Le monde des munitions est vaste et complexe. Pour le chasseur ou le tireur sportif, il est crucial de comprendre les différents types de balles disponibles afin de choisir la munition la plus adaptée à ses besoins et à son arme. Cet article se propose d'explorer en détail les divers types de balles de fusil de guerre, leurs caractéristiques, leurs usages et leurs spécificités.
Les composants d'une munition
Avant d'entrer dans le vif du sujet, il est important de comprendre les composants de base d'une munition. Une munition est composée de plusieurs éléments essentiels :
- La douille : C'est le corps de la cartouche, généralement en laiton, qui contient tous les autres éléments. Elle assure la solidarisation de l’ensemble des éléments entre eux. Elle constitue le récipient pour la poudre et le dispositif d’allumage (amorce et capsule d’amorçage). La douille peut être en laiton, car cet alliage a la capacité de se déformer plastiquement sans se rompre et facilite la mise en forme lors du rechargement, ou en aluminium. A son extrémité (appelé collet de la douille), se trouve le projectile serti entre les lèvres de la douille. Il existe deux types de douilles : à bourrelet et à gorge. Ces deux types de douilles sont généralement utilisés pour des revolvers. Le bourrelet de la douille va taper contre le barillet de l’arme, l’empêchant ainsi de se déplacer vers l’avant lors de la percussion.
- L'amorce : C'est le dispositif d'allumage qui initie la combustion de la poudre. Lorsque l’on parle d’amorce, on fait référence d’une part à l’explosif primaire qui va servir à enflammer la poudre à l’intérieur de la douille, mais aussi à la capsule contenant cet explosif. La principale caractéristique de l’explosif primaire est sa forte sensibilité aux chocs et aux frictions. Dans ce genre de cartouche, il n’y a pas de capsule d’amorçage. L’explosif primaire est réparti dans le bourrelet de la douille et va s’enflammer dès que le percuteur annulaire va venir taper le culot de la douille. La capsule d’amorçage contient l’explosif primaire qui va s’enflammer dès sa compression entre le percuteur et l’enclume (sorte de protubérance située au fond du logement de l’amorce, sur laquelle l’amorce va s’écraser lors de la percussion). Au sein de la capsule d’amorçage on observe une sorte de canaux reliant l’amorce à l’intérieur de la douille, il s’agit des évents (au nombre de deux ou trois pour les systèmes Berdan et d’un pour les systèmes Boxer). La vitesse de combustion de l’explosif primaire est d’environ 1000m/s. La découverte de l’explosif primaire remonte à 1805, avec l’utilisation du fulminate de mercure (Alexander Forsyth). Cependant depuis 1926, les amorces Sinoxid® ont vu le jour avec le remplacement du mercure (responsable de l’altération des canons) par le styphnate de plomb. En 1982, un munition appelé Sintox® a été mis sur le marché dans le but de remplacer les métaux lourds par des composés organiques comme le diazole (ou diazodinitrophénol). La tendance actuelle est la suppression des métaux lourds de toutes les amorces.
- La poudre : C'est la charge propulsive qui, en brûlant, génère les gaz nécessaires à la propulsion du projectile. Découverte en Europe au XIIIe siècle, la charge propulsive utilisée pour les armes à feu était la poudre noire (composée généralement de 75% de nitrate de potassium (salpêtre), 15% de charbon de bois et de 10% de soufre). Les munitions composées de poudre noire produisait 44% de son poids en gaz et 56% de résidus solides. Sa combustion produisait un fort dégagement de fumée noire et une faible pression. La nitrocellulose est un polymère formé de monomères de glucose plus ou moins nitrés. Elément de base dans la fabrication de la dynamite, la nitroglycérine a été introduite par Alfred Nobel en 1860. Ainsi selon leur composition, les poudres peuvent être simple base (uniquement à base de nitrocellulose) ou double base (à base de nitroglycérine et de nitrocellulose). La poudre double base proposant d’avantage de groupe oxygène a une vitesse de combustion beaucoup plus importante que la poudre simple base. Il est important de faire la distinction entre combustion et détonation. La vitesse de combustion de la poudre dépend de la pression à l’intérieur de la cartouche et de la forme des grains de poudre. Ainsi la quantité de gaz produit par la combustion de la poudre dépend de la pression et de la géométrie des grains de poudre. La quantité de chaleur produite par la combustion d’une masse d’un kilo de poudre. Le volume spécifique de gaz produit par la combustion d’une masse d’un kilo de poudre. La température d’explosion correspondant à la température du volume de gaz chaud lors de sa combustion. Une poudre à grande vivacité implique une grande surface des grains de poudre par rapport à leur volume. Elle va par conséquent produire un grand volume de gaz et brûler rapidement. De l’autre côté, une poudre lente aura des grains de poudre plus petits par rapport à leur volume. Dans le cas de projectiles lourds, il est nécessaire d’utiliser des munitions comportant une poudre lente car le volume pour la combustion augmente relativement lentement. L’utilisation d’une poudre vive avec un projectile lourd, pourrait provoquer le gonflement du canon. La longueur de celui-ci est donc un paramètre important à prendre en considération dans le choix de la poudre, car la combustion doit être complètement terminée une fois le projectile en dehors du canon. A l’inverse, pour les armes de poing, il est nécessaire d’utiliser des munitions comportant une poudre ayant une grande vivacité afin que toute la combustion soit achevée avant que le projectile ne quitte le canon. Il arrive parfois pour les armes ayant un canon très court d’observer une petite flamme au niveau de la bouche du canon.
