Le Cercle de Tir de Wissous, situé dans l'Essonne, a connu une histoire mouvementée, marquée par des incidents tragiques, des fermetures administratives et des polémiques. Cet article vise à faire le point sur la situation de ce club de tir, en abordant les événements marquants, les controverses et les perspectives d'avenir.
Accident Mortel en Avril 2025
Le jeudi 17 avril 2025, le Cercle de Tir de Wissous a été le théâtre d'un accident mortel. Un homme d'une trentaine d'années est décédé après avoir été touché par une balle au thorax. D'après le parquet d'Évry, l’homme se positionne mal au moment d'effectuer un tir. Un moniteur le lui fait remarquer et va pour le réorienter face à la cible de tir. L'employé se sent alors menacé par l'homme, qui a alors braqué son arme chargée vers le moniteur, selon cette même source. Très vite, les deux employés interviennent pour mettre l'homme au sol, sans que ce dernier ne lâche son arme. C’est pendant ce corps-à-corps que part le coup fatal.
L'autopsie réalisée le lendemain a conclu à un impact de balle, provoqué "sans doute" alors que la victime "tenait l'arme vers elle", indique le parquet. Une enquête a été ouverte par le parquet d'Évry. Les deux moniteurs du stand de tir ont été entendus en garde à vue puis relâchés libres. Les témoins de la scène et le directeur du centre de tir ont aussi été interrogés par les enquêteurs. Après avoir exploité les images de vidéosurveillance, les recherches se concentrent maintenant sur le profil psychologique de la victime.
Fermeture Administrative et Procédures Judiciaires
Suite à cet incident et à d'autres problèmes de sécurité, la préfecture a pris un arrêté de fermeture du stand de tir. Les détonations ne retentissent plus sur le stand de tir de Wissous depuis un an, suite à un arrêté préfectoral passé inaperçu. La réouverture du site se joue désormais sur le terrain de la justice.
L'association sportive Arquebuse, qui s'entraînait sur le site, aurait entamé une procédure devant le tribunal de commerce contre la nouvelle entreprise sur les rangs, qui ne voudrait pas lui octroyer de créneaux. Un recours a également été fait auprès du tribunal administratif contre l'arrêté préfectoral.
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Les raisons détaillées par la préfecture pour justifier la fermeture de cette structure sont particulièrement inquiétantes. Cette structure comprend l'Arquebuse, une armurerie appelée SLD, mais aussi une société d'initiation au tir baptisée BTI. Le manque de sécurité est également pointé du doigt par la préfecture.
Accusations et Droit de Réponse de Frédéric Botbol
Frédéric Botbol, qui exerçait une activité professionnelle consistant notamment depuis 2012 à initier des débutants au tir à balles réelles avec des armes lourdes, avait été interdit d'exercer à Paris où il avait encadré trois séances de tir pour Samy Amimour, l'un des terroristes du Bataclan, et avait été contraint de jeter son dévolu sur Wissous pour poursuivre ses stages.
Un mois avant l'arrêté, le 23 mars, un homme a fait une tentative de suicide lors d'une initiation. Lors d'un contrôle inopiné, les policiers ont noté que Frédéric Botbol encadrait seul dix novices en leur laissant des armes et des munitions à disposition. « Lui-même n'est d'ailleurs titulaire que de la qualification de moniteur fédéral, sans être titulaire du brevet professionnel nécessaire » rapporte cette note.
En réponse à ces accusations, Monsieur Frédéric BOTBOL tient à apporter les mises au point suivantes :
- Il réfute avoir fait l'objet d'une quelconque interdiction d'exercer à Paris où il aurait prétendument encadré trois séances de tir pour Samy AMIMOUR, l'un des terroristes du Bataclan. Lorsque Monsieur Frédéric BOTBOL a débuté son activité à Wissous, il n'était absolument pas interdit d'exercice à Paris.
- Concernant Monsieur AMIMOUR, Monsieur Frédéric BOTBOL n'avait à l'époque, aucune raison objective de lui refuser l'accès à l'activité, lorsqu'il s'est présenté en 2012 pour une seule initiation au tir, et non pour trois séances comme l'affirme l'article.
