L'expression "faire un coup de fusil" est une locution française qui s'est ancrée dans la langue courante, bien qu'elle ne soit pas toujours employée à bon escient. Son origine et sa signification sont parfois mal comprises, et il est important de la distinguer d'expressions similaires comme "coup de feu". Cet article vise à explorer en profondeur cette expression, son histoire, ses différents usages, et à la replacer dans le contexte plus large des expressions françaises issues du vocabulaire militaire.
Origines et Évolution de l'Expression
L'expression familière "coup de fusil" apparaît au début du XXe siècle. L'origine de l'expression "coup de fusil" dériverait du verbe "fusiller" qui, à la fin du XIXe siècle, signifiait escroquer dans le langage argotique. L'opération d'escroquerie serait donc ce fameux coup de fusil.
Mais la question qui se poserait serait de déterminer quel serait le rapport qui pourrait exister entre le fusil et l’escroc en question. Dans le domaine de la chasse, le coup de fusil a pour particularité d’arrêter le gibier en plein vol.
L'expression "coup de fusil" peut avoir plusieurs significations selon le contexte dans lequel elle est employée. Il est important de ne pas la confondre avec l'expression "coup de feu", bien que les deux soient liées au domaine des armes à feu.
Signification et Emploi de l'Expression "Coup de Fusil"
Contrairement à ce que le titre pourrait suggérer, un "coup de fusil" n'est pas lié à une action violente ou à une arme à feu au sens propre. En réalité, dans le langage courant, l'expression "coup de fusil" est utilisée pour décrire une situation où l'on paie un prix excessivement élevé, souvent de manière inattendue.
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Par exemple, on peut dire que l'on s'est fait "assommer d'un coup de fusil" dans un restaurant lorsque l'addition est anormalement chère.
Exemple d’utilisation : Rien n’avait changé depuis le soir où les Lorilleux, pour la première fois, lui avaient fait un accueil si peu encourageant. Le même lambeau de laine déteinte séparait la chambre de l’atelier, un logement en coup de fusil qui semblait bâti pour une aiguille. (E.
Distinction entre "Coup de Fusil" et "Coup de Feu"
Il est essentiel de ne pas confondre "coup de fusil" avec "coup de feu". "Coup de feu" fait référence à la détonation d'une arme à feu, à l'action de tirer. "Coup de fusil", en revanche, a une connotation financière et désigne une dépense excessive.
Le Port d'Armes : Une Notion Distincte
Il est crucial de distinguer l'expression "coup de fusil" de la notion de port d'armes, qui relève d'un cadre légal précis. En France, la détention et le port d’armes sont fortement réglementées. Le port d’arme est la situation dans laquelle une personne possède une arme sur elle.
Pour le particulier, le port d’armes est interdit, comme le précise l’article R315-1 du Code de la Sécurité Intérieure : « Sont interdits : 1° Sauf dans les cas prévus aux articles R. 315-5 à R. 315-10, le port des armes, éléments d’arme et munitions des catégories A et B ; 2° Le transport sans motif légitime des armes, éléments d’arme et munitions des catégories A et B ; 3° Le port et le transport sans motif légitime des armes, éléments d’arme et munitions des catégories C et D. »
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La détention d’arme (ainsi que son transport) sont autorisés pour les personnes pratiquant la chasse ou le tir sportif ou encore les personnes participant à des reconstitutions historiques. Si une personne détient une arme sans une autorisation rentrant dans la cadre de la réglementation elle commet donc une infraction. Selon la catégorie de l’arme, elle est punie plus ou moins sévèrement (article 222-52 du Code Pénal et articles 317-4 et 317-4-1 du Code de la Sécurité Intérieure).