- Le projectile (la balle) : C'est l'élément qui est propulsé hors du canon et qui atteint la cible. Les premiers munitions étaient pourvues de projectiles sous forme de simples sphères de plomb mou de 31 à 37 grammes environ et d’un diamètre moyen de 18mm. On chargeait ces projectiles par la bouche du canon. De nos jours, il existe un très grand nombre de formes de projectiles et de type / composition de chemisage.
Les différents types de balles
Il existe une grande variété de balles, chacune ayant des caractéristiques spécifiques qui les rendent plus ou moins adaptées à un usage particulier. On peut les classer selon différents critères, notamment leur construction, leur forme et leur usage.
Classification par construction
- Les projectiles homogènes : Ils sont constitués d'une seule matière, généralement du plomb.
- Les projectiles chemisés : Ils sont constitués d'un noyau en plomb recouvert d'une enveloppe métallique (chemise). Le chemisage TMJ (Totally Metal Jacketed) concerne les projectiles dont la totalité de celui-ci est chemisée (base comprise). Ce type de chemisage est souvent utilisé pour les munitions sans plomb ou métaux lourds dans l’amorce, car il permet d’éviter que le noyau en plomb du projectile ne s’évapore lors de la mise à feu. Il arrive que la surface de certains projectiles homogènes ou chemisés soit recouverte d’une couche métallique infime (galvanisage). Cette technique réalisée par électrodéposition de cuivre, nickel ou de zinc, permet d’éviter la déposition de plomb à l’intérieur du canon (le projectile étant de diamètre plus important que celui du canon). Cette couverture de protection peut présenter des alliages spéciaux. Certaines munitions militaires sont pourvus de projectile en noyau en plomb nu ou d’un mélange plomb acier avec un chemisage complet TMJ en acier ou tombac (Cuivre + 5 à 20% de Zinc). En revanche, les projectiles utilisés pour la chasse sont pour la plupart à tête creuse (Hollow Point en anglais, HP) ou à pointe mousse (Jacket Soft Point, JSP). Dans un contexte de chasse, ces projectiles sont conçus pour faire le plus de dégât possible dans le corps de la cible, mais surtout d’éviter tout dommage collatéral (le projectile ne doit pas ressortir de sa cible).
Classification par usage
- Les balles ordinaires : Ce sont les balles les plus courantes, utilisées pour le tir sur cible, l'entraînement et la chasse.
- Les balles de guerre : Elles sont spécialement conçues pour un usage militaire, avec des caractéristiques spécifiques en termes de pénétration, de pouvoir d'arrêt et de portée.
