Dans l'univers de Star Wars, les pistolets laser, ou "blasters", sont immédiatement reconnaissables à leur son distinctif et à leurs tirs en pointillés. Mais quelle est la réalité de ces armes futuristes ? L'idée d'un fusil laser est aussi ancienne que le laser lui-même.
Les Premiers Pas : Le Fusil Laser de 1964
Le 4 mars 1964, l'ingénieur Gaylen LYELL de l'entreprise Maser Optics a présenté un fusil laser dans les laboratoires militaires américains de Frankford Arsenal à Philadelphie (Pennsylvanie). Cette annonce a fait le tour de la presse écrite à l’époque ! Sur la photo n’apparaissait pas le pack de 10 kg de batterie.
L'arme, plus légère que le fusil M1, pouvait tirer une salve toutes les 10 secondes, avec une durée de vie limitée à 10 000 impulsions. Le faisceau lumineux était amplifié par un rubis avant de passer au travers d’une lentille. Ce fusil pouvait enflammer des objets (ou les vêtements d’un soldat), faire détoner des explosifs à une distance limitée, éblouir des ennemis et causer de graves lésions oculaires jusqu’à 1,5 kilomètre de distance. Cependant, à 300 mètres, le faisceau mesurait déjà 60 cm de large. L'arme pouvait aussi servir à marquer des cibles ou comme moyen de télémétrie.
Finalement, il n’y eu pas de suite donnée à ce projet, en tout cas en tant qu’arme d’infanterie. Une rumeur prétend qu’un système similaire aurait été utilisé dans les cockpits d’avions de chasse F-4 pour le guidage laser manuel de leurs bombes.
Démonstration et Démenti : Le Projet Laser de l'Army Materiel Command
L'Army Materiel Command (AMC) a invité la presse au Frankford Arsenal, une fois de plus, pour démentir une rumeur selon laquelle le faisceau laser serait l’équivalent d’un pistolet à rayons laser ou plus généralement, le « rayon de la mort ».
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Harold BLODGETT, ingénieur civil de l’armée et chargé du Projet Laser, présenta alors un fusil laser similaire à celui de Maser Optics. Cette fois, une démonstration a eu lieu car la batterie était bien là, reliée au fusil par un câble. Après 15 secondes d’attente, un voyant clignotait pour indiquer qu’une charge de 2000 volts avait été accumulée. BLODGETT épaula le fusil et tira une lumière rouge, sans un bruit, sur une cible de papier carbone accrochée à 4,5 mètres de lui. Une légère fumée s’échappa un instant.
Le lieutenant-colonel Patrick L. KLEIN (chef du bureau de l'information de l'armée américaine) expliqua qu’il ne fallait pas imaginer des soldats équipés de fusil laser car l’arme ne pouvait pas vraiment blesser. Pour lui, cela relevait encore de la science-fiction. Il ajouta également que si effectivement la recherche était classifiée, il n’en était rien des objectifs du projet. Bien que l'instrument pût être utilisé à des fins militaires, il n'était pas considéré comme une arme. En revanche, on pouvait imaginer des applications médicales comme la cautérisation des plaies ou une soudure d’un décollement de la rétine. Mais le laser pourrait également servir aux communications.
Seulement trois salves ont pu être obtenues à partir de la batterie ce jour-là.
Pour l'anecdote : Harold BLODGETT travaillera plus tard sur un concept d’éradication au laser des plantes invasives dans les voies navigables.
Armes Laser Non-Létales : Sabre 203 et PHaSR
Les armes laser non-létales de ce type sont utilisées pour saper les observations de l’ennemi/l’adversaire à des points clefs comme les frontières, les points de contrôle (check-point) et toutes sortes de zones stratégiques où l’on n’aime pas être observé. Elles peuvent également être utilisées de façon offensive, toujours dans le même objectif, mais en visant délibérément l’adversaire qui ne peut pas observer la cible car il est ébloui. Ces armes ont abouti à des systèmes beaucoup plus imposants qu’on ne pourra jamais qualifier de « pistolet laser » et c’est sans doute la raison de la disparition progressive des fusils laser, en tout cas dans les médias.
