteau, un pistolet, pour nous c'est du pain béni."
Exemples de Jurisprudence
C'est ce qu'il s'est passé à Pierrelatte, dans la Drôme, en 2016. Un homme a été condamné pour des menaces de mort sur son ancienne compagne, à l'époque mineure, à six mois de prison dont trois ferme. Parmi les nombreux messages qu'il lui avait envoyés se trouvait un émoji revolver. Si le tribunal correctionnel de Pierrelatte a tranché en ce sens, il est parfois bien difficile d'y voir clair tant les émojis peuvent être sujet à diverses interprétations.
The Wall Street Journal relatait une réunion au sein d'un grand cabinet d'avocats américains, à Atlanta, afin de déterminer ce que l'émoji "visage pas amusé" signifiait réellement. La réunion ne leur a pas permis de se mettre d'accord: chacun des participants avait sa propre explication.
Outre-Atlantique, en 2016, une adolescente de 12 ans a été poursuivie pour avoir menacé son collège dans un message contenant une suite d'emojis: un revolver, un couteau et une bombe. Ils ont été considérés comme des preuves suffisantes pour lancer la procédure judiciaire. Autre exemple dans le Michigan, un juge a estimé que cette succession de caractères ":-P" -qui représente un personnage tirant la langue- "n'altérait pas matériellement la signification" des messages dans une affaire de harcèlement. Le harceleur a été condamné.
En Israël, dans une affaire de location immobilière annulée, un couple a été condamné il y a deux ans à dédommager un propriétaire à hauteur de 2000 euros pour ce message: "Bonjour, nous voulons la maison. Nous avons juste besoin de discuter de quelques détails", accompagné des émojis visage souriant/rougissant, danseuse de flamenco, deux femmes déguisées en lapin, signe de la victoire, écureuil et bouteille de champagne. Le vendeur avait retiré l'annonce pensant que l'affaire était faite, mais les potentiels acheteurs s'étaient finalement rétractés. Le tribunal a estimé que cette succession d'émojis valait consentement.
Cyber-harcèlement et "Raids Numériques"
Ce détournement d’émojis devient une tactique redoutable qui permet d’échapper aux modérateurs… et aux parents ! Si vous découvrez des émojis qui vous semblent suspects sur les comptes de vos enfants, ne paniquez pas mais ouvrez le dialogue pour comprendre ce qu’ils font et pourquoi !
Coordonnés, certains utilisateurs des réseaux sociaux réalisent des « raids numériques » sous des publications ciblées, avec lesquelles ils expriment un violent désaccord. Sous les publications de célébrités LGBT+, féministes, ou encore d’influenceuses qui seraient jugées « trop grosses », « sans poitrine », « trop ci », « sans ça », par des internautes malveillants, mais aussi, sous des publications de victimes présumées de personnalités publiques, il n’est pas rare de voir des émojis plus verts que jaunes, car « en train de vomir ». Ou encore celui qui représente un tas d’excréments. C’est même systématique pour certaines communautés d’internautes ouvertement homophobes, par exemple. Slate avait alors indiqué à ses abonnés « subir une attaque des masculinistes ».
Pas besoin de mots injurieux pour que ces messages d’émojis répétés soient interprétés par le droit français comme du cyber-harcèlement de meute. La loi n°2018-7031 du Code pénal a été modifiée en août 2018, afin de lutter contre ces cas de « raids numériques ».
Du côté d’Instagram, en France, le réseau social a fait appel à l’association Génération Numérique, qui lutte contre le cyber-harcèlement. Au printemps 2021, ils ont annoncé avoir dressé, ensemble, une liste de mots, d’expressions, mais aussi d’émojis, considérés comme injurieux. Et cette liste noire pourra être personnalisée par l’utilisateur lui-même. Tel un filtre anti-harcèlement, qui s’adapte à différents cas et contextes.
Et parmi elles : « Il est interdit de publier, télécharger, diffuser en direct tout contenu qui encourage le harcèlement coordonné », ou encore, « tout contenu qui présente un préjudice ou une intimidation délibérée, comme le cyberharcèlement ou le trolling », mais aussi « les commentaires, émojis, textes ou autres contenus à caractère sexuel utilisés pour voiler ou suggérer la nudité ou l’activité sexuelle d’un mineur » et « tout contenu qui simule une activité sexuelle avec un autre utilisateur, soit verbalement, soit sous forme de texte (y compris les émojis) ». « Y compris les émojis », assène le réseau social des plus jeunes, ne laissant aucune place au doute. Ce qui nous semble rassurant.
Émojis à Double Sens
Sans compter que de nombreux émojis ont parfois un double sens, souvent à connotation sexuelle. C'est le cas de l'aubergine, devenu un symbole phallique, qui a même un temps été banni d'Instagram, ou de la pêche - qui ressemblerait à une paire de fesses - ce qui a poussé Apple à le modifier. De plus, la vigilance doit être celle de chacun, puisque les géants du numérique n’ont pas tous donné la même apparence à ces symboles. On y trouve par exemple l’aubergine, potentiellement caractérisée comme une manifestation de harcèlement sexuel, ou celui de l’excrément comme du harcèlement moral. La truffe du cochon peut elle s’apparenter à un discours de haine, indique le guide.
Anecdotes et Faits Surprenants sur les Émojis
- Leurs ancêtres sont nés sur les bipeurs: Les premiers émojis ont été conçus en 1997 par Shigetaka Kurita pour les bipeurs.
- Un consortium valide les nouveaux émojis: La liste officielle est gérée par le consortium Unicode.
- Émoji et émoticône, c’est différent !: L’émoji est une image, l’émoticône est composée de signes de ponctuation.
- Leur forme peut varier selon les fournisseurs, et c’est un problème: L'apparence des émojis peut différer selon les plateformes, causant des malentendus.
- Les émojis sont entrés dans le dictionnaire: L’émoji "visage avec des larmes de joie" a été élu mot de l’année par le dictionnaire Oxford en 2015.
- Au Japon, on raffole du symbole caca: Le "unchi" est considéré comme attendrissant et utilisé pour souhaiter le meilleur.
- Il existe un livre entièrement composé en émojis: "Une histoire sans mots", de Xu Bing, est rédigé avec des pictogrammes et des émojis.
- Les Français sont de vrais adeptes du petit cœur: Une étude a révélé que les francophones utilisent quatre fois plus l’émoji cœur rouge.
- Une stagiaire a conçu les premiers émojis d’Apple: Angela Guzman a créé 480 émojis pour Apple en 2008.
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