- Les balles spéciales : Ce sont des balles conçues pour des usages spécifiques, tels que les balles traçantes, les balles incendiaires et les balles explosives. Utilisée par les Anglais en Inde, les munitions Dum-Dum produites par un arsenal de Dum-Dum à Calcutta étaient les premières à utiliser cette technique pour obtenir cet effet. Interdite par la convention de La Haye en 1899, ce projectile Dum-Dum possédait un noyau en plomb recouvert d’une couche fine en nickel striée. Lors du choc, le chemisage éclate et la balle se déforme suivant les stries et peut même éclater. Certains projectiles, appelés projectiles traçants ou lumineux, possèdent à l’intérieur de celui-ci une charge pyrotechnique généralement à base de phosphore ou de magnésium qui produit une vive lumière lors de son inflammation. Les cartouches à blanc (appelées aussi cartouches de marquage) ne contiennent pas de poudre. Les cartouches incendiaires ont été utilisées pour la première fois lors de la première guerre mondiale et sont composées majoritairement de phosphore. La plupart des projectiles incendiaires modernes sont composés de substances explosives et incendiaires. Parmi ces munitions, on compte la munition HEI (High-explosive-incendiary) de calibre 20, 25 ou 30mm utilisées principalement dans l’armée contre des tanks, véhicules blindés, bunker, navires de guerre etc. Ces cartouches fonctionnent à la manière des bombes incendiaires ou fougasses incendiaires utilisées lors de la Seconde Guerre Mondiale. Une charge explosive initiait le matériau inflammable contenu dans la cartouche. Les cartouches explosives contiennent environ 1 gramme de nitrocellulose ou de tétryl contenu dans une amorce placée dans la tête du projectile ou au milieu de celui-ci.
Les différents types de balles en détail
Balle FMJ (Full Metal Jacket)
La balle FMJ est un type de balle très répandu, notamment dans les armées. Elle se distingue par son noyau en plomb recouvert d’une enveloppe métallique rigide (souvent en cuivre ou en alliage cuivre-zinc). La base du noyau, toutefois, reste exposée.
- Avantages : Coût de fabrication réduit, fiabilité et durabilité dans les armes automatiques et semi-automatiques, pénétration accrue grâce à une moindre déformation à l’impact.
- Inconvénients : Emission de particules de plomb, moins de précision à cause de l’exposition du noyau à la base.
Balle TMJ (Total Metal Jacket)
Contrairement aux FMJ, les balles TMJ sont entièrement enveloppées de métal, y compris la base du noyau en plomb. Ce type de balle réduit les risques de contamination par le plomb et offre une meilleure précision, au prix d’un coût de production plus élevé et d’une pénétration légèrement moindre.
Lire aussi: Législation concernant les pistolets à balles caoutchouc
Balle Hollow Point (HP)
Le terme Hollow Point désigne un type de balle à pointe creuse, spécialement conçu pour s’expanser à l’impact. Ce design unique améliore son efficacité et sa sécurité, faisant des balles Hollow Point un choix prisé pour la défense personnelle et l’application de la loi. Les balles Hollow Point possèdent une cavité ou un creux au sommet, les différenciant des projectiles à pointe pleine. Cette particularité favorise leur expansion dès qu’elles touchent une cible. Certaines variantes, appelées JHP (Jacketed Hollow Point), sont partiellement ou entièrement chemisées de métal, ce qui améliore le contrôle de leur fragmentation et de leur expansion.
- Fonctionnement : À l’impact, ce type de balle s’épanouit en forme de champignon, augmentant son diamètre. Cette expansion génère une blessure plus large tout en limitant la pénétration, réduisant ainsi les risques de dommages collatéraux.
- Avantages : Pouvoir d’arrêt accru, dommages internes importants, sécurité accrue grâce à une pénétration limitée.
Balle Soft Point (SP)
Les balles Soft Point sont conçues pour offrir une expansion contrôlée et une pénétration efficace, ce qui les rend particulièrement adaptées à la chasse et à des situations où un bon compromis entre expansion et pénétration est nécessaire. Elles sont polyvalentes et offrent une bonne performance balistique, tout en étant plus fiables pour infliger des dégâts internes importants par rapport aux balles entièrement chemisées. La balle a une pointe en plomb exposée, entourée par un chemisage en métal (souvent en cuivre) qui couvre la majorité de la balle, laissant le plomb partiellement à découvert. À l'impact, la pointe molle de la balle commence à s’écraser et à s’expanser, tout en conservant une partie de sa structure d’origine. Cette expansion est moins rapide et moins dramatique que celle des Hollow Points. La combinaison de chemisage et de plomb permet une expansion modérée et une bonne pénétration.
- Avantages : Expansion modérée, polyvalence, stabilité en vol.
Balle LRN (Lead Round Nose)
L'appellation Lead Round Nose désigne les balles en plomb nu sans chemisage. Les balles LRN sont fabriquées en plomb nu, sans chemisage. Cela signifie qu'elles sont plus molles que les balles chemisées. Comme leur nom l'indique, ces balles ont une pointe arrondie, ce qui leur donne une forme aérodynamique simple. La forme cylindrique avec une tête ronde permet une alimentation fiable dans les armes à feu et assure une trajectoire stable.
