L'Arbalète dans l'Armée Française : Histoire, Évolution et Impact

L'arbalète, une arme qui a façonné l'histoire et captivé l'imagination humaine pendant des siècles, possède des racines profondes au sein de l'armée française. Des premières conceptions en Chine et en Grèce antique à son rôle crucial dans les guerres médiévales, l’arbalète a constamment évolué, reflétant les avancées technologiques et les besoins stratégiques de son temps.

Vue d’ensemble des Arbalètes dans l’Histoire

L’arbalète a ses racines dans l’Antiquité, avec des références trouvées dans les textes chinois et grecs. Ces premières arbalètes étaient rudimentaires, principalement utilisées pour la chasse et la défense. Au fil du temps, leur conception s’est améliorée, permettant une plus grande précision et puissance. Les arbalètes ont joué un rôle majeur dans les conflits historiques, changeant souvent l’issue des batailles grâce à leur capacité à percer les armures des chevaliers.

L’arbalète trouve ses origines en Chine durant la période des Royaumes combattants, autour du Ve siècle avant J.-C. Initialement un instrument de chasse, elle est rapidement devenue une arme de guerre redoutable.

L'expansion de l'arbalète en Occident a marqué un développement significatif, surtout au Moyen Âge.

Batailles Notables où l'Arbalète a Joué un Rôle

  • Bataille de Ma Ling (341 avant notre ère): Première utilisation attestée de l'arbalète dans la guerre en Chine, contribuant à la victoire des Qi sur les Wei. Cette bataille marque un tournant dans l'histoire militaire chinoise, démontrant la supériorité tactique qu'offrait l'arbalète grâce à sa portée et sa puissance de pénétration, permettant aux troupes de Qi de surclasser efficacement l'infanterie et la cavalerie ennemies, malgré leur infériorité numérique.
  • Siège de Jérusalem (1187): Durant le siège de Jérusalem par Saladin en 1187, les arbalétriers, ainsi que d'autres types de troupes, auraient été utilisés dans les combats. Les sources historiques de l'époque, telles que les chroniques, mentionnent souvent l'utilisation d'armes de trait, y compris l'arbalète.
  • Bataille de Jaffa (1192): L'arbalète a également été utilisée lors de la bataille de Jaffa en 1192, qui fut un événement déterminant de la Troisième croisade. Les arbalétriers jouaient un rôle de soutien pour l'infanterie et la cavalerie, en harcelant l'ennemi à distance. Leur présence sur le champ de bataille pouvait même suffire à faire fuir les cavaliers ennemis, ce qui souligne leur importance tactique.
  • Guerre de Cent Ans (1337-1453): Utilisation extensive de l'arbalète par les Français, bien que son efficacité ait été remise en question face aux archers anglais équipés de longs arcs.

Évolution des Arbalètes : Les Débuts Anciens

L’histoire de l’arbalète commence dans l’ancienne Chine, où elle a vu le jour autour du 5ème siècle avant notre ère. L'influence grecque et romaine dans la conception des arbalètes a ainsi jeté les bases des développements futurs, contribuant de manière significative à l'histoire militaire et à l'évolution technologique de l'arme.

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L’ère Médiévale : Une Renaissance de l’Arbalète

L’Europe médiévale a vu l’arbalète atteindre son apogée. Elle est devenue une arme de choix dans les guerres féodales, en raison de sa capacité à transpercer l’armure des chevaliers. La fabrication d’arbalètes est devenue un métier spécialisé, avec des innovations telles que l’arbalète à cranequin et l’arbalète à pavise, qui ont offert aux soldats une meilleure protection et une plus grande force de tir.

Arbalète à Cranequin

Cette variante de l’arbalète était équipée d’un mécanisme de manivelle, connu sous le nom de cranequin, appelé aussi au XVème et XVI ème siècle Crénekin, en usage à partir du XVème siècle, il reste antérieur au cric, pour tendre la corde. Le cranequin permettait de bander des arbalètes avec une force beaucoup plus importante que ce qui était possible à la main ou avec des dispositifs plus simples.

Cette force supplémentaire se traduisait par une plus grande portée et une capacité accrue à percer les armures. L’utilisation du cranequin rendait l’arbalète plus efficace, mais aussi plus lente à recharger, car le mécanisme de manivelle prenait du temps à actionner.