Les Catégories d'Armes
Les armes sont classées en différentes catégories en fonction de leur dangerosité. Voici un tableau récapitulatif des armes classées en catégorie D :
| Classement | Désignation | Caractéristiques | Exemples |
|---|---|---|---|
| D - a) | Tous objets pouvant constituer une arme dangereuse pour la sécurité publique | arme non à feu camouflée, poignard, couteau-poignard, matraque, projecteur hypodermique, couteau dit papillon ou Balisong, couteau à cran d'arrêt avec mécanisme d'ouverture automatique, arme blanche de jet appelée étoile de Ninja, arme mixte d’un modèle antérieur à 1946 combinant une arme contondante dite coup de poing américain avec une arme blanche à lame | |
| D - b) | Certaines bombes aérosols lacrymogènes ou incapacitantes | Capacité de 100 ml maximum | |
| D - c) | Certaines armes à impulsion électrique de contact | matraque électrique, poing électrique, certains modèles de shocker | |
| D - d) | Arme classée aux e, f ou g qui a été neutralisée | ||
| D - e) | Arme historique et de collection | Certains modèles non dangereux d'avant 1900 | |
| D - f) | Reproduction d'arme | Modèle d'avant 1900. Tire uniquement des munitions sans étui métallique. La fabrication ne doit pas améliorer sa précision et sa durabilité. |
La Chasse et les Armes
Dans le contexte de la chasse, des règles de sécurité spécifiques doivent être respectées. Conformément aux articles L.425-1, L.425-2 et R.428-17.1 du Code de l’environnement, les prescriptions relatives à la sécurité des chasseurs et des non-chasseurs sont mentionnées dans les schémas départementaux de gestion cynégétique (SDGC).
Ces SDGC, qui peuvent donc comprendre des mesures de sécurité différentes d’un département à l’autre, sont élaborés par les fédérations départementales de chasseurs et approuvés par le Préfet de département. Ces prescriptions de sécurité relevant du SDGC sont consultables sur le site de chaque préfecture ou sur celui de la fédération départementale des chasseurs.
« Nul ne peut pratiquer la chasse s’il n’est titulaire et porteur d’un permis de chasser valable.
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Expressions et Termes Associés
Il existe d'autres expressions militaires intéressantes, chacune ayant sa propre histoire : "Monter au créneau" : Le créneau désigne le creux laissé entre deux « merlons » sur la partie haute des remparts. "Tirer à boulets rouges". "Faire le mariolle" : Héros des guerres de la Révolution et de l’Empire, Dominique Gaye-Mariolle est alors réputé pour sa bravoure et pour sa taille : plus de deux mètres ! "Faire long feu" : Nous avons tous entendu l'expression "faire long feu", utilisée pour décrire quelque chose qui ne produit pas l'effet escompté ou qui déçoit par son manque de durée. "Mort aux vaches !" : L’expression « Mort aux vaches ! » connaît deux origines liées au monde militaire.
Autres Expressions Guerrières
Certaines des expressions françaises célèbres tirent leurs origines d'histoires et de faits militaires. "Aller à Limoges" : Mais pourquoi on utilise le nom de la ville de Limoges pour dire qu’on s’est fait renvoyer ? Chamade : Venue du persan shimata (qui signifie « fièvre » ou « vacarme ») par l’italien chiamata (« appel », « clameur »), la chamade est un puissant roulement de tambour joué pour signaler une reddition, accompagné parfois du célèbre drapeau blanc. "Faire les 400 coups" : Aujourd’hui, “faire les 400 coups” équivaut à vivre sans respecter la morale ni les convenances. Chauvin : À partir des années 1830, des soldats indigènes d’Afrique du Nord sont enrôlés par l’armée française.
Exemples d'Autres Expressions Françaises et Leurs Origines
- Aller à Limoges: L’explication est historique ! En août 1914, l’armée française est à la peine face à l’Allemagne qui fait reculer le front, laissant bientôt Paris à la portée de l’ennemi. Le ministère de la guerre prend alors la décision de mettre en retraite anticipée une partie de l’état-major français jugé responsable des défaites. C’est le général Joseph Joffre qui met en œuvre cette disgrâce, envoyant notamment les officiers déchus dans la région de Limoges où se trouve le commandement arrière, bien loin du combat actif.
