Fabrication d'un fusil de chasse artisanal : un art entre tradition et modernité

La fabrication d'un fusil de chasse est un processus complexe qui allie savoir-faire traditionnel et technologies modernes. Qu'il s'agisse d'une production artisanale ou industrielle, chaque étape requiert une expertise particulière pour garantir la qualité, la précision et la sécurité de l'arme. Cet article explore les différentes facettes de cette fabrication, en mettant en lumière les techniques, les matériaux, les aspects légaux et les innovations telles que l'impression 3D.

Fabrication artisanale vs. industrielle : deux approches distinctes

La fabrication artisanale se distingue par la création de fusils uniques, où chaque détail est façonné à la main avec une attention particulière. Cette approche met l'accent sur la personnalisation et l'esthétique de l'arme. À Bordeaux, par exemple, des armuriers passionnés proposent la conception de fusils sur mesure, en tenant compte des besoins et des préférences du chasseur. La prise de commande est avant tout une rencontre entre deux personnes passionnées. Le but, lors du premier échange, est de cerner les besoins et de définir les critères du fusil rêvé. Concevoir un fusil de chasse sur mesure, c’est avant tout rencontrer un chasseur, comprendre ses gestes, ses terrains, ses habitudes. Le rôle de l'armurier est de transformer cette vision en une arme parfaitement équilibrée, fiable et personnelle. Dans l'atelier, chaque détail compte : du calibre au bois, de la gravure à l'ajustement final.

À l'inverse, la fabrication industrielle se concentre sur la production en série d'armes uniformes, en utilisant des machines et des technologies avancées. La technologie la plus moderne employée pour l’usinage est la machine dite à 5 axes. Cette méthode permet de produire des fusils de chasse à grande échelle, tout en assurant une qualité constante.

Qu'il s'agisse d'une méthode artisanale ou industrielle, le processus d'assemblage des pièces du canon diffère.

Les étapes clés de la fabrication d'un fusil de chasse

Le choix des matériaux

Le choix des matériaux est une étape cruciale dans la fabrication d'un fusil de chasse. Le noyer est le bois de prédilection pour réaliser les crosses et devants des armes. Il a la particularité d’être dense et résistant aux chocs mais permet également l’utilisation du ciseau à bois ou de la gouge car suffisamment tendre. Les ébauches sont classées par grade suivant leur beauté. Une attention particulière est accordée à la sélection du noyer pour offrir des bois secs, solides et variés. Selon les préférences de couleur et de veinage, une sélection de trois ou quatre ébauches est préparée et l’emplacement de la future crosse est indiqué pour un choix optimal.

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La crosse est le prolongement naturel du bras et de l’intention. Elle doit être belle, bien sûr, mais surtout parfaitement ajustée à la morphologie. Plusieurs ébauches de noyer, sélectionnées selon les préférences (veinage droit ou en loupe, teinte claire ou foncée), sont présentées. Ensemble, le bois le plus harmonieux est choisi, en tenant compte de la forme finale de la crosse.

Outre le noyer, d'autres matériaux peuvent être utilisés, tels que le hêtre pour les fusils industriels ou des matériaux synthétiques comme le carbone. La crosse en noyer est en effet un incontournable pour un fusil de chasse traditionnel, son veinage si particulier lui conférant de splendides contrastes. Les bois utilisés par Chapuis Armes proviennent de Turquie, et sont scrupuleusement sélectionnés pour leurs qualités techniques et esthétiques. Les bois sont séchés naturellement pendant trois années complètes, processus au bout duquel les bois sont prêts à être travaillés.

Le bronzage du canon

Le bronzage est une étape essentielle pour protéger le canon de l'oxydation et de la corrosion. Il existe différentes techniques de bronzage, telles que le bronzage à la couche, le bronzage par bain ou le teflonnage. Chapuis Armes bronze toutes ces armes à la couche. Après le dégraissage du métal, une liqueur est appliquée à compter de trois fois par jour pendant une semaine.

La gravure et le quadrillage

La gravure est une étape de sublimation, où seule une main experte peut graver une arme de chasse. Tous les éléments métalliques peuvent être gravés. Il existe diverses techniques de gravure, qui influencent le rendu final de l'œuvre. Les motifs décoratifs que l'on retrouve le plus sont les scènes de chasse, qui représentent les animaux dans leur environnement naturel, les perdreaux à l’envol aux bécasses en sous-bois. Les chiens de chasse sont aussi des motifs appréciés.