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Sabre 203
L’objectif du Sabre 203 est donc d’éblouir ou d’étourdir des foules hostiles. L’arme a été développée par les laboratoires de l’armée de l’air américaine (Air Force Research Laboratory Directed Energy Directorate, base aérienne de Kirtland - Nouveau-Mexique). Le laser accompagnait un fusil classique équipé d’un lance-grenade M-203 modifié. Le Sabre 203 prenait la place de la grenade et pouvait d’ailleurs être éjecté en cas d’urgence pour laisser la place à une vraie grenade. Son objectif était de perturber l’ennemi en plein jour et d’aveugler les visions nocturnes la nuit, jusqu’à 300 mètres de portée.
Une convention des Nations Unis a alors rédigé un Protocole sur les Armes Laser Aveuglantes (Protocol on Blinding Laser Weapons) afin de protéger les « victimes » des armes laser. En effet, à cette époque, certains dommages causés aux yeux étaient souvent permanents et le mot « aveuglé » prenait tout son sens… Déployé en Somalie en 1995, le Sabre 203 a alors été mis de côté pour des raisons d’efficacité et de sécurité.
PHaSR (Personnel Halting and Stimulation Response Rifle)
Le PHaSR est plus un sigle dont la définition a dû être pensée pour coller au nom, car on pense tout de suite à l’un des « phasers » qu’on trouve évidemment dans Star Trek. Il a été développé dans le même laboratoire que le Sabre 203, mais cette fois au sein de l’unité ScorpWorks, composée de scientifiques et d’ingénieurs militaires.
À la différence du Sabre 203, il n’accompagne pas une arme et se suffit à lui-même. L’intérêt de cette arme est de ne pas être dangereuse à courte portée tout en étant également efficace à longue portée. Un laser auxiliaire (un télémètre) calcule la distance à l’ennemi et permet de savoir quel niveau de puissance envoyer avec le laser principal qui utilise deux longueurs d’onde. C’est tout l’intérêt du télémètre. C’est pourquoi l’Institut National de la Justice américaine a octroyé 250 000 $ pour l’ajout de ce télémètre laser qui permet donc de ne pas causer de dommages irréversibles, notamment aux yeux.
Le prototype a été dévoilé le 02/11/2005. Il fut développé en 2 exemplaires jusqu’en mars 2006. Son histoire s’arrête là, mais son existence fait qu’il est parfois pris comme exemple d’arme non-létale agissant « pour le bien de la société ».
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Les Défis de la Réalité : Gadgets et Limitations
Comme pour les sabres laser, le problème de la faisabilité des pistolets laser reste inchangé :
- Les tirs sont assez lents pour être visibles, mais assez brefs pour ressembler à des pointillés dans les combats. Comment une décharge de tir laser pourrait-elle être visible alors que la lumière se déplace à 300 000 km/seconde ?
- Sans poussière, fumée, ou toute autre matière, la visibilité des tirs est impossible.
- Le bruit du pistolaser : la lumière est silencieuse. On peut considérer que le bruit vient du fonctionnement de l'arme.
- L’énergie nécessaire pour un combat intense sera vite un problème.
- Les tirs de laser ne peuvent ricocher que sur des surfaces réfléchissantes ou dans certaines conditions bien précises.
Il existe des pistolets laser. Tout comme pour les sabres laser, il s'agit de dangereux gadgets (interdit dans la plupart des pays). Leur seule puissance réside dans le fait de brûler de la matière (des couleurs sombres, c'est plus facile). C'est loin d'être spectaculaire et ça reste un risque d'incendies ! Des sites de bricoleurs proposent aussi de démonter nos lecteurs DVD ou Blu-ray pour en faire des pistolets laser. Tout aussi dangereux (réglementation), le résultat est le même : un gadget risible et sans aucun intérêt. Qu'est-ce qu'un stormtrooper pourrait bien faire d'une chose aussi ridicule ? Un laser installé dans un pistolet en plastique ne donne pas un pistolaser…! Le vrai pistolet laser, ça décape !
