L’expression "ESP tir sportif" n'apparaît pas directement dans le contexte des informations fournies. Cependant, en analysant l'évolution de la sécurité pénitentiaire en France, notamment en lien avec la création des Équipes de Sécurité Pénitentiaire (ESP), on peut comprendre comment le tir, et potentiellement une forme de "tir sportif" dans le cadre de l'entraînement, s'intègre dans le dispositif global de maintien de l'ordre et de gestion des crises en milieu carcéral. Cet article explore donc le contexte de la sécurité pénitentiaire en France, le rôle des ESP, et comment le tir, en tant que compétence, s'inscrit dans ce cadre.
Un Contexte de Crise et de Réformes Sécuritaires
Le début des années 2000 a été marqué par une série d'incidents majeurs dans les prisons françaises, allant des tentatives d'évasion spectaculaires aux mouvements collectifs de prisonniers. Face à cette crise, l'administration pénitentiaire a entrepris une profonde remise en question de ses pratiques et a mis en œuvre une série de mesures visant à renforcer la sécurité. Cette période a été caractérisée par une "riposte sécuritaire" orchestrée entre le Ministère de la Justice et la Direction de l'Administration Pénitentiaire.
La Création des Équipes Régionales d’Intervention et de Sécurité (ÉRIS)
En 2003, les Équipes Régionales d’Intervention et de Sécurité (ÉRIS) ont été créées. Ces unités spéciales, souvent comparées au GIGN de la pénitentiaire, sont chargées d’intervenir en cas de tensions ou d’incidents graves dans les établissements pénitentiaires. Réparties en dix équipes (neuf régionales et une nationale), elles sont composées d’une quarantaine d’agents spécialement formés à la gestion des crises et au maintien de l’ordre.
Le recrutement des membres des ÉRIS se fait en interne, sur la base de leurs aptitudes physiques. Avant d’intégrer ces équipes, ils suivent une formation de dix semaines à l’École Nationale de l’Administration Pénitentiaire, comprenant des modules sur la gestion du stress, le tir et l’armement, les techniques d’intervention, le maintien de l’ordre et les transferts. Ils effectuent également un stage au Centre National d’Entraînement des Forces de Gendarmerie à Saint-Astier, réputé pour être le lieu de formation du GIGN.
L'armement des ÉRIS est conséquent, incluant des tonfas, des bâtons télescopiques BTP, des grenades lacrymogènes et de désencerclement, des LBD40, des HK G36C, des fusils à pompe calibre 12, des SIG SAUER SP 2022, des fusils à pompe Remington 870 police et des fusils d’assaut à tir automatique. Cette dotation importante témoigne de la volonté de l'administration pénitentiaire de se doter d'une "force de frappe" capable de réagir rapidement et efficacement en cas de crise.
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Normalisation de la Violence et Diffusion des Techniques des ÉRIS
La création des ÉRIS a marqué un tournant dans la politique pénitentiaire, en entérinant une nouvelle approche du maintien de l’ordre en prison. Si certains membres de l’administration pénitentiaire estiment que les ÉRIS ont permis d’introduire des techniques d’intervention plus pertinentes, d’autres s’inquiètent d’une banalisation des méthodes d’intervention violentes.
L’Observatoire International des Prisons (OIP) a notamment alerté sur le risque que la création des ÉRIS soit perçue comme un "blanc-seing" pour l’utilisation de méthodes musclées par le personnel pénitentiaire. La Commission Nationale de la Déontologie de la Sécurité a également souligné le lien entre les méthodes coercitives des ÉRIS, leur cadre d’intervention flou et les violences exercées par le personnel local à l’encontre des détenus.
Création des Équipes de Sécurité Pénitentiaire (ESP)
Dans cette logique de renforcement de la sécurité, l’administration pénitentiaire a annoncé en 2016 la création de nouvelles "équipes de sécurité pénitentiaire" (ESP), bénéficiant d’un armement et de prérogatives spécifiques. Ces équipes doivent être complétées par des "équipes locales de sécurité pénitentiaire" (ELSP), en remplacement des actuelles "équipes locales d’appui et de contrôle" (Élac). Cette évolution illustre la diffusion des techniques et pratiques de maintien de l’ordre au sein des établissements pénitentiaires.
Le Tir : Une Compétence Essentielle dans la Formation des Agents Pénitentiaires
Dans ce contexte, la formation au tir est devenue une compétence essentielle pour les agents pénitentiaires, notamment ceux affectés aux ÉRIS et aux ESP. Le module "tir et armement" dispensé à l’École Nationale de l’Administration Pénitentiaire vise à former les agents à l’utilisation des différentes armes dont ils sont dotés, dans le respect des règles de sécurité et de déontologie.
Bien que l’expression "ESP tir sportif" ne soit pas explicitement définie, il est possible que le tir sportif, en tant que discipline, soit intégré dans la formation des agents pénitentiaires, afin de développer leur précision, leur maîtrise de soi et leur connaissance des armes. Il pourrait s'agir d'une méthode d'entraînement complémentaire pour améliorer les compétences des agents en matière de tir.
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Autres Aspects de la Sécurité Pénitentiaire
Outre les ÉRIS et les ESP, la sécurité pénitentiaire repose sur un ensemble de mesures et de dispositifs, tels que :
- La sécurité périmétrique : Renforcée par des miradors et des systèmes de surveillance électronique.
- Le contrôle des accès : Chaque surveillant dispose d’un jeton personnel pour accéder aux différentes zones de la prison.
- La surveillance des cellules : Les surveillants doivent vérifier régulièrement l’état des barreaux et des installations.
- Les fouilles : Les fouilles intégrales (déshabillage complet du détenu) sont pratiquées dans certaines situations.
- L’armement des surveillants : Les surveillants ne sont pas armés, sauf ordre exprès dans des circonstances exceptionnelles.
- L’intervention des forces de l’ordre : En cas de crise, l’administration pénitentiaire peut solliciter l’intervention des forces de l’ordre.
La Culture Carcérale : Un Facteur de Risque
La culture carcérale est un élément essentiel à comprendre dans le contexte des prisons. Il existe une porosité entre l’extérieur et l’intérieur de la prison, favorisant la circulation d’objets interdits et la transmission de normes et de pratiques spécifiques.
Les détenus développent des techniques pour communiquer entre eux et échanger des biens, telles que l’utilisation du "yo-yo" (bandes de drap), de la "baguette", du "sac-poubelle" ou de "systèmes de harpons". Ils mettent également en place des stratégies pour dissimuler des objets interdits, notamment en utilisant leur corps comme cachette.
Des normes culturelles existent également, comme le port du caleçon à la douche, la loyauté, la solidarité et le respect. La violence est présente, et les détenus doivent montrer leur capacité à se défendre.
Le "Who's Who" en Prison
Les détenus sont classés et catégorisés en fonction de plusieurs critères, tels que les faits commis et le lieu de provenance. Ils se constituent un "réseau d’interconnaissance" et se répertorient en fonction de leur capacité à fournir en stupéfiants ou à faciliter une détention agréable. Une structure hiérarchique se met en place, avec des dominants et des dominés. La réputation d’un détenu le suit tout au long de son incarcération.
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Attaques Récentes Contre des Prisons
Récemment, une série d'attaques contre des prisons a été enregistrée. L'enquête penche sur des mouvements anarchistes, avec des incendies, des tags et même des tirs à Toulon. Ces attaques semblent coordonnées et revendiquées par le mouvement "DDPF" (Droits Des Prisonniers Français).
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