Le fusil juxtaposé à canon scié est une arme à feu dont l'histoire et la définition sont intimement liées aux pratiques de chasse, aux modifications apportées aux armes et à leur classification légale. Cet article explore en détail ce qu'est un fusil juxtaposé à canon scié, en abordant son histoire, ses caractéristiques techniques, et les aspects légaux qui l'entourent.
Les Origines du Fusil Juxtaposé
Le fusil à canon juxtaposé, reconnaissable à ses deux canons disposés horizontalement côte à côte, est l'un des premiers types de fusils de chasse à avoir été confectionnés. Avant l'avènement du fusil superposé, il était l'arme de prédilection des chasseurs, particulièrement avant les années 2000. Aujourd'hui, bien qu'il soit moins courant, il demeure un objet de collection prisé, témoignant du savoir-faire des grandes manufactures d'armes.
Historiquement, une grande partie des fusils juxtaposés étaient équipés de deux détentes, permettant au chasseur de sélectionner la cartouche à tirer en fonction du gibier levé. Cette caractéristique offrait une flexibilité appréciable, permettant d'adapter le tir aux différentes situations de chasse.
Qu'est-ce qu'un Canon Scié ?
L'expression "canon scié" fait référence à une modification apportée à un fusil, consistant à raccourcir la longueur du canon. Cette pratique a pour effet de modifier les caractéristiques balistiques de l'arme. Lorsqu'on parle d'armes longues à « canon scié », il s’agit d’un fusil de chasse dont on a éliminé la partie comprenant le choke. Ceci a pour conséquence, une diminution de la puissance de 10% de la charge et une dispersion des plombs supérieure à celle d’un canon non scié à partir de 12-15m.
Définition du Fusil Juxtaposé à Canon Scié
Un fusil juxtaposé à canon scié est donc un fusil de chasse dont les canons, initialement disposés côte à côte, ont été raccourcis. Cette modification peut être réalisée pour diverses raisons, allant de la recherche d'une meilleure maniabilité à des fins illégales.
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Contexte Historique et Usages Détournés
Le Commerce des Scalps au XIXe Siècle
L'histoire des armes à feu à canon scié est parfois liée à des pratiques sombres, comme le commerce des scalps qui a sévi au XIXe siècle. Un article de W. Austerman paru dans D.G.W. relate comment, en septembre 1835, l'État de Sonora décréta une loi offrant une prime de cent Pesos pour le scalp d’un guerrier Apache. Des individus comme James Johnson et James Kirker ont capitalisé sur cette loi, organisant des expéditions de chasse à l'Indien et récoltant des scalps pour toucher les primes.
James Johnson, ancien chapelier du Kentucky, a conclu un contrat avec le Gouverneur Escalante y Arvizu pour mener une expédition officielle de chasse à l’Indien. Se faisant passer pour un commerçant, Johnson emmena ses associés vers le nord, dans ce qui est aujourd’hui le Comté d’Hidalgo, au Nouveau Mexique. Il gagna la confiance du chef Indien Juan José Compa et sa bande d’Apache Mogollon. Après avoir attiré les Indiens dans son camp pour un festin nocturne qu’il leur avait promis, Johnson approcha le bout incandescent de son cigare de la lumière d’un petit canon qu’il avait caché sous une pile de selles. Les blessés et ceux qui n’étaient qu’assommés furent rapidement achevés par balle, pendant que les hommes de Johnson se mettaient au travail avec leur couteau.
James Kirker, également connu sous le nom de « Don Santiago », était un ancien épicier de New York City devenu trafiquant de fourrures. Traînant vers le Mexique au milieu des années 1820, Kirker avait posé des pièges, il avait cherché de l’or, et fait du commerce avec les Indiens dans cette vaste région entre sa demeure à Janos, Chihuahua et les mines de cuivre du Nouveau Mexique. Avec beaucoup de nerf, et encore plus de chance, il était parvenu à gagner la confiance des Indiens. Le massacre de Johnson entraînant une révolte indienne, Kirker réalisa vite que ses chances d’être à nouveau le bienvenu chez eux risquaient de s’être dangereusement amincies, et il décida d’anticiper une attaque éventuelle en frappant les Apache le premier. Rassemblant une bande de durs à cuire qui incluait des trappeurs Français et Anglais, un Noir, deux Hawaïens et plusieurs braves guerriers Delaware et Shawnee, Kirker lança un raid sur un village Indien, tôt le matin au printemps de 1837, et rapporta dans ses fontes cinquante cinq scalps de guerriers, en plus de la haine de ses anciens amis.
Ces événements, bien que ne concernant pas directement les fusils à canon scié, illustrent l'usage parfois violent et détourné des armes à feu à cette époque.
Classification des Armes et Longueur des Canons
La longueur totale d’une arme d’épaule ou de son canon est un facteur important dans sa classification. La longueur hors tout d’une arme d’épaule à crosse amovible ou repliable se mesure sans la crosse ou la crosse repliée. Longueur totale inférieure ou égale à 80 centimètres ou longueur du canon inférieure ou égale à 45 cm : classement en catégorie B. Longueur du canon supérieur à 45 cm et longueur totale supérieure à 80 cm : classement en catégorie C.
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Un exemple est le Coach Gun avec un canon de 60 cm et des chiens extérieurs.
Lorsque la longueur peut être réduite à moins de 60 cm par le démontage sans outil ou le repliage d’une crosse télescopique ou non, l’arme passe en catégorie A1 2°. Voir article. Cette carabine pouvant tirer crosse pliée, ne fait pas la longueur de 80 cm. Art. Les armes de poing postérieures à 1900 sont classées en catégorie B, tandis que celles antérieures à 1900 sont classées en catégorie D §e).
La nouvelle doctrine de classement des armes historiques et de collection impose des dimensions minimales. Ainsi, pour être classée en catégorie D§e), la longueur du ou des canon(s) doit être supérieure à 45 cm et la longueur totale supérieure à 80 cm.
Aspects Légaux
La législation française encadre strictement la détention et l'utilisation des armes à feu. La longueur du canon est un critère déterminant dans la classification d'une arme. En général, un fusil dont le canon a été scié en dessous d'une certaine longueur est considéré comme une arme de catégorie B, soumise à une réglementation plus stricte.
Impact sur la Balistique
Lorsqu’on parle d’armes longues à « canon scié », il s’agit d’un fusil de chasse dont on a éliminé la partie comprenant le choke. Ceci a pour conséquence, une diminution de la puissance de 10% de la charge et une dispersion des plombs supérieure à celle d’un canon non scié à partir de 12-15m.
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