Les Vrais Pistolets Laser : Le Décapage Industriel et la Restauration
Quels sont les vrais pistolets laser ? Existent-ils ? Si oui, à quoi servent-ils ?
L'armée ne s'en servira sans doute jamais, à moins d'avoir une carrosserie à refaire ou d'entretenir les monuments… En effet, vous avez sans doute eu l'occasion de voir un bâtiment à côté de chez vous passer du noir-gris pollution au blanc-jaune « naturel » des bâtiments. Les nettoyeurs haute pression n'y sont pas étrangers. Mais dans le cas d'un bâtiment classé, il n'est pas rare que la méthode utilisée soit le pistolet laser. C'est ce genre d'outil que l'on peut trouver chez Clean Laser, entre autres. Bien sûr, ce ne sont pas des pistolets laser comme on pourrait les imaginer dans Star Wars. Leur forme est très variable et leur utilisation est sans doute bien plus complexe.
Restauration d'un mémorial de la Première Guerre Mondiale
Le but est simple : utiliser la lumière du laser comme énergie. La salissure ou la corrosion va ensuite absorber cette énergie, jusqu'à éclater. C'est ce qui provoque le décapage. Selon l'intensité du faisceau laser, on peut donc créer plusieurs formes de décapage. C'est pourquoi Clean Laser peut proposer des pistolets laser ayant cette drôle d'allure ! ainsi que des outils beaucoup plus rudimentaires.
Le plus gros avantage du décapage laser est sans doute la douceur du nettoyage. Ce procédé ne fait pas forcément l'unanimité, surtout lorsqu'il est question d'une voiture, là où d'autres techniques plus abrasives sont plus rapides, même si elles sont moins douces. En utilisant cette technique au laser depuis déjà plusieurs années sur des monuments qui font partie du patrimoine, il est fréquent que les restaurateurs découvrent des traces de peinture très ancienne. L'aspect visuel de ces bâtiments était donc très différent de ce que l'on peut voir aujourd'hui, même après un décapage complet ! Le temps a fait son œuvre… et les traces de peintures sont dispersées et rares. Mais comme on ne va pas repeindre ces monuments aujourd'hui, les pigments sont analysés et les informations collectées.
Ces précieuses données sont de plus en plus fréquement utilisées à l'occasion de sons-et-lumières qui permettent de "repeindre" - pour le temps d'un spectacle - certains des monuments classés les plus célèbre et avec une précision historique. Ça vaut le détour ! Toujours est-il que, pour une voiture, des statues, de la pierre ou des fresques, le décapage nécessite un équipement considérable même si ce n'est pas le même. Et on n'imagine mal un soldat se promener avec un énorme poste à faisceau laser (comme un gros poste à souder) sur roulettes. Sans compter que le résultat obtenu serait de décaper une armure de stormtrooper ou de brûler des vêtements avec un peu de temps. On peut aussi imaginer le montage d'un laser de découpe sur un « pistolet », mais le résultat ne serait pas beaucoup plus convaincant à cause de la distance nécessaire et du matériel inamovible.
Le Laser Game : Une Expérience Ludique et Énergique
Le pistolet laser, « pistolaser » ou encore « blaster », est une arme de choix dans le monde de Star Wars comme dans beaucoup de films… Fêter un anniversaire laser game est une idée qui séduit de plus en plus de parents et d’enfants. L’ambiance futuriste, les décors immersifs et l’adrénaline procurée par la partie en font une expérience originale et mémorable.
Avantages
- Adrénaline et excitation: Le laser game est avant tout un concentré d’adrénaline : parcourir un labyrinthe en chasse aux adversaires, se faufiler dans la pénombre et entendre les pings de son pistolet laser créent une montée de stress contrôlée, source de fous rires et de souvenirs intenses.
- Esprit d’équipe et cohésion: Les parties se jouent souvent en équipe : cela encourage la coopération, la stratégie collective et l’entraide.
- Activité physique modérée: Contrairement à une simple après-midi de jeux vidéo, le laser game invite à bouger dans un espace clos : courir, se baisser, se cacher. C’est un bon moyen de dépenser de l’énergie dans un cadre sécurisé et encadré par des animateurs.