Contrairement à la gravure, le quadrillage n'a pas seulement une fonction esthétique : il permet une prise en main optimale du fusil.

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L'impression 3D : une révolution dans la fabrication d'armes ?

L'impression 3D est un sujet souvent abordé avec les personnes intéressées par le milieu de l’impression 3D. Le sujet est très populaire, mais il y a beaucoup d'idées reçues. L'impression 3D s'est popularisée à partir de 2005. Très rapidement des individus, principalement du mouvement libertarien américain, ont voulu utiliser cette technologie pour fabriquer des armes.

Le Liberator : la première arme imprimée en 3D

La première de ces armes à défrayer la chronique était le Liberator. Il reprend le nom et la philosophie du FP-45 Liberator, une arme de la seconde guerre mondiale fournie par les américains pour la résistance. C'était une arme rudimentaire à un coup. Le but n’étant pas de faire la guerre avec, mais simplement tuer un soldat allemand pour ensuite prendre son arme. Cette arme s’inscrit dans une logique de guérilla et était produit à 2,40 $, avec l’inflation cela représente 30 $ environ. Là, pour le liberator moderne, c’est la même chose, avec une arme à 1 coup fabriquée en plastique ABS ou PLA. Très simple à produire si vous avez des connaissances dans l’impression 3D.

Les plans du Liberator se sont très vite diffusés sur internet. Il a fait beaucoup de bruit dans les médias car il est facile à fabriquer et est entièrement en plastique.

Les limites des armes imprimées en 3D

En réalité, si votre arme veut pouvoir tirer elle a besoin d’un percuteur métallique. Aussi, et la balle est en métal. Donc il n’est pas sensé passé les portiques de sécurité. En plus, l'arme à de très grandes chances d’exploser dans les mains du porteur. L'attention des médias est donc redescendue sur cette question. Mais énormément de personnes en Europe, aux États-Unis et en Asie ont essayé de développer des systèmes d’armes plus perfectionnés. Le problème étant qu’une arme 100 % plastique va poser des problèmes de sécurité pour le tireur donc il faut pouvoir rajouter des pièces métalliques. Cela demande donc un usinage complexe et un bon niveau de connaissances techniques.

Le FGC-9 : une avancée significative

Mais c’était sans compter JStark1809, un libertarien voulant permettre à tous de pouvoir s’armer facilement. Il a développé le FGC-9, littéralement le F*ck Gun Control 9mm. Là, nous changeons de catégorie. C’est terminé le petit pistolet monocoup en plastique ou à l’inverse la complexité importante des armes maison produite par les différents groupes armées.

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Le FGC-9 c’est une arme semi-auto tirant des cartouches de 9 mm basé sur le Shuty AP-9. La conception des plans de l'arme à été réalisée pour permettre de fabriquer une partie des pièces via une imprimante 3D de base. Une Creality Ender 3 est capable de le faire. Plus une partie des pièces pouvant être achetée simplement en ligne. Pour produire cette arme, il faut environ 40 heures de travail. Rien de très compliqué si vous savez vous servir d’une imprimante 3D et savez aller sur internet acheter les pièces nécessaires, sauf si vous ne pouvez pas vous procurer le canon sur un vieux fusil ou à l’achat comme aux États-Unis.

Pour toute personne ayant vu au moins un James Bond, vous savez qu’un canon n’est pas lisse à l’intérieur. Il y a des rayures, permettant à la balle d’avoir plus de vélocité. Vous pourrez facilement acheter un canon métallique mais il faut réussir à la rayer.

La FGC-9 propose un très bon rapport fiabilité/prix. Pour vous donner une idée du prix pour fabriquer cette arme c’est moins de 1000 € en prenant en compte l’outillage (imprimante 3D, perceuse, électrolyse etc…) Évidemment si vous produisez plusieurs FGC 9 vous n’aurez plus à acheter les outils, le prix décent donc entre 100 et 200 € par unité produite c’est donc très économique.

L'utilisation du FGC-9 par des groupes armés

De nombreux groupes ont décidé de produire cette arme. C’est le cas en Birmanie des People’s Defence Force, une guérilla luttant contre la dictature dans le pays. Les People’s Defence Force ont développé de véritables usines dans la jungle birmane avec plusieurs imprimantes 3D produisant des pièces à la chaîne, le tout alimenté par des générateurs électriques. C’est aussi le cas en Europe, ou désormais la police démantèlent des fabriques clandestines d’armes, mais aussi aux État-unis ou le nombre d’armes fantômes a tout simplement explosé.