- Avantages : Coût réduit, disponibilité, douceur du plomb (moins abrasif pour les canons).
- Inconvénients : Encrassement plus rapide du canon, expansion limitée, risques de ricochets accrus.
Balle Wad-Cutter (WC) / Semi Wad-Cutter (SWC)
Ces deux types de balles sont destinés au tir sportif, discipline pour laquelle leur conception permet un décompte plus facile des résultats. Les balles Wad-cutter ont une forme cylindrique distinctive avec un nez plat. Cette conception permet de découper proprement le papier des cibles, facilitant le marquage et la lecture des points. Les Wad-cutters peuvent être en plomb nu ou légèrement chemisées pour réduire l'encrassement du canon.
- Types : Full Wad-cutter (FWC) entièrement cylindrique avec un nez plat, Semi-Wad-cutter (SWC) combine un nez plat avec une base conique.
- Avantages : Précision, découpe propre des cibles, faible recul.
- Inconvénients : Pénétration limitée, usage limité au tir sur cible.
Le calibre : un élément essentiel
Le choix du calibre est une étape déterminante pour tout chasseur ou tireur sportif. Il doit être fait en fonction du mode de chasse, du type de gibier recherché et de l’environnement dans lequel vous évoluez. Le calibre réel d’une munition est le diamètre du projectile, tandis que le calibre nominal est l’appellation de la munition. Le calibre nominal d’une munition d’arme de poing peut être exprimé en millimètres (exemple du 9mm Parabellum ou du 7,65mm Browning), en centième de pouce (par exemple le .45ACP avec 1 pouce = 25,4mm) ou même en millième de pouce (par exemple le .357 Magnum). Pour un même calibre réel, la munition peut avoir une appellation différente en fonction de la quantité de poudre présente.
Lire aussi: Tout savoir sur la poudre pour balles
La multitude de calibres proposés sur le marché garantit à chaque chasseur de trouver celui qui convient le mieux à ses besoins et à son mode de chasse. Calibre tendu ou lourd, tel est le dilemme pour un novice ! Si le choix d’une arme est primordial en fonction de vos besoins et de vos modes de chasse, le choix du calibre l’est d’autant plus. Le 30-06 Springfield, un calibre incontournable depuis des décennies, continue d’être plébiscité par de nombreux chasseurs français. Toutefois, l’arrivée récente de nouveaux calibres tels que le 7mm PRC pourrait bien modifier la tendance à l’avenir. En fonction de votre mode de chasse, certains calibres sont plus adaptés que d’autres. Le .300 Winchester Magnum est l’un des calibres les plus populaires en France pour la chasse du grand gibier. Il combine puissance et précision, ce qui en fait un choix idéal pour les chasseurs recherchant un calibre performant sur de longues distances. Le 7×64, souvent comparé au .30-06 Springfield, est un calibre qui a largement fait ses preuves auprès des chasseurs français.
Les munitions de chasse : spécificités
La plupart des cartouches de chasses sont constitués d’un culot court ou long (en laiton ou en fer). La fermeture de la cartouche à son extrémité est assurée soit par un sertissage des bords (en étoile) soit par une rondelle. Ayant pour action de caler et assurer une poussée uniforme du projectile, la bourre est un tampon qui s’intercale entre la poudre et le projectile. Sa composition est généralement un mélange de carton, de liège et de feutre pouvant être lubrifié (appelée alors bourre grasse). La « bourre à jupe » est un cas particulier qui consiste à contenir la grenaille dans un récipient (le gobelet). La majorité des cartouches de chasse sont désignées par un calibre ayant un chiffre entre 4 et 36. Ce chiffre ne correspond pas au calibre réel (comme pour les munitions d’arme à canon rayé) mais il indique le nombre de sphère de même diamètre que l’intérieur du canon que l’on peut faire avec une livre anglaise de plomb (453,6g). Pour un calibre 12, cela reviendrait a fabriquer 12 billes en plomb ayant un poids total d’une livre anglaise. Ainsi, plus le calibre est petit, plus le diamètre intérieur du canon est grand. Lorsque l’on parle de munitions de chasse à billes en plomb, on peut être dans le cas de chevrotine (diamètre des billes supérieures ou égales à 5mm) ou de grenaille (diamètre des billes inférieur à 5mm). Suivant leur diamètre, les sphérules en plomb sont désignées par un chiffre et/ou par une ou plusieurs lettres suivant les différents pays producteurs.
