L'expression "coup de fusil" est une locution française riche en significations, allant du domaine littéral de la chasse à des usages plus figurés dans la langue courante. Cet article explore en profondeur l'origine et les diverses acceptions de cette expression, en s'appuyant sur son contexte historique et culturel.
Origines et Évolution de l'Expression
L'expression "coup de fusil" est couramment utilisée dans les jeux de mots, notamment les mots fléchés.
L'origine de l'expression "coup de fusil" est considérée comme relativement récente, datant du début du XXe siècle. Selon certaines sources, elle dériverait du verbe "fusiller" tel qu'il était employé dans l'argot de la fin du XIXe siècle, où il signifiait "escroquer". L'opération d'escroquerie elle-même aurait été désignée par l'expression "coup de fusil".
Cependant, la question se pose de savoir quel pourrait être le lien entre le fusil et l'escroc. Dans le contexte de la chasse, le "coup de fusil" a la particularité d'arrêter le gibier en plein vol, une image qui pourrait évoquer l'action soudaine et décisive de l'escroquerie.
"Coup de Fusil" dans le Langage Courant
L'expression "coup de feu" désigne un moment d’affluence et d’hyperactivité - l’heure du déjeuner dans un restaurant par exemple - où le personnel est sur les dents, occupé à des manœuvres fébriles pour contenter tous les clients à la fois, une situation de stress, explosive.
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Outre son sens littéral lié à l'arme à feu, l'expression "coup de fusil" a acquis plusieurs significations figurées :
- Architecture et espace : Elle peut désigner un logement étroit et long, comme illustré dans l'exemple littéraire : "Le même lambeau de laine déteinte séparait la chambre de l’atelier, un logement en coup de fusil qui semblait bâti pour une aiguille." (E. Zola).
- Période d'activité intense : L'expression peut également évoquer une période de forte activité ou d'effervescence, comme dans le domaine de la restauration.
- Argot : Expression française considérée comme récente puisqu’elle ne date que du début du XXème siècle qui viendrait dit-on de la signification du verbe fusiller dans le dictionnaire argot de la fin du XIXème siècle à savoir escroquer et l’opération s’y afférent serait ce fameux coup de fusil.
Expressions Connexes et Leur Histoire Militaire
Plusieurs expressions françaises incluent le mot "fusil", chacune ayant une origine et une signification distinctes :
- Changer son fusil d'épaule : Apparue à la fin du XIXe siècle, cette expression signifie changer d'attitude ou de point de vue. Le fusil symbolise les opinions, et modifier la façon de le tenir représente un changement de position.
- Charger son fusil : Cette expression date de la généralisation du mousquet, une arme à feu utilisée jusqu'en 1650. Pour tirer, il fallait appuyer la crosse contre la joue.
- Les canons en fleurs : Cette expression du XXe siècle fait référence aux militaires de la Première Guerre mondiale qui ornaient leurs canons de fleurs, symbolisant la confiance et l'insouciance. Aujourd'hui, elle désigne une attitude courageuse.
- Se faire fusiller : Cette expression familière du début du XXe siècle dérive du mot "fusiller" qui, dans l'argot de la fin du XIXe siècle, signifiait escroquer.
De nombreuses expressions françaises célèbres tirent leurs origines d'histoires et de faits militaires. Parmi celles-ci, on peut citer :
- Monter au créneau : Le créneau désigne le creux laissé entre deux « merlons » sur la partie haute des remparts.
- Tirer à boulets rouges : À l’époque des premières armes à feu, il fallait recharger avant chaque tir. Si la poudre était trop humide, elle ne se consumait pas et ne produisait pas l’explosion qui faisait partir le projectile.
- Faire le mariolle : Héros des guerres de la Révolution et de l’Empire, Dominique Gaye-Mariolle est alors réputé pour sa bravoure et pour sa taille : plus de deux mètres !
D'autres expressions militaires incluent :
- Faire les 400 coups : Aujourd’hui, “faire les 400 coups” équivaut à vivre sans respecter la morale ni les convenances. En 1621, le roi assiège Montauban. Pour obtenir la reddition de la ville, il ordonne le tir simultané de 400 coups de canons alors que les habitants festoient. Ce coup d’éclat n’eut pas beaucoup d’effet puisque le roi lève le siège quelques jours plus tard.