- Adaptabilité à tous les âges (à partir de 7-8 ans): Les parties sont généralement modulables : durée, nombre de joueurs, niveaux de difficulté.
Inconvénients
- Inconvénients liés aux préférences individuelles: Certains enfants sont intimidés par l’obscurité, les effets sonores et l’aspect compétitif d’un anniversaire laser game.
- Risques d’exclusion ou de frustration: Malgré la personnalisation des parties, le laser game nécessite une certaine dextérité et un minimum de condition physique.
- Environnement bruyant et oppressant: Entre la musique d’ambiance, les cris d’enthousiasme et les effets sonores des équipements, le centre de laser game peut devenir très bruyant.
- Coût souvent plus élevé qu’un goûter traditionnel: Organiser un anniversaire laser game implique un budget plus conséquent : coûts de location de la salle, animations, parfois forfaits photos ou vidéos.
Alternatives
- Karaoké Box: Contrairement au laser game, le karaoké propose un espace plus cosy et moins compétitif.
- Chasse au trésor thématique: Organisez une aventure dans un parc ou à domicile, avec énigmes et épreuves.
- Atelier créatif ou scientifique: Pour les enfants curieux, un atelier de peinture, de poterie ou de science ludique peut être très enrichissant.
Organiser un anniversaire laser game peut offrir une expérience inoubliable, riche en émotions, en cohésion de groupe et en activité physique. Toutefois, gardez à l’esprit les limites liées au bruit, aux compétences requises, au budget et aux préférences de votre enfant. Ajustez votre choix selon sa personnalité : s’il adore l’adrénaline et les défis, foncez ! S’il est plus réservé ou sensible, privilégiez des solutions plus douces comme le karaoké ou la chasse au trésor.
Le ZKZM-500 : Mythe ou Réalité ?
Le fusil d’assaut ZKZM-500 produirait un rayon d’énergie invisible suffisamment puissant pour « carboniser instantanément » la peau humaine. Ben voyons… Les forces de l’ordre chinoises auront peut-être bientôt un nouveau joujou pour décourager toute pulsion émeutière dans les rues du pays : un pistolet laser, un vrai de vrai, capable de traverser les objets et de carboniser la peau humaine à un kilomètre de distance. Le 1er juillet, c’est le South China Morning Post (en anglais) qui se faisait l’écho de travaux de l’Académie des sciences de la province du Shaanxi, dans le centre du pays.
Le prototype développé, le ZKZM-500, posséderait un calibre de 15 millimètres - soit un calibre 20, le calibre le plus courant dans la gamme des fusils de chasse - pour un poids de 3 kilos, équivalent à celui d’un fusil d’assaut AK-47. Il peut être monté sur des véhicules et sa batterie au lithium lui permet 1 000 tirs, chaque tir durant environ deux secondes. Selon les mystérieux chercheurs interrogés par le South China Morning Post, le faisceau laser pourrait « brûler les tissus en un clin d’œil… si le tissu est inflammable, le corps entier prendra feu ».
Terrifiant, on vous dit. D’autant que le faisceau serait parfaitement invisible, donnant l’impression atroce d’une combustion spontanée de la victime, qui se tordra d’une « douleur au-delà de l’endurance », selon un autre chercheur anonyme. À en croire le journal, le ZKZM-500 est « prêt pour la production de masse et les premières unités seront probablement données aux équipes antiterroristes de la police chinoise ». Prix du joujou : 13 000 euros environ. Tremble, monde : l’ère des pistolets laser est arrivée. À moins que…
Un Bel Exemple de Propagande
Vous imaginez déjà des hordes de superflics massacrant joyeusement des opposants politiques à un kilomètre de distance, en les perforant de trous, sans faire le moindre bruit ou la moindre trace ? C’est normal, la propagande est faite pour ça. Car, non, le ZKZM-500 n’existe probablement pas, excepté dans votre esprit et dans celui, plus étrangement câblé, de ceux qui font la propagande de Pékin.