Évidemment, le FGC 9 n’est pas une arme de qualité militaire, le calibre reste relativement faible, nous sommes encore loin par exemple d’un HK 416. Mais cela peut être une vraie menace pour servir d’armes de deuxième ligne ou d’armes pour les gangs européens.

L'avenir de l'armement 3D

Le FGC-9 n’est qu’une étape parmi d’autres dans le développement de l’armement en 3D. Beaucoup de personnes vont dire qu’il sera plus simple d’acheter une AK-47 bien rustique dans une cité pour 2000 €. Néanmoins le sujet n’est pas intéressant. En réalité le FGC 9 mm montre surtout le développement des possibilités de l’impression 3D, car il y a 20 ans vous ne pouviez surtout que réaliser des prototypes. Maintenant des grands groupes comme Airbus fabriquent des pièces d’avion via l’impression 3D.

Législation et sécurité : un cadre strict à respecter

La fabrication et la modification d'armes à feu sont strictement réglementées. Un particulier peut-il modifier lui-même une arme, voire la fabriquer avec des éléments d’armes ? Il est question d’activité professionnelle. Cela vise donc ceux qui exercent cette activité pour en vivre.

Le Code de Commerce donne la définition de commerçant comme étant : « Tout achat… …pour les revendre, soit en nature, soit après les avoir travaillés et mis en œuvre. » Il est question d’armurier. Il s’agit d’une activité réglementée qui fait l’objet d’un agrément préfectoral qui est délivré en fonction de l’ « honorabilité professionnelle et privée et des compétences de l’armurier. »

Trafic illicite : importation, exportation, transfert, acquisition, vente, livraison ou transport d’armes à feu, munitions ou leurs éléments à partir, à destination ou au travers du territoire d’un État vers le territoire d’un autre État si l’un des États concernés ne l’autorise pas … …ou si les armes à feu, les éléments d’armes ou les munitions ne sont pas marqués… Donc c’est du trafic si ce n’est pas autorisé par les États importateurs ou exportateurs.

C’est donc bien l’outillage pour fabriquer les armes qui est réservé aux professionnels et proscrit au particulier. Sa simple détention constitue un délit de fabrication illicite. Le CSI définit bien l’action de fabrication ou de modification, ainsi un particulier n’a pas le droit d’intervenir sur les éléments essentiels d’une arme. Il ne peut pas modifier le chambrage. Par contre rien ne l’empêche de procéder à un échange standard de canon, sauf bien sûr à considérer qu’un remontage est un assemblage… ce qui conduirait tous les détenteurs légaux (y inclus les membres des forces de l’ordre) à ne plus pouvoir assurer l’entretien courant de leur matériel.

C’est la fabrication ou la modification qui doit être obligatoirement effectuée par un armurier titulaire d’une AFCI [1]. Si le calibre d’une arme ou son système de fonctionnement ont été modifiés, il s’agit bien d’une opération de fabrication au sens de la réglementation. Dès lors que l’on touche à l’interface canon / pièce de fermeture, il est obligatoire que soit pratiquée une nouvelle épreuve par le Banc d’Épreuve de St Etienne.

Prenons l’exemple du tireur de Bench-rest qui doit, toutes les quelques centaines de coups, rafraîchir le chambrage avec une fraise de chambre après avoir supprimé 2 filets pour raccourcir son canon. Cette opération ne nécessite pas d’épreuve, les caractéristiques de l’arme n’ayant pas été changées.

Lors de l’achat d’un canon déjà chambré à l’étranger (et donc classé au sens de la législation) il faudra accomplir les formalités d’importation ou de transfert selon que la provenance est hors l’UE ou de l’UE, consulter la rubrique. Si le canon n’est pas chambré, mais juste percé et rayé, il faut alors parler d’un barreau qui est une simple matière première achetable et importable selon les règles de droit commun [3]. En effet, l’utilisation de la fraise de chambre pour transformer le barreau en canon chambré est bien sûr interdite au particulier. Elle doit être sous-traitée à l’armurier professionnel, seul habilité à procéder au chambrage.

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