- Envoyer à Limoges : Mais pourquoi on utilise le nom de la ville de Limoges pour dire qu’on s’est fait renvoyer ? L’explication est historique ! En août 1914, l’armée française est à la peine face à l’Allemagne qui fait reculer le front, laissant bientôt Paris à la portée de l’ennemi. Le ministère de la guerre prend alors la décision de mettre en retraite anticipée une partie de l’état-major français jugé responsable des défaites. C’est le général Joseph Joffre qui met en œuvre cette disgrâce, envoyant notamment les officiers déchus dans la région de Limoges où se trouve le commandement arrière, bien loin du combat actif.
- La chamade : Venue du persan shimata (qui signifie « fièvre » ou « vacarme ») par l’italien chiamata (« appel », « clameur »), la chamade est un puissant roulement de tambour joué pour signaler une reddition, accompagné parfois du célèbre drapeau blanc.
- Faire long feu : A l’époque des premières armes à feu, il fallait recharger avant chaque tir. Si la poudre était trop humide, elle ne se consumait pas et ne produisait pas l’explosion qui faisait partir le projectile. Le fusil “faisait long feu” et le soldat ratait son coup. A ne pas confondre avec l’expression “Ne pas faire long feu”, quant à elle, qui fait référence à un véritable brasier. Elle repose sur l’image d’un feu de paille, rapide et éphémère. “Faire long feu” renvoie donc à un échec et “Ne pas faire long feu”, à la brièveté d’une situation.
- Tirer à brûle pourpoint : Tirer « à brûle pourpoint », revient donc à tirer sur l’ennemi à bout portant, de si près que les résidus de poudre du tir viennent consumer son habit.
- Mort aux vaches ! : L’expression « Mort aux vaches ! » connaît deux origines liées au monde militaire : La première date du roi de France Henri IV (1589-1610). Au début de son règne, un vif sentiment de trahison se répand parmi ses anciens partisans du sud-ouest : Henri de Navarre les a quittés pour Paris, la couronne de France et la foi catholique. Le cri « Mort aux vaches ! » serait ainsi adressé au comte de Béarn, devenu roi de France, les armoiries du Béarn étant d’or à deux vaches de gueules, accornées, colletées et clarinées d’azur. La seconde provient du Paris assiégé de 1870-1871. Les baraques des gardes prussiens, signalées par l’inscription « Wache » (« Sentinelle »), ont fait crier aux Parisiens « Mort aux Waches !
Les Différents Types de Fusils et Leur Époque
Concernant les différents types de fusils, on peut noter :
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- Fusil à piston : Couramment utilisé jusqu'au milieu du XIXe siècle, il est aujourd'hui une arme de luxe pour les amateurs de chasse.
- Fusils automatiques et semi-automatiques : Apparus à la fin du XIXe siècle et popularisés dans les années 1930, ils furent délaissés au profit d'armes plus maniables.
- Fusil-mitrailleur : Utilisés lors de la Première Guerre mondiale, ces fusils automatiques étaient lourds et difficiles à manier, ce qui a conduit à leur remplacement par des armes plus légères.
Le Tir Sportif : Du Tir aux Pigeons au Ball-Trap
Le tir sportif a connu une évolution significative au fil du temps, passant du tir aux pigeons vivants au ball-trap moderne.
Inspiré des anglais, le premier « tir aux oiseaux artificiels » fut importé en France en 1897. Installé à Saint-Aubin-sur-Mer, en Normandie, il prit le nom de Shooting Club. En 1807, un révérend écossais du nom de Forsyth inventa le premier mécanisme de percussion sur fulminate de mercure. Dès lors, le « coup de fusil » devenu immédiat ouvrait la perspective du tir au vol. L’arquebuserie, comme on disait alors, s’en trouva chamboulée à un point tel, que Ferdinand Courally n’hésita pas à qualifier cet instant de « l’Ère de Forsyth ». Rien n’a changé depuis. La quasi-instantanéité de l’allumage de la poudre, ramenait désormais le problème du tir au vol à la donnée essentielle. Sa difficulté et son attrait consistent dans : « l’art de faire converger les trajectoires inégalement rapides du plomb et de l’oiseau. Parallèlement, en ce XIXème siècle, la société anglaise éprise de la vie au grand air inventa un mot nouveau, « sport », issu du vieux français. D’après Émile LITTRÉ, son acception regroupe : « tout exercice en plein air, tels que courses de chevaux, canotage, chasse à courre, à tir, pêche, tir à l’arc, gymnastique, escrime, etc. » Parmi ces sports, l’invention de Forsyth allait en engendrer une autre, le tir-aux-pigeons.