Arbalète à Pavise

Cette conception incluait une pavise, un grand bouclier utilisé pour protéger l’arbalétrier pendant qu’il rechargeait. La pavise était souvent tenue par un assistant ou ancrée dans le sol. Cette combinaison offrait une protection efficace aux arbalétriers, leur permettant de recharger en relative sécurité, un avantage significatif dans les combats rapprochés ou lors des sièges.

En augmentant à la fois la puissance de feu et la protection des arbalétriers, ces innovations ont renforcé le rôle de l’arbalète sur les champs de bataille médiévaux, soulignant son évolution technique et son utilisation dans divers contextes à travers les époques.

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L'Arbalète en Guerre Médiévale : Évolution, Stratégie et Transition Technologique

L’importance de l’arbalète dans la guerre médiévale et son rôle dans l’évolution des tactiques militaires sont incontestables. Elle a continué à évoluer, reflétant les avancées technologiques et répondant aux besoins stratégiques jusqu'à son déclin face à l'arrivée des armes à feu.

L’Arbalète dans la Guerre Moderne

Avec l’avènement de la poudre à canon, l’arbalète a perdu de son importance sur les champs de bataille. Cependant, elle a trouvé de nouvelles applications dans des rôles spécialisés, tels que le tir de précision et les opérations silencieuses. Au cours des deux guerres mondiales, des versions modernisées de l’arbalète ont été utilisées pour des missions spécifiques, démontrant sa polyvalence continue.

Missions Spécifiques où l’Arbalète a été Utilisée

  • Tir de Précision et Sabotage: Pendant les deux guerres mondiales, l’arbalète a parfois été utilisée pour des opérations de sabotage et des missions de tir de précision. Sa capacité à opérer silencieusement était un atout majeur pour les missions requérant discrétion et précision, comme le sabotage d’équipements ou l’élimination discrète de cibles spécifiques.
  • Lancement de Câbles ou de Cordes: Dans certaines situations, des arbalètes ont été utilisées pour lancer des câbles ou des cordes sur de courtes distances, par exemple pour établir une ligne de communication ou pour l’escalade et la traversée de petits obstacles ou ravins.
  • Signalisation et Communication: Dans des conditions où l’utilisation de moyens électroniques ou lumineux était risquée ou impossible, l’arbalète pouvait servir à lancer des projectiles spéciaux pour la signalisation ou la communication entre différentes unités.
  • Formation et Entraînement: L’arbalète a également été utilisée à des fins de formation et d’entraînement, permettant aux soldats de pratiquer des techniques de tir et de visée sans le bruit et les dépenses associés aux armes à feu.

Les Arbalètes dans la Culture Populaire

L’arbalète occupe une place de choix dans la littérature, le cinéma et les jeux vidéo, souvent présentée comme une arme de choix pour les héros et les aventuriers. Des personnages emblématiques de la littérature médiévale aux héros d’action modernes, l’arbalète symbolise souvent la ruse, la précision et la bravoure. Son allure historique et son mécanisme unique continuent de fasciner et d’inspirer des œuvres de fiction et des reconstitutions historiques.

Exemples Notables

  • Personnages de Littérature Médiévale: Dans les récits et légendes médiévaux, des personnages tels que Robin des Bois sont souvent associés à l’arbalète. Bien que Robin soit plus célèbre pour son arc, certains récits le montrent utilisant une arbalète, symbolisant son adresse et son ingéniosité.
  • Héros de Films et Séries: Dans le cinéma et les séries télévisées, l’arbalète est souvent l’arme de choix pour des personnages qui combinent force et discrétion. Des personnages dans des films d’action ou des séries fantastiques, comme certains chasseurs de vampires ou guerriers dans des univers de fantasy, sont souvent équipés d’arbalètes.
  • Personnages de Jeux Vidéo: Dans le monde des jeux vidéo, l’arbalète est une arme prisée pour sa combinaison unique de puissance et de précision. Des personnages de jeux de rôle médiévaux aux aventuriers dans des titres d’action-aventure, l’arbalète est fréquemment choisie comme arme principale ou secondaire.

