L'arsenal nord-coréen, souvent au centre des préoccupations internationales, est le fruit d'une histoire complexe, marquée par l'isolement, l'idéologie du Juche et une ambition constante de renforcer sa puissance militaire. Cet article examine l'histoire des armes nord-coréennes, les différents modèles existants et leur implication dans les conflits internationaux.
Contexte historique et idéologique
La Corée du Nord a développé une approche unique du communisme, connue sous le nom de Juche, qui met l'accent sur l'autonomie politique, économique et militaire. Dans cette optique, l'armée joue un rôle central dans la société, garantissant le contrôle social et servant de justification idéologique pour la priorité accordée aux investissements militaires. La politique Songun, qui place l'armée au centre de la révolution, a renforcé cette tendance, faisant des forces armées le symbole de la vitalité nord-coréenne.
L'implication nord-coréenne dans les conflits internationaux
L'engagement de la Corée du Nord dans les conflits internationaux a suscité une attention considérable. On sait que la Corée du Nord a envoyé des groupes de spécialistes et/ou d'instructeurs militaires à l'étranger, notamment au Nord-Vietnam, en Égypte (pendant la guerre du Kippour), en Libye et, plus récemment, en Syrie. Entre 1966 et 1983, près de 8 000 hommes et conseillers militaires nord-coréens ont opéré en Afrique, formant des rebelles au Bénin, en Angola, en Namibie et au Mozambique. Des instructeurs ont même participé à des conflits au Vietnam et en Éthiopie. Plus récemment, ils auraient épaulé le régime de Bachar el-Assad en Syrie et construit au Liban des tunnels utilisés par le Hezbollah, témoignant d'un savoir-faire exporté bien au-delà de la péninsule coréenne.
Déploiement de troupes en Russie
En octobre 2023, le Conseil de sécurité nationale américain (NSC) a confirmé que 3 000 soldats nord-coréens avaient été envoyés en Russie, suivis plus tard par un contingent estimé entre 10 000 et 12 000 soldats, issus en partie du XIe corps de l'Armée populaire de Corée (APC), composé de forces spéciales. Ce déploiement, qui s'ajoute aux livraisons d'armes et de munitions à l'armée russe, est considéré comme historique de par son ampleur. En novembre 2023, des sources militaires ukrainiennes et américaines ont rapporté que 50 000 soldats russes et nord-coréens étaient en train de se redéployer dans la région de Koursk, laissant entrevoir une possible contre-offensive.
En avril 2025, Valeri Guerassimov, le plus haut général russe, a finalement reconnu la présence de troupes nord-coréennes à Koursk. Vladimir Poutine a salué l'héroïsme des forces spéciales coréennes, mais la réalité sur le terrain a révélé un désastre logistique et humain. Lors de leur premier déploiement à Koursk en Russie, il était évident que ces combattants n'étaient pas prêts au combat qui les attendait. Mal préparés et mal équipés, ils ont subi de lourdes pertes.
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Fourniture de matériel et de munitions
Entre septembre 2023 et mars 2025, d'importantes quantités de matériel et de munitions ont été acheminées de Corée du Nord vers la Russie. Selon une enquête, près de 16 000 conteneurs et des millions d'obus nord-coréens ont été transportés vers les lignes de front par convois massifs, par voie maritime puis ferroviaire. La Corée du Nord a également déployé des missiles balistiques, des systèmes d'artillerie et des lance-roquettes. Pyongyang aurait livré entre 4 et 6 millions d'obus d'artillerie, dépassant la production annuelle russe.
Les différents modèles d'armes nord-coréennes
L'arsenal nord-coréen comprend une variété d'armes, allant des pièces d'artillerie obsolètes aux missiles balistiques modernes.
Artillerie
L'artillerie joue un rôle central dans la doctrine nord-coréenne. L'APC dispose d'environ 7 900 obusiers de tous calibres, dont certains de conception locale, et de 2 500 lance-roquettes multiples. Parmi les systèmes d'artillerie notables, on trouve le M-1978/1989 Koksan, un obusier automoteur de 170 mm monté sur un châssis de char chinois de type 59 ou sur un tracteur d'artillerie chenillé ATS-59. Sa portée varie de 40 à 60 km, mais sa cadence de tir est faible.
Missiles balistiques
La Corée du Nord a réalisé des progrès significatifs dans le développement de missiles balistiques. Ses premiers missiles étaient des Scud B/C livrés par l'Égypte dans les années 1960, à partir desquels ont été développés les Hwasong-5/6/7. Le Rodong/Nodong, d'une portée estimée à 1 000 km, a été conçu avec l'aide russe, iranienne et ukrainienne. Les lanceurs officiellement civils, tels que le Paektusan et l'Unha, sont des évolutions de lanceurs militaires.
La Corée du Nord a également développé d'autres missiles, tels que le BM-25 Musudan, le KN-08 et le KN-14. Le KN-11 est un missile balistique tiré de sous-marin qui a été testé depuis le sol en 2014 et en mai 2015.
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Armes légères
L'arsenal nord-coréen comprend également des armes légères, telles que le Type 73, un FM qui combine des éléments de conception de deux armes différentes : le FM tchèque 7,62×39 mm Vz. et le FM tchèque Vz. 52. Le FM type 73 pèse 10,6 kg à vide et mesure 1190 mm. Il peut être alimenté par un chargeur de 30 coups monté sur le dessus ou par une bande de cartouches chargée par le côté droit.
Sous-marins
La Corée du Nord a annoncé la construction de son tout premier sous-marin à propulsion nucléaire, marquant une transformation doctrinale visant à faire de la dissuasion maritime un pilier central de sa stratégie militaire. Ce sous-marin, doté d'une propulsion nucléaire, pourra opérer en immersion prolongée et lancer des frappes stratégiques à grande distance.
La question nucléaire
La question de l'arme nucléaire nord-coréenne est une source de préoccupation majeure pour la communauté internationale. Dès 1985, le Nord était soupçonné d'abriter des installations destinées à fabriquer la bombe atomique. Malgré cela, Pyongyang a adhéré au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) le 12 décembre 1985.
Au fil des années, les négociations entre Pyongyang et la communauté internationale ont connu des avancées et des reculades. Après avoir annoncé en 2003 puis en février 2005 qu'elle disposait de l'arme nucléaire, la Corée du Nord s'est engagée dans un processus d'escalade dont les essais, partiellement ratés, de juillet 2006 n'ont été qu'une étape. Ils ont été suivis de plusieurs essais souterrains, le 9 octobre 2006, le 25 mai 2009, le 12 février 2013, avant celui du 6 janvier 2016.
Guerre psychologique et tensions frontalières
La Corée du Nord a recours à la guerre psychologique pour exercer une pression sur ses voisins. L'île sud-coréenne de Ganghwa est régulièrement bombardée de bruits effrayants diffusés par la Corée du Nord, une étrange campagne de guerre psychologique qui met les habitants sur les nerfs. La Corée du Nord a commencé à émettre ces sons en riposte à la reprise, en juillet, de la diffusion par haut-parleurs de k-pop et d'informations internationales par l'armée sud-coréenne le long de la frontière.
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Nouvelles armes et exercices militaires
Kim Jong-un a conduit un « nouveau type de char de combat » durant des exercices militaires en Corée du Nord, au moment où les États-Unis et la Corée du Sud mènent des manœuvres conjointes. Il s'est dit très satisfait de « l’excellente puissance de frappe » de ce char d’assaut récemment conçu.
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