À l’origine, ce jeu des cabarets londoniens permit à de nombreux tireurs de comparer mais aussi d’exercer leur aptitude au tir au vol. Evidemment, les paris, ou « betting » chez les Anglais sont demeurés indissociables de ce jeu. Le Old Hats Tavern, à Ealing, est passé à la postérité puisque des vieux chapeaux hauts-de-forme y auraient fait office d’ancêtres aux boîtes à pigeons. De nombreux clubs virent prospérer le tir-aux-pigeons en Angleterre jusqu’à l’époque de la Grande Guerre. Date à laquelle suite à un mouvement social, dirait-on aujourd’hui, suivit une décision du parlement pour interdire cette activité. En France, après des débuts confidentiels dans les années 1830, le tir-aux-pigeons, prit de l’extension à partir de 1860. À cette époque, l’armurier GASTINNE-RENETTE lui réserve un enclos près de la Porte Dauphine à Paris. Bientôt, en 1866, le Cercle des patineurs, créé au bois de Boulogne en décembre 1864, offre aux amateurs le premier véritable tir-aux-pigeons vivants. Il y a peu de temps encore, on tirait des hélices au Cercle du bois de Boulogne.
En France, le ball-trap naîtra discrètement au milieu des 1880. Le pourtant très complet catalogue VERNEY-CARRON de la saison 1888-89 ne conserve le souvenir que d’une unique catapulte à boules de verre (voir photo). « Le Ball-Trap est un appareil lançant en l’air des boules de verre… Tout en offrant les qualités à peu près analogues et des difficultés semblables à celles du tir sur pigeons vivants s’échappant des boîtes, le Ball-Trap constitue un sport bien plus à la portée de tous. » Peut-on lire dans le Larousse des Sports. Même chose dans le catalogue VERNEY-CARRON, la même idée présente le Ball-Trap comme un sport moins onéreux que le tir-au-pigeons. Pourtant au même moment d’autres voix, comme celle de Paul MANOURY, font la promotion du Ball-Trap comme celle d’un sport à part entière. « Je le préfère même au tir-aux-pigeons vivants, pour toutes sortes de raisons sportives, dont celle-ci : il constitue une meilleure préparation à la chasse. Au cours d’un voyage en Angleterre, Paul MANOURY fit connaissance avec le Inanimate Bird Shooting, le « tir aux oiseaux artificiels ». Séduit par ce nouveau sport, « si net, si incritiquable. Comment n’aurais-je pas été enthousiasmé à le voir pratiqué si élégamment par ces merveilleux sportsmen que sont nos amis d’outre-Manche ?… » À l’issue, en 1896, en marge du cinquième concours national sur cible de Satory, une surprise attendait MANOURY. Dans une annexe, « d’ailleurs plutôt rudimentaire », réservée aux « oiseaux artificiels », il découvrit les possibilités des premiers plateaux artificiels. « Bien différent du tir sur boules de verre ou de caoutchouc. Quelques temps après être rentré à Paris, MANOURY et VOULQUIN constitueront, en 1898, sur l’île Seguin (Hauts-de-Seine) un club plus important : Le Fusil de Chasse. Ses installations inaugureront la première tour en France ; haute de 16 mètres.
Interprétations Psychologiques du Coup de Feu
Toujours en relation avec un rêve d’armes, les coups de feu symbolisent des comportements masculins incontrôlés, colériques et destructeurs. Bien souvent, le coup de feu représente l’éjaculation incontrôlée et un déplacement verbal agressif de la pulsion. L’acte qui doit donner la vie est interprété et exprimé à contresens. Le coup de feu est donc la parole qui cherche à blesser ou à tuer. Comme tout ce qui explose, le coup de feu est un coup de sang, une tension intérieure ; c’est une réaction émotionnelle face aux interdits trop nombreux qui n’ont pas été expliqués. Un coup de feu qui ne part pas ou une arme molle peut être l’expression d’un sentiment d’impuissance. Dans ce cas, il s’agirait d’une impossibilité à exprimer quelque chose pour se défendre, soit devant une figure trop autoritaire, soit face à quelqu’un qui nous embrouille. Cet état générerait une colère rentrée.
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