L'Arbalète, une Arme Controverse

L'arbalète, une arme redoutable qui tuait à distance sans formation de haut niveau, et dérangeait le code guerrier. L'arbalète est une arme qui semble avoir été inventée en Chine, avant d'être utilisée en Europe. Au départ, elle servait surtout pour la chasse, puis on a commencé à l'utiliser à des fins militaires, sans doute à l'époque des Croisades. Cette arme, au départ rudimentaire, fut progressivement perfectionnée. Une des évolutions majeures se produisit au XIVe siècle lorsqu'on inventa un système qui permettait de recharger automatiquement l'arbalète.

Comme cela a été très souvent le cas dans l'histoire, une évolution technologique fait le bonheur des uns et le malheur des autres. La diffusion de l'usage de l'arbalète modifia en effet les rapports de force entre les groupes de guerriers. Nous en avons là une autre belle illustration. L'arbalète bouleversa les normes qui dominaient jusque-là dans l'activité militaire. Les chevaliers, qui étaient considérés comme l'élite des guerriers, se sentirent menacés dans leurs prérogatives. Ils détestaient l'arbalète car elle tuait à distance, ne permettant pas à l’adversaire de se défendre en corps à corps, ce qui était leur spécialité. De plus, l'usage de l’arbalète ne nécessitait aucune formation de haut niveau. Elle donnait donc à des soldats peu aguerris la possibilité de tirer de loin, sans risque, sur un chevalier en armure, alors que ce dernier avait consacré toute son existence au métier de la guerre. Considérée comme une arme déloyale par les nobles, l'arbalète fut dénoncée comme une arme immorale par le clergé, en raison du peu de courage et de formation que demandait son usage.

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En 1139, le deuxième concile du Latran interdit son utilisation. Quelques années plus tard, le pape Innocent II menaça même les arbalétriers, les fabricants d’arbalètes et ceux qui en faisaient le commerce, d’anathème et d’excommunication. Cela n'empêcha pas les princes qui se faisaient la guerre de recourir de plus en plus à cette arme nouvelle.

L'Arbalète, une Arme d'Elite

L’efficacité de ces armes permit à ceux qui les manipulaient de devenir des soldats d’élite. Il semble que les troupes d'arbalétriers étaient les mieux payées des armées occidentales, et parfois mieux équipées que certaines classes de chevaliers. Pendant la guerre de Cent Ans, on fit aussi appel à des mercenaires arbalétriers étrangers, en particulier italiens et génois, dont le tir pouvait percer une armure jusqu’à une distance de 100 mètres.

L'Arbalète et l'Eglise

Son usage est jugé si dangereux par l’Église qu’il est proscrit par le concile du Latran en 1139. Pour des raisons sociales plutôt que militaires.

Le deuxième concile du Latran, qui a eu lieu en avril 1139 à Rome, compte parmi les grandes assemblées ecclésiastiques du Moyen Âge. Il a mis fin à un schisme et a abouti à l’excommunication d’un roi [Roger II de Sicile]. Par conséquent, le fait que l’on s’y soit également préoccupé de “l’art mortel et honni de Dieu de l’arbalétrier et de l’archer” en dit long sur l’image publique de ces armes. Quiconque en userait contre des chrétiens serait dorénavant voué à la damnation, ainsi en décidèrent les princes de l’Église.

Plus de six cent soixante ans plus tard, dans son drame intitulé Guillaume Tell, Friedrich Schiller fera justement d’un arbalétrier l’incarnation du combattant héroïque de la liberté, auquel les démocrates ont érigé des monuments.

L'Arbalète, Fruit d'une Evolution Technologique

Contrairement à l’arc ancestral, l’arbalète est la preuve de l’évolution technologique des grandes civilisations antiques. Elle a été développée indépendamment par les ingénieurs romains et chinois. À la fin de l’Antiquité, leur savoir-faire s’est perdu. Ce seraient les Vikings qui en auraient redécouvert les avantages en Orient.

L'Arbalète de Chasse

Ce type de petite arbalète légère était employé pour la chasse aux petits oiseaux tels que les perdrix, les grives, les ortolans etc. Jalet est un mot vieilli pour désigner un petit caillou (galet) qui servait de projectile à ce type d’arme ; celles-ci ont par la suite été garnies de balles de terres cuites puis de plomb. Le projectile se logeait dans une petite bourse attachée aux cordes et reliée au cran par un œillet. La nôtre présente un décor sculpté de pilastres et de rosette sur la partie en bois - nommée arbrier - ainsi qu’une figure grotesque en ronde bosse. À l’exception de l’arc en acier, les autres parties métalliques sont gravées avec des motifs de rinceaux ou ciselées.