- Faire long feu: A l’époque des premières armes à feu, il fallait recharger avant chaque tir. Si la poudre était trop humide, elle ne se consumait pas et ne produisait pas l’explosion qui faisait partir le projectile. Le fusil “faisait long feu” et le soldat ratait son coup. A ne pas confondre avec l’expression “Ne pas faire long feu”, quant à elle, qui fait référence à un véritable brasier. Elle repose sur l’image d’un feu de paille, rapide et éphémère. “Faire long feu” renvoie donc à un échec et “Ne pas faire long feu”, à la brièveté d’une situation.
- Faire le mariolle: En 1807, à la veille de l’entrevue de Tilsit entre le Tsar Alexandre et Napoléon Ier, l’Empereur passe en revue ses troupes et notamment le bataillon de Mariolle. Le sapeur, voulant se faire remarquer, aurait alors présenté les armes, non pas avec son fusil, mais avec un canon pesant plus d’une centaine de kilos !
- Monter au créneau: Au début du XIXe, sur les champs de bataille napoléoniens, les chirurgiens auraient pris l’habitude de faire mordre leur pipe aux blessés pour les distraire des douleurs de l’opération. Si le blessé meurt, il relâche sa pipe qui tombe et se brise.
- Faire les 400 coups: En 1621, le roi assiège Montauban. Pour obtenir la reddition de la ville, il ordonne le tir simultané de 400 coups de canons alors que les habitants festoient. Ce coup d’éclat n’eut pas beaucoup d’effet puisque le roi lève le siège quelques jours plus tard.
- Être chauvin: Patriote convaincu, Nicolas Chauvin s’engage à 18 ans dans les armées révolutionnaires, puis combat vaillamment pour l’Empire. Blessé 17 fois, toujours en première ligne, il reçoit la Légion d’honneur pour ses nombreux coups d’éclat. Une carrière trop belle pour être vraie ! Inspiré du mythe antique du soldat-laboureur, le personnage apparaît dans les récits et chansons populaires post-révolutionnaires, avant d’être caricaturé comme un naïf enthousiaste et obtus, au patriotisme outrancier.
- Mort aux vaches: La première date du roi de France Henri IV (1589-1610). Au début de son règne, un vif sentiment de trahison se répand parmi ses anciens partisans du sud-ouest : Henri de Navarre les a quittés pour Paris, la couronne de France et la foi catholique. Le cri « Mort aux vaches ! » serait ainsi adressé au comte de Béarn, devenu roi de France, les armoiries du Béarn étant d’or à deux vaches de gueules, accornées, colletées et clarinées d’azur. La seconde provient du Paris assiégé de 1870-1871. Les baraques des gardes prussiens, signalées par l’inscription « Wache » (« Sentinelle »), ont fait crier aux Parisiens « Mort aux Waches !
- Tirer à brûle pourpoint: Le pourpoint, veste courte et matelassée, équipe alors les gens de guerre à une époque où les armes à feu se généralisent. Tirer « à brûle pourpoint », revient donc à tirer sur l’ennemi à bout portant, de si près que les résidus de poudre du tir viennent consumer son habit.
Expressions et analogies internationales
Il est donc assez compréhensible qu'au figuré ce soit aussi le cas lorsqu'on entreprend une action et qu'on obtient deux ou plusieurs résultats. A quand le lancer de yétis ? « On a fait d'une pierre deux coups : on s'est ménagé des effets de lumière pour le dessous de ces arcades, et l'on a masqué l'unique défaut d'un des plus beaux morceaux d'architecture qu'il y ait au monde. Comment dit-on ailleurs ? Me një gur vret dy zogj. Avec une pierre, tuer deux oiseaux. sieben auf einen Streich! sept d'un coup!
Nuances et interprétations
Certaines féministes ont revendiqué le droit, pour la femme, de tirer également son coup, ce qui voulait simplement dire d'utiliser l'homme comme un objet sexuel, avec la même connotation.
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