- Il réfute par ailleurs les propos repris par l'article suivant lesquels il aurait manqué de « sérieux avec une clientèle composée de jeunes issus de quartiers sensibles présentant des signes extérieurs d'une religion islamique rigoriste ».
- En outre, aucune initiation avec armes lourdes n'a été pratiquée.
- Enfin, il entend préciser qu'il est titulaire d'un Brevet d'entraîneur cible 1er degré obtenu en 2011 auprès de la Fédération Française de Tir.
Il sera précisé que n'importe quel centre de tir est confronté aux mêmes difficultés en France. Aucun centre de tir n'a accès au casier judiciaire étant précisé qu'en tout état de cause, un casier vierge n'est pas une garantie en soi. Aucun centre de tir n'a accès aux fichiers S, ce fichier dont l'existence juridique est douteuse, qui n'a pas vraiment de caractère officiel.
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Liquidation Judiciaire et Réaction de la Mairie
Depuis, le 1er octobre, faute de rentrées financières, l'entreprise SLD a été placée en liquidation judiciaire.
« Elle a été rachetée par une autre entreprise, affirme Richard Trinquier, le maire (DLF) de Wissous qui fustige cet arrêté préfectoral. L'activité pourrait donc reprendre, mais cette nouvelle entreprise n'a pas encore effectué de démarches pour que nous passions pour vérifier la sécurité. Ni nous ni d'autres instances. »
La ville n'est que le bailleur de ce centre de tir, loué 4 000 € par mois à l'entreprise en charge de l'exploitation du site. « La seule chose qui nous dérange avec cette fermeture c'est que nos policiers municipaux ont besoin de ce lieu pour s'entraîner au tir. »
« Mais la préfète a fait fermer toute cette activité dans la précipitation, cela impacte notamment les 400 membres du club de tir », souligne Richard Trinquier qui fait aussi partie des adhérents. Néanmoins, lui-même était contre la mise en place de stages d'initiation. « J'avais fait évacuer un dimanche, car pour moi ce n'est pas un lieu qui doit être commercial, c'est un lieu dédié au tir sportif, après qu'il y ait une armurerie ou non, peu m'importe, mais je veux que l'association de l'Arquebuse puisse reprendre », indique le maire qui entend avoir son mot à dire. Et c'est notamment ce point de détail qui poserait problème avec la nouvelle entreprise. « Je crois qu'ils veulent se faire de l'argent en faisant aussi des stages de tirs », souligne le maire.
Réouverture et Nouvelles Ambitions
Plus d'un an et demi après sa fermeture à marche forcée sur arrêté préfectoral, en raison des pratiques douteuses de l' ancien gérant, le Cercle de tir de Wissous a rouvert ses portes. Cette semaine, elle a reçu son certificat d'homologation sportive d'installation de tir sportif, délivré par la Fédération française de tir (FFTir).
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La municipalité loue l'exploitation du site à la société Soprotir. Les pratiquants peuvent s'inscrire à une nouvelle association, le Cercle de tir de Wissous. Mais le maire de Wissous, Richard Trinquier (DLF), avoue sa surprise lorsque nous lui annonçons la réouverture du club ce samedi. Il assure que le Cercle de tir de Wissous n'a pas l'autorisation de faire tirer des adhérents.
« Une clause du bail interdit toute sous-location sauf à l'association l'Arquebuse, précise l'élu. À la moindre détonation, nous irons donc voir cette nouvelle association, car cela peut valoir résiliation du bail. » Contactée, l'entreprise Soprotir s'estime en conformité vis-à-vis du bail. « Il ne s'agit pas d'une sous-location, nous louons seulement des prestations à des associations », indique-t-elle. N'importe qui peut venir s'il est membre de la FFTir.
Soprotir souhaite ouvrir une armurerie au club. Elle compte rentrer dans ses frais en vendant des armes en parallèle des sessions de tir. Les équipements des salles ont été mis à neuf, avec notamment des blocs de plastique pour minimiser la pollution au plomb et les ricochets. Unique club de tir du nord de l'Essonne, l'endroit voyait défiler près de 900 adhérents réguliers avant sa fermeture.
Les pratiquants doivent tout de même montrer patte blanche : être licencié à la FFTir et ne pas apparaître au fichier de recensement des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes, et avoir un casier judiciaire vierge, comme l'indique le site de l'association.
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