La chasse à l’arbalète est une activité très en vogue au XVIe siècle, notamment à la cour de France où la reine Catherine de Médicis apprécie l’exercice, comme le rapportent les écrits de ses contemporains. La légèreté de l’arme et la délicatesse du gibier faisaient de cette chasse une activité particulièrement adaptée aux dames, sans qu’elle ne leur soit pour autant réservée.

Avantages et Inconvénients de l'Arbalète

Ce perfectionnement apporte plusieurs avantages. Une fois que la corde est tendue, le tireur n’a plus d’effort physique à fournir pendant qu’il vise. L’ajustement du tir s’en trouve facilité. La régularité de tension de la corde est à peu près absolue puisqu’elle est déterminée par le point d’ancrage sur l’arbier, et donc indépendante du geste de l’archer. Ainsi l’efficacité du tir est moins conditionnée par l’habileté naturelle et le niveau d’entrainement du tireur. La puissance de l’arbalète peut être augmentée sans inconvénient jusqu’à des puissances compatibles avec par exemple le percement des armures ou l’abattage d’un cheval.

Si pour la chasse, l’emploi de l’arbalète a été très apprécié en son temps, son usage militaire a provoqué des déboires célèbres sur le champ de bataille. La lenteur de mise en œuvre face aux troupes armées du grand arc droit traditionnel est souvent avancée comme explication (voir les chroniques des batailles de Crécy et d’Azincourt). Mais c’est probablement surtout l’option de vouloir remplacer les archers par des arbalétriers qui constitua une erreur.

Le principe du carreau de l’arbalète est essentiellement celui d’une flèche, avec quelques différences mineures mais significatives sur le comportement balistique. Beaucoup plus courts que les flèches d’arc, les traits d’arbalètes sont peu affectés par les efforts en flexion imposés à leur fut (spine) pendant le tir, qui perturbent la régularité du tir à l’arc.

L'Arbalète en Asie

Les premières arbalètes apparaissent en Chine, durant la Période des Royaumes combattants qui couvre le Ve siècle av. J.-C. et jusqu’à -221 avant notre ère. L’arme ne disposant pas encore de système mécanique, la corde doit être tendue par le combattant en position allongée, tirant sur celle-ci avec ses bras et poussant avec ses pieds sur les demi-arcs. La gâchette se développe au cours de la période5 allant de la dynastie Qin aux Han.

Selon Thomas Louis et Tommy Ito, l’arbalète à flèche est apparue au Japon au VIIe siècle, équipant, pour l’essentiel, l’infanterie. Elle fut utilisée sur les champs de bataille autant sous sa forme portative qu’en tant qu’arbalète de siège projetant des pierres (oyumi).

L'Interdiction de l'Arbalète

Méprisée par la chevalerie, elle est vue comme arme déloyale car, tuant à distance, elle ne permet pas à l’adversaire de se défendre. Ainsi, considérant que l’arbalète, qui n’exige pas une grande formation, permet à des soldats peu aguerris de tuer de loin un chevalier en armure qui a voué son existence au métier de la guerre, le clergé estime que c’est une arme immorale pour le peu de courage et de formation qu’elle exige de celui qui la manie.

« Les Français la regardaient comme l’arme des lâches et refusaient de s’en servir. En Europe chrétienne, l’arbalète est frappée d’anathème et son usage est interdit en 1139 par le IIe concile du Latran et confirmée quelques années plus tard, en 1143, par le pape Innocent II, qui menaça les arbalétriers, les fabricants de cette arme et ceux qui en faisaient le commerce d’excommunication et d’anathème. Cette interdiction, par ailleurs valable uniquement pour les combats entre chrétiens, restera médiocrement observée par les princes d’Occident, malgré les efforts du pape Innocent III pour réaffirmer, en 1205, les interdits du concile du Latran II.

Les Progrès Techniques et l'Arbalète

Les progrès de la sidérurgie augmentent parallèlement la robustesse des armures et la puissance de l’arbalète avec la création de l’arc en acier, au début du XIVe siècle, qui remplace petit à petit les arcs en bois et les arcs composites (lamellé-collé : bois + tendons + corne, le tout encollé). On invente aussi un mécanisme complexe et coûteux, avec temps de rechargement de plus en plus long de 2 à 3 minutes (jusqu’à 30 minutes pour les modèles les plus puissants) comme le cric ou le treuil (appelé aussi le « moufle ») pour tendre l’arbalète. Les Italiens se distinguèrent dans la fabrication d’arbalètes particulièrement efficaces : un trait pouvait atteindre jusqu’à 350 km/h !