Reprenons les informations dont nous disposons. Une source, le South China Morning Post, qui cite des chercheurs anonymes venus du « Xian Institute of Optics and Precision Mechanics » de l’Académie des sciences du Shaanxi. Sauf qu’il n’y a aucune mention de l’étude sur le site de l’institut. Aucun nom de chercheur impliqué dans le projet n’a été rendu public, paraît-il pour des raisons de sécurité. Aucune publication dans une revue scientifique. Aucune vidéo de la bête en action. Que dalle.
Et pourtant, le South China Morning Post obtient une image du « prototype », commercialisé par l’entreprise ZKZM Laser… dont il n’existe aucune trace en ligne. La seule trace d’un appareil associant les mots « laser » et ZKZM était jusqu’alors une vidéo YouTube solitaire montrant une machine à découper des plaques de tôle au laser. Bref, à moins de prendre le South China Morning Post comme parole d’évangile, cette histoire manque cruellement de sources.
Les Armes Laser Existent Déjà…
Pour comprendre à quel point l’idée d’une arme de poing laser paraît abracadabrantesque en l’état de nos connaissances, il suffit de regarder à quoi ressemble le secteur. Car oui, en 2018, plusieurs nations possèdent bel et bien des canons laser, notamment les États-Unis : en 2014, déjà, la Navy faisait la démonstration d’une tourelle laser anti-aérienne embarquée sur le porte-avions USS Ponce, nommée LaWS et développée par Lockheed Martin. En mars dernier, l’armée de l’air annonçait qu’elle allait équiper ses vieux avions F-15 de canons laser, grâce à un contrat de 26 millions de dollars avec Lockheed Martin, et ce dès cet été. Entre-temps, deux tourelles LaWS venaient d’être achetées pour la modique somme de 150 millions de dollars, et devraient équiper des navires américains d’ici 2020.
Les canons laser existent, aucun doute là-dessus. Il y a même tout un marché à conquérir. Ces trucs sont énormes, extrêmement rares, coûtent un bras et font très peur. Et ils demandent aussi énormément d’énergie. Le système LaWS, par exemple, utilise une puissance électrique estimée entre 15 et 50 kilowatts pour atteindre des cibles à courte portée, et 150 kilowatts pour frire des petits bateaux ou des missiles. Selon Motherboard, l’armée américaine souhaiterait monter cette puissance à 300 kilowatts pour obtenir une portée d’un mile (1,6 kilomètre) et être capable de détruire une cible. Quant aux futurs canons embarqués des F-15, le système SHiELD (s’il existe), leur puissance tournerait autour des 50 kilowatts.
… Mais Une Arme de Poing Semble Inconcevable
Pourquoi ces chiffres sont-ils importants? Car ils déterminent la faisabilité d’un pistolet laser en fonction de la puissance requise. Pour rappel, une arme laser émet un faisceau de chaleur intense né d’une concentration d’électrons stimulés pour générer des ondes lumineuses. Ça fonctionne très bien à courte distance - pour scier des matériaux résistants, par exemple - mais plus le faisceau s’étire, et plus son énergie se disperse et est absorbée par l’air.
On appelle cet effet le « blooming », et il est très important à prendre en compte. Pour qu’un faisceau laser soit capable de tuer à grande distance (800 mètres, dans le cas du ZKZM-500), il faut donc réunir une énorme quantité d’énergie lors du tir, au moins plusieurs dizaines de kilowatts - et encore, un faisceau laser de cette importance aurait du mal à causer de sérieux dégâts.
Et c’est là que ça se complique pour créer une arme de poing. Selon le South China Morning Post, le pistolet serait alimenté par une batterie de technologie lithium-ion, similaire à ce que l’on trouve dans tous les téléphones modernes - en bien plus puissante, évidemment. Elle devrait être capable, à en croire le journal, d’opérer 1 000 tirs de deux secondes, soit une demi-heure de tir continu à plusieurs dizaines de kilowatts, tout en étant capable de se décharger très rapidement - soit l’inverse des batteries classiques, qui essaient à tout prix de privilégier la longévité.