- Projectiles Brenneke : de la firme allemande du même nom. Ces projectiles uniques (à l’exception des fléchettes Sauvestre) présentent une très bonne précision de tir et une meilleure portée grâce aux rainures présentes sur celui-ci.
Un peu d'histoire
Pas facile de faire la différence, au premier coup d’œil, entre la balle de mousquet et la bille de plomb appelé shrapnel. Les premières armes à feu apparaissent à la fin du XIVe siècle, puis vont progressivement s’imposer et remplacer l’arc et l’arbalète. Ces armes d’un nouveau type vont utiliser, comme projectile, des balles sphériques qui peuvent être en pierre, en céramique ou en plomb. La bille de Shrapnel tire son nom de son inventeur, Henry Shrapnel (1761-1842), lieutenant du Corps royal d’artillerie britannique, qui entreprit la mise au point d’une arme anti-personnel et désigne la bille de plomb qui est contenue en grande quantité dans un obus. Ce type de bille est aussi employé dans les boîtes à mitrailles, munition utilisée avec un canon lors des attaques d’infanterie ou de cavalerie ennemies. Cette boîte à balles a un effet semblable à un énorme fusil chargé de chevrotine.
Les armes vont commencer à changer au début du XIXe siècle et les balles vont alors évoluer dans leur forme. En France, c’est avec le fusil modèle 1822, ultime amélioration du fusil modèle 1777 que la forme des projectiles évolue. La balle cylindro-ogivale, copie de la boxer anglaise, fait son apparition. Elle possède deux cannelures à la base, pèse environ 44 grammes pour un diamètre de 17 millimètres. Ces balles seront remplacées par la balle de type Minié pesant entre 36 et 45 grammes, balle de plomb cylindro-conique, d’un calibre légèrement plus petit que celui du canon de l’arme à laquelle elle était destinée. Leur forme évoluera avec les balles modèle 1857. Ces balles sont utilisées par chargement par la bouche (canon) ce qui nécessite un certain temps entre chaque coup.
À partir de 1866, un nouveau type de fusil voit le jour en France : le fusil Chassepot (dont il tire le nom de son inventeur Antoine Alphonse Chassepot). C’est une arme copiée du fusil Dreyse, premier fusil à chargement par la culasse et non par la bouche. Ce nouveau type de fusil permet le tir et surtout le rechargement couché mais il a aussi accru la cadence de tir. Avec lui est créée une nouvelle balle cylindro-ogivale en plomb de 11,8 mm pour un poids de 24,5 grammes qui est montée sur une cartouche en papier carton de 13,5 mm. Ce sont des balles qui se rencontrent assez souvent, car celles-ci étaient encore utilisées lors de la Première Guerre mondiale par les fusils Gras : en 1873, le commandant Basile Gras a transformé le fusil Chassepot par en utilisant une cartouche métallique en laiton de 11 mm à percussion centrale. Le fusil Gras subira une dernière modification lors de la Première Guerre mondiale : le changement du canon afin de pouvoir tirer la munition 8 mm Lebel. C’est une balle de forme ovoïde sous-calibrée, d’un diamètre de 13,6 mm pour un poids de 31 grammes, montée sur une cartouche combustible en papier de 16 mm.
Lire aussi: Législation LBD 40
Une bonne partie de ces armes de guerre ayant été reconditionnées pour la chasse après les conflits, il est donc relativement fréquent de retrouver diverses balles en plomb, parfois plus ou moins différentes car celles-ci sont souvent de fabrication artisanale. Du modèle artisanal fait maison au modèle industriel produit en série, de diverses formes et de tailles variables, des milliers de projectiles en plomb, métal malléable de couleur gris bleuâtre qui blanchit lentement au fil des années en s’oxydant, sont “recrachés” tous les ans par le sol français.
Le plomb : un danger pour l'environnement
Le plomb est aussi un élément toxique, mutagène et reprotoxique, classé comme potentiellement cancérigène et pollue notre sol. Il peut provoquer des maladies chez l’homme ou l’animal, dont le saturnisme. Ces balles de plomb et autres billes de shrapnel devront être collectées et stockées avec vigilance puis portées dans un centre de traitement (déchetterie ou autre) afin d’y être traitées et fondues.
tags: #balle #de #fusil #de #guerre #types