Le cranequin (du moyen néerlandais cranekijn « sorte d’arbalète »7) était une arbalète à pied mais le terme a fini par désigner aussi le mécanisme particulier destiné à le tendre. Pour lever cette ambiguïté, l’arbalète elle-même a été renommée improprement cric d’arbalète, terme malheureusement utilisé de nos jours alors qu’il semble ne désigner qu’une partie de l’arme.

Les arbalètes, comme les arcs, ont pratiquement disparu lorsque les armes à feu, plus facile d’emploi, demandant moins d’entraînement, et aussi beaucoup moins chères, devinrent l’équipement de base du fantassin.

L'Arbalète, une Arme Méconnue

« La tsangra (arbalète en grec) est un arc barbare (étranger), absolument inconnu des Grecs (Byzantins). Il ne se tend pas (l’arc), […] celui qui tend cet instrument de guerre, particulièrement puissant, doit se tenir pour ainsi dire à la renverse et appuyer fortement les deux pieds sur les demi-cercles de l’arc, tandis que des deux mains, il tire à soi la corde avec grand effort. Aussi bien, les traits qu’on y place, sont-ils très courts, mais très gros et munis au bout d’une redoutable armature de fer.

L'Arbalète Moderne

Bien que l’arbalète ait été utilisée à la fois comme arme de chasse et de guerre, son utilisation actuelle a considérablement changé. Actuellement, les arbalètes ne sont plus utilisées pour l’assassinat, bien qu’il existe encore des utilisations militaires.

Grande et Rare Arbalète à Moufle

Grande et rare arbalète à moufle dite à « guindeau ». Arbrier droit à petit sabot en bois fruitier, table en os décorée au trait et ornée d’écussons en suite. Fort arc et étrier en fer forgé. Importantes garnitures de renfort en fer, découpées à l’avant et autour de la noix. Noix à deux crocs fixée par une goupille et maintenue par une plaque de renfort en forme de lys. Le guindeau et le croc à quatre poulies, à double bras, fixés à l’arrière de l’arbrier, se glissant dans une pièce en fer repercée faisant partie intégrante du guindeau. La corde attachée à ses coches va rejoindre les deux poulies du croc, l’ensemble actionné par une manivelle à deux bras et deux poignées libres en bois tourné. Forte détente à pans évidée puis arrondie, coudée, se terminant par une boule. B.E. France XVIè siècle (cordage postérieur, à l’ancienne). Rare et complète. Longueur : 107 cm. Envergure de l’arc : 77,5 cm. Poinçon sur l’arrête des crochets « HM ». On voit apparaître ce système dans les peintures vers 1425. L’arbalétrier maintient l’arbalète au sol au moyen de son pied passé dans l’étrier. Puis il actionne deux manivelles, qui par une traction de poulies, tendent la corde. L’arbalète à moufle est considérée comme la plus puissante des arbalètes. On l’utilisa longtemps pour mettre les armures à l’épreuve. Jusqu’au XVIe siècle, les armures ainsi éprouvées étaient cataloguées « à toute épreuve », tandis que celles éprouvées à l’arbalète à croc ou à l’arc, étaient dites de « demi-épreuve ».

Le guindeau d'arbalète est un dispositif mécanique utilisé pour armer une arbalète. Il s'agit d'un mécanisme à manivelle qui permet de tirer la corde de l'arbalète vers l'arrière avec facilité, ce qui augmente la précision et la puissance du tir. L'utilisation d'un guindeau permettait aux archers de tirer des projectiles plus lourds et d'atteindre de plus grandes distances.

À l'époque médiévale, les arbalètes avaient la faveur des chevaliers et des fantassins. Il s'agissait d'armes très efficaces qui nécessitaient moins d'habileté et de force physique que les arcs longs traditionnels. L'inclusion d'un guindeau a rendu les arbalètes encore plus faciles à utiliser, permettant aux soldats de recharger rapidement et efficacement dans le feu de l'action.

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