À l’heure actuelle, explique TechCrunch, il n’existe qu’une seule batterie commerciale capable de fournir de tels niveaux d’énergie dans un laps de temps très court : la Tesla Powerwall 2. En pics de 10 secondes, nous apprend le manuel d’utilisation, elle peut fournir 7 kilowatts en décharge. Elle pèse 125 kilos et fait à peu près la taille d’un gros radiateur. Si la Chine a réellement inventé son pistolet laser, elle a au passage réussi une avancée formidable dans la miniaturisation des batteries, un défi que tentent de relever toutes les multinationales de la haute technologie depuis le début du XXIe siècle - avec des résultats très mitigés.
Le Règne de la Peur
En d’autres termes, et en l’absence d’autres éléments de preuve, toute cette histoire sent bon la propagande, d’autant que la Chine n’en est pas à son premier essai - on se rappellera avec gêne de cette histoire de bus révolutionnaire capable d’enjamber le trafic, dont le monde entier s’était fait l’écho (y compris nous, soyons honnêtes), qui n’avait finalement jamais vu le jour.
Affirmer sa supériorité technologique, plus encore dans le domaine militaire, a toujours été l’un des jeux préférés de la propagande d’État, en Chine ou ailleurs. Et avec cette histoire de pistolet laser, le régime de Pékin fait coup double, en faisant flipper non seulement les Occidentaux mais aussi, et surtout, une partie de sa population.
Là-dessus, les éléments de langage déployés dans l’article du South China Morning Post sont éloquents. Le journal précise que l’arme est considérée comme « non létale » par le gouvernement car elle « ne peut pas tuer en un seul tir ». Invoquant un « document technique » (une recherche rapide nous redirige vers un PDF d’une page), le journal explique que les forces de l’ordre pourraient s’en servir contre « des manifestations illégales en enflammant les bannières à distance ». Il stipule également que les leaders des manifestations pourraient être visés, en enflammant leurs vêtements ou leurs cheveux, ce qui, selon le document, leur ferait « perdre le rythme de leur discours et leur pouvoir de persuasion. »
Et si le paragraphe n’était déjà pas assez étrange, le journal fait intervenir un officier de police de Pékin partisan de la bonne vieille méthode à base de lacrymo et tasers, au motif qu’une blessure par pistolet laser pourrait causer une vague de panique - sans rire.
Bref, tout semble fait pour qu’une partie de la population s’imagine déjà sous la menace d’une arme à grande portée, invisible et silencieuse - ce qui constitue un superbe argument pour rester chez soi, au lieu d’aller manifester. Attention, peut-être que le Xian Institute of Optics and Precision Mechanics a bien inventé un pistolet laser de poing, et nous serions les premiers impressionnés de l’exploit technologique.
Silencieux et Réducteurs de Bruit : Réalité et Applications
- réduire le bruit pour le faire passer d'insupportable à quelque chose qui peut être supporté sans port de protection auditive, dans le cas de fusils (notamment fusils d'assaut). Ce que cite Arsus.
- dans le cas de fusils de snipe, la réduction est un poil plus effective, mais l'intérêt principal est de déformer le bruit de la détonation, ce qui rend plus difficile l'identification du son comme détonation d'arme, et sa localisation. Par exemple, dans un parc, on entendra le bruit mais on ne le localisera pas, tandis qu'en pleine fusillage ou dans une foule en liesse (genre, JFK), c'est difficile à entendre, comprendre, à distinguer du bordel général.
- dans le cas des pistolets : là encore, rien d'extraordinaire.
- dans le cas des fusils, les silencieux/réducteurs de bruit sont inutiles si l'arme tire des munitions supersoniques (produisant alors un mini bang supersonique). Certains silencieux/réducteurs de bruit ralentissent la balle avant sa sortie, pour rester efficaces.
- de manière générale, les silencieux/réducteurs de bruit de qualité militaire/police améliorent la précision, diminuent la portée, et limitent les effets désorientants des tirs des armes automatiques en milieu clos. Tirer à la M4 dans une maison précédemment fumigénée a l'air particulièrement efficace pour sonner le tireur sans réducteur ni protection visuelle et auditive, entre les flashs aveuglants et le bruit qui